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lundi 1 décembre 2014

JoHN TRavoLTa


C’était le jour de la rentrée en sixième, j’avais mis mon t.shirt préféré, mon bluejean préféré et mon blouson en cuir marron, comme celui de Tony Curtis dans Amicalement Votre. Et tiens toi tranquille pour une fois m’avait soufflé ma mère juste avant que je saute sur mon vélo. Me tenir tranquille, je ne demandais pas mieux, si j’avais pu être transparent ça m’aurait été, si j’avais pu ne même pas y être, encore mieux. Je découvrais à mes dépends que la vie est farceuse, à peine quelques mois plus tôt je me pavanais parmi les grands, les CM2, ceux à qui dégun ne songeait à chiper les billes, ceux qui se réunissaient près du grillage, comme prêt à s’enfuir à la première occasion, comme Steve McQueen dans La Grande Évasion. Et me voila de retour à la case départ, la case merdouzelle, j’étais à nouveau parmi les chiards, les méprisés, les moqués. Ceux sur le dos desquels, les 5èmes scellaient des amitiés. 

  
Bien planqué derrière ma frange, je voyais un blond frisé, mocassins à pompons, le genre que j’avais déjà appris à haïr avant de savoir pourquoi. Une tête de plus que moi, je ne le sentais pas avec ses regards en fourbe et son air narquois. On patientait tous comme des glands, à attendre un signe, une sonnerie, qu’il se passe quelque chose. Lui inaugurait son nouveau statut d’intégré, cette rentrée signifiait qu’il n’était plus un bleu bite, son sac US estampillé 5emeB, mon cartable en cuir étiqueté 6emeD. Ça n’a pas raté, sitôt son pote arrivé à ses côtés, il lui a filé un coup de coude, m’a pointé du doigt et a lâché bien fort, dans le vent délateur, vise un peu c’te pedzouille avec son t.shirt Travolta


J’avais pas encore posé mon cul en salle de classe, que je faisais connaissance avec le surveillant général, tandis que le blond se faisait mettre du coton dans les narines, à l’infirmerie. La justice n’existait déjà plus à cette époque là, je m’étais ramassé trois jours d’exclusion. Mon père avait eu un clin d’œil de fierté, et ma mère m’avait répété Tu pouvais pas te tenir tranquille pour une fois. J’avais pas moufté, mais rien n’a changé, on peut me traiter de pedzouille, à la limite, mais on ne déconne pas avec John Travolta.


Travolta, je l’avais découvert un an auparavant, un mercredi après midi devant la télé, il jouait le rôle d’un gamin sans anti-corps, auquel le moindre contact avec quoi que ce soit était interdit, sous peine de mourir aussi sec. Les chercheurs lui avaient façonné un environnement stérile dans lequel il pouvait évoluer. Ils lui avaient installé une bulle dans le jardin, une version sympathique de celle du Prisonnier, mais une prison quand même. Malgré l’amour de son entourage, le gars décidait de sortir de sa bulle, à la fin du film, de quitter son univers filtré, et de mourir à l’air libre, sourire aux lèvres. Ce téléfilm a plus contribué à me forger tel que je suis que n’importe quelle leçon, n’importe quel disque, baratin, livre ou autre film. Je ne l’ai jamais revu, mais l’impression qu’il m’a laissé, il me suffit d’y repenser pour la retrouver, intacte.

Tout con qu’il était le blond frisé ne faisait que refléter un lieu commun, dès 1978 John Travolta était considéré comme ringard, voire pire. Si dans les années 40 et 50, il était bien vu qu’un acteur sache tout faire, comprenez danser et chanter, dans les années 70 la donne avait changé. Pour être considéré comme un grand, il suffisait de mettre au point un gimmick, de le rabâcher jusqu’à plus soif à la moindre occasion et de ne choisir que des rôles de mauvais bougre. Les têtes d’affiche s’épelaient De Niro, Nicholson, j’en passe, et des pires. Travolta était un ovni, non seulement il semblait raffoler des rôles de gentil, mais en plus monsieur souriait à la caméra ! Mazette ! Quel scandale ! Comment le rocker lambda allait bien pouvoir lustrer sa crédibilité en s’entichant d’un gugusse pareil ? 




