jeudi 5 février 2026

PaR NéGLiGeNCe

Insidieusement la dématérialisation s'impose à moi. J'accepte la fatalité et, puisque l'avenir sera abstrait, que les problèmes de place et de finance ne seront qu'une vision de l'esprit, j'occupe mes nuits sans sommeil en traquant les mp3, 320kbps. Et de constater que mes recherches me ramènent sans cesse aux années 90, moment négligé de l'histoire où les parutions de qualité étaient pourtant aussi nombreuses qu'elles sont faméliques aujourd'hui. Moment, aussi, où la musique devient couteuse. Les pressages vinyl se raréfient, le CD flambe, le marché de l'occasion ne concerne que les décennies précédentes et il sort dix disques géniaux par semaine ! Le rock mainstream est déjà lessivé, mais le hip hop se réinvente, le trip hop, la dance, la techno fusionnent et rivalisent de créativité. Les DJ, les producteurs, les remixeurs, souvent ce sont les mêmes, ne dorment jamais. Le flot vers les bacs des disquaires est continu, sous forme de mixtapes, de maxi singles, de mini CD, de white label, de vinyl en édition limitée. Sous les voutes des caves, dans les rues blafardes, aux stations de métro, les magasins apparaissent en une nuit, ils disparaîtront de la même façon. On vivait enfin le truc en prise directe, les nouveautés rivalisaient avec les classiques qui jusque-là nous alimentaient par procuration. De là à trébucher sur Bjork, il n'y avait qu'un pas, que j'avais franchi au-delà du raisonnable. J'avais été contaminé par le clip de violently happy, comme par celui de spin spin sugar, sauf que Sneaker Pimps a foiré instantanément, là où Bjork avait tout prévu pour durer. Son album était conçu pour être débité en tranche, human behaviour, big time sensuality, venus as a boy, violently happy, des singles comme s'il en pleuvait, tous plus captivants les uns que les autres, des clips charmeurs, de l'entourloupe en veux-tu, en voilà. Le plus beau c'est que son deuxième album m'a fait le même coup et que pour patienter jusqu'au troisième, je raflais tous les bootlegs que je trouvais. J'étais fini, foutu, échec et mat, elle m'a traité comme un blanc bec, mais, quoi moi, l'aimer encore ? Des clous. Après Homogenic, j'ai mis les bouts.


Je pensais son cas réglé une bonne fois pour toute, c'était une erreur. Elle est revenue me titiller les méninges sournoisement, après trente ans de mépris réciproque. Je me suis laissé tenter, manière de faire le bilan de ce qui a collé entre nous et de ce qui nous a éloigné indiciblement. Une sorte de thérapie de couple par fichiers interposés. Debut est toujours mon favori, rien de nouveau, les remixes qui l'accompagnent sont eux-mêmes fabuleux et sans doute plus indispensables encore que l'album pour comprendre l'émulsion musicale de l'environnement qui l'a vu éclore. Là où j'ai débordé de mon cadre habituel, c'est lorsque j'ai donné sa chance à Vespertine, jusqu'ici impeccablement snobé. L'album est sorti en 2001, une époque où Bjork était devenu un gadget pour les paumés encore abonnés à canal+ dix ans après la fête. Elle était alors devenue experte pour faire les poches de son public en multipliant les parutions collectors comme une vulgaire Mylène Farmer. Je ne pouvais plus la blairer. 

Les sentiments d'amoureux trahi étant de l'histoire ancienne, j'ai enfin pigé que Vespertine est un foutu bon disque. Et comme je suis de nature gloutonne en matière de discographie, j'ai téléchargé la totale, 9 giga de Bjork. Mieux, j'ai tout écouté. Les albums, les remixes, les live, les face B. C'est pas de la tarte. Globalement, j'en suis ressorti avec ce que je savais déjà, on a toujours trop attendu d'elle. D'autant que l'identité de ses collaborateurs fut d'une indéniable importance et qu'elle a rarement fait les bons choix. Une affaire d'egos ? Possibly maybe. Je me demanderai toujours ce qu'une collaboration avec Mick Jones aurait donné et pourquoi elle n'a poursuivi avec RZA ce qui avait été timidement entamé sur un EP, plutôt que de s'acoquiner avec Arca. Au lieu de quoi, Medulla me rend claustrophobe, Volta est en large partie foiré, bien que earth intruders et declare independance soient des tueries. La plupart du reste de sa production est aussi intéressant que le cours de la bourse pour un smicard. Biophilia se distingue nettement du lot et c'est à peu près tout.



