samedi 15 juin 2019

Le RouQUiN




Les musiciens ont rarement brillé par l'esprit et l'excès de bon gout, pour un Prince, un Bowie, un Jimi Hendrix, combien de laborieux n'ayant comme vision artistique qu'accord de ré et dictionnaire des rimes ? Heureusement pour nous, ces braves garçons, que les mois passés dans leurs chambres à bosser la gamme pentatonique mineure ont privé d'expériences aussi enrichissantes que la découverte du coin de la rue, étaient pris en charge par des concepteurs autrement plus futés ; Pygmalion que la modernité désignait sous les sobriquets de producteurs, managers, sans que rien ne change à la finalité de l'affaire.

Malcolm McLaren, peu importe de savoir si il fut le plus doué, fut assurément le dernier d'une excentrique lignée qui n'a de cesse, depuis son extinction, de manquer cruellement à l'art populaire. A trop formater, c'est la loufoquerie que l'on assassine ! Malcolm McLaren avait pour motivation d'inciter chacun à dévoiler son originalité, faire fi des conventions du vieux monde ankylosé et s'offrir ainsi une belle tranche d'immaturité insolente. D'une expression mal définie, Punk, désignant tous les lunatiques de l'underground américain venus hanter les rues sales de Manhattan avec l'idée saugrenue de vivre comme dans une chanson de Lou Reed, il fit un concept inspirant pour toute une ribambelle d'anglais en mal d'identité.  
Malcolm McLaren retarda l'inévitable, une dernière fois par la grâce du Rock les adolescents seront outrageux, audacieux, radicalement singuliers. Du moins pendant un instant, parce qu'évidemment tout cela ne vécut que le temps des roses, avant que l'essentiel ne se perde, que le loustic endimanché ne redevienne clone de son voisin de bar. Qu'importe, moins de 10 mois après l'éclosion du Punk dans les médias anglais, Malcolm McLaren s'en était lassé, sa bouillonnante imagination avait déjà donné vie à des créatures bien plus bigarrées. A celles là aucun Lester Bang ne su donner un nom, sans doute est-ce la raison pour laquelle aucun troupeau n'a jamais compris derrière quoi se ranger. Fées clochettes, Sandokan enturbannés, corsaires adolescents, iroquois à bretelles allaient égayer la grisaille en jetant aux orties Doc Martens et Perfecto, revendiquant la légèreté virevoltantes des jeunes filles aux pieds nus, tuniques courtes, dansant sur des rythmes zoulous. Depuis Ziggy Stardust copulant avec Twiggy, jamais Londres n'avait été émoustillée de la sorte. 

Ainsi, entre le Punk et sa découverte du Hip Hop qui le mena à publier Buffalo gals dès 1982, Malcolm McLaren inventa Bow Wow Wow sur la dépouille sacrifiée d'Adam and the Ants et offrit un son nouveau aux années 80, un son sec, tranchant, un son qui vrille les oreilles. Guitares étriquées, percussions de la brousse, la formule déjà expérimentée avec le prince charmant sera cette fois agrémentée d'un pimenté trait de génie ; la voix frénétique d'une gamine de 13 ans. Wild go wild in the country, where snakes in the grass are absolutely free, merci d'accueillir chaleureusement Annabella Lwin.




Bow Wow Wow était un concept basé sur les conflits hautement contradictoires qui secouent la personnalité de l'individu atteint de cette maladie qu'aucun vaccin ne sait tarir : la puberté. L'imagination, alors, déborde à flots nourris que rien ne réfrène puisque le suicide est la seule autre option tolérée à une vie de libertés sans entrave. Naïveté sexuelle, expérimentations euphorisantes, doigts tremblants en quête de clitoris, bouches avides de découvertes et nudité se réclamant d’Édouard Manet, c'est ce candide chaos que Bow Wow Wow va glisser dans les esprits de la jeunesse. Et de la jeunesse seulement. Dans un premier temps les enregistrements du groupe ne sont commercialisés que sous forme de cassettes, le format de l'adolescence, celui qui se glisse dans une poche, dans un sac à main constellé de paillettes, celui avec lequel on s'isole dans le secret des draps, celui que l'on chérit contre son cœur de gélatine tandis que frémissante sur la pointe de ses pieds nus Annabella Lwin éructe son message d'une voix gourmande : I want candy !

