mardi 21 mai 2013

Ray Manzarek RIP


Ray Manzarek le clavier bavard des Doors, le producteur de X (le groupe, pas les films) a croisé la camarde cette après midi de lundi à 74 ans, suite à un cancer. Un allumé ce Ray, pas toujours en accord avec ses propres principes (il a quand même tenté de remplacer Jim Morrison par Iggy Pop, faut le faire) mais loufoque à souhait, et finalement attachant dans son entêtement à vouloir mettre du mythe partout.
Ray Manzarek aura survécu aux 60's, pas à l'an 2013. Comme quoi le plus dur n'est pas derrière nous.
Peace.


Hugo Spanky

mercredi 15 mai 2013

ameRiCaN HoRRoR sToRy, saison 2



La saison 1 d'American horror story m'avait laissé un sentiment enthousiaste mais partagé. Démarrant sur les chapeaux de roues, elle empruntait ensuite le parcours d'une montagne russe, s’effondrant jusqu'au sol en son milieu avant d'atteindre un pic de qualité en grande partie gâché par un dernier épisode bâclé  ne sachant pas trop s'il devait basculer dans l'horreur ou sombrer dans le ridicule. J'en avais conclu que la saison avait peut être trop duré, que 12 épisodes c'est surement excessif, que rares sont les séries à tenir le rythme sur une aussi longue durée. A tout dire, il n'en existe qu'une, The Shield.

La saison 2 d'American horror story compte 13 épisodes...


Le casting reprend en partie celui de la première saison, Sarah Paulson peu présente dans son rôle de médium se voit octroyer la plus grosse part du gâteau avec son interprétation quasi-omniprésente de Lana Winters, idem pour Even Peters qui, de jeune psychopathe tendance grunge, devient résident de l'asile et beaucoup plus que ça encore. La révélation vient de Lily Rabe, utilisée avec parcimonie dans la saison 1, elle y interprète la femme du docteur Montgomery, l'actrice se sublime en imposant Sœur Mary Eunice comme le véritable pivot de cette seconde saison. Enfin, comment ne pas être époustouflé par la prestation de Jessica Lange. Déjà parfaite auparavant, l'actrice s'offre le rôle de sa vie avec son incarnation de Sœur Jude, personnage aux visages aussi multiples qu'éloignés, qu'elle restitue avec un panache qu'on aurait pas deviné sans le voir, tant le parcours de cette actrice fut jusque là quasi anecdotique. Jessica Lange est tout bêtement parfaite.


Un casting ne fait pas tout, on est d'accord. Un bon scénario, armé en rebondissements et contre-pieds divers s'avère indispensable. Du rythme dans le récit, du style, de la personnalité et de l'originalité dans la réalisation, sont les autres ingrédients nécessaires afin que la recette ne fasse pas long feu.

Sur au moins un de ces points, cette saison deux m'a donné du fil à retordre et quelques angoisses involontaires au moment d'en découvrir la conclusion. Les 7 ou 8 premiers épisodes sont si impeccablement mise en scène qu'il y a de quoi en attraper le tournis  Comment la série pourrait-elle continuer à ce niveau sans tomber dans la routine? Et où tout cela nous mène t-il?


1964, on plonge corps et âme dans la vie faite de cruautés, de sadisme et de frustrations de l'asile de freaks de Briarcliff, on y croise un médecin aux pratiques pour le moins expérimentales et aux résultats invariablement horrifiques à souhait, une sympathique nymphomane sous les traits d'une agréablement surprenante Chloé Sévigny, un duo de nonnes aux caractères changeant, régulièrement opposées à un psychiatre révolté par leurs méthodes, l'excellent Zachari Quinto qu'on avait découvert en homosexuel revanchard dans la saison 1. Tout ce beau monde est chapeauté par l'impénétrable et ambitieux Monseigneur Timothy Howard.


Ajoutez à cela un tueur en série au doux nom de Bloody face et une ribambelle de gueules cassées au ciboulot lessivé à l’ammoniaque et vous aurez une petite idée de l'ambiance oscillant entre les scènes les plus vigoureuses de L'exorciste et celles les plus collées au plafond de Vol au dessus d'un nid de coucou. Pour pimenter l'ensemble quelques séances d'électrochocs, une pincée d'extraterrestres et une grosse louche de dérèglement de l'horloge temporelle au travers de scènes qui nous sont contemporaines et permettent d'entrevoir des pistes aussitôt laissées en suspend.