Par rebond, tel Mario, j'ai atterri, si je puis dire, sur Tori Amos. Je voudrais dire ici à quel point cette nana là à un parcours qui mérite attention. Boys For Pele reste son indéboulonnable chef-d'œuvre, un disque primordial à tous les niveaux, qui ne m'a jamais lâché d'une semelle. Sauf qu'il écrase tellement tout qu'il tient à l'écart pas mal d'autres albums qui, selon les affinités de chacun tant ils sont diversement inspirés, dévarient sacrément la routine. À commencer par Night Of Hunters de 2011, un drôle de projet qui adapte au format pop des compositions de Satie, Schubert, Moussorgy, Bach, Chopin et autres joyeux drilles de la même espèce. Le résultat est si incroyable que je l'ai écouté en boucle de minuit à trois plombes du matin, jusqu'à être abasourdi par le volume assourdissant qui sortait de mon casque. Tori Amos est puissante. Ses expérimentations sur From A Choirgirl ou Silent All This Years étaient pertinentes, elles ont vieilli sans dépérir. Dans la foulée, j'ai dépoussiéré Scarlet's Walk, malgré la longueur du format CD, qui a flingué un nombre inqualifiable de disques par son remplissage imposé, il tient merveilleusement la route. Je ne sais pas ce qui pourrait pousser quiconque à écouter Tori Amos en 2026, mais si l'idée vous traverse, cédez à la tentation.



Lancé sans aucun contrôle sur la destination, je me suis enfilé du costaud en revisitant la discographie solo de John Frusciante avant de faire coup double avec les trois albums de Black Knights, son projet de producteur hip hop. Dire que la soudure fusionne est en dessous de la vérité, Frusciante a réussi à marier ses sons, ses chœurs, sa guitare, toutes ses caractéristiques avec le flow nerveux du duo de rappeurs que RZA lui avait confié. Leurs albums Medieval Chamber de 2014, The Almighty, l'année suivante, puis Excalibur en 2017 déboulonnent la casbah avec inventivité. La seule question qui me reste sur les bras est pourquoi les Red Hot Chili Peppers laissent Rick Rubin aux manettes ? Les prods de John Frusciante leur feraient cracher un album bord de falaise. 



En épilogue, parce que mes insomnies ont une fin, j'ai fait turbiner les giga sur des productions RZA, fallait bien que j'en arrive à lui. Les 90's ont tourné sur le bout de son doigt comme un ballon sur celui de Magic Johnson. Les sept albums du Wu Tang Clan, la B.O de Ghost Dog (Ghost Dog!!!), ses productions pour GZA, ODB, Method Man et tout le toutim, l'oeuvre est trop fournie que je l'évoque en catimini. Je vais me contenter d'indiquer deux musiques de films, chacune en deux parties, péché de gourmandise.

D'abord Afro Samurai et Afro Samurai Resurrection qui habillent respectivement la série et le film inspiré par le manga du même nom. Les deux B.O sont des offrandes aux amateurs de RZA, il y retrouve toute la verve et la passion qui animent le meilleur de son travail. Celle du film est à se taper le cul par terre. Pour situer la chose à d'éventuels novices, le son RZA c'est l'union de Raw Power et de The Wall. Sale, mais ambitieux, luxueux, mais fracassant. Fascinant comme toute la culture qui perce à travers. Quand j'écoute RZA, je mesure à quel point New York me manque. Pas la ville en tant que telle, je n'y ai jamais foutu les pieds, je parle de l'esprit de New York, ce qu'aucun effondrement de tour, aucune saloperie de politicien ne pourra jamais abattre, parce que c'est déjà mort et enterré. Le cinéma de Tom DiCillo, les premiers films de Jim Jarmusch, ceux d'Amos Poe, les fellations de Lydia Lunch dans les pornos de Richard Kern et le son du Wu Tang Clan. 