Les imbéciles aux doigts lestes qui sur twitter et ailleurs en appellent à la crucifixion de Woody Allen et Roman Polanski sont priés de déguerpir, la suite ne peut qu'aggraver leur ulcère. Malcolm McLaren va faire d'Annabella Lwin sa Melody Nelson, mêlant l'odeur de souffre à celle du monoï, utilisant ses charmes poupons pour attiser la convoitise lubrique. Et si, vu les formes de la demoiselle, on peut se douter sans trop se mouiller que l'affreux rouquin l'a ratiboisé d'un an ou deux pour ajouter à l'indignation, elle n'en demeure pas moins sagement nue sur une pochette de disque qui fera passer l'affaire God save the queen pour une blague de comptoir. 



Immanquablement, les tabloïds anglais effarés accueillirent la formation avec une outrance guignolesque attisée un peu plus encore par les prises de positions jubilatoires de McLaren en faveur de la duplication des disques sur cassettes vierges, une pratique alors courante que les labels tentent d'éradiquer à coups de menaçantes têtes de mort sur les pochettes. Home taping is killing music. On nage en plein délire. Procès en sorcellerie, articles vengeurs, menaces de représailles, les grands mots furent de sortie, l'occasion était trop belle d'en finir avec le grand escroc du Rock'n'Roll, coupable d'avoir trucidé la poule aux œufs d'or et de s'en vanter. Malcolm McLaren ne se contenta pas de dresser le banquet Punk, il se chargea d'en virer les convives avant que le dessert ne soit servi. Un grand homme que celui ci. Pour un peu, le scandale aurait été plus retentissant encore si Boy George n'avait pas quitté la troupe avant qu'elle ne soit exposée aux feux de la rampe pour s'en aller former Culture Club. Que n'aurait t-on pas lu si à la primesautière Annabella Lwin s'était ajouté l'hermaphrodite George




Puisque rire en société devenait l'affaire des tristes, Malcolm McLaren préféra l'exil. A New York, il s'entiche de sons plus radicaux et s'acoquine avec Trevor Horn pour enregistrer Duck Rock, premier album qu'il sort sous son nom en 1983. Le disque est sans équivoque, l'avenir est aux bidouillages électroniques ouverts aux influences venues des plaines, des cimes et des déserts, la World Music prend forme. Dans les beaux salons, il promotionne le graffiti, le breakdance, désigne du doigt Keith Harding, Rock Steady Crew, Neneh Cherry, Red Hot Chili Peppers, ne s'implique plus dans la mode adolescente dont il considère à juste titre avoir fait le tour. En Angleterre, Trevor Horn prend la relève en façonnant Art Of Noise, Propaganda et Frankie Goes to Hollywood




En 1984, c'est à Stephen Hague qu'il met le pied à l'étrier en collaborant avec lui pour le single Madam Butterfly puis l'album Fans sur lequel il recycle Puccini et Bizet, ajoutant une salutaire vulgarisation de l'opéra à sa palette de couleurs. Si vous cherchez un album typiquement 80's à réhabiliter d'urgence, il est là. Stephen Hague va dès lors devenir le nec plus ultra de la production que vont s'arracher Pet Shop Boys, Peter Gabriel, Public Image Ltd (tiens donc), OMD, New Order... Malcolm McLaren est déjà ailleurs, en 1989 il précède Madonna d'un an  en utilisant l'esthétique Vogue pour illustrer l'électro funk de Waltz Darling. Le plus simple est d'indiquer que les années 80 lui doivent quelque chose dans à peu près tous les domaines, fringues, coiffures, cynisme revendiqué, design, revival, attitudes, musiques, clips  découleront des pistes qu'il a défriché. 




