dimanche 26 septembre 2021

SuBWaY To heaVeN : IggY PoP



Subway to heaven, toujours le même principe, choisir un album et un seul dans une discographie richement fournie. Peu importe ce qui motive ce choix, raisons personnelles ou musicales, irréfutables ou discutables, bonnes ou mauvaises. Parfois une seule raison suffit. Dans le cas Iggy Pop, elle seront mauvaises aussi nombreuses soient-elles, parce qu'Iggy Pop est mauvais. C'est même son fond de commerce. D'où l'erreur souvent commise en cherchant le meilleur de son œuvre de désigner ses disques les plus barbants. J'en ai connu qui défendaient mordicus des machins comme American Caesar. Je vous jure que c'est vrai. 


Une fois n'est pas coutume, je vais tacher de commencer par le début, ça ne prendra pas trois plombes vu que sa discographie ne m'a plus intéressé le moindre du monde au delà de Zombie Birdhouse en 1982. Le début, j'ai dit, et voila que je disgresse. Les Stooges, donc. Fun House, celui par qui le désastre m'a atteint. J'y ai aiguisé mes crocs de jeunes hardos sur celui là. Je dois reconnaître qu'il m'avait fait forte impression en ces temps éculés où la fougue adolescente confond aisément fantasme et réalité. J'en ai aimé le son massif, la basse qui se contorsionne dans les interstices, le groove poisseux et la guitare qui colle des coups de boule. Faut dire que je pratiquais le coup de boule moi-même, ça crée des liens. Sauf que tout lasse, même le plaisir de voir tituber les caïds de terrain vague. Fun House m'a bien fait dix ans, remarquez, ça mérite les honneurs, alors que 1969 n'a guère passé le cap du premier hiver. Je l'ai ressorti plus tard, lorsque les psychotropes sont entrés dans ma vie et que We will fall a eu ma prédilection pour exorciser les psychoses des premiers trips. Là encore, ça n'a fait qu'un temps. Raw Power s'est lui avéré plus résistant, je vénère le mixage sublimement foutraque de Bowie, cette guitare qui sort des limbes, vous crache à la gueule et disparait aussi sec en ricanant comme une hyène. La solitude de la caisse claire, le misérabilisme des fûts, cette grosse voix très en avant, la guitare acoustique qui racle dans un coin, la basse qui tient le tout pas exactement debout, mais à peu près en équilibre, c'est parfait. Si j'avais dû enregistrer un disque, c'est le son que j'aurais voulu. Search and destroy, Gimme danger (Gimme danger!!!), I need somebody (ma préférée de toutes), Your pretty face is going to hell, Penetration et...et voila. Cinq titres démentiels, outrageux, terribles. Inégalables. Cinq titres sur huit, une excellente moyenne pour Iggy Pop. Shake appeal est sympathique, et de fait hors propos, Raw power fait illusion, mais n'est jamais qu'une formule, aucune des deux ne me donne le grand frisson. Je vous épargne mon avis sur Death trip, je sais qu'il pourrait froisser les suicidaires d'opérette qui se cachent parmi vous. 




Tant qu'à taper dans la période James Williamson, New Values est finalement plus consistant. A tout dire, les quatre albums alignés entre 1979 et 1982 sont ceux que j'ai le plus consommé. New Values est l'indispensable du lot, principalement parce que les compositions sont toutes potables. Five foot one, Tell me a story, I'm bored, New values sont mêmes mieux que ça, des petits classiques d'un certain rock. Le format est moderne, ça ne s'étale pas indéfiniment, l'interprétation suffisamment sobre pour être gratifiée de new wave, la production est claire et de fait indémodable. En prime Endless sea est un vrai bijou et Angel une chouette surprise, la première est une relecture novo de Dirt, la seconde une sorte de Johanna de gala. Les secondes gâchettes que sont Girls, Don't look down, Curiosity, How do you fix a broken part ne mordent pas la poussière, tandis qu'African man amuse la galerie. Et comme Iggy Pop en fait toujours trop, on a droit à un Billy is a runaway dont on se serait volontiers passé.