Ensuite, The Man With The Iron Fists I & II, deux excellents films de série B réalisés par RZA en personne. C'est le concept autour du premier film qui est le sujet du jour, même si les scores du second valent largement le temps qu'on passe à les écouter. Comme rien n'est jamais simple avec le maitre du Wu Tang, je vais tâcher d'être clair. Comme ça avait été le cas pour la B.O de Ghost Dog (Ghost Dog!!!!) celle de The Man With The Iron Fists, premier du nom, existe en deux éditions distinctes, une avec les scores et l'autre avec le Wu Tang qui pose ses flows. Le projet est maous et l'ensemble, ainsi qu'une sélection de classiques soul, a été réuni sur une édition Ultra Pak limitée à quelque chose comme 1000 exemplaires, ce qui n'est pas si mal vu que le Wu Tang a commercialisé son ultime album à un seul exemplaire ! Heureusement tout ceci se dégotte sur soulseek, sinon c'était la panade. D'autant plus que l'album est maléfique, ça cogne de partout, le son écrase les synapses et la richesse des arrangements, l'intelligence de la production, le feeling, tout ce que vous voulez, est du RZA au firmament de sa grandeur. Il a même rameuté Kanye West pour le sublime white dress


Et je vais conclure là, parce qu'arrive un moment de la nuit où le corps ne suit plus l'esprit, où les conversations de tarés sur Reddit, les engueulades avec Gemini, le martèlement de caisse claire de RZA dans les tympans, l'agressivité des flows, les synthés empoisonnés de Frusciante, le piano de Tori Amos qui rythme des violoncelles débauchés, les hurlements de Bjork, tout converge vers la zone dangereuse de la sanité d'esprit. Je vais juste ajouter que Kanye West est sans aucun doute complètement à la masse, mais il faudrait que je le sois plus encore pour ne pas revenir un de ces quatre sur sa collaboration avec Kid Cudi pour l'album Kid See Ghosts.

Hugo Spanky

The Black Knights - The Almighty produced by John Frusciante

RZA - The Man with the Iron Fists Ultra Pak

18 commentaires:

  1. Excellent encore une fois. Merci pour ta chronique. Ces derniers temps, j'en étais à consulter les archives de ton blog et j'ai passé les fêtes avec des super versions de " purple rain de Prince. Depuis mon lecteur CD a lâché. Dans les limbes d'internet, ton blog est ma boussole. À bientôt. Julien

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    1. Purée, tu me fous la pression. J'en suis parfois à me demander si ce blog a encore une quelconque pertinence et tu me sors des trucs comme ça.
      Prince, là c'est un autre calibre. Mon dossier mp3 dépasse la notion de giga ))) J'ai accumulé au fil des ans une quantité incommensurable de bootlegs live, d'albums avortés, de sessions, de remixes, de soundchecks et tout est bon, voire régulièrement génial. Je fonctionne par crises dans son cas, quand l'envie de l'écouter vient me titiller, je sais que je vais passer des semaines à n'écouter que lui. Remarque, je fais un peu ça avec tous les artistes que j'aime ))
      Mais son oeuvre est unique de bien des façons. Je ne sais pas si j'en ai parlé correctement ici, c'est paralysant de s'attaquer à une montagne pareille. Il faut trouver un angle réducteur, sinon je ne m'en sors pas.
      Je ne fouille jamais dans les archives du blog, c'est pour ça que j'ai instauré le lien Réverbération car il me donne l'occasion de relire un vieux truc qui fait miroir avec un nouveau post et d'en arranger parfois la mise en page. Mais à chaque fois, je suis tenté de tout réécrire tellement ça me semble peser trois tonnes. Je me retiens de le faire parce que c'est aussi le témoignage d'une époque. Du coup, je préfère ne rien relire )))
      C'est compliqué ce rapport avec le passé lorsqu'il est figé à travers des écrits.
      En tout cas, l'intéret que tu leurs portes les rend utiles. Merci pour ça.

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  2. Tu m'impressionnes. Arriver à écouter Björk dans son périple expérimental et comme beaucoup j'ai coincé sur Vespertine en regrettant la folie contrôlée des premiers albums.
    Tori Amos, je connais sans connaître, deux CD que je n'écoute jamais, du picorage sur mon disque dur ; mais intéressé je me mets de côté de ce pas Boys For Pete et Night Of Hunters.
    Le Hip Hop, est ce mon grand âge, mais j'écoute avec parcimonie. Pourtant mon meilleur ami est un spécialiste, venant de revendre pour cause de chômage son impressionnante collection de vinyles. D'ailleurs je n'ai posé que deux albums sur mon blog, The Roots et El Michels Affair ... attiré par la veine soul.
    Me reste à explorer tes propositions...