Il serait avisé de se souvenir de l'héritage laissé par Malcolm McLaren au delà de 1977, il est de ceux qui font fuir l'ennui. Et si Paris est assurément trop long, saloperie de format cd oblige, s'il s'égare quelque peu dans un kitsch Moulin-Rouge qui ne me concerne pas, il n'empêche qu'il reste brillant, attachant hommage au bleu nocturne de notre capitale. Sur le bien nommé Tranquilize en 2005, il brille principalement par son absence, se contentant de poser sa voix de çi de là, avec une extrème parcimonie, tel un Lee Hazlewood 2.0. Le disque est conçu pour accompagner la visite des magasins Habitat, seul lieu où il fut disponible. Clairement, le monde de la musique ne le passionne plus, il fuit le non-sens des commémorations du Punk, préfère la dilettante je m'en foustiste, glande avec Castelbaljac. Impeccable jusqu'au bout.

Malcolm McLaren est emporté en une courte poignée de mois par un cancer en 2010, mis en terre dans un cercueil tagué d'un ghetto blaster et du Too fast to live, too young to die qui servit de nom à sa première boutique sur Kings Road, là où il rêva d'une vie où passer inaperçu était exclu. Mission accomplie.

Hugo Spanky 

mercredi 29 mai 2019

FanTOMeS DaNS La BRuMe


Le monde étant obnubilé par les morts, j'ai opté pour les zombies. Métal a-gogo, nuance noire sur ton noir. Je m'injecte des symphonies de saturation, flux et reflux sur ma peau brulée d'un océan de limailles qui me dépèce avec joie. Ghost Bath, Gaahls Wyrd, ces mecs sont les Pharoah Sanders d'aujourd'hui, même goût pour les imprécations zarbies, les litanies païennes. Et Burzum fait déjà partie de l'histoire.

Moonlover est l'album le plus abordable du lot, pas facile pour autant, il offre néanmoins des repères. Ghost Bath est un groupe américain, d'où une esthétique presque classique. Les guitares sont claires, la batterie alterne différentes fondations, le disque est construit en partant du tumulte jusqu'à atteindre une pureté ascétique. Moonlover pourrait être une impeccable musique de film, pas d'horreur, non, aucun de ces trois là n'utilise les clichés, pas de grosses voix gutturale. D'ailleurs, l'album de Ghost Bath est à quelques hurlements près quasiment instrumental, c'est de guitare qu'il est question ici. Mais là encore, pas de cliché, pas de branlette virtuose, d’acrobaties tape à l’œil, ici tout est au bénéfice de l'ambiance. En fait, ce n'est pas tant une parfaite musique de film qu'un film en lui-même. Moonlover date de 2015, le groupe n'a jamais fait mieux et aucun autre n'a approché une telle perfection dans ce registre. Parfait pour une initiation en douceur.


L'album de Gaahls Wyrd sort lui à la fin de ce mois, en guise de promotion il a été publié sur youtube, ce qui nous change des Tidal à abonnement tarifé, des Spotify à publicités intrusives et autres rackets dont le web se fait spécialiste. GastiR/Ghost Invited n'est pas une sinécure, autant le disque de Ghost Bath est limpide, autant celui ci est austère. Gaahl est un personnage hors norme dans le monde du Black Métal norvégien, homosexuel assumé, réfractaire aux préjugés sectaires, il flingue ses différentes formations sans laisser aucune chance à la routine. Après des débuts avec Trelldom, un album ravageur (et ravagé) avec Gaahlskagg (Eternal Funeral), un putsch chez Gorgoroth, une collaboration avec Wardruna, quelques séjours en prison et un excellent album avec God Seed (I Begin), GastiR/Ghost Invited est son projet le plus personnel, ainsi que le disque le plus excitant du moment, le plus créatif aussi, satellite de deux mondes, cold wave et métal extrême. On est ici à des années lumières de la simple collection de chansons. On est ailleurs.