Soldier est plus inégal, les titres composés par Glen Matlock dominent l'ensemble de la tête et des épaules. Bowie supervise vaguement l'enregistrement et glisse un alléchant Play it safe qui ne tient pas toutes ses promesses. Après New Values enregistré à Hollywood, Soldier, enregistré aux studios Rockfield en pleine campagne galloise, tient lieu d'album anglais. Un disque en transit plus que de transition, bâclé mais également doté de bonnes idées (Ambition, Dog food) avec en point culminant ce Mr Dynamite sur lequel la patte du pygmalion vairon se fait nettement sentir. Supérieur aux deux autres dans ses temps forts, mais aussi plus quelconque par moments, Soldier a développé son pouvoir d'attraction au fil des ans sans doute parce que Bowie en a viré la plupart des guitares après une sévère altercation avec Steve New à propos d'une Patti Palladin trop girondine pour qu'on ne lui résiste. Ainsi partiellement soulagé de la caution punk, le disque s'en retrouve plus intemporel que bon nombre de ses contemporains, même s'il y subsiste de sévères cagades (I'm a conservative, I snub you) qui gâchent quelque peu l'écoute de l'ensemble. Cap sur New York pour Party, le favori de ma chérie. Je peux la comprendre. On est dans le registre Patti Smith période Easter. Un gros son, Thom Panunzio est à la console, des interprétations carrées, le disque porte bien son nom, on n'est plus en pleine orgie, on vomit aux toilettes et on se rince la bouche avant d'en sortir. Rayon chansons, je défendrai Pumpin' for Jill jusque sous la torture, je suis dingue de la version de Sea of love et, ma foi, Bang bang n'est pas si mal branlé. Rock'n'roll party est indéniablement cucul sur les bords, mais Houston is hot tonight pourrait encore faire son effet si une radio avait la bonne idée de diffuser de la musique digne de ce nom. Pour faire simple, il n'y a rien de déshonorant sur Party, si ce n'est qu'on pique du nez avant la fin. Autant dire que pour passer l'éternité avec, ça fait court.


Zombie Birdhouse conclut ce qu'il faut bien se résigner à désigner comme la période la plus consistante d'Iggy Pop. Enregistré à quatre avec la partie branchée de Blondie, Chris Stein à la basse, Clem Burke à la batterie (avec un minimalisme bienvenu aux antipodes du registre panoramique qui le caractérise derrière Debbie) et Rob DuPrey à la guitare, aux claviers et aux compos. Pas totalement un inconnu ce DuPrey, puisqu'il figurait au menu de Party, mais presque. N'empêche qu'en déplaçant le centre de gravité vers les claviers plutôt que la guitare, il pige un truc que Bowie avait pigé avant lui, et qu'on pourra largement vérifier par la suite; poser la voix d'Iggy Pop sur un mur de guitares est d'un chiant intersidéral. Alors que si vous la laissez dominer son monde avec des bidules et des bricoles qui dissonent en arrière plan, elle vous fait prendre l'Angélus pour les trompettes de l'apocalypse. Si aucune des chansons qui le composent ne se distingue vraiment, Zombie Birdhouse à l'intelligence de proposer une musique qui prend la tangente vers des horizons différents et donne à l'album une fraicheur dont son auteur n'est guère coutumier. Hélas, ce que j'ai pris à sa sortie pour le début prometteur d'une ère qui verrait Iggy Pop évoluer loin des poncifs édictés par des journalistes qui ne voient en lui que le sempiternel parrain du punk se révéla être le point final de sa créativité.




Avec tout ça, on n'est guère plus avancé. Je le reconnais. Dans mon chapeau ne reste plus que The Idiot et Lust For Life. The Idiot capte le chanteur mieux qu'aucun autre album. En lui faisant poser sa voix sur une bande son faussement monocorde, mais réellement envoutante, David Bowie a permis à Iggy Pop de se révéler autrement qu'en clown camisole. Sister midnight, Funtime, China girlNightclubbing, Dum dum boys, Mass production, The Idiot affiche le potentiel d'Iggy Pop au delà, bien au delà, des clichés réducteurs. Ne serait-ce qu'avec Tiny girls on pige ce à quoi on aurait pu avoir droit s'il avait été assez humble, par la suite, pour admettre son besoin d'être sans cesse aussi solidement encadré qu'il le fut pour ce disque où la prédominance du beat surclasse la barbarie des guitares d'antan. 

Lust For Life, je peux vous le résumer en un mot, bof. Après que The Idiot ait fait flipper les crétins, Bowie expédie l'affaire, ressort les gimmicks des Stooges (Lust for life) avant de nous livrer successivement du Iggy Pop pour fillettes encanaillées (Sixteen), pour ménagères engrossées (The passenger), pour romantiques névrosés (Tonight) le tout entremêlé avec ce qui pourrait être une chute de Diamond Dogs (Some weird sin) et un tas de merdier qu'il aurait jugé indigne d'utiliser sous son nom comme face B de singles. Il apparait clair à l'écoute de Lust For Life que Bowie avait tout misé sur The Idiot dont l'échec auprès des critiques et du public a réduit à néant l'intérêt qu'il portait à l'entreprise de rénovation du mythe. 