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    1. Dans la veine soul, la B.O de The Man...est faite pour toi. RZA utilise des musiciens depuis pas mal d'années maintenant, y compris sur des albums du Wu Tang. C'est une pratique de plus en plus répandue dans le hip hop et c'est une bonne chose, même si j'aime aussi beaucoup le son des samplers et des drumbox. Tente l'album de Black Knights, John Frusciante y injecte beaucoup d'éléments "rock", le résultat est vraiment intéressant.
      El Michels Affair avait enregistré tout un album de morceaux du Wu Tang Clan, c'est peut-être celui-là dont tu parles ? Je vais regarder sur ton blog.

      Je trouve vraiment dommage la scission entre le public rock/pop et le hip hop, alors qu'à l'origine un groupe comme Clash avait fait le lien. Le hip hop est une musique plus riche qu'il n'y parait et qui évolue sans cesse, beaucoup d'auditeurs se focalisent sur les voix en se plaignant de l'absence de mélodies, mais là encore les bons rappeurs ont chacun un flow différent, une vitesse, une façon de se caler sur le rythme qui leur est propre. C'est un peu comme écouter quelqu'un raconter une histoire, certains sont passionnants tandis que d'autres lassent au bout de trois phrases. Un bon flow vaut mieux qu'une mélodie médiocre ))

      L'expérimental, c'est une approche qui me plait vraiment (n'oublions pas que je suis avant tout fanatique de Yoko Ono). Dans ce registre, Bjork a souvent obtenu des résultats qui fonctionnent, lorsque l'on parvient à s'immerger dans ce contexte. Elle a aussi assez régulièrement publié des morceaux sans aucun intérêt sinon de remplir du cd pour commercialiser une autre déclinaison d'un hit. Son mercantilisme trouve son origine dans les rapports étroits qu'elle a établi avec le label One little indian, leur association lui permet toutes les audaces, mais l'existence même du label est tributaire de sa capacité à vendre du disque, vu qu'elle est leur seule artiste de renommée internationale. Chose qu'elle assume d'autant mieux que leur association est de type 50/50. D'où l'opulence de maxi pochette bleue avec 4 inédits, pochette verte avec 4 remixes, pochette....))) C'est ce qui m'avait éloigné d'elle, cette sensation d'être pris pour une vache à lait. Expérimental ne veut pas dire faire n'importe quoi, elle l'oublie souvent.
      Le choix des collaborateurs est essentiel dans sa carrière, Debut et une partie de Post doivent beaucoup à Nellee Hooper, sur Homogenic il est remplacé par Mark Bell et Eumir Deodato pour les orchestrations de cordes. Là encore ce sont des cadors qui collent à son univers tout en assurant une grande part de musicalité. Ce ne sera pas toujours vrai par la suite.
      Bjork déborde d'idées, mais elle est très limitée dans son identité de chanteuse. Elle fait toujours un peu pareil et niveau composition de mélodies, c'est clairement pas Paul McCartney ))
      Tout ça pour dire que l'expérimental selon Bjork c'est parfois de grandes réussites, notamment dans les remixes réalisés par des pointures genre Fluke, mais aussi parfois du grand n'importe quoi pour justifier la présence de nouveautés dans les bacs.
      Et pour ce qui est de revendre ses disques, je compatis avec ton ami. J'y suis obligé moi aussi et c'est un véritable crève-cœur. J'errais dans la semaine parmi mes box ikéa dorénavant vides en faisant des choix pour en vider d'autres encore avec le sentiment d'être dépossédé d'une partie de moi-même. Là aussi, le grand âge doit avoir son importance, me séparer de disques qui m'ont accompagné, pour certains, depuis l'adolescence m'a fait sentir, avec mélancholie, que la fin du voyage est plus proche que le début ))
      Le bon côté des choses, c'est que ça allège l'esprit de s'émanciper d'un carcan finalement réducteur, comme tous les carcans aussi précieux soient-ils. La dématérialisation a ça de bien, on se réinvente en deux clics ))

