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jeudi 3 janvier 2019

En aVaL !✯BaSHuNG✄The GoOD The BaD & The QUeeN


Comme si ça ne suffisait pas avec le bordel sur les rond-points, voici que l'insurrection prend ses aises sur ce blog. Après Harry Max courroucé par mes propos sur le radotage sénile de Paul McCartney, c'est maintenant à 7red de trouver à redire sur l'accueil modéré que j'ai réservé à l'arnaque Bashung et à la bérézina The Good The Bad & The Queen. L'année commence bien, je ne peux même plus dézinguer peinard. Il n'y a plus moyen de détester en paix. 
Tout ça ne m'empêchera pas de souhaiter que 2019 soit douce et heureuse, porteuse de bons sons bruts pour les truands et de friandises à se délecter. Et surtout, restons libres.
★ ✩ ✮ ✯ ✰ ☆ 

En aval de ta chronique sur le Bashung et le Good, Bad etc… et surtout après une réelle écoute, tranquille, en prenant du temps, quelques mots me viennent. Ça chie comme tournure hein ??

Tout d’abord ce En Amont, d’un Bashung qui n’est plus là pour dire si oui ou non ce disque avait une utilité. Perso, sa voix et ses mots me manquent et c’est vrai que j’aurais aussi bien pu me régaler d’un livre mais je suis content du disque, content de l’entendre, le Alain, et c’est tant pis si malheureus’ment ça justifie de sortir ce type de galette, post mortem, non finalisée et tout et tout. C’est quand même pas un type qui s’est élevé l’ouïe aux démos des Cadavres et aut’ 13ème Section, sans parler des trop fameuses Vanilla Tapes de moraliser sur le côté démo de ce En Amont.
Morceaux jetés ou mis de côté, idées placées là en attendant d’en faire, ou pas, quelque chose, c’est bizar’ment avec un putain de plaisir que de jouer l’album, peut’êt’ pas voulu, d’un Bashung déjà loin mais qui même en mode démo reste pour moi plus affriolant que tous les « Vianiais » et aut’ « Mettre Gims » de l’univers.
Triste pensée que ces chers disparus qui nous délivraient quelques bribes de leur univers au-devant de ces peignes zizi qui cherchent par tous les moyens à remplir, et pourrir, le nôtre !!


Pour ce Merrie Land de The Good The Bad & The Queen, je me souviens parfait’ment nous entendre encore dire que ce serait leur premier et dernier Bon disque, comme pour la Founky Familly et tant d’aut’, faut admett’ qu’on avait, en plus de la vista, la gâchette particulièr’ment sensib’ !!
Ou ils nous sortaient un album et une tournée tous les deux ans ou ce premier album devait êt’ aussi le dernier. L’effet de surprise s’en est allé il y a comme un bon moment de ça, alors pourquoi ce disque ?


On est loin d’un quelconque univers du Rock, c’est vraiment une espèce de pièce de cabaret, tout comme le Liberty of Norton Folgate de Madness et vu sous cet angle, ce disque devient, comme le premier, quelque chose de plutôt pas mal intéressant. Pour la tite histoire, je peux passer des heures à regarder et écouter en boucle le Liberty of Norton Folgate et dois admet’ que toutes les séquences partagées sur face de bouc du show de la bande au sieur Albarn me plaisent. Petites salles, scènes transformées en décor théâtreux 1900, proximité avec le public, de loin la chose la plus importante, reste malheureus’ment la barrière de la langue et que, peut’êt’, toute cette pièce reste très anglo-anglaise, leur histoire, leur brexit, leur bizness. T’êt’ même un problème de climat, mais ça c’est l’point météo !!