Alors, on dit quoi ? J'embarque The Idiot en exil et on n'en parle plus ? Non. Aussi essentiel soit-il, il lui manque l'ultime composante pour faire mon bonheur. Le zinzin style. The Idiot, désaxé mais capitonné, engendra quantité de Rita Mitsouko de par le monde, ce que Sparks aurait fait de toute façon. Par contre, personne, ni Catherine Ringer, ni les frères Mael ne surent rendre dingues leurs musiciens au point de leur faire cracher l'enfer. Oh, ça n'a pas duré longtemps, dès le milieu des années 80 Iggy Pop se mit à tourner en compagnie d'une ribambelle de pseudo metalleux dont Ozzy Osbourne n'aurait pas voulu pour massacrer Paranoid. N'empêche que le temps d'une tournée en 1977 pour accompagner la sortie de ce disque venu du froid, Bowie lui concocta un groupe dont lui-même ferait bientôt partiellement usage. A la furieuse rythmique des stricts mais déjantés frères Tony et Hunt Sales, il ajoute Ricky Gardiner, guitariste dont on n'attend rien sinon qu'il envoie du riff de la plus tranchante des manières, et s'attribue chœurs et claviers futurisco-cheap afin de servir sur un plateau les ingrédients pour qu'Iggy Pop s'immole en public, se fissure le crane à coups de larsens, s'ouvre les veines pour soulager sa tension de ce sang bouillonnant qui calcine sa chair. Cette formation ne dure que l'espace d'un mois, suffisamment pour couvrir la moitié du disque qui contamine cette folie, celui qui apaise mon appétit lorsque l'envie me prend d'écouter de la musique qui roule sur les jantes. TV Eye 77 est son nom de code, pochette rouge, Iggy Pop en contorsionniste non domestiqué, plus Nijinski que Noureev. Il est là mon nirvana. Il n'est pas enregistré à Detroit, pas plus qu'à New York ou Los Angeles, assurément pas à Paris, Tokyo, ni Berlin, mais à Chicago et Cleveland en mars 77 puis Kansas City en octobre de la même année. Chez les authentiques de l'Amérique frappadingue. C'est ce qu'il faut pour qu'Iggy Pop délivre la version définitive de I got a right, celle que gratifie d'un solo qu'on est en droit de qualifier de killer sans risquer le ridicule cet illustre inconnu de Stacey Heydon, qui prend la place de Ricky Gardiner sur la seconde partie de la tournée illustrée ici par quatre morceaux du concert à Kansas City, tandis que Scott Thurston, déjà présent au sein des Stooges de Metallic K.O, prend celle de Bowie aux claviers. Une boucherie cette version repiquée, comme l'ensemble du disque, directement à la table de mixage. Dans la foulée, les gonzes rendent justice à Lust for life avec Scott Thurston qui alterne harmonica et bastringue pour mieux vous scier les nerfs. Avant ça, le triptyque d'ouverture avait allumé toutes les mèches en salopant comme il se doit TV eye, Funtime et Sixteen. Le brouillard s'épaissit, Nightclubbing fait suite à Dirt pour un lancinant passage peuplé de synthétiseurs maladifs et de déchirures de slide. Devenu blues neuroleptique, avec ce son divinement pourri, devant un public qui siffle et éructe, Nightclubbing retrouve son underground originel, loin du coup de polish que Le Palace et Paris Première lui refileront pour émoustiller la Jet set. La version est shuntée de la pire des façons, qu'importe, I wanna be your dog prend la relève, sévèrement étranglé par la laisse le clébard ne vous lâche pas la guibole, c'est dégueulasse, ça dégouline sur votre bluejean et faudra faire avec.

Hugo Spanky



Note pour les acharnés : Un coffret de 7 cd titré Iggy Pop : The Bowie Years est paru en 2020, en plus de The Idiot, Lust For Life et un cd de version alternatives, il propose le fameux TV Eye 77 dans son jus originel ainsi que l'intégralité du concert de Cleveland avec un son impeccable, ce qui est loin d'être le cas des deux autres concerts captés à Londres et Chicago en ce même mois de mars 1977.


vendredi 3 septembre 2021

IRoN MaideN /// SeNJuTsu ///




Brrr, c'est la rentrée des chiards et Iron Maiden est de retour. Pochette d'inspiration samouraï, durée des morceaux intimidante, j'y suis allé sans m'enthousiasmer plus que ça et ma surprise fut de taille. Senjutsu est le meilleur album du groupe depuis 40 ans ! Sortez pas vos calculettes, je fais dans l'approximatif. Faut remonter à Powerslave pour trouver aussi cohérent et créatif. Pour les connaisseurs, c'est Piece Of Mind que ce nouvel album m'évoque au plus près. Un son clair, une basse qui caracole et surtout un lyrisme retrouvé. Les mélodies se tirent la bourre, vous rentrent dans le crane et y restent. C'est la grande différence avec ses plus récents prédécesseurs, quand je dis récent je parle sur vingt ans en arrière, hein, le dernier disque datait de 2015. Notez bien qu'il était déjà méritant, c'est pas le problème, Iron Maiden a toujours fait de son mieux. 

