samedi 10 janvier 2026

BuLLsHiT DeTeCToR

 


Je ne sais pas comment vous l'avez ressenti, mais j'ai trouvé l'année écoulée particulièrement fade. Je parle en terme de créativité, de nouveautés qui déroutent, d'accidents industriels. Le documentaire de Peaches est le seul truc qui me vient à l'esprit et je ne suis même pas sûr qu'il soit de 2025. Sans dénigrer systématiquement tout ce qui est parvenu jusqu'à moi, 2024 était juste tellement plus intense.

Planté devant les chaînes musicales pour fuir la sinistrose des infos, j'en suis arrivé à trouver du charme à Taylor Swift. En étant impartial, le clip de The fate of Ophelia est un palliatif acceptable à l'absence de Lana Del Rey, c'est un produit fini bien plus présentable que Bruno Mars, mais largement moins rigolo que le clip du Gabriela des Katseye.

 

Face à l'afflux de clips français, pires les uns que les autres, le marasme a fini par devenir si intolérable que j'ai enfilé mon masque à xanax pour plonger dans les tréfonds d'internet à la recherche d'un îlot de salubrité. De cette expédition dans le dématérialisé, j'ai ramené l'album Girls de Princess Nokia. Je la suis distraitement depuis son featuring auprès des Pussy Riot et je n'en démords pas, cette Princess là aurait dû (devrait) surclasser toutes les autres. Elle fait du rap intelligent, percutant et pertinent. Féministe aussi, ce qui semble moins télégénique que la vie d'une show girl. Poser avec sa culotte tachée par le sang menstruel ne fait pas recette. C'est comme cette irrationnelle peur du téton. On va où lorsque l'origine de la vie nous devient effrayante ?  Pourquoi les médias négligent autant la main mise des femmes sur la musique de qualité ? Elles supplantent les mecs de la tête et des épaules, et surtout de l'intellect. Tierra Whack est dans la même situation, son Body of water m'a cloué sur place. 

Ce qui m'a mis sur plusieurs de ces pistes est Wilderness, une série de 2023 que j'ai regardé avec shazam à portée de main. C'est simple, chaque fois que l'héroïne porte ses écouteurs à ses oreilles, elle balance un morceau de folie. Pas un truc éculé refourgué par un fond d'investissement acquéreur du catalogue d'un ancêtre, non, de la musique d'aujourd'hui. Vous avez bien lu, une série qui utilise de la musique qui a moins de cinq ans! C'est plus rare qu'une bonne nouvelle dans la bouche d'un ministre. Sans déconner, les Who qui servent de générique à une série avec Muriel Robin, ça ne vous donne pas envie de tourner définitivement la page de l'ère Woodstock ? On a clairement besoin de renouveler nos sources d'ocytocine. Je préfère encore chercher du positif dans le K-Pop que laisser ce carnage devenir mon environnement quotidien. Merde, j'ai tenté de regarder le biopic sur Springsteen, ça m'a pris dix minutes et usé inutilement les piles de ma télécommande. Ce mec à la vie d'une huitre de Bouzigues.

 


Wilderness commence comme une énième connerie sur un couple qui s'installe à New York, découvre que l'amour est une prise de tête constante et décide malgré tout de se convaincre d'y croire. Je ne sais même pas ce qui a capté mon attention, l'actrice à un air mutin qui me laisse généralement insensible et l'acteur tient des expressions stupides en accord avec ses actes. Puis ça prend un angle qui diffère du tout venant et le casting se révèle plus subtil qu'espéré. Wilderness est une série anglaise en six épisodes, durée idéale pour éviter les temps morts, et lorsque les séries anglaises misent sur la contemporanéité plutôt que sur la nostalgie, elles m'embarquent fréquemment. Fleabag reste un excellent souvenir. Wilderness, tout étant totalement différente, en deviendra un autre. Entre autres mérites, elle m'a rebranché sur le cas St Vincent, ce qui est plutôt cool vu la qualité de son récent All Born Screaming. Branchez-vous sur Violent times et c'est l'addiction instantanée. En parlant d'addiction, je suis complètement accro au morceau Bullshit de l'association de KLP, une DJ australienne, et de son homologue croate Matroda. Je vous mets le lien tellement c'est bon : Bullshit. Vous vous souvenez du Me, so horny de 2 Live Crew ? Ça tourne à peu près sur la même base et c'est tout aussi redoutable.