Imaginez bien que même Michael Douglas, qui pourtant éclatait le petit écran dans Les Rues de San Francisco, n’arrivait pas, avec sa bonne bouille, à décrocher le moindre rôle au cinéma. Et voila que ce Travolta signait coup sur coups deux des plus gros succès de la décennie, Saturday Night Fever et Grease. N’en jetez plus, direct au pilori, catégorisé idole pour mongolien prépubère. Le gars mettra vingt piges avant de sortir de l’ornière. A tel point que ce chef d’œuvre de Blow Out se ramassera un bide, malgré le coup de pouce de Depardieu qui cautionna le film en prêtant sa voix à Travolta pour ce qui est, à mes yeux, son plus beau rôle dans ce qui est, à mes yeux, son meilleur film. Et au passage, le meilleur film de tous les temps. 


Blow Out, c’est une claque monumentale affligée au terme d’un suspens de chaque instant. La réalisation de Brian De Palma nous place au cœur de l’histoire, nous laisse anticiper les situations pour mieux nous les faire redouter. Les interprétations des acteurs sont au delà du jeu, de véritables incarnations des personnages, le scénario est digne des meilleurs Hitchcock. Et comment ne pas tomber amoureux de Nancy Allen ?


Malgré les qualités d’Urban Cowboy et son histoire à la Sam Shepard, il faudra attendre près de dix ans pour que Travolta renoue avec le succès grâce à Allo Maman Ici Bébé, un film sympathique comme tout qui explosera le box office, mais ne fera rien pour améliorer sa crédibilité auprès de ceux qui refusent obstinément de le classer parmi les plus grands. Ceux là auront besoin de Pulp Fiction, pour se rendre à l’évidence.
Je ne vais pas user de mon esprit de contradiction sur ce coup là, Pulp Fiction est un pur chef d’œuvre qui m’a régalé les mirettes comme à tout le monde. Par contre, j’ajouterai parmi ses toutes aussi grandes réussites, le duo Get Shorty/Be Cool. Le premier est signé Barry Sonnenfeld, à qui l’on doit également l’impayable Big Trouble, tiré de l’unique roman de Dave Barry. Un machin à se pisser dessus de rire à chaque chapitre, un bien maigre inconvénient pour un livre qui dégomme les zygomatiques.


Mieux que des séries B revendiquées, ces deux films sont l’incarnation de ce que le cinéma devrait toujours être, la source d’un plaisir béatifiant. Un casting impeccable, même James Gandolfini en est, du rythme, de l’intelligence et une culture de son sujet qui nourrit le scénario. Je dois préciser que les films sont des adaptations de romans d’Elmore Leonard, autant dire des Rolls. Elmore Leonard, hélas décédé il y a peu, est l’auteur qui a inspiré la série Justified, soit la meilleure série à être apparut depuis The Shield.

Dans son rôle de Chili Palmer, John Travolta, cool comme Fonzie, nous balade sans jamais forcer sur le trait, du milieu du cinéma (Get Shorty) à celui de la musique (Be Cool). Les situations sont cocasses juste comme il faut, et les rebondissements flirtent entre distribution de gifles et humour, l’ensemble avec toujours cette touche de classe qui fait la différence.


A noter que Be Cool est réalisé par F. Gary Gray, dont j’attends avec impatience le Straight Out of Compton, un biopic sur les Niggers With Attitude annoncé pour l’été 2015.

Juste avant Be Cool, John Travolta avait tenu l’un de ses rôles les plus touchant dans A Love Song For Bobby Long. Un film dont je me garderais bien de raconter la trame tant elle peut paraître ressassée et usée, mais qui pourtant n’a rien de banal. Sublimé par des images d’une beauté saisissante, le film vous embarque et ne vous lâche plus jusque bien longtemps après sa fin.