GastiR/Ghost Invited est une odyssée qui n'invite pas au voyage, il faut s'accrocher au crin de la bête, son galop vers la falaise est solitaire et déterminé. La première écoute est semblable à celle du premier Motörhead, du premier Clash ou du Kill 'em All de Metallica en leurs temps, on est rejeté par la furie, sidéré par l'intention, on s'agrippe à l'émergence d'une mélodie qui s'extirpe du magma et nous projette vers une autre qu'un riff dessine dans la brume. Puis comme sur un dessin du Conan de John Buscema, la citadelle s'impose, glaciale et écrasante dans l'ombre mouvante, elle ne ressemble à aucune autre.
Écouter Gaahls Wyrd remémore ce qui nous a attiré vers la musique, bien avant d'accepter l'idée de la consommer entre les pâtes et le riz. Son disque ne cible personne, il est une expression personnelle qui peut être concernera quelques défricheurs de ronces, serpe en main, acceptant l'idée que la musique se mérite, que non, définitivement non, elle ne se limite pas aux saveurs fades des plats réchauffés affichés au menu des magazines. Carving the voices, Veiztu hve, The speech and the self, From the spear, Within the voice of existence délimitent un disque aux contours flous, de ceux dont on ne sait pas trop pourquoi on s'y frotte, avant d'en devenir addict.



De ces trois là, Burzum est la base, créateur du genre il en est aussi celui qui en a exprimé la vision la plus extrême, je ne parle pas de décibels, ni de déluge de distorsion, pas seulement du moins. Burzum est le plus cru, le plus dépouillé de tous, le plus taré aussi. Et sans doute le seul authentique génie. Varg Vikernes, membre unique de Burzum, grave les fondements de son œuvre au noir, sidérant de radicalité, entre ses 18 ans et ses 20 ans, multi-instrumentiste imaginatif aux claviers, furieux à la guitare, c'est encore à la batterie qu'il m'éclate le plus, son travail tout en nuances sur le titre Det som engang var, qui bien entendu ne se trouve pas sur l'album du même nom mais sur Hvis Lyset Tar Oss, est à hurler de bonheur (ce qui peut, certes, paraître déplacé). En quatre albums, chacun meilleur que le précédent, Burzum/Aske, Det Som Engang Var, Hvis Lyset Tar Oss, Filisofem, tous enregistrés avant son incarcération, Varg Vikernes fait cohabiter agressivité lépreuse et apaisement post-mortem avec un sens de l'épopée lyrique associé à un minimalisme gangréné. Il semble ne recevoir l'influence de rien, ni personne. Sa musique, mille fois dupliquée depuis, est alors un territoire vierge qu'il modèle à son humeur. Les voix sont hurlées avec un casque en guise de micro, les guitares sont amplifiées par ce qui se fait de pire en matière d'ampli et le résultat est magnifique, des mélodies cristallines sur fond de tronçonneuse. Au milieu des déflagrations, il impose des fleuves d'apesanteur synthétique sur des albums qu'aucune étiquette ne saurait définir. Disons que Burzum est au Métal ce que les Cramps de Songs The Lord Taugh Us furent au Rockabilly. La fascination morbide passe à l'étape supérieure, celle de l'implication, le jeu reste le même, perturber les sens, dérégler la perception du réel, faire chier le monde.
Décrire l'ensemble demanderait des mots qui desserviraient le sujet, trop souvent la musique sert de prétexte à intellectualiser ce qui n'est que manifestation primaire d'instincts qui le sont tout autant. Vous posez Dunkelheit sous le diamant ou restez dans vos certitudes, après tout qu'est ce que ça change ? Qui en a quelque chose à foutre ? Depuis trop longtemps le Rock vise le consensus, aligne les disques prévisibles comme des plans d'épargne, en voila quelques uns qui n'ont pas peur de renverser la poubelle, vivre leur marginalité sans se soucier de convertir les foules. Après tout, les lois n'existent que pour ceux qui s'y soumettent.


