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mercredi 13 mai 2015

FaRGo, la série T.V


Fargo, c'est l'histoire des petits riens de l'existence qui finissent par vous bouffer la vie. Vous avez tous vu le film des frangins Coen, j'imagine. Si c'est pas le cas, faites le. La série qui s'en inspire est produite par les mêmes frères Coen et brillamment adaptée par Noah Hawley qui se remet en selle après l'avortement de My Generation.  

Si elle multiplie les références au film à travers une multitude de détails, la série ne s'appuie dessus à aucun moment et rien, si ce n'est la gourmandise, ne nécessite de réviser le long métrage pour mieux la comprendre. Certes le ton est semblable, celui des ploucs du grand nord de l’Amérique, et de fait le cadre est identique, ne croyez pas pour autant avoir affaire à une simple version télé du film, un développement du début ou de la fin ou quoique ce soit comme astuce dont on ne manque jamais de nous affliger. Chaque saison de Fargo amène l'histoire jusqu'à sa conclusion, pas de cliffhanger à la con au dernier épisode. Merci pour ça. Cette première saison nous plonge dans un engrenage de meurtres sordides impliquant des personnages aussi farfelus que vicieux dans leurs bassesses quotidiennes. Une histoire du crime ordinaire dans un milieu ordinaire par des gens ordinaires. Avec toutefois un sacré loup dans la bergerie. 


Billy Bob Thornton qui m'avez régalé les mirettes sans m'encombrer les esgourdes dans The Barber, renoue avec l'univers des Coen avec une glaçante sobriété dans son incarnation de Lorne Malvo, le diable descendu sur terre. Face à lui l'impayable Martin Freeman, aperçu dans Hot Fuzz et Le Dernier pub avant la fin du monde, le parfait crétin, faible et heureux dans sa médiocrité. Le genre qui reste assis lorsqu'il se lève. Entre eux deux, la révélation de la série, Allison Tolman, débutante promise à de bien belles choses tant elle imprime l'esprit avec son interprétation de l'entêté Sergent Molly Solverson, véritable grain de sable dans le sinistre rouage bien huilé de la connerie ambiante.
Car si il y a bien un point commun avec le film, c'est celui ci. L'amalgame infernal de la bêtise, la lâcheté, la crédulité. Fargo reste le royaume de la poussière planquée sous un tapis déjà taché.


Il y a peu de chance que Fargo soit diffusé en début de soirée sur une de nos chaines, chaque épisode contient son lot d'implacable violence froide. Faut les avoir bien accrochées lorsque s'emballe l’œuvre du mal et qu'impuissants spectateurs nous sommes placés face à l'exécution par les forces de l'ordre d'un innocent ligoté sur un vélo d'appartement au cours d'une des scènes les révulsives qu'il m'ait été donné de subir. Et ce n'est qu'une parmi tant d'autres. Fargo ne nous épargne rien, inexorablement le pire répond présent.
La question reste d'actualité : Aurez-vous le courage d'en rire ?  


Hugo Spanky