Non, définitivement on ne déconne pas avec John Travolta. Ce gars joue dans trois films de mon top ten, Carrie, Saturday Night Fever et Blow Out. Et si les deux films signés Brian De Palma ont avec le temps obtenu le statut qui leur était dû, je vous invite à redécouvrir encore et toujours Saturday Night Fever. Loin des clichés, ce film saisit comme peu d’autres le farouche désir d’émancipation d’un jeune adulte envers un destin qui semble tout tracé. Vivre et mourir à Brooklyn. Saturday Night Fever est un crève-cœur magnifiquement réalisé, superbement interprété, et aucune boule à facette n’arrivera jamais à lui ôter le parfum de la rue. Et bon sang, ce que Donna Pescow est bonne actrice, elle me tord les tripes même après des années à voir et revoir ce film.


Surtout, Saturday Night Fever est un film de quartier, pour cinéma de quartier, pour gens de quartier. Comme Le Pape de Greenwich Village, Rocky, Do The Right Thing, Va Mourire ou After Hours. Un film avec les pieds sur terre, un budget modeste et une ambition qui n'est démesurée que par l'espoir qu'elle insuffle au spectateur. Cette envie d'en découdre avec la fatalité, sans cacher les sacrifices émotionnels que cela engendre. De vouloir échapper au destin familial, à l'avenir qu'offre le quartier. Ou à son absence. Saturday Night Fever, c'est Born To Run version celluloïd.


Je viens de finir de lire Le Nouvel Hollywood de Peter Biskind. Le livre dresse le portrait de la génération de réalisateurs qui durant les années 70 redessina le cinéma tel qu'ils le rêvaient. 500 pages qui chroniquent un inéluctable échec. Le transfert du pouvoir, des mains des producteurs à celles des réalisateurs, a transféré les symptômes, mais n'en a éradiqué aucun. Drogues, paranoïa, mégalomanie, renfermement sur son soi nombrilique. John Travolta n'apparait à aucun moment dans le livre, et Brian De Palma très occasionnellement, et jamais pour quoique ce soit le concernant de près. Et ce n'est finalement guère étonnant, aucun des deux n'a jamais appartenu au Nouvel Hollywood, pas plus qu'ils n'appartiennent à l'ancien. Si ils s’accordèrent aussi bien, c'est qu'ils sont l'un et l'autre de parfait anachronismes. De Palma avec son obsession pour Hitchcock, et Travolta pour sa fidélité à ce qu'il n'a jamais cessé d'être, l'incarnation type de l'italo-américain du New-Jersey. 


Sa carrière sera faite de rencontres avec des réalisateurs débutants ou marginaux, de prises de risques souvent casse-gueules, de projets basés sur l'amitié, quitte à se ramasser. Et aussi ce désir de faire un cinéma qui fasse voyager, et peu importe s'il faut se coller une paire d'ailes dans le dos et jouer un ange alcoolo, comme dans l'impayable Michael. John Travolta se fout de son image, il tente des trucs, s'amuse, se retrouve à remplacer Divine dans un remake de Hairspray. Et c'est pour ça que je l'aime, pour ça qu'il est aussi attachant. La hype, il s'en balance, on le prend de haut, se paye sa tronche, mais quand Nick Cassavetes tourne She's So Lovely, en hommage à son père, c'est lui qu'on retrouve au générique, pas le branché de service du moment.


John Travolta a fait des choix étonnants, il a refusé American Gigolo, comme plus tard il refusa Officier et Gentleman, ce n'est grave que pour ceux qui donnent de l'importance aux récompenses, aux flagorneries. A la façon de Clint Eastwood avec la série des Philo Beddoe ou Bronco Billy, John Travolta, sans pour autant s'interdire de collaborer avec Costa-Gavras, privilégie les films populaires, les Allo Maman Ici Bébé dans lesquels il excelle, les John Woo, les divertissements qui, s'ils sont rarement récompensés à Cannes, lui ont permis de tisser un lien profond avec le public. Il se trimballe un paquet de navets qui en aurait englouti plus d'un, ou des films improbables comme le récent Sauvages d'Oliver Stone, mais ça ne change rien à la donne. Beaucoup d'acteurs considérés comme géniaux, torturés et oscarisés à tour de bras ont disparu de la circulation après quelques tours de pistes, lui est toujours là. John Travolta a su trouver une place dans notre quotidien, dans notre vie, il a su parler à nos cœurs, et comme chacun sait, le cœur à plus de mémoire que l'esprit.
Tiens, je vais voir si y a pas moyen de me trouver un nouveau t.shirt avec Tony Manero dessus. Sûr que c'est toujours efficace pour détecter la connerie.