D'où les sueurs froides lorsque la série bascule à l'amorce de sa seconde partie. Coup de chiffon sur le tableau, nos repères s'estompent, nos certitudes disparaissent, le casting joue les Gerard Majax. La belle mécanique se grippe et l'horloger semble armé d'un marteau piqueur. Le temps d'un épisode au moins, j'ai failli décroché, me sentant couillonné par une farce de plus, constatant sur l'écran la confirmation des craintes que la première saison avait éveillé en moi. American horror story ne tient pas ses promesses, c'est un show grotesque réalisé par une bande de brèles incapables d'imposer leurs idées à une chaîne télé obsédée par un cahier des charges rédigés par des intégristes mormons. Les mots fusaient dans mon esprit et n'étaient jamais assez durs pour vous décrire l'amère déception qui fut mienne. Pire qu'un amoureux transi éconduit à l'âge où l'on ne sait rien de l'amour.


J'ai écrasé ma cigarette, rangé le Wild turkey et je m'y suis recollé. Sans me faire d'illusion. Le fils du psychopathe  les extraterrestres, une échappée de l'asile devenue écrivain à succès, blah blah blah que des conneries. J'aurai pu écrire le dénouement de tout ce méli mélo dans mon sommeil. Il restait quatre épisodes à visionner, c'était pas la mer à boire et j'ai en horreur de m’arrêter en chemin, même si je me suis trompé de route. Je crois au destin, voyez-vous.


Après quoi, happé par le colback dans un crescendo jonché de fausses pistes, de faux semblants, de revirements, de ne vous fiez à personne, ni à vous même, ni à votre instinct, saisi par des acteurs jusque là fondu dans le décor, dont je redoutais le pire, et qui finissent par faire regretter leur absence lorsqu'ils le sont, American horror story saison 2 m'a collé une sacrée grosse claque en travers de la tronche.


Non, je ne suis pas fou. Et vous ?

Hugo Spanky

samedi 11 mai 2013

NiCoLaS caGE, sONnY



Comme Ranx est là pour défendre les causes qui semblent de prime abord perdues ou indéfendables, on va s'attaquer à une bien ardue: Nicolas Cage!

Tout le monde sait que le gazier, il y a fort longtemps de cela hélas, a été un putain d'acteur dans toute une flopée de films formidables ("Rusty James" de Coppola qui lui a mis le pied à l'étrier, "Birdy" d'Alan Parker, son premier rôle marquant, "Arizona Junior" des frères Coen où il se révèle hilarant ou bien encore "Sailor et Lula" de David Lynch qui inaugura ses interprétations déjantées mais arrêtons-nous là car la liste serait bien trop longue).
En revanche peu de personnes savent qu'en 2002 il a réalisé un film nommé "Sonny" qui est d'ailleurs passé plutôt inaperçu. Et de façon totalement injuste à mon humble avis.
Bien que l'acteur principal, James Franco, ne soit pas -loin s'en faut- un de mes préférés du moment, je dois bien avouer que son interprétation pleine de ferveur m'a soufflé. Il fait donc des étincelles dans le rôle d'un jeune homme qui, après un séjour à l'armée, revient dans son foyer familial bien particulier puisque sa mère (incarnée avec fougue par Brenda Blethyn) vit grâce à l'argent que lui rapporte une pute (dont le personnage a échu à la toujours excellente -mais hélas sous employée- Mena Suvari) et qui espère que son rejeton se remettra à refaire lui aussi le tapin avec les bourgeoises esseulés qui peuplent la Nouvelle Orléans alors qu'il n'a qu'une envie, foutre le camp et voir ailleurs s'il peut enfin devenir quelqu'un. 


Avec un tel sujet, on se doute bien que tout va partir en sucette et que les aléas de la vie vont se montrer impitoyable envers tout ce petit monde. Mais je nous en dévoilerai pas plus sur cette histoire afin de vous laisser la surprise de découvrir par vous même toute la saveur de ce film attachant à plus d'un titre.


Sachez seulement que la mise en scène de Nicolas Cage est classique; il ne s'embarrasse pas de mouvements de caméras tarabiscotés: au contraire, il fait la part belle au jeu des acteurs (même cette limace habituellement insupportable de Harry Dean Stanton est admirable, c'est dire!). En fait ce n'est que lorsque des scènes demandent à être moins académiques qu'il apporte une singularité cinématographique bienvenue à son film (vers la fin notamment, il apparaît dans une de ses compostions out of control qu'il affectionne tant dans une scène mémorable qui traduit les errements tragiques de son anti-héros).