Sur cette lancée d'optimisme retrouvé, je me suis enfin décidé à visionner les trois saisons de The White Lotus. La première est excellente, malgré une mise en place un brin laborieuse que la présence de Sydney Sweeney rend anecdotique, la seconde est peut être encore meilleure et les castings sont impeccables dans les deux cas. Quant à la troisième, c'est juste une merde insignifiante. Ajouter un épisode supplémentaire à chaque saison est une idée nocive.

Quoi d'autre ? J'ai becté une boite de cassoulet pour le réveillon de l'an et c'était très bien ainsi.

Hugo Spanky

ce post est amoureusement dédié à Brigitte Bardot 

 

15 commentaires:

  1. Le soucis avec moi et le rap, c'est que je n'entrave que dalle à la langue d'outre Manche.. et il parait que ds le rap l'important c'est ce qu'ils disent nan !! . Alors, j'ai tenté Princess Nokia, l'accroche pour moi c'est le son des percu .. "Blue velvet" par exemple, ça claque bien (j'ai vaguement pensé à ESG).. l'enceinte adore, même si sur la longueur elle me perd.. la princesse, pas l'enceinte. Tierra Whack...nan. Et j'arrive sur St.Vincent que j'aime beaucoup, et je n'entrave toujours rien à l'anglais. Je l'ai laissée sur MASSEDUCTION, je découvre donc son 2024, et même qu'il y a 2 opus. ça répare bien les oreilles..même si, et je répète (tellement craneux d'avoir tenté du rap), "GIRLS" est à peu près passé. Merci du coup pour St.Vincent.

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    1. BZZZZZ!!! Justification refusée, vous êtes éliminé ))
      On peut écouter du Rap comme on écoute du rock depuis 50 ans, sans rien comprendre à ce que les mecs baragouinent. C'est même souvent mieux si on se fie aux textes d'un Orelsan )) Malheur quelle buse celui-là.
      Contrairement à ce que nos minables francophones laissent croire, le rap est une affaire de flows aussi nombreux et différents qu'il existe de mélodies sur un album de Julien Doré (voire sur l'ensemble de sa carrière), de groove (mes comparaisons s'arrêtent là, aucun artiste français n'ayant jusqu'ici été doté de cette faculté) et de gimmicks.
      L'importance du message dans le Hip Hop est une légende urbaine. 100% du Gangsta Rap parle de se faire sucer la queue par une salope!
      Je te file quand même un coup de main. Tierra Whack, Princess Nokia et consorts sont FEMINISTES! Leurs textes déboitent les sales mecs (nous ne sommes donc pas concernés, ouf). Ce sont toutes des petites Yoko Ono très énervées.

      St Vincent poursuit son parcours avec le même audacieux talent qu'au début. Elle fait son truc dans son coin, comme Peaches ou Tori Amos, et ce sont toutes de bonnes adresses où venir se ravitailler en cas de disette.

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    2. Elle parle pas de zob de la Nokia ??!! merde.. tu vois je peux faire fausse route :)) Ah, 2eme argument, j'aime pas les artistes pancartes.. ça vaut ça ?? aime pas les pancartes tout court, un peu pour ça que John me pompait d'ailleurs. Yoko énervée.. tu sais me parler toi. Je suis d'accord pour le flow, le son.. les intonations de chant m'énervent, tous ces tics à la con. Le sommet de mes écoutes rap datent de BUCK65 quand il était bon. Sinon, cette année, j'ai été séduit par Little Simz, c'est passé à ça... Donc la pochette de GIRLS (et ton billet) met sur la voix du féministe of course, il y a qq temps, pas mal d'album sortaient avec des nanas qui levaient les bras avec la toison aisselle revendiquer. J'ai rien contre du tout, c'est juste comme ça, un obstacle que je ne vais pas franchir.. c'est con, je vais peut être louper un bon disque ??!!:)) Pas grave. Par contre je ne mange pas plus que de cote de bœuf parce Rousseau se dandine sur GIRLS. J'ai la chance de vivre avec une nana qui supporte pas les féministes, je le suis naturellement beaucoup plus qu'elle, sans lutter, ça me fait des soirées bidonnantes pas dégueulasse :o Quant à la francophonie, je suis dépité depuis un bail, ça frôle la honte.. ce qui s'écoute le plus !! oreslan c'est l'exemple affligeant...ça sera analysé à l'autopsie ce truc. Je suis au bord du vide ici, numéro 1 des meuff, Vanessa paradis qu'on voit partout.. la francophonie ça se passe au Québec, mille fois plus qu'ici.