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  3. Pareil que Sorgual. Comment tu fais pour ne pas te lasser? Je pensais déjà refaire quelques parcours d'artistes aimés: Bjork abandonnée à un moment de sa disco, Prince car trop de bonnes productions. Mais c'est Tori qui sera la "gagnante" de mes essais à mon nouveau casque, ce qui méritera un papier, puisque écouter la musique au casque n'était pas ma préférence juste parce que je supportais peu de temps, oreilles et tête rapidement en surchauffe limite migraine. Mais voilà, quel Tori? À suivre

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    1. En effet, la complication est là avec Tori. Ses disques sont d'une grande diversité dans la thématique propre à chacun. Elle en a même fait qui sonnent gros rock à guitares !!! D'elle aussi, j'ai tout écouté et si sa production est un peu moindre que celle de Bjork (6 giga seulement)) elle n'en demeure pas moins tout aussi désarçonnante. Ce qui m'a le plus impressionné, et qui était sans doute ce qui me l'avait fait aimer déjà à l'époque de Boys for Pele, c'est l'intensité qu'elle dégage même dans les passages d'apparences plus calmes.
      Je suis curieux de découvrir quels albums vont te choper par le colbac. En plus de Boys for Pele et Under The Pink que j'ai toujours conservé, j'aime beaucoup le EP de Crucify pour les reprises fabuleuses qu'elle fait de smell like teen spirit, whole lotta love et surtout Angie.
      Night of hunters s'est ajouté à ceux là, mais From a choirgirl, Scarlet's walk et Little earthquake sont plus que des seconds couteaux. To Venus and back est bon aussi, ainsi que son album de reprises Strange Little Girls.... Tu vois comme c'est compliqué ? Je vais finir par tous les citer )))
      Et sinon, le coffret A Piano Collection (qui évite donc les titres à guitare) est une bonne approche également.

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    2. "Night Of Hunters" déjà ton papier m'avait donné l'idée, je suis dessus. Avec l'écoute des inspirants puisque pas vraiment des reprises, un peu comme Gainsbourg? Non, en fait, il y a une couleur piano classique, rien de très pop. Et comment ne pas penser à Kate Bush, dans mon souvenir elle a dû en pâtir, car à part la voix? AU casque c'est un délice.

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    3. Oui , complètement, ce ne sont pas des interprétations, elle adapte les grandes lignes. Comme Gainsbourg qui emprunte Initials BB (tandis que je lui emprunte l'homme à tête de chou pour évoquer Bjork, tout ceci est finalement fort cohérent))
      Tori va un peu plus loin en faisant un album entier basé sur cette thématique d'emprunts et en le sortant sur Deutsche Grammophon manière de pousser le concept jusqu'au bout. Pas grand chose de pop non plus, sinon le format des morceaux, encore que deux frôlent les 10mns, ce qui reste néanmoins très modeste d'un point de vue classique (et quasi inexistant d'un point de vue wagnérien).
      La comparaison à Kate Bush était inévitable à ses débuts, notamment avec crucify, mais je ne pense pas qu'elle en a tellement souffert dans la mesure où Kate Bush n'était pas aussi connue en Amérique, qu'elle l'était en Europe. Pour pas mal d'américains wuthering height était une chanson de Pat Benatar. Au-delà de ça, la comparaison est pertinente...jusqu'à ce qu'on écoute un disque de Kate Bush.

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  4. Alors de prime abord, pour revenir au premier comm, tes pages sont importantes, tout comme mes fidèles camarades alentours. Je picore beaucoup. Moi qui fonce tjrs tète baissée béate, je prends un joli recul à me recadrer avec mes lectures ici et ailleurs. Bjork, je sais sa filiation Kate Bush, mais à l'écoute, je ne suis pas sur le même aiguillage. Je la vois plutôt comme une Thom Yorke.. on est obligé de comparer des meufs avec des meufs ?? si ?? Ses projets sont partis vers une autre dimension. Je suis tombé fou comme beaucoup de Homogenic, mais j'ai adoré Vespertine et puis je me suis éparpillé. Les albums suivants sont incommensurables. Et je vois un trajet sous terrain que j'adore. Proche de l'humus exubérant ou sourdement mycélien. C'est même assez difficile d'en parler tellement ses album parlent d'eux même. Comme Thom, ils se cachent un peu .. disparaissent ??
    Tori, j'écoute pas pareil du tout.. plus comme une Madona des interstices, ou des caves barrées hyper branchouillées.

