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lundi 8 février 2016

ANGiE TRiBeCA & auTReS FaRiBoLes De L'eXiSTeNCe


En attendant, dans le courant de ce mois de février à la con, le début sur HBO de Vinyl, la prometteuse série sur le Rock des 70's, concoctée par Martin Scorsese et Mick Jagger, voici de quoi patienter tout en se déridant de la crispation ambiante. 

 
Angie Tribeca est la nouvelle série la plus con du monde. Et elle bat des records en la matière. Angie Tribeca, c'est Rashida Jones, fille de Quincy Jones et de la délicieuse Peggy Lipton. C'est aussi l'une des plus prometteuses actrices pour les années à venir. Rashida Jones a le charme et la pertinence, le ton et la présence qui manquent tant aux stars déshumanisées qui font le quotidien des blockbusters. Cherchez pas d'où elle sort, du Saturday Night Live. 




Angie Tribeca, c'est aussi une série créée par Steve Carell et sa femme Nancy. Steve Carell, on le connait déjà mieux, pour The Office, mais aussi toute une palanquée de films fortement dosés en absurdités revendiquées. Complice de Will Ferrell dans les trois volumes de la saga de Ron Burgundy, il avait aussi repris pour le grand écran, le rôle du personnage de Max La Menace, de la série du même nom, la plus désopilante des années 70. 
Max La Menace, ceux de ma génération s'en souviennent forcément, c'est cet agent secret qui téléphone avec sa chaussure. Un James Bond sous lysergique, imaginé et mis en scène par Mel Brooks, et incarné par Don Adams qui reprendra la franchise et déclinera le concept en réalisant Coup Double.


Si je vous déblatère tout ça, c'est parce que c'est du côté de Mel Brooks qu'il faut lorgner pour définir l'humour d'Angie Tribeca. De Mel Brooks et des frères Zucker également. 
Si vous aussi, vous considérez Y'a-t-il Un Pilote Dans L'Avion? comme un chef d’œuvre, si vous êtes d'accord pour dire que Val Kilmer n'a jamais été aussi bon que dans Top Secret, que peu importe le nombre des rediffusions, quand un film avec Leslie Nielsen est au programme, personne n'approche la télécommande, alors Angie Tribeca est faite pour vous. Tout y est, les poursuites improbables, les flashbacks crétins, le chien qui sourit, les running-gags qui scient les nerfs, les guest-stars qui déchirent, les dialogues surréalistes, les experts en blouse blanche qui mériteraient la camisole. Et bien sur, Jay Geils, le partenaire amoureux transi, et Chet Atkins, le lieutenant chef qui braille dans son bureau. Avec tout ça, on commence à comprendre où on va.


Angie Tribeca c'est en regardant le Tonight Show de Jimmy Fallon que j'ai appris son existence. Diffusé en France sur MCM depuis la saison dernière, le show de Jimmy Fallon, lui aussi un échappé du Saturday Night Live, est ce que le talk show peut proposer de plus en adéquation avec tout ce que j'aime. Les interviews sont tellement décalées, qu'elles en deviennent plus révélatrices qu'un questionnaire en règle. Les jeux, les concepts débiles, les routines, sont si bien exécutés qu'on se demande comment on peut encore supporter la médiocrité des adaptations françaises. Cerise sur le gâteau, la présence sur le plateau de The Roots, le groupe de Hip Hop qui, entre autres délices, accompagne Elvis Costello sur le fantastique Wise Up Ghost. Ils font partie intégrante du show, sont en permanente interaction. Et l'invité musical, de Hank Williams Jr à Kendrick Lamar, est représentatif de l'ensemble de la musique d'aujourd'hui et d'hier. 


Voir Jimmy Fallon imiter Bob Dylan ou le Boss du New Jersey, ça vous remet dans le sens de la marche, et quand, en duo avec Billy Joel, il singe Mick Jagger sur une reprise démente de Beast of burden, on est définitivement sur une autre planète. Et qu'importe l'audimat de D8 ou Canal+ puisque c'est sur MCM que se trouve le vrai truc.
Faute de rendre plus intelligent, avec Jimmy Fallon, la télé rend moins con. Chaque soirs je suis scotché devant, soit parce que je connais les invités (Will Ferrell, Jonah Hill, Bruce Springsteen, Martin Scorsese, Syl Stallone, Kristen Stewart, mais aussi Donald Trump !) soit parce que ceux que j'y découvre me deviennent vite familiers. Amy Poehler fait partie de ceux là. 


Parce que, malgré les conseils de Harry Max, j'ai raté Parks and Recreation, je n'avais pas encore eu l'occasion de faire connaissance avec cette allumée de la comédie américaine. Je rattrape mon retard en redoublant d'effort.
Bien avant Parks and Recreation, Amy Poehler s'était fait remarquer dans le film Wet Hot American Summer, un teen movie situé dans un camp de vacance, et dont la particularité est d'avoir pris le bide du siècle dès 2001. 
A ceci près que tout le casting a par la suite connu un tel succès que la chaine Netflix les a réuni l'an passé, le temps d'une mini série inspirée du film dont elle conserve le titre. Jamais à une absurdité près, chacun à repris son rôle d'adolescent, fringues et coupes de cheveux inclues, malgré qu'ils aient tous atteint la quarantaine ! 
Le résultat vaut le temps qu'on y passe devant. Je me suis enfilé les huit épisodes comme un goinfre.



Amy Poehler, je l'ai aussi retrouvé au générique de films hautement déjantés comme Baby Mama, avec Sigourney Weaver,  They Came Together, avec Paul Rudd, et à celui d'un cocktail de fantaisies et de réflexions qui passent toutes en douceur, Are You Here avec Owen Wilson. Autant dire du nectar avec plein de pépins dedans.
D'ici quelques mois, et avec un peu de chance, son nouveau film, Sisters, devrait sortir en France. C'est celui là, qu'elle est venu présenter chez Jimmy Fallon. 


Selon ce qu'elle en a dit, l'histoire n'est prétexte qu'à déclencher l'hystérie, propager la destruction et ravager toutes traces de sanité mentale. Ça me va. L'ultime fiesta dans la maison de leur enfance, de deux sœurs en pleine crise de la quarantaine, ne se fera pas sans moi ! Je m'en bats les noix de Star Wars numéro 48, je me fous que Liam Neeson sauve dieu seul sait qui encore des mains de kidnappeurs interchangeables. La 5éme Vague peut faire ce qu'elle veut, et les salopards peuvent se compter toute la nuit. Je veux du brut de pomme, du qui décape le réel, de l'agitateur de névroses.


Hugo Spanky 
Ce papier est dédié à Jack, mon grand frère.
Pour avoir été à l'origine de tout.