Hugo Spanky


jeudi 2 mai 2019

RaNX SauCe SaMOuRaï


Je Hais le printemps, la faute aux pollens ? Ouais y'ad'ça, la connerie humaine, surtout !!
"C'est beau, c'est le renouveau de la vie", renouveau mon cul ouais !!


En moins de deux mois, Ranking Roger, Chef Toaster de The English Beat, un sourire, une énergie, une envie d'vivre, un type qu'était aussi généreux qu'souriant. Certain'ment c'que Birmingham a offert de mieux à l'humanité. Didier "Beubeu" Banon, batteur infernal des non moins infernaux OTH, avec Trust ce qui se rapproche le plus pour moi d'un groupe de Rock, made in france, pas de Punk, Rockab ou quoi qu'ce soit non, un groupe de Rock, desperados pétillants, cracheurs de décibels, gouffre d'énergie et en plus la preuve qu'on peut très bien faire de la zizic loin de Paris. Avec juste quelques flyers posés là, à la boulangerie du coin, une salle entière et surchauffée était de suite prête à sauter partout. Même si je me régale de nombre de groupe d’ici, de La Souris à IAM, OTH avait une tite place, bien à eux, sûr’ment accrochée à l’histoire qui va avec. 

Dick Rivers, pas vraiment écouté, jamais été fan, juste rencontré une fois sur un p’tit marché dans une p’tite ville pas loin de Montauban, On d’vrait jamais quitter Montauban, charmant bonhomme qui prenait l’temps d’faire son marché, papoter avec ses commerçants, échanger quelques bon mots avé les papés du coin, météo ou prix des c’rises au kilo. En tout cas un type qu’a fait sa vie et sa carrière en homme tranquille, sans chercher à s’faire plus que ça remarquer, un Artisan du Rock’n’Roll, j’ai du respect pour ça. 


Jean Pierre Marielle, Monsieur Jean Pierre Marielle, une voix, une élégance, un des rares loulous qui pouvait s’enorgueillir de porter la moustache sans passer pour un cave ! Une tranche d’histoire, du cinéma, de la vie, de l’art de vivre, partager avec les copains tous ces bons moments, sans se prendre au sérieux lui non plus. Ce qu’on fait est sérieux, important, nous, v’là l’histoire, on fait qu’passer ! 


Et là, Anémone, Madame, elle aussi essuyée du tableau, une des trop rares à sauver de cette troupe du Splendid, pour moi en tout cas. Personne entière et elle aussi, pas trop embarrassée de fausses manières, semblant, aimez-moi, aimez-moi !
Voyez, pour l’côté renouveau d’la vie, y’aurait comme à r’dire !! 



Chaque semaine n’est qu’une réédite de la précédente, tu t’lèves et va bosser pour des cons qui pigent que dalle à c’que tu fais. Nid d’cons qui pestent en lousdé et rigolent à pleine bouche avec leur chef cinq minutes après, surtout êt’ bien avec sa hiérarchie, gentils clébards ! Ça peste et ça révolutionne au rythme de BFM, ça gilet jaunise aux ronds-points en siglant les arrhes pour leurs prochains congés, hiver comme été.
Comble de l’horreur, j’apprends que là-bas, côté espagnol, des vox qui ne feront jamais parti de la Ranks Team, se sont vu offrir une tranche du pouvoir. 
D’où qu’y s’croivent ?
V’là pas qu’le nom du Ranx ze Vox devrait s’voir accolé à ces cons d’nazis, Jamais !