Pour ne rien gâcher, le bougre maîtrise l'art de composer des plans dont la photographie est de toute beauté ce qui nous change agréablement de tous ces tâcherons qui nous polluent les rétines avec leurs images d'un jaune pisseux hideux ou de couleur verdâtre à vomir (et encore ça peut-être pire puisque des fois, il mélange les deux en même temps, ces salauds!).
De plus il a également la présence d'esprit d'utiliser la musique avec parcimonie et à chaque fois qu'il le fait, il tape juste car elle amène incontestablement une force supplémentaire à la scène à laquelle elle se rattache.


Avec ce premier long-métrage, Mister Cage dépeint la vie des laissés pour compte du rêve Américain, des parias dont on ne veut surtout pas côtoyer et que l'on prend en considération uniquement pour les railler et les faire se sentir encore plus minables. 

Au vu du résultat plus que probant de cette chronique douce amère (plus amère que douce, il vaut bien en convenir), on peut se rendre compte que celui que l'on prenait pour un golden boy cramé aux excès en tous genres, que l'on pensait bien loin de s'intéresser au sort des petites gens, s'avère être une personne pleine de sensibilité et qu'il aurait tout à gagner à poursuivre dans sa voie de réalisateur plutôt que d'enquiller des rôles dans des films de plus en plus faisandés qui ne font que renforcer sont statut d'has been Hollywoodien.


Harry Max 

mardi 7 mai 2013

aMeRicaN HoRRoR sToRY



Toute chose meurt, bébé, c'est un fait,
mais tout ce qui meurt revient un jour ou l'autre...
(Bruce Springsteen)
...et dans American Horror Story les morts ne traînent pas en chemin.
(Hugo Spanky)


Après le ridicule de Walking dead et les égarements adolescents des dernières saisons de True blood, on pouvait redouter le pire à l'annonce d'une nouvelle série revendiquée à haute teneur en frisson glacés. D'autant plus que le point de départ d'American Horror Story ne fait pas dans l'original: un couple sous tension s'offre un second départ en s'installant, avec leur fille, dans une maison qui va se révéler...hantée ! Rien que ça, pas moins.
Je vous dis pas mon scepticisme lorsque Harry Max m'a branché là dessus.
Sauf que moins de 5 heures plus tard, j'avais déjà maté 4 épisodes. Tous impeccablement maîtrisés et réellement passionnants.



Comme le veut la tradition des séries, les épisodes 5 et 6 ont tous les symptômes du coup de mou, celle ci s'en remet et l'aspect limite potiche de ces deux là revêt la forme d'un dernier appel d'air avant le grand final, impitoyable descente aux enfers du glauque au cours de laquelle se mêle insanité mentale, cruauté et manipulations digne de Rosemary's baby. Soudain, tout est sombre et, de notre esprit torturé par tant de vermine, jaillit la révélation : American horror story rassemble en son sein maladif les plus traumatisants cauchemars des meilleurs films du genre.


L'intrigue se développe suffisamment vite au fil des premiers épisodes pour ne pas nécessiter de scène d'horreur gratuite en charge de combler les vides, bien au contraire, l'accumulation des pistes à suivre paraît ne devoir jamais cesser, et permet l'assise d'une affolante violence psychologique.


Chaque épisode démarre par une scène venue du passé, lourdement chargé en hémoglobine, de la demeure, présentant ainsi de nouveaux personnages, parfois lugubres mais régulièrement beaucoup plus fins et surprenant qu'on ne l'imaginerait de prime abord. La narration est parfaite et le rythme sans faille.


Le casting pullule de visages qui nous ont déjà régalé ailleurs, Jessica Lange, après Glenn Close dans The Shield, démontre que si le cinéma ne sait pas quoi faire de ses actrices vieillissantes, la télé, elle, se charge de nous rappeler leur immense talent.

S'il fallait donner dans la comparaison, je dirais que l'ambiance globale m'a fait penser à Simetierre, l'adaptation ciné du classique de Stephen King, pour l'équilibre parfait entre horreur sans tabou (un des rares films à faire pulvériser un bébé par un 38 tonnes) et vie de famille façon sitcom, même si la modernité de l'habillage visuel ne ressemble à rien qui n'ait déjà été fait. La psychologie des personnages peut parfois évoquer Shining, comme dans la construction rampante de la folie du père, voire Kurt Cobain pour le physique et l'apparente fragilité mentale du jeune Tate Langdon, troublant concentré des tares de l'Amérique des moins de vingt ans, du mauvais goût vestimentaire à une grosse envie de flinguer ses proches avant soi-même.


Originalité supplémentaire, chaque saison d'American Horror Story est dissociée de la précédente et développe sa propre intrigue. La saison 1 clôt le chapitre maison hantée, la saison 2 avec majoritairement les mêmes acteurs, mais dans d'autres rôles, se déroule dans un asile d'aliénés. La 3 s'attaquera à la sorcellerie.
Vaste programme de sensibilisation pour nos pulsions morbides.