Leur pain noir, ils l'ont becté au milieu des années 90 quand la moitié la plus "moderniste" du groupe l'a quitté sans sommation. On a eu droit à tout, un chanteur à la ramasse, des compositions poussives, un style qui part en vrille, la bérézina. Heureusement, le monde du heavy metal est semblable à celui des Feux de l'amour, les morts ne le sont jamais vraiment, il existe une réalité parallèle à toutes les situations. Tu crois que bidule est le fils de machin, t'as tout faux, même les tests ADN ne sont pas fiables. Tu crois qu'un Deep Purple ne peut pas coucher avec une Black Sabbath et tu te retrouves avec le rejeton sur les genoux. Iron Maiden n'a pas échappé à la règle, en 2000 tout le monde est rentré au bercail et ils ont même gardé un des remplaçants. Iron Maiden c'est l'OM qui joue à 12, le Tour de France avec un moteur planqué dans le cadre, les mecs font des roues arrières en grimpant le col du Tourmalet.




Bon, j'entame ma troisième écoute et le disque se bonifie, son ouverture tribale, Senjutsu, est aussi surprenante que saisissante. Le morceau se classe d'emblée parmi les plus grands titres du groupe. Le ton est donné. Stratego balise une voie plus souvent fréquentée, pure cartouche pour la scène. Je capte des influences sudistes dans le riff de Writing on the wall qui clôt magistralement la première face. Un vrai bon single doublé d'un nouveau classique à ajouter à un répertoire où la concurrence ne manque pourtant pas. Je vous ai dit que les mélodies sont à tomber raide ? C'est bien ce qui me semble aussi, mais je le redis. Je vous ai aussi causé de Piece Of Mind, c'est mon chouchou celui là. Pour la première fois, alors, le son du groupe était autrement qu'oppressant, il y avait de l'espace entre les instruments, des respirations, c'est bien simple il y avait même une chanson qui parlait de toucher le soleil, d'ailleurs on trouvait le thème du soleil carrément deux fois sur le disque ! Sur un disque de heavy metal !! Dans les deux cas, l'histoire finissait mal, certes, c'est pas le genre de la maison que d'évoquer les vacances à Ibiza, mais l'idée était bien là, Iron Maiden n'épouserait pas toutes les combines du genre. Ce groupe sait faire touchette avec l'épaule pour prendre un virage qui se défile. 



Piece Of Mind, donc, c'était en 1983. Autant dire que je m'étais fait une raison. Senjutsu, c'est 2021, la vache. Ils l'ont fait ! Je m'injecte The days of future past, tout est là, le solo qui déchire, le break menaçant, sauf que tout est différent. Le solo a perdu les tics qui le rendaient trop prévisible, le break se permet un synthé en soubassement, la mélodie s'élève et se déroule sans besoin d'artifice pour cacher ses faiblesses. Elle n'en a pas. A aucun moment, ils n'ont recours aux chœurs pour faire chanter les stades, si ça c'est pas un signe. Le disque est enregistré en France, au studio Guillaume Tell, on n'a plus d'excuse pour faire de la merde, le son est une splendeur. The time machine, les cassures obliques se multiplient, les harmonies ramènent de l'ordre, une nappe de synthé climatise l'ensemble avec élégance et discrétion, une guitare acoustique fait sa coquette en arrière plan. L'utilisation des synthés est un des point fort du disque, parfaitement dosés, ils modulent les atmosphères sans jamais envahir le propos. La production est à couper le souffle, pourtant c'est toujours Kevin Shirley et Steve Harris qui en sont en charge, rien de nouveau au casting. Juste que quand vous avez des chansons qui tiennent la route tout est plus simple. Pas un seul titre ne m'apparait comme faisant remplissage, alors que la durée moyenne des morceaux bat tous les records, aucun ne semble trop long. Ni même long.



J'en suis où ? Iron Maiden sort un nouvel album, le premier en six ans, double cd, triple vinyl, noir, je ne marche pas dans ces conneries d'éditions fnac, amazon, argentée pour l'un, en peau de zboub pour l'autre, noir c'est bien, ça se démode pas. C'est la rentrée des classes, si j'allume la télé je vais y avoir droit. Darkest hour a tellement de feeling que je me retrouve avec un spleen vagabond à l'esprit. The parchment orientalise dans un coin, prend son élan, enfle comme une tornade qui fond sur vos côtes. Il existe encore des gosses avec des sacs US ? Les sacs US existent encore ? On s'en fout. Aujourd'hui, ce jour, Iron Maiden sort son meilleur album depuis...on s'en fout aussi. C'est le meilleur que vous puissiez mettre sous l'aiguille pile en ce moment. Il y a des intros tarabiscotées, je vous dis que ça. Hell on earth baisse le rideau avec panache, je sais pas de quoi ça cause, je ne me suis pas encore penché sur les textes. Je peux pas tout faire ! Je pensais écouter Senjutsu une fois ou deux et retourner à ma lubie du moment, je l'avais pré-commandé comme on fait coucou dans la rue en continuant de marcher. Je sais bien faire, ça. Et me voilà quatre plombes plus tard à vous convaincre de tenter le truc. Alors que le simple nom d'Iron Maiden vous charge de mauvaise volonté et que la rentrée des chiards vous donne tout un tas d'excuses pour faire semblant de ne pas m'entendre radoter dans mon coin. Je ricane, où que vous soyez Iron Maiden viendra vous choper, tôt ou tard, cet album est là pour durer.


