Le Clash n'en finit pas de mourir. A moins que ce ne soit nous qui n'en finissons pas de refuser qu'il meurt ? 7red nous en cause, encore et toujours, Clash en livre, Clash en coffret, Clash en dvd mais encore jamais en paquet de lessive. Ou alors presque pas. Ou alors on veut pas le savoir. Parce que Clash, qu'on en ait ras la casquette ou qu'on se lève avec The call up à l'esprit, reste envers et contre tout un lien. Un truc perso qu'on partage avec les amis, quitte à devenir ami pour le partager. Clash file des coups de pieds au derche, Clash fait qu'on crée un blog. Et qu'on s’aperçoit dix piges après qu'il a changé notre vie. Alors, oui, 7red cause de Clash. Ici et maintenant.
The Rise & Fall of the Clash, récemment sorti, et au moins déjà vu deux fois. Comment le plus grand groupe de Rock du monde interplanétaire de tous les temps s’est prit les pieds dans l’tapis, vautré comme une merde. Passant d’un splendide groupe de musiciens avec des idées à un groupuscule politico idéaliste avec un peu, si peu, de musique.
This is Joe Public Speaking
A quel point aujourd’hui tout ça peux paraître ridicule, désuet, et c’est pourtant bien s’qu’on allait chercher dans nos concerts, la parole, et une grosse masse de volume sonore.
C’est bien cette parole qui, pour certains en tout cas, nous a tenue loin de certaines conneries, de la dope aux extrémismes de tout poil et autres merdes qui faisaient parties de l’entourage.
C’est bien cette parole qui nous tenait debout quand, à trente milles, on pipait nib aux histoires de football ou cylindrée d’mobilettes, de flingues. Cette parole qui parlait de not’ réalité, pas la vie d’château, pas forcément Germinal non plus non, juste notre vie.
Apprendre comme ça en 90 minutes et à 8 €uros cinquante que Joe Strummer était un gros naïf, que not’ groupe favori avait des penchants pour l’alcool et la fumette, pfuiii… C’est souvent comme ça qu’on les a approchés, une ou deux bières ou un spliff à la main. Apprendre que derrière le groupe y’avait d’la manipulation, du pas franc, la seule chose qu’a jamais compté était bien la sincérité des gars, et là d’ssus y’a jamais eu de mensonge. Les groupes « bande de potes » n’ont jamais rien amenés d’aut’ à l’histoire que des montagne de verre à la consigne !
"L'art ne peut pas changer le monde mais il peut donner la conscience à chacun de la nécessité de le changer", c’est pas d’moi j’l’ai lu.
Le Rock était alors encore une révolution, en marche, avec ses leaders et ses financiers et ouais, les mecs alors sur la ligne de front, sous les projos, n’en avais pas plus dans les poches que nous, et si c’était Monsieur Zermati qui siglait les consos en 81, c’était pas que dû au problème de conversion d’la monnaie.
Le groupe n’avait rien, mais donnait tout.
J’aimerai pouvoir en dire autant aujourd’hui.
J’en entend d’un coté chanter que leurs pompes sont dans l’même état que l’miséreux au coin d’la rue, « ah ouais ! »
Je suis sûr que d’autres, jusqu’à la dernière minute vont courir et raquer à prix d’or pour avoir une place pour le concert Décennal des Rolling Stones.
Peuvent pas jouer, eux aussi, la résidence durant une semaine ?
Ainsi permettre aux gens qui les aimes de venir les voir dans des conditions correctes, tant au niveau du porte money que d’la salle.
On peut encore et toujours reprocher au Clash une montagne de conneries mais jamais sa sincérité, du moins jusqu’à l’éviction de son personnel.
Ce qui a suivi n’était que le délire d’un manager mais là non plus rien de neuf sous l’soleil, les Pistols n’étaient-ils pas une projection des délires et fantasmes d’un Mc Laren ?
On leur en fait pas un procès.
Tourner le dos à ses potes, c’est bien la seule chose qui blesse, comment des types aussi gentils, parce que c’était quand même des types sacrément gentils, ont pu êt’ aussi cons, comme quoi. Telle une machine, laisser sur la touche les blessés, jeter ces pièces « défectueuses », ridicule ouais. Triste aussi et là d’ssus je trouve ce doc plutôt intéressant. On s’est souvent gaussé de ces trois pauv’ lascars, embarqués dans un bateau sans boussole, un peu sans but et surtout hyper mal barrés.
La Nouvelle Entreprise, nouvelle ère, le Clash Mark II comme on dit si délicat’ment aujourd’hui n’était qu’une mascarade, j’ai quand même payé mes 80 francs pour aller les voir à Ballard et passé l’reste de la semaine à m’demander c’est quel groupe que j’suis allé voir ?
Une copie d’Exploited, qui pour le coup qui mériterait son nom.