Hugo Spanky

samedi 4 mai 2013

RaMPaRT



Rampart, Los Angeles, 1999, le plus retentissant scandale de l'histoire de la police moderne éclate au grand jour. Flics corrompus, falsification de preuves, chantage, racket, faux témoignage, violence à tout va, meurtre avec préméditation, racisme, sadisme, détournement de fonds, la liste des chefs d'accusation est longue comme un dimanche de pluie un jour de panne d'électricité. Les avocats se frottent les mains. Des centaines d'annulations de peine pour vice de procédure font sortir de prison les pires ordures. 
Ce scandale inspirera The Shield, l'une des trois meilleures séries de l'histoire de la télé.


Rampart, le film d'Oren Moverman, c'est l'après. Une fois que les fauves aient été nourris, que les médias aient changé de proie. La justice a retrouvé son éclat immaculé, reste plus qu'un peu de repassage à faire avant de pouvoir ranger le linge dans l'armoire à mauvais souvenirs. Les faits sont consumés, ne reste plus que les hommes. Toujours aussi paumés sous leur képi. Toujours à devoir gérer l'ingérable, avec un peu moins d'armes et plus beaucoup de crédibilité.

Le scénario co-écrit par James Ellroy, c'est pas rien, propose un gros plan sur l'un de ces hommes, un flic lessivé devenu indésirable pour les mêmes raisons qui en firent un caïd. Un anachronisme en uniforme. Sauf que personne ne lui a dit ou alors il n'a pas voulu entendre. 

Rampart est un film extrêmement lent, ultra stylisé et dans lequel il ne se passe pas grand-chose puisque plus rien ne passe. Dave Brown, le personnage interprété par Woody Harrelson, en témoigne, à peine sort-il sa matraque que c'est commission de discipline. Et que faire d'autre ? Des dizaines d'années de méthodes, les seules qu'il connaisse, celles que lui a transmit son propre père viennent d'être réduites à néant, désignées persona non grata, on ne mange plus de ce pain là. Et dehors c'est toujours la même merde, en pire, le crack, la prostitution, les taches de sang imprègnent le goudron et plus personne n'y peut grand-chose.



Le talent du film est de nous faire suivre ce flic à la dérive sans que jamais on ne s'y attache, faisant de nous des complices de la bonne morale, de la méthode propre, offusqué que nous sommes rien qu'à l'idée de se salir les mains. Je dois dire que je ne m'étais jamais senti comme ça. Pire, on voudrait le voir crever ce connard paranoïaque, lui et ses deux frangines de femmes qu'il a épousé à tour de rôle, on voudrait qu'elles aillent se faire foutre avec leurs œuvres artistiques de mes couilles, si possible avant de pourrir définitivement leur gouine de fille et sa petite sœur à moitié neuneu. Qu'ils se les carrent où je pense leurs idéaux, mélange de reliquats du summer of love et des traumatismes du Vietnam. Autant de choses dont on n'a plus rien à foutre. 



Ce film est sans pitié, à chaque minute il nous fait détester les recettes dont on se régale depuis que nos yeux ont croisés un écran, grand ou petit. Dave Brown est fier de son surnom, on le trouve ridicule, lorsqu'il se ramasse une salope dans un rade, c'est une cruelle version piano-bar de You can't put your arms around a memory qui accompagne la scène, lorsqu'il propose des aveux en échange d'un accord, c'est avec un haussement d'épaule qu'on lui répond. Oui, Rampart c'est l'après. Quoiqu'il fasse, Dave Brown se condamne. On lui reproche tout ce qu'on a adoré chez Vic McKey. Allez comprendre. Rideau.


Oren Moverman a réussi un film vicieux, puisqu'on a tous vu la fiesta des milliers de fois auparavant, lui s'attache à filmer la gueule de bois. Malin. Casse-gueule mais malin. Rampart est un film qu'on a le droit de détester, de trouver chiant comme la mort, on peut s'endormir devant et en tirer satisfaction. De toutes manières, on passe son temps à souhaiter que son héros chope la vérole, de l’herpès ou une chtouille monumentale.
On peut aussi se régaler de la présence de Sigourney Weaver, John Buscemi, Ned Beatty, Robin Wright, Ice Cube, du fait que tout cela est splendidement mis en scène, magnifiquement tourné, bourré d'idées. 
Rampart est un film qu'on n'est pas obligés d'aimer ni de voir. Tout comme on n'est pas obliger de se raser tous les matins ou de se laver le cul. Rampart c'est une question de principes. Et on le sait bien, avoir des principes c'est pas donner à tout le monde.