jeudi 13 décembre 2012

iT's a goOD scReaM...BRiaN De PaLMa



Tout commence par un cri. Tout finit par un cri. Voilà le résumé lapidaire que l’on peut faire de « Blow Out » de Brian De Palma. Comme souvent avec lui, son film débute par une mise en abyme : étudiantes dénudées qui se trémoussent sur du disco, couple en train de baiser, meurtre à l’arme blanche commis par une personne difforme ; tout les codes du slasher lambda sont gravés sur la pellicule. Sauf que la séquence se termine dans une salle de projection d’un studio de cinéma alors que sur l’écran une fille se fait trucider sous la douche en manifestant son effroi par un cri grotesque. John Travolta, qui incarne un preneur de son, vanne le réalisateur de cette série Z qui finit par l’envoyer paître et le somme d’aller refaire les pistes sonores d’ambiance derechef. 
Dès lors, le générique du film fait son apparition.


Grâce à ce procédé déroutant, De Palma nous fait perdre à un tel point nos repères qu’un sentiment d’insécurité nous tiendra au corps durant toute la durée du film (et pour cause…).
Ce qui frappe d’emblée dans ce long métrage c’est la composition photographique qui, dans pratiquement chaque image, nous impose les couleurs rouge, bleu et blanc et lui confère une singularité encore plus accrue. Cette palette chromatique a été choisie par De Palma pour symboliser le drapeau Américain puisque son film traite d’un complot politique.

Avec « Blow Out », De Palma assène une leçon de mise en scène à tout prétendu réalisateur. Il invente des mouvements de caméra innovants pour l’époque (la scène en rotation continue dans le studio de prise de son), il crée des compositions de plans d’un baroque absolu (l’hallucinante scène de prise de son sur le pont avec les animaux qui se fondent dans la même image que Travolta , les glaçantes séquences de meurtres perpétrées par ce dingue de John Lithgowet, par-dessus tout, le feux d’artifice final qui enferme nos héros dans une spirale déchirante) et il nous démontre à quel point le montage d’un film peut changer le sens que l’on donne à des images (l’acharnement de Travolta à reconstituer un film de l’accident inaugural).



Déjà exceptionnel de part sa mise en scène, « Blow Out » côtoie l’excellence grâce à l’apport de sa troupe d’acteurs. John Lithgow, en tueur impitoyable et redoutable d’intelligence, nous fout tant le trouillomètre dans le rouge que l’on appréhende chacune de ses apparitions comme le ferait une chochotte de première bourre. Disons-le tout net, ce sale type nous tétanise.



Heureusement Nancy Allen, dans son rôle de call girl, parvient encore à emballer nos cœurs. Cette fois-ci, à contrario de son rôle de pute futée dans « Dressed To Kill », elle incarne une femme fragile, peu sûre d’elle et naïve qui trempe dans des pitoyables affaires de chantages mises au point par une ordure lamentable, impeccablement interprétée par un Dennis Franz dont l’aspect physique crasseux s’accorde à merveille avec son esprit retors. 

Face à sa détresse manifeste, on a qu’une envie : la serrer dans nos bras pour la réconforter. Ce que ne manque pas de faire ce petit diable de John Travolta qui assure une composition de tout premier ordre : tour à tour drôle, touchant, obsessionnel, son personnage passe par toutes les gammes d’émotions et, lorsque la fin tragique nous cueille tel un uppercut d’une violence inouïe, on est totalement ébranlé par la douleur qu’il exprime.
On l’aura compris, ce long métrage ne laisse personne indemne : quand la maestria technique se combine aussi harmonieusement avec l’émotion la plus viscérale, le terme de chef d’œuvre n’a jamais autant mérité d’être employé. 
           