Hugo Spanky

dimanche 15 août 2021

MétéO eXPResS☼


 

Il fait chaud, non ? Pas chez vous ? Ici c'est irrespirable, plus un pet de vent depuis une semaine. Une horreur. Les échappements stagnent jusqu'à atteindre mon 3eme étage et les criques sont bondées sitôt l'aiguille sur le 10. Plus tôt dans la matinée, au pied de la falaise, ce sont lits de camp, matelas pneumatiques, tentes, qui jonchent le sable. Pas des migrants, des zadistes ou je ne sais qui encore, juste des touristes qui dorment là. Au prix où sont les campings, on en revient aux méthodes des années 70. Un drôle de confort moderne que celui qu'on nous sert. Plus personne n'a un rond, mais aucun ne renonce à la médiocrité de son dû. J'ai abandonné chemise, short, casquette et espadrilles, fait quelques brasses, la planche en regardant le ciel, manière de vérifier qu'il n'y en ait pas un de là haut qui m'enverrait un signe, puis je suis rentré dans ma turne.

Pour ventiler les toxines, j'ai posé Pirates sur la platine. Jamais, sans doute, je n'aurais d'avis définitif sur Rickie Lee Jones et je m'en fous pas mal. Elle a cette petite voix parfois crispante à laquelle je me suis habitué, depuis le temps. Sans en abuser. Je dois sortir le disque une fois tous les cinq ans et j'y trouve immanquablement ce que j'y cherche. Avant d'en arriver là, j'avais passé les deux soirées précédentes à me réconcilier avec Jimmie Vaughan, bien que je n'ai jamais été fâché. Juste distant. Un coffret est annoncé pour septembre, tout le parcours depuis les Fabulous Thunderbirds en 5 cd, et une édition deluxe rallonge la sauce de deux singles et un 33 tours. Je ne sais pas ce qu'ils ont avec les coffrets, ni à qui ils comptent vendre celui-ci en dehors du Texas, mais ça n'arrête pas. Les maisons de disques doivent avoir des actionnaires communs avec Ikéa, je vois que ça. 

Les albums des Fabulous Thunderbirds fonctionnent toujours merveilleusement, j'ai vérifié. Ma chérie a trouvé super que j'enchaine leur version de Diddy wah diddy après le Bad girl de ZZ Top. Elle a eu raison, c'était du velours. J'ai poussé la gourmandise jusque sur youtube, leur passage au Tonight Show de Johnny Carson en 1987. Faut voir ça, y a pas plus cool que Jimmie Vaughan avec son revolver à la ceinture et Kim Wilson qui groove dans son costard Armani. Tuff enuff et le Wrap it up de Sam & Dave envoyés en toute décontraction. Kim Wilson est épatant, il aligne à peu près toutes les angoisses de l'homme du 21eme siècle et s'en porte comme un charme. Embonpoint, calvitie, moustache, épiderme couvert de poils, l'ensemble animé d'un déhanché comme on n'en a plus vu depuis Tom Jones. Cherchez pas à redire, il est parfait. A lui seul, c'est un gros fuck à tout ce qu'on voudrait nous faire avaler comme stéréotypes. Je vous mets le lien en qualité VHS en bas de page.



Avec tout ça, j'entends Jimmie Vaughan jusque sur Hardware le dernier album de Billy Gibbons. Posez le diamant sur Shuffle, step & slide et dites moi que j'ai tort. Au passage, je corrige ma négligence, je l'ai expédié un peu vite avec les affaires courantes ce disque. Finalement, il me sauve du marasme dans lequel m'a embourbé la lecture de plus en plus ardue de l'autobiographie de Cosey Fanni Tutti, la demoiselle de Throbbing Gristle. Vous pouvez me dire que je l'ai bien cherché en allant me frotter à des tordus pareils. Sauf que pas du tout. Elle a beau grossir le trait de la marginalité tant qu'elle peut, la vie de Cosey reste tristement ordinaire. Elle quitte un père dictatorial pour un mec qui l'est tout autant, se ramasse des beignes sur le coin de la tronche par l'un comme par l'autre et se coltine tout ça sans broncher. Même après dix piges de ce régime (sur quelques bonnes centaines de pages) elle continue à trouver des excuses à Genesis P.Orridge. Le livre, bien qu'interminable, dresse sans le vouloir le portrait d'une génération paumée entre la fuite des interdits paternalistes et la quête d'une liberté dont les obligations sont tout aussi strictement édictées par les hommes. On navigue quelques part entre Charles Manson et Benny Hill en espérant que, chic fille comme elle est, Cosey va finir par piger deux, trois trucs. Je vous textote sitôt qu'elle fait tilt.