Hugo Spanky

mercredi 1 mai 2013

PuBLic eNeMY NiMes 2013


Tableau de bord du Mardi 30 Avril, une journée pas ordinaire.

8h. Il pleut. Les travaux du théâtre devant chez moi qui s'éternisent depuis deux ans me montent au citron.
17h. Il pleut. On fait péter le champagne.
19h. Il pleut. Dans la voiture, schclac, la K7 de Charles & Eddie. Direction Nîmes La Paloma : PUBLIC ENEMY
20h. Il pleut. Sortie 24, 2 rond points, la salle. Trop facile.



Un beau patio, un joli hall, des tee-shirt de Public Enemy, on verra ça plus tard. D'abord le repérage de la salle;)) Génial ! A dimension humaine, tout en largeur, super configuration. Moi qui n'aime pas les trop grandes salles ou festival, je suis servie. C'est carrément le rêve de les voir dans un lieu pareil. Suis aux anges. Allez direction le patio où l'atmosphère feutrée est vite interrompue par la voix du MC du soir. On va jeter un œil, ces petits rappeurs sont chanceux. Se faire les dents sur scène juste avant Public Enemy, y a pire! ;))

Mon chéri m'offre le tee-shirt que je reluquais discrètement depuis mon arrivée ♥

Le MC refait son entrée. Timide mais sympathique. Et là mes amis, prêt pour le décollage ?
Mieux qu'Apocalypse Now ! Apocalypse 2013...The Enemy Strikes Black ! Scratch, lumière, bass ! 
Chuck D ! Les soldats du bien sont là !
Un son de malade ! Nikel, j'avais jamais entendu ça de ma vie. Y en tellement qui font mal leur métier que ça mérite d'être souligné. Houla ! Flavor Flav arrive comme une fleur. Ce bonheur qu'il amène, c'est fou ! Il vient vers moi et nous nous connectons comme dans les envahisseurs avec le petit doigt kkrrss le courant passe. Ouala c'est vrai, j'ai la vidéo;)


Public Enemy est un attentat musical ! Public Enemy est le groupe le plus intelligent et sain que je connaisse. Jamais ils n'oublient leurs cultures et origines musicales, blues funk soul psyché, noir ou blanc, le message est universel. Ils prônent l'individualisme et l'anti-soumission soutenu par les vibrations ultra funky de leur bassiste, la voix protectrice et paternelle de Chuck D, l’extravagance et la légèreté de Flavor, les samples et scratchs endiablés de DJ Lord, la guitare raffinée et puissante arrivée tout droit de Memphis et leurs valeureux danseurs impassibles, les S1W



Ils font un set de folie, Run 'till it's dark, Can't truss it, Welcome to terrordome, I shall not be moved, le mortel Black is back, Harder than you think, Shut 'em down etc etc etc…on a même droit à Rapper's Delight. Puis cadeau extrême et ultime, Flavor à la batterie et Chuck au flow pour too much possee, old school à fond les manettes puisque piqué sur leur tout premier album Yo! Bum rush the show



Je me sens assailli. Soudain des bras autour de mes épaules, des cris dans les oreilles, on est tous chauffés à blanc ! Je vais avoir un malaise. Je gère mal le surplus d' émotion mêlé de bonheur et de soif, il me faut de l'eau. Flavor arrive comme un sauveur. Il me tend sa bouteille, je bois avant même de le remercier. Puis je lui serre la main des papillons dans les yeux. Fier de m'être venu en aide, il offre sa serviette à mon amoureux. Il écarte tous les bras tendus, c'est à lui et lui seul qu'il voulait la donner. On est ses chouchous de la soirée. Je vais certainement passer pour une mytho, mais une fois le concert fini, il décolle délicatement la playlist, et bien que déçu et dubitatif devant le fait qu'elle soit un peu déchirée, il me la remet en mains propres, comme une offrande.

Mais qui à part eux sont capables d'une telle chose ? On a IAM en France c'est sur, mais Public Enemy restera Number One forever or never !




Mission accomplie pour Public Enemy. Si le public n'est pas trop bête, vu qu'on ne vient pas voir Public Enemy par hasard, un nouvel escadron de résistance s'est formé à Nîmes hier soir.



Minuit. Il pleut. Entrée 24. L'averse de malade mental et les éclairs sur l'autoroute rajoutent du surnaturel à la magie de la soirée.

J'ai mon billet dédicacé par DJ Lord, c'est le meilleur concert de ma vie, et Flavor Fav est mon ami ;)

I've got so much troubles on my mind, I refuse to lose !



  Sylvie Spanky