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    3. Le féminisme à la française, c’est comme l'écologie à la française, des causes universelles accaparées par une bande de poseurs qui en détournent la majorité d’entre nous pour pouvoir se prétendre seuls contre tous.
      Je ne sais pas ce qui ne tourne pas rond, peut-être que c'est juste l’âge qui me donne conscience de la lenteur à laquelle les mentalités et les comportements qu’elles engendrent évoluent. Si tant est qu’elles ne régressent pas. Me dire que de toute une vie, je n’aurais rien vu faire un pas dans le bon sens.
      On va plutôt causer musique.
      Le rap est tout et son contraire et si je préfère l'intitulé Hip Hop c’est parce que c'est la musique qui m'y intéresse le plus. Les revendications ne sont pas l'exclusivité du genre. Patti Smith, Ari Up, Nina Hagen et cie exhibaient leur pilosité sur fond de guitares et on étiquetait ça Punk.
      Ce qui me fait garder un œil sur le mouvement, c'est sa capacité à tordre les sons, à faire la synthèse et recycler tout ce que les médias fabriquent de plus mainstream en le recrachant déformé, déconstruit, dégueulassé. Tout ce que le Rock, la Pop ne savent plus faire faute de culture. Aucun artiste ne deviendra le nouveau Bowie en étudiant la musique de Bowie, il y aura une chance que ça arrive le jour où un type aura la même curiosité que lui. Je crois que le Hip Hop est le dernier genre un tant soit peu tourné vers le présent, faute de l’être vers le futur. Qui bien évidemment n’existe pas.
      Comme d’ici peu la francophonie du Québec. J’ai entendu dire que le Danemark était sur le point de les annexer ))

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    4. Ouaih, je sais pas non plus, des causes nobles flinguées comme ça par un déséquilibre mental. Surtout l'écologie, ça me fout la honte qd j'entends tondelier décrédibiliser total le principe. D'ailleurs je l'entends rarement parler d'écologie. Je crois qu'ici c'est un peu dans tous les domaines, sans faire de bashing truc, l'amateurisme à tous les étages et même au plus haut niveau. L'envoyer faire un stage à New Delhi, ça va la détendre. Pour les poils, je me dis qu'à l'époque d'Easter c'était moins un acte de rébellion d'une minorité..peut être je me trompe. Tiens, ça m'a excité c't'affaire.. poils..Danemark.. je vais me manger une compile de bon son d'Alex Puddu.

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    5. Je te comprends, du temps de Freddy Weiss l'uniformisation par l'épilation n'était pas de mise, le sexe avait encore une part de mystère. Avec le contrat de consentement qui détaille les pratiques à venir, c'est autre chose )))

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  2. Pour la musique, maintenant que j'ai quitté nos sudistes - quelques échappées en nolstalgie soul - je suis à fond sur les années 80 dont JOURNEY 10 ans après ton papier (que je relis), PG reprend le thème ces temps ci et du coup ... je me fais un tour autour de KANSAS avant "left" & "point" et après dont l'album produit par Bob Ezrin puisque ancré dans le rock FM. Tout ça pour te dire que ton papier à surtout éveillé en moi l'envie de découvrir deux séries que j'ai du mal à imposer à ma douce, probablement que justement je vais en regarder quelques épisodes en douce justement. ET je reviendrai voir les vidéo musicales que tu proposes.... à suivre...