7red

mercredi 5 décembre 2018

BasHuNG-The GOoD, THe BaD & THe QUeeN



Il y a un bail de ça, The Good, The Bad and The Queen sortait un premier album qui offrait une crédibilité à Damon Albarn. Pour une fois, le gonze pondait autre chose qu'un gadget pour garnir le sommaire de la presse anglaise. Même s'il avait tendance à plonger ses auditeurs (nous fumes peu nombreux) dans une somnolence dominicale parfaite pour accompagner la digestion, le disque dégageait un feeling particulier puisé quelque part dans les ruelles sombres du Londres du 19eme siècle, celui des calèches sur les pavés, de Jack l'éventreur, de la misère populaire. Les chansons étaient ciselées, l'interprétation sobre et on était content d'avoir des nouvelles de Paul Simonon.
Enregistrer un second album semblait être une mauvaise idée, le disque originel fonctionnait parce qu'il était rare d'entendre ce genre de registre, le répéter ne pouvait donc que le déprécier, tandis que le faire évoluer serait un non-sens. Le mieux est l'ennemi du bien. Et ça n'a pas raté, Merrie Land dénature complétement le concept. Damon Albarn déroule ses gimmicks pop, largement périmés pour la plupart, sur des chansons d'où la magie est absente et discrédite le souvenir de sa seule offrande à la postérité en la barbouillant de tout ce qui faisait de Blur et Gorillaz du consommable jetable. A l'image de la marionnette à son effigie sur la pochette du disque, j'aurais préféré qu'il se taise.



La chanson française souffre du mal opposé, dépourvue de la moindre once d'imagination, elle s'enferre dans un carcan autrefois délimité par la mise en sons de La nuit je mens. Que l'on peut définir comme étant du Jean-Claude Vannier post-ColdWave. C'est donc logiquement à Edith Fambuena des Valentins que Chloé Mons a confié la mauvaise idée de cuisiner des démos de Bleu Pétrole à la sauce de ce qui fut son dernier succès commercial. Sauf que la logique et Bashung ça fait pas bon ménage. 

Edith Fambuena fait pour En Amont ce qu'elle fit pour tant d'autres et c'est bien le problème. Les albums de sa production sont interchangeables, Higelin, Thiéfaine ou Françoise Hardy, même combat, aucune personnalité n'y survie, seule la voix diffère.
En figeant ainsi Bashung dans une structure qu'il s'était empressé de fuir dès L'Imprudence, comme il le faisait quasi systématiquement à chaque nouvel enregistrement, elle donne la désagréable impression que l'artiste était en pleine régression. Bleu Pétrole n'est pas son œuvre la plus indispensable, c'est un minimum que de le dire, même si les circonstances me l'avait finalement fait accepter et partiellement apprécier. Bashung ne s'y montrait guère que par intermittence, mais il avait su procéder à des choix et si il n'avait pas voulu que son ultime tour de piste serve de caution à tout un pan des tristes sirs qui se pressaient à sa cour avant l'extinction du feu, ce n'est peut être pas pour rien. 


Chloé Mons semble en avoir décidé autrement, qu'importe la volonté du mort, on va quand même devoir se fader les restes, voir les signatures des rapaces dégueulasser le parcours en se conférant une crédibilité sur le dos du macchabée. Si peu pourvu de dignité qu'ils n'en refusent pas de se voir ainsi accoquinés post-mortem au nom de celui qui n'avait pas jugé bon de donner suite à leurs appels du pied. En Amont n'a de Bashung que la voix, et encore, une voix de démo, fatiguée par la maladie et le peu de motivation que lui inspirait le matériau proposé. Les arrangements musicaux greffés dessous par la valentine sont au mieux des pastiches, le plus souvent des souffrances. Faut-il que L'Imprudence soit si difficile à dompter pour que la veuve veuille en délivrer une version appauvrie afin de mieux capter des oreilles habituées à la médiocrité ? Ne vous laissez pas leurrer, l'ultime salut de Bashung fut cette oraison crépusculaire et farouche, l'indomptable imprudence d'un casse-cou sans filet. Que pour les bonnes pages de télérama, Chloé Mons et Edith Fambuena se soient chargées de faire du gringue à un public de croque-morts n'y changera rien. Elles peuvent continuer à faire des branlettes, les éjaculations ne viendront pas saloper ma platine.


Hugo Spanky