Le résultat de plusieurs décennies à s’tripoter la nouille entre « gens biens », ceux qui ne parlent qu’avec ceux qui s’ront toujours d’accord avec, les faiseurs de phrases qui pensent « que ceux qui votent populiste, ne sont rien », bien assis dans leurs certitudes que  tous ceux qui ne pensent pas comme eux sont forcément des cons, vois la gueule de l’élite, un banc d’taupe qu’est jamais monté au casse-pipe !
C’est à cette bande de mou du truc qu’on doit de voir, et à travers toute l’europe, les nazis grappigner, doucement mais surement, le pouvoir. Sans faire trop de bruit, utilisant le vide que laissent tous ces grands penseurs, utilisant la misère, la peur, pour arriver à leur but. Moi-même je trouvais plutôt pas mal tout ce populo qui d’un pet se levait, se réunissait. Mon seul doute c’est d’où s’à v’nait, qui le premier a proposer de se réunir et de manifester ? J’aime pas quand j’sais pas ! Au fil des images, des déclarations, des manipulations, j’suis vach’ment moins sûr, ou plutôt si, à qui rapporte l’action ? Certain’ment pas aux types moyens qu’essayent de vivre, juste mener sa vie.

 

Le printemps c’est aussi la saison des élections, et quand tu t’intéresses un tant soit peu à toutes ces vilainies, c’est pas trop compliqué de voir ce qui s’trame. De là à se permettre d’utiliser une partie du nom d’un des trésors de l’information la plus tintamarre que le net propose, je dis Non ! De toutes ces années d’élucubrations et aut’ délires en tout genre, on a toujours glorieus’ment assumés not’ image de réac gaucho, anarcho bordéliques vieille école, on est même d’accord pour ne pas l’être plus souvent qu’c’est nécessaire mais jamais, comme dans l’verbe jamais, aucune merdouille de nazi n’utilisera tout ou partie du glorieux nom de Ranx Ze Vox pour faire leur propagande de merde.  


Au nom des Hieramentegi, Yallah, Barahoud, Grunjawoët et l’intégrale de la piraterie à marée basse et des fouteurs de boucan musicophages aux oreilles sensib’, tant qu’on s’ra là, et au nom de ceux qui sont partis, ceux cités plus haut comme ceux dont on a jamais causés, jamais la vermine nazi n’aura de place, on peut en faire le serment, jusqu’au dernier bonhomme, la dernière note, la furie et la foi, on écrira, net comme le tranchant du katana, Ranks Team en mode Samouraï ! On cause musique, on cause bonne bouffe, on cause ciné comme football ou rugby, on cause Famille. On est capable d’aligner des monceaux de conneries. On cause partage, engueulos et repartage, la vie. Jamais aucune idées d’élites, de j’ai plus de droits que toi, tant en musique qu’en vidange de carafons, n’ont et n’auront jamais de place sur cette page, c’est pour ça qu’c’est Ranx ze Vox et pas une chronique de sport, musique ou façonnage de cannellonis ou de d’appâts pour la pêche aux coquillettes.
La Musique, les Cannellonis et les grands Crus, on les partage, et avec un putain d’plaisir, et comme le dit l’proverb, en Mai ne fais que c’qui t’plait, comme le reste de l’année quoi !! 

7red 


lundi 15 avril 2019

HuGe iN FRaNCe


Depuis quelques années maintenant, Gad Elmaleh tente patiemment de vivre son rêve américain. On l'a ainsi vu adapter avec réussite le Saturday Night Live sur M6, puis apparaître dans la série de Woody Allen, Crisis in six scenes, le tout dans une logique d'intégration du milieu de l'humour juif new-yorkais, notamment chaperonné par Jerry Seinfeld. Mal connu par ici, Seinfeld est pourtant le mètre-étalon du comique à la française tel qu'il a été façonné par le Jamel Comedy Club. Les diffusions en France du Tonight Show de Jimmy Fallon, qui se conclut régulièrement par un stand up, et du SNL ont bâti un pont avec New York que Gad Elmaleh nous propose dorénavant de franchir en sens inverse.

Avec sa série de huit épisodes réalisée en Amérique avec des moyens et un cahier des charges correspondants aux critères de là bas et diffusée sur Netflix depuis quelques jours, Gad (c'est son blaze ricain) tente la grande aventure sans trimballer de complexes, utilisant les nuances pas toujours subtiles qui séparent notre continent de celui de nos rêves de mômes pour nous raconter une histoire qui ressemble beaucoup à la sienne.