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    1. J'oubliais, Muriel Robin? Les Who? Je n'ai pas trouvé sauf mention de "Who Are You" pour sa série policière.... Le pire c'est que c'est davantage pour faire penser aux séries ExPépères américaines que pour promouvoir le troisième plus grand groupe du Commonwealth

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    2. "The fate of Ophelia" sympa, pro, mais "ma" Lana Del Rey c'est "Arcadia" plus dépouillé, pourtant très mélodique et une voix.... pffff. Dans mon entourage une ado fan absolue de Taylor Swift (comme Swiffer?) elle a pas réussi à me convaincre d'écouter un album. Attendre une best of? Ou faire le sien comme j'ai envie un jour de me bloquer Adele et faire ma sélection. Maintenant Princess Nokia (Comme les téléphones?)

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    3. ça y est, je me lance sur un truc qui m'a un peu saisi, comme Little Simz en son temps "Everything Is Beautiful" à suivre

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    4. Oh la! J'arrive. Les Who : il semblerait -pire encore que pour une série avec Muriel Robin (qui aurait eu le mérite d'avoir l'existence d'un mort-né)- que TF1 se soit octroyé leur catalogue. La semaine dernière Join together servait de fond sonore (quelle insulte infamante) à leurs bandes-annonces (d'où ma confusion) et cette semaine c'est The seeker qui est de corvée. Voilà où on en est!!! Voilà où toute cette rebellion contre l'etablishment nous aura mené )))
      On se foutait de la gueule de ceux qui restaient devant Foucault le samedi soir, c'est la revanche du karma des fans de Guy Mardel qui nous revient en pleine tronche.
      L'album de Taylor Swift comme la plupart des albums écrasés par un hit single aussi puissamment dévastateur est une déconfiture totale. Des slows pourris de partout pour combler les trous, un ou deux titres qui surnagent et basta. Par contre, la planche à billets tourne à plein régime jour et nuit, le disque est proposé avec une armada de pochettes différentes. Les collectionneurs sont en plein burn out.
      D'après ce que j'ai pu entendre de son oeuvre, l'album Reputation (celui de Look what you made me do) est celui qui m'a le plus accroché. Clairement, elle n'est pas capable de tenir la distance. Une compilation n'y changera rien. Par contre, ses hits remixés par des DJ techno sont régulièrement des tueries, je m'en suis fait une playlist efficace.

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    5. Et aussi. Kansas, beurk, jamais pu saquer ce groupe.
      Autre chose, que tu insistes auprès de madame pour regarder The White Lotus en sa compagnie, ma foi, pourquoi pas. MAIS, malheureux, ne la laisse surtout pas visionner Wilderness, olalalala, surtout pas. Oh non, il ne faut pas, jamais. Tu n'imagines pas le nombre de mauvaises idées que ça pourrait faire germer dans son esprit.

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    6. Je suis d’accord avec Onfray et sa conviction que les multi-univers existent, il y en a forcément un avec un Ranx qui adooooore Kansas et qui rêve de me lire bientôt avec des extraits d’un tout premier et d’un autre période Rock FM, 1988, une renaissance dû à Bob Ezrin et au passage de Steve Morse et je vois que AMG place pas mal **** période 2000. Une autre écoute et un deuxième papier. Désolé pour le Ranx d’ici… le tout c’est de pouvoir communiquer avec l’autre Ranx. En attendant j’ai pris plaisir mais limité à découvrir Madame Nokia et son « Everything Is Beautiful » toujours un gimmick musical sympa mais unique et persistant sur un chant assez prenant. Je garde ma tendresse d’écoute à Mos Def et Little Simz, davantage riche en sons. (je note le conseil sur Wilderness, je vais le visionner seul pour décider)

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    7. J’ai oublié de payer la souscription, l'accès à mon univers parallèle a été suspendu. Tu devrais en faire autant ))

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  3. La révolte des autres Ranx? Je m'entends très bien avec mes autres moi et même avec pas mal de Ranx dont je conserve le contact. Je remets mon entonnoir sur la tête pour rejoindre Michel....

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