Harry Max

vendredi 7 décembre 2012

L'aNTRe De La foLie...BRiaN De PaLMa


A l'occasion de sa sortie en dvd copie neuve, je n'ai pas pu résister à l'envie de revoir Dressed to kill de Brian De Palma. Ce film est toujours aussi bon et étonnant.
Dès la première séquence nos repères sont bousculés puisque nous assistons, médusé, à une scène de douche d'Angie Dickinson (oui, le sex symbol des sixties qui nous a enflammé dans Rio Bravo et Le point de non retour, notamment) qui se caresse de telle manière que l'on se croirait dans un film érotique lambda des 70's réalisé par Joe D'Amato. On ne comprend que nous sommes bel et bien dans un film de De Palma que lorsque, par enchantement, un homme surgit soudainement derrière elle et se met à la violer. Dès lors le film ne sera plus qu'une succession de scènes malsaines filmées avec une maestria lyrique qui n'appartient qu'à ce sacré Brian. Car ce type n'a pas son pareil pour sublimer n'importe quel moment anodin.
Pour en juger il suffit d'assister à la scène dans le musée de Philadelphie. Durant 8 minutes totalement muettes, il transforme ce qui n'aurait pu n'être qu'une banale scène de drague en un ballet opératique époustouflant grâce à des mouvements de caméras si fluides que nous avons l’impression d’être au plus près de l’action. Bref, nous sommes cueilli par tant de maîtrise des moyens cinématographiques.


Dressed to Kill est donc un brillant exercice de style qui rend hommage de façon appuyé à Vertigo (le musée) et Psychose (le meurtre dans l’ascenseur qui fait écho à celui sous la douche) du grand Alfred Hitchcock. Rien que pour cela ce long métrage serait exemplaire mais, contrairement à ce qu’ont dit certaines critiques, ses personnages ne sont pas sacrifiés au détriment de sa mise en scène virtuose.
Angie Dickinson, en quadra délaissée par son homme qui pour ne rien arranger lui fait l’amour comme une brèle, trouve là le rôle de sa vie : elle se met littéralement à nue et, tel une jeune pucelle, on se laisse emporter par sa quête du frisson sexuel (c’est dire si on est convaincu par son interprétation !).


Michael Caine est mémorable dans son rôle de psychiatre trouble dont on ne sait quoi penser tant son sourire est aussi rassurant que celui de John Lithgow dans Blow Out.  



Nancy Allen insuffle une sensualité affriolante à son personnage de prostituée au grand cœur (on ne remerciera jamais assez De Palma d’avoir mis en avant celle qui fut sa femme durant un temps et qui, grâce à son visage digne d’une poupée et son corps affolant, nous a mis en émoi lors de notre éveil à la puberté).


Keith Gordon, le fils Dickinson dans le film, interprète un petit génie de l’électronique avec ferveur plutôt flippante (d’ailleurs ce diable de John Carpenter ne s’y trompera pas lorsqu’il l’engagerapour Christine pour incarner l’ado possédé par l’esprit de la voiture maléfique) et Dennis Franz joue l’inspecteur teigneux avec son talent habituel.
En somme, tous ces personnages présentent des névroses ou des fêlures qui enrichissent leur caractère et les rendent donc passionnants.


Spectacle total aussi baroque qu’angoissant, Dressed to Kill, nous embarque dans ses péripéties retorses qui nous secouent durablement et nous plongent dans les tréfonds les moins reluisants de la psyché humaine. Avec sa pièce maîtresse Blow Out (qui vous laisse totalement démuni et dégoûté lors de son final tétanisant) et le moins « sérieux » Body Double (qui nous en met plein la vue et qui a un postulat de départ similaire à celui de Fenêtres sur cour),  De Palma récidivera avec panache dans le registre de l’angoisse la plus viscérale. Veine qu’il avait largement explorée auparavant avec Sœurs de sang, Carrie et Furie et qui nous montre, sans conteste possible qu’il est le Roi de la perversion sur pellicule.  
                                                                   
Harry Max