 

Hugo Spanky

The Fabulous Thunderbirds live au Tonight Show 1987

 

 

vendredi 30 juillet 2021

2 TiMe LoSeR


Dusty Hill n'est pas sitôt mort que deux jours plus tard Prince revient du royaume des ombres. Comment voulez-vous tenir un blog crédible dans un monde pareil ? L'agonisante actualité vient tout droit des années 80, quand ZZ Top et le Kid tenaient la dragée haute aux niaiseux. Les uns en osant l'électronique dans le moteur bien avant la mode de l'hybride, l'autre en balançant du Jazz dans son électro. 

Au rayon des similitudes, je ne serais pas surpris d'apprendre que Dusty Hill est mort d'une absorption trop massive de painkillers, comme Prince, Tom Petty et d'autres encore qui semblent vouloir répondre à l'appel de la scène, alors même que leurs corps lâchent la rampe. ZZ Top venait de rempiler pour un tour américain lorsqu'une énième douleur à la hanche a renvoyé le bassiste dans ses pénates, laissant ses vieux acolytes de route poursuivre sans lui. Il a été retrouvé inanimé dans son lit, sans doute que Dusty n'avait pas d’ascenseur.

Qu'est ce que vous voulez que je vous dises de plus ? Que j'aime ZZ Top depuis un temps considérable ? Depuis qu'une vendeuse de chez Boyé, Carcassonne, m'avait refilé en douce un lot d'invendus pour étayer une collection de disques en pleine croissance. Tres Hombres en faisait partie, le Grand Funk Hits aussi et Pin Ups de Bowie. Les années 70 s'apprêtaient à faire le grand saut, Grand Funk avait splitté, l'actualité de Bowie se nommait Lodger alors j'ai embrayé dessus et comme ZZ Top venaient de sortir Degüello, je suis devenu accro.

Dusty Hill, je ne vais pas vous faire sa nécrologie en profondeur. Le gars était un collectionneur fanatique d'Elvis Presley, ça devrait suffire pour l'aimer. Il était aussi économe en notes jouées, une sorte d'anti-thèse de John Entwistle. Avec qui il avait quand même quelques points communs au delà d'un son énorme et distordu au possible. Celui d'avoir une poignée de classiques, et pas des moindres, à défendre à chaque concert, Tush, Heard it on the X, Beer drinkers and hell raisers, Hi Fi mama, I got the 6 (gimme your 9, Prince n'aurait rien trouver à y redire), Party on the patio, et aussi de participer au spectacle avec un sens du décalé dont l'humour manque cruellement aux poseurs. Son truc à plumes à Dusty, c'était de recouvrir ses basses de fourrures, manière de finir de ressembler à un gremlins. 

 


ZZ Top va continuer sa tournée, en fera surement une ou deux autres avant qu'une mauvaise nouvelle de plus ne fasse définitivement de nous tous un ramassis de gothiques et de ce blog un repaire de nécrologues. Et là dessus voila qu'on nous ressuscite Prince. Welcome 2 America, vient d’atterrir sur ma platine. Trois faces vinyliques de titres qu'il avait renoncé à sortir en 2010, alors que le projet était finalisé. On ne saura jamais pourquoi, peut être parce que rarement les influences auront été aussi évidentes. Curtis Mayfield, Marvin Gaye, Isaac Hayes nous font de gros clin d’œil, mais c'est Norman Whitfield qui est porté en référence le temps d'un premier morceau qui, en plus de donner son nom à l'album, le sublime totalement. Groove lent, ton grave, l'Amérique de Prince n'est pas un décor de carte postale.

Je vais être aussi honnête que possible, le disque ne se remet pas de cette fantastique ouverture. Aussi bons soient-ils, et ils le sont, les autres morceaux souffrent de l'écrasante présence de Welcome 2 America. Comme ceux de Sign O' The Times avaient peine à s'imposer, après la fracassante entrée en matière du morceau titre. La comparaison s'arrête là, aucun If I was your girlfriend ne se révèle à l'usage en levant le voile sur mille trésors. Welcome 2 America n'est pas le chef d’œuvre égaré qu'on ne manquera pas de nous vanter. C'est du Prince en creux, plus consistant que Planet Earth qu'il évoque à l'occasion (Hot summer faisant figure de The one U wanna C) et supérieur à 20Ten qui pris sa place sur le calendrier des parutions. On y croise When she comes dans une version en deçà de celle qu'il enregistrera plus tard et l'ensemble est loin d'être déplaisant, même si rien ici, hormis Welcome 2 America, Check the record et Hot summer, ne hisse l'album au niveau de 3121, LotusFlower ou du sprint final que composent Art Official Age et les Phase One & Two de Hitnrun.

En conclusion, le moment est surement venu de passer un deal avec la faucheuse, on cesse d'exploiter ses troupes et en échange elle nous laisse de quoi finir le voyage en bonne compagnie.