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    1. Une communauté de blogs interconnectés, l’idée me plaît. Je suis remotivé pour 20 ans ))
      Après l'échange avec Antoine, je me faisais la remarque qu’en fait la comparaison avec Kate Bush serait plus justement une comparaison avec les chanteuses chinoises des années 30. J'entends les tics vocaux caractéristiques de Kate Bush lorsque j’écoute les compilations Shanghai Divas.

      Pour l'après Vespertine, j'attire votre attention sur Biophilia. Il est inégal, mais elle a fait l'effort de composer quelques mélodies mémorables.

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  5. Volta m'a fait du mal. J'ai lutté part. Et j'ai trouvé sur Fossora qq enluminures. Je vais retenter biovulvina 😌

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    1. Forcément, tu attaques dans le dur ))) Volta, il déboite sévère. Je suis fan de Declare independence. Earth intruders est excellent aussi et même meilleur en remix notamment la version spank rock. Biophilia te conviendra mieux, je pense, mais honnêtement je te verrais mieux accrocher à Tori Amos qu'à Bjork. La rouquine a un répertoire plus vaste et plus musical. Tout aussi remuant parfois, mais de façon plus introspective. Tori est même carrément terrifiante de puissance quand elle exorcise ses démons )))

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  6. Sacré voyage 😊 Ça m'a incité à aller faire à nouveau, un tour du côte de chez Tori Amos - histoire de voir ce que devient la belle rousse. Une artiste particulièrement talentueuse qui me semble un peu oubliée de nos jours. (Comme Björk d'ailleurs). Une artiste que je mets dans le même panier que Kate Bush - qui a dû être une imposante source d'inspiration pour Tori. D'ailleurs, toutes deux mènent leur carrière comme elle l'entendent. Sans tomber dans un cycle incessant disque-promo-tournée, en restant donc maître de leur vie. Deux femmes de caractère.
    Il peut être difficile d'adhérer à tout chez ses dames, n'empêche, toutes les deux ont écrit de bien merveilleuses chansons.

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  7. Ah, Björk... Mon entrée dans la musique (hors hard-rock), en l'an 2000... Coup de cœur immédiat, achat des maxis CD avec les remixes (d'où découverte d'autres artistes)... Mais depuis le temps, avec tout ce que j'ai découvert depuis, je n'y arrive plus (j'avais complètement lâché après "Volta"). Je ne rechigne pas à écouter occasionnellement certains titres, jamais les plus connus ("Enjoy" sur "Post" ; "5 years" sur "Homogenic" ; "An echo, a stain" et "Heirloom" sur "Vespertine"...). Mais j'apprécie particulièrement certains remixes, même s'ils ont inévitablement vieilli, notamment ceux de "Big Time Sensuality" (Fluke et Justin Robertson). Ceux sur "Telegram", censé être une version remixée de "Post", sont très mal choisis à mon sens, il y avait bien mieux sur cette période : les "hardeux" "Army of me" (Skunk Anansie) et "Isobel" (Carcass), les versions hip-hop de "I miss you" et "Hyperballad" par Fluke (vraiment bons dans cet exercice, ces gars) et Howie B.
    Voila qui ne nous rajeuni pas... Sur les autres artistes évoqués, je passe, ne connaissant pas (ou que de nom).
    A bientôt peut-être.
    François

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    1. Les remixes que tu cites sont des tueries et la sélection de Telegram bien mal choisie. Je pense que c’était voulu pour continuer à fourguer les maxi. Elle a une relation à 50/50 avec son label. Ça avait contribué à sa "chute" d’être aussi requin.
      Les mecs de Fluke étaient terribles et la version hystérique avec Skunk Anansie fait paraître étrangement sage celle avec Carcass.

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  8. Tori Amos ou encore Björk vous inspire quelques morceaux chois de l'homme à tête de chou , agréable lecture !

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    1. Ah, enfin ! Enfin quelqu'un qui a de la culture ))) Merci Jerry, c'est cool de te revoir dans le coin

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