Pas celui qui m’avait fait transpirer une semaine à Mogador, encore moins celui vu à Londres l’été 82, unique concert vécu chez eux, sur leur sol, sur leur territoire, la quintuple gifle, du vrai, loin de ces concerts vu par chez nous pour un public conquit, avec toute la panoplie du Rocker Punkifié. Là pour le coup c’était les potes, les gars avec qui ils faisaient un billard entre deux pintes après les répètes, les potes du quartier, ceux qui l’ont vécu, casquette vissée sur le bulbe, lascars du Corner Street. Pour quelqu’un qui n’est pas fan des uniformes, le pied, viens comme t’es !
Du coup, cette prolongation, avec des joueurs remplaçants, tout bien habillés pour une représentation, ça sonnait tell’ment faux.
Give ‘em enough Rope
Même si leur déclarations n’ont rien de fracassantes, elles proviennent malgré tout de types dont on s’est salement fichus, qu’on a ouvertement pris pour des cons et laissés là, à leur tour, consommables, consommés. Perso je les trouves touchant, n’importe qui aurait sans doute donné ce qu’il a de plus précieux pour être là et ils n’ont servi que d’alibi pour conclure une histoire, et même pas la leur.
La face cachée. Derrière nos musiciens aux belles idées généreuses se terrait une vermine, vermine sans qui rien ne serait peut-êt’ jamais arrivé, mais pour le coup rien du tout, même pas un premier album et le groupe qui va avec, et ça c’était déjà là depuis l’début. Le Punk Rock n’était que l’idée de plus vieux qui n’avaient pas assouvis leur crise de l’adolescence, et une vitrine pour vendre des sapes, rien qu’ça.

Aucun regret, perso ça reste ma plus belle tranche d’histoire, ça a duré ce que ça devait duré, m’en a donné plus que j’pouvais en recevoir. Musical’ment s’qui a dû s’faire de plus intéressant depuis l’début du Rock’n’Roll, humain’ment, pas mal non plus, considérer les individus comme une richesse et si j’ai des regrets sur la façon dont certaines choses ont finies, dont le groupe, là aussi y’a comme une leçon à en tirer, tu tourne pas l’dos à tes potes, à c’que tu aimes ou prétends aimer. Aucune putain d’ligne de pensée ou de conduite ne peut valoir plus cher que tes potes. 84, ça n’est qu’un 8 et 4, pour moi la fin des haricots, peut-êt’ de la niaiserie. Le Rock devenait alternatif, choisis ton camp et une idée et bien sûr tout c’qui existait avant c’était qu’des cons, voir pire. J’étais là avant !Je n’ai jamais cru que ma vie allait changer avec un disque, une idée ou avec un vote, tu vas élire un maire, un individu et au bout du compte on te change des ministres, rien de ce qu’on voit ou fait n’a pas de contrepartie. Celle de musiciens, devenus pro, reste de faire grossir leur manag’ment et leur maison d’disque. C’était déjà ça pour Elvis comme pour Gilbert Bécaud et la machin’rie qui est derrière n’a rien à foutre de quelconques idées généreuses, gauchisantes ou complèt’ment marxistes, c’est que du bizness.
La preuve est là qu’on peut devenir gros, passer en quelques années de son Garage à des stades, sans pour autant perdre son âme ou se moquer du public. Ce n’est pas tant le groupe qui a changé. Ici en Europe, on aimait notre groupe de Rock avec des idées, des engagements et beaucoup de musique mais le bizness c’était chez les ricains et là bas, Clash ou Van Halen, tant qu’ça remplit des stades…
La seule vérité c’est que tout l’monde ne s’accomode pas du succès, et ce qui va avec.
Oui je pense que le groupe a bien fait de pousser toujours plus loin, sortir le Rock de 77 des clubs de seconde zone et de toute cette imagerie Punk, vous vous trimbalez encore avec des zips et des clous ?
Reste le problème de la célébrité, si Jonesy a toujours été un Rockeur, Joe a toujours été Roots Rebel, c’est ce qui a fait l’histoire.
Tout ceux qui l’ont connu, vécu, le savent, jamais le groupe n’est passé devant ni le public, ni même personne dans la rue, la tête haute t’existes pas, encore aujourd’hui les gars restent tout à fait abordables, chaleureux et en fait sans grande manière, Joe en faisait tout autant et c’est pas qu’une image.
Tous les groupes se doivent d’êt’ à la hauteur de la sincérité du Clash, par c’que le groupe à prouvé qu’on pouvait réussir et êt’ intègre, proche du public, humain.
Without People you’re Nothing.
Le seul truc de vrai là d’dans, c’est l’être humain, avec toute sa connerie, son cœur et tant qu’y’en a, c’est qu’y’a de la vie et c’est bien pour ça, que trente ans après, le Clash reste bien le seul groupe qui compte, et au chiotte le côté sombre.




























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