 

Hugo Spanky


 

vendredi 16 juillet 2021

TeCHNicaL ecSTaSy





L'Italie m'a régalé. Leur victoire m'a redonné le goût des célébrations. Et comme je fonctionne par association d'idées, je me suis mis à cogiter, me demander pourquoi je supporte l'Italie plutôt que l'Angleterre, alors que ma culture est largement anglo-saxonne. Ok, c'est territorial, l'Italie, les racines, l'enfance, le sud, mais quand même, j'ai  braillé Oh yeah I tell you somethin' I think you'll understand plus souvent que Lasciatemi cantare con la chitarra in mano...Quoique. Bah, si, quand même.

De fil en anguille, je me suis aussi demandé à quel point je n'avais pas tout faux depuis le début. Je veux dire Adriano Celentano, hein ? Depuis 1959 qu'il est là. Et les boots en cuir, c'est pas les pékino-chinois qui les ont pondu. Le plat préféré des Ramones ? Vous l'avez ? On est bien d'accord qu'on les a pas vu souvent se goinfrer de cassoulet. Pas plus que de fish'n'chips. On peut en aligner des similaires jusqu'à ce que fonde le dernier glacier. J'ai dit glacier ? Elles sont quoi les meilleures glaces de l'univers ? Ha! Vanille/Fraise, Pistache/Chocolat, certes, mais italiennes avant tout. Suffit que je dise ça pour que me vienne de douces hallucinations d'actrices à la croque-sel. Sans chichi, ni artifice. Du temps où le grand écran aimait les femmes. Ornella, Claudia, Silvia, Sophia, Gina, Silvana, Valeria.. Si Lou Bega cherche des rimes riches, il a de quoi faire.






La célébration, disais-je. Figurez-vous que j'accompagnais la conquête italienne de l'Europe au son d'un fantastique double cd de Yoko Ono entièrement remixé par des DJ's Techno, tendance extrémiste. Triple gifle avec effet rétroactif. Onomix. Je ne vais pas vous bassiner avec, vous pouvez pas piger à quel stade d'addiction j'en suis. Aussi sec, j'ai dégainé l'artillerie lourde, en commençant par le coffret The History of the House Sound of Chicago, une bestiole en 15 volumes qui part d'un Disco légèrement dévarié pour aboutir au mariage d'Edgar Varèse et Giorgio Moroder. Moroder comment ? Giorgio ? Giovanni Giorgio Moroder pour être exact. Ben merde alors, un rital. Tout se tient. Le subconscient fait des miracles. Cette foutue vague Techno qu'on croyait venue de l'underground américain, Chicago, Detroit, New York avec résonnance via le Go-Go Funk de Washington et son Drop the bomb (Trouble Funk) qui fournira bon nombre de cartouches aux samplers. Cette Techno que les anglais vont rendre comestible pour les masses en la parant d'attributs Pop, comme ils le font pour domestiquer chaque vague barbare abordant leurs rivages. La même Techno à laquelle, nous, hexagonaux que nous sommes, avons administré une sérieuse dose d'anesthésiant, dont on se vante au nom d'une French Touch qui ne fit que populariser nos pires tendances. De Sexy boy à L'été indien, il y a moins de distance qu'entre Prodigy et Public Enemy. On est comme ça, on ne passe pas les 8eme de finale, j'invente rien.


La Techno, première musique mondialiste sans appellation d'origine contrôlée, sorte de web d'avant gafa, trouverait donc sa source dans les alpes transalpines chères à nos cœurs de footballeurs sur canapé. Vous avez souvenir de l'ItaloDisco ? Ce genre qui déborda si peu loin de Vintimille qu'il fallut quelques croisés béatifiés pour l'expatrier en Germanie, afin de convertir le vaste monde à son minimalisme synthétique. Donna Summer, I feel love, pour une première éjaculation chimique, avant que le Cardinal Moroder ne contamine à profusion, sans qu'aucune distanciation sociale ne puisse lui barrer la route. Dès lors, le genre ne fera que renaître encore et toujours, cheap et entêtant, ritournelle Bontempi à 3 notes sur tempo samba martelé à coups de massue. Blackbox Ride on time, Double You Please don't go ou Boys boys boys de Sabrina indiqueront ponctuellement le chemin de Rome, mais c'est bien du monde entier que pleuvront les hits. Belgique Make my day (Pump up the jam) de Technotronic, Suède Crucified de Army Of Lovers, Deee Lite et leur Groove is in the heart new-yorkais, Angleterre, of course, mise sur orbite par le Pump up the volume de MAARS, Espagne Chimo Bayo Asi me gusta a mi (Extasy extano) mémorable dans le Jamon Jamon de Bigas Luna, Allemagne avec le surpuissant The power de Snap! Des centaines d'autres, plus éphémères, viendront nourrir les radios, les nuits de M6 et les magasins de sape. Sous estampilles Dance, Tecktonik, House, Jungle, Ambient, Makina, Trip Hop, Drum'n Bass, la Techno s'affiche, se proclame. Seuls les snobs useront de nuances, distinguant avec dédain les teintes jazzy ambient de Ian O'Brien des riffs cradingues de Prodigy, feront la fine bouche devant la Dance tellement Pop d'Army Of Lovers, dont l'album Massive Luxury Overdose n'a pourtant pas pris une ride. Perso, comme souvent, je me suis roulé dans la fange comme dans la soie. Merde alors, il se passait un truc rigolo et c'était diffusé en boucle à la télé. Il suffisait d'allumer le poste à n'importe quelle heure de la nuit pour achever la fête devant une ribambelle de clips tous plus outranciers et dingos les uns que les autres. Spin spin sugar de Sneaker Pimps, Elektrobank des Chemical Brothers -réalisé par Spike Jonze avec Sofia Coppola en vedette- Breathe, PoisonFirestarter, No good, Smack my bitch up, tous ceux de Prodigy faisaient des ravages, celui du Bentley's gonna sort you out de Bentley Rhythm Ace, What is love de Haddaway, les impayables Army Of Lovers ou I'm too sexy de Right Said Fred, je sais plus quoi encore, mais j'en ai fait des redescentes devant M6.