Petit résumé de l'affaire, Gad énorme vedette en France (grosso merdo le titre de la série) débarque en conquérant sur le sol de L.A bien décidé à renouer avec son fils, dont il ne connait que la pension alimentaire qu'il lui coûte depuis 15 ans. Le môme est l'archétype du petit californien tête à claques biberonné au mythe du surhomme, obsédé par son physique qu'il compte utiliser sans tolérer d'obstacle pour réussir dans le monde merveilleux de la mode. Dans sa quête de succès, il est coaché par son beau-père, un acteur raté que sa mère utilise à sa guise pour satisfaire ses envies sans trop se soucier de l'un comme de l'autre. 
Planquez-vous, le grain de sable vient d’atterrir à l'aéroport international de Los Angeles.

Pour faire simple, le casting se partage en deux clans, Gad d'un côté, le fils, sa mère et son beau-père de l'autre. Entre le marteau et l'enclume se situe Brian, l'assistant de Gad, lien à tension variable entre deux cultures finalement pas si jumelles que ça.



On peut s'en douter pour si peu que l'on soit disposé à jouer franc jeu, Gad Elmaleh est au niveau, il parvient à faire oublier les rôles parfois outranciers qui le caractérise en France (Chouchou, au hasard) au profit d'un salutaire second degré dont il est aisé de comprendre qu'il est la raison principale de sa volonté d'exil outre Atlantique. La révélation de la série reste malgré tout l'impeccable Matthew Del Negro dans son rôle de beau-père vénéré tombant inexorablement en disgrâce. De cet acteur, je n'avais que le vague souvenir de l'avoir aperçu dans Les Soprano, il a depuis cachetonné dans pas mal de séries U.S sans jamais connaître la consécration. Ce qui ne m'étonne finalement pas, vu la récurrente médiocrité lisse des têtes d'affiches de block busters (quelqu'un peut me dire si l'interprète de Jon Snow connait une expression autre que celle de St Bernard sous Xanax qu'il affiche invariablement ?).



Outre la réussite de la distribution, la réalisation est une autre bonne surprise et l'écriture est chiadée. Sans chercher à trop en faire, sans user des stéréotypes les plus convenus, Huge in France déride les lèvres gercées et parvient à faire passer beaucoup de choses sans être inutilement bavard. On ne sombre ni dans le brave con de français qui débarque chez big boss, ni dans l'humilité complexée. Gad Elmaleh réussi ce petit miracle d'être quasiment omniprésent sans devenir indigeste, ni tirer la couverture à lui -d'où l'importance d'un casting béton- et renouvèle complétement son personnage sans s'éloigner de qui il est véritablement. Je veux dire par là que j'apprécie plus souvent les humoristes français lorsqu'ils sont invités pour leur promo dans des émissions de télé, plutôt que dans les rôles qu'ils incarnent au cinéma. Si c'est également votre cas, Huge in France est pour vous. Ce qui risque d'être coton c'est de le savoir, vu l'accueil pour le moins tiède que la série devrait recueillir chez nous de la part des professionnels de la profession. Netflix est devenu la nouvelle bête noire du conglomérat télévisuel français (et par conséquence du cinéma) depuis sa réussite dans un domaine auquel personne par ici n'avait jugé bon de croire. Gad Elmaleh se fait doucement rôtir le cul par les médias depuis qu'il s’investit autrement qu'en lubrifiant les rouages de la machine à intermittents et d'afficher aussi clairement son ambition ne devrait pas lui éviter une nouvelle volée de rumeurs nauséabondes. 
On peut choisir de n'en avoir rien à foutre, seul compte le plaisir que l'on retire de ce qui se présente, sans génie mais très concrètement, comme la première étape d'une nouvelle ère.


Hugo Spanky