Derrière tout ce tapage, un mouvement prend forme. La New Wave anglaise se radicalise et se scinde, les poppeux d'un côté, qui continuent de l'être, et ceux qui, en regardant par dessus l'épaule de Big Audio Dynamite, découvrent Eric B & Rakim, Public Enemy, Beastie Boys, et à travers eux les techniques de production des Dust Brothers, du Bomb Squad, de Mario Caldato Jr. Prince, aussi, Controversy et 1999 marquent fortement les esprits, Something in the water (does not compute) faisant office de proue. Tout un univers auquel s'ajoute l'émancipation des DJ's qui, sous l'influence de Tom Moulton, imposent leurs griffes sur les disques qu'ils diffusent, modifiant à l'infini la structure des morceaux. Bentley Rhythm Ace, Prodigy, Ian O'Brien, Tricky, Propellerheads, Goldie, Chemical Brothers, tous anglais, réussissent la transition sur 33 tours, tandis qu'américains et canadiens préfèrent inonder les dancefloors de maxis semi anonymes sous patronymes codifiés pour initiés. Le DJ sert de tête de gondoles, le logo du label fait office de garantie. Les remix, club, dub, électro, radio edit, extended maestro master mix, font le bonheur des traqueurs de mixtapes, sur K7 puis CDr, les promotional only circulent de mains en mains. Les albums sont rares, souvent expérimentaux (Plastikman Sheet One), et il faut en passer par les compilations de mixes pour dénicher les tueries de chez Tribal, en commençant par la série Don't Techno For An Answer. Paradoxalement, mais peut être pas tant que ça, c'est aux States que le genre perdure. En restant dans une forme d'underground (tout est relatif dans un pays où la moindre niche musicale à ses propres charts), la musique électronique y a conservée sa spécificité marginale, loin de la récupération tout azimut qu'elle a connu en Europe en étant mise à toutes les sauces pour essorer un public de fanatiques. Les gosses, bien sur, mais dans leur cas c'est resté funky. Dance Machine 6 faisait moins de dégâts que le gaz hilarant, et j'ai adoré les voir se trimballer à la mode Tecktonik, ce mélange de Two-Tone et de fluo sortait le métro de sa grisaille. Là où ça a été moche, c'est quand Bjork, après un Violently happy bon à s'en arracher les poils du nez à la tenaille, a commencé à nous prendre pour des vaches à lait à coup de tirages limités, d'édition deluxe et autres vulgarités. Avec son petit doigt en l'air, l'islandaise a fait passer le genre de M6 à Arte et tout est devenu tellement guindé que ça en a été fini de la partie de rigolade. Lars Van Trier lui a collé une paire de double foyer, Vanity Fair a rappliqué, et on s'est fait mettre à la lourde.


Entre les playlists pour carré VIP d'un côté et les zadistes qui se récurent le cerveau dans les hangars de Bretagne de l'autre, j'ai eu vite fait de ne pas choisir. N'empêche que depuis, j'attends toujours qu'un autre mouvement vienne secouer le cocotier. Il parait que la Britpop c'était épatant, je ne devais pas être là.

Aujourd'hui les gays rêvent d'une vie dont les hétéros ne veulent plus, avec ça on n'est pas près de revoir l'exubérance des Techno-Parade traverser nos villes. Les temps changent, la marginalité ne se revendique plus. On a grandi en apprenant à être tolérant envers le copain qui aime les licornes roses, on nous demande maintenant de l'être envers ceux qui voudraient le passer à la Kalach. C'est quand même un drôle de concept le 21eme siècle. 


Hugo Spanky