dimanche 3 mars 2024

CaRBoN/SiLicON


Une envie de faire dans l'utile me prend. Balancer à qui en voudra une vingtaine de titres des méconnus Carbon/Silicon. Du rock moderne élevé dans la tradition. Comprendre un groupe qui sample le riff de Street fighting man, colle le refrain de Mama we're all crazee now par dessus et parvient à un résultat qui ne ressemble en rien aux Rolling Stones, encore moins à Slade. Ailleurs, ils flanquent une secousse à You really got me. Je vous laisse le plaisir de découvrir les autres samples, ces types ont du bagage. Tenez-vous bien, ils font aussi des morceaux qui ne doivent rien à quiconque. 

Carbon/Silicon décroche le pompon dans la catégorie des groupes injustement passés inaperçus, ce qui est plutôt con dans la mesure où pas grand chose d'autre de bandant n'a émergé durant leurs dix années d'existence, de 2003 à 2013. Et pas moyen d'invoquer le prix du disque pour excuser le public, les leurs étaient gratuits !

Toqué d'internet, motivé par l'association des mp3 et du P2P, le duo ne s'est pas emmerdé à démarcher des labels, ils ont créé un site alimenté par leurs enregistrements. Au fil du temps une quinzaine de EP et six LP (dont un live) vont ainsi être mis à disposition avec tout ce qu'il faut pour assembler sa propre copie, la pochette recto/verso aux dimensions qui vont bien et même le label à coller sur le cd. Sans spam, sans inscription à un compte à la con, sans donation à verser, on n'est pas chez Bruce Springsteen. Les EP font office de laboratoire, bordéliques à souhait, usant de samples frauduleux défigurés par la mise en boucle, calés sur des morceaux dont le rock anglais à perdu la recette. C'est souvent cradingue comme une démo et parfois impeccablement abouti, on suit l'évolution de certains morceaux en clandestin planqué dans un coin du studio. J'adore ça. Pour situer, le son global est celui que Mick Jones a collé au premier album des Libertines, associé à un fatras d'électronique à deux balles. 

D'abord simple duo, Tony James/Mick Jones, deux guitares à fond les ballons, un sampler et une boite à rythme, la formation s'étoffe pour les concerts avec bassistes et batteurs intérimaires recrutés parmi les potes disponibles (dont Topper Headon le temps de quelques dates) sans que ça crée de grands chabardements dans le processus. Carbon/Silicon fait dans le basique, deux mélodies, un riff et ça creuse le morceau. Il leur arrive de partir en vrille en cours de route, le riff devient boucle, des effets se fracassent sur le beat inamovible, on flotte dans une bulle ecstatique.


Leur premier morceau se nomme MPfree manière de bien situer (MPfree, vous l'avez ? MP3 prononcé à l'anglaise. On est bon, je continue). MPfree est une démo qui désosse My generation façon tribal. Quand je dis tribal, je ne parle pas du genre musical, mais des tribus qui vous réduisent le crâne, avant de faire rotir vos cuissots. Le titre a été publié en 2002 dans un élan de générosité censé ralier les masses populaires à leur cause. En avant toute vers une panacée de musiques libérées des contraintes mercantiles. Quand ils ne sont pas dans leur studio, les Carbon/Silicon sont sur la route, ils ont repiqué au truc, incitent le public à filmer et diffuser leurs concerts sur la toile. Le coeur des clubs bat encore, sans nostalgie, Mick Jones n'est pas du genre à rabacher, quant à Tony James c'est un ancien de Sigue Sigue Sputnik, il en sait plus long sur l'avenir que sur ce qu'il a fait la veille. Sans manager, sans soutien, sinon le bouche à oreille, le groupe donne une quarantaine de concerts qu'on ne diffusera pas dans les écoles de musique. En 2005, un premier album, A.T.O.M (A Twist Of Modern) est mis en ligne. Les samples sont abandonnés, le son devient moins fourre-tout, une cohésion s'affirme. Quelque soit l'assemblage, les compositions de Carbon/Silicon ont en commun une solidité mélodique typique de Mick Jones à laquelle s'additionne quantité de surprises dans la mise en place. On connait le bonhomme, fragile niveau justesse, si ce n'est qu'il déverse tellement d'émotion et de conviction qu'on se fout pas mal du reste. D'autant que c'est pas avec sa guitare qu'il va faire plus propre. Tony James se charge de l'électronique et accessoirement en rajoute une couche dans l'approximatif. L'année suivante Western Front prend la relève avec la même arrogance.



En 2007, ils se cotisent et montent leur label pour commercialiser deux EP (The news et The magic suitcase) en préambule à un album distribué en circuit traditionnel. The Last Post présente de nouvelles versions de titres auparavant parus sur le net. Bouillonant et nerveux, le disque capte l'essence du groupe, tout en lui appliquant une production dopaminée. Ils en profitent pour faire de la promo en France, séance de dédicaces, showcase, concert à Paris. Les seuls qui se sont bougés pour en parler sont les mecs de Médiapart, dont la démarche est similaire à celle du groupe, utiliser internet comme l'espace de créations et de liberté qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être. On est beau avec notre supermarché virtuel. Il en reste un reportage qui traine encore sur youtube. Le duo de base en goguette à Paname, avec leurs sourires à flanquer des syncopes aux dentistes.


The Last Post file tout droit dans les bacs de soldes, malgré une belle édition française en double cd, avec l'apport d'un live, sur l'éphémère label Archambault. A ce rythme là, c'est retour au système D pour l'ultime album du groupe, et aussi le plus finement ciselé, The Carbon Bubble mis en ligne en 2009 après une tournée des clubs anglais, une autre en Amérique et quelques participations à des festivals, SXSW au Texas et Coachella en plein après midi. C'est un truc auquel je me suis habitué en regardant youtube, la plupart de ceux qui m'interessent suffisament pour que je traque les publications des allumés qui filment les concerts avec leur téléphone, jouent à l'heure de l'apéro du midi. Remarquez que ça doit être cool, à 14h t'es peinard, tu peux te faire une bonne bouffe et écluser au soleil en tirant sur des spliffs. C'est pas comme si Tony James et Mick Jones s'étaient connus la veille. Ils étaient déjà complices à l'époque des London SS, avant que l'un forme Clash et l'autre Generation X, ça remonte à l'acné juvénile, doivent avoir des sujets de conversations. Ils ont évolué en parallèle, branchés sur l'actualité des clubs, l'esprit grand ouvert sur les possibilités d'évolution. Sigue Sigue Sputnik les a réuni une première fois lorsque Mick Jones mettait leur son au point, avant de fonder Big Audio Dynamite. Ces deux là doivent avoir de quoi remplir des carnets, si la skunk leur a laissé des souvenirs, je ne cracherais pas sur une autobiographie commune. 




En attendant, je suis en mission d'utilité publique, sans guitare mais avec des mp3. Je vous ai sélectionnné vingt morceaux de Carbon/Silicon, parmi la cinquantaine qu'ils ont publié. Leur site a été vidé en 2010, après la mise en ligne du titre Big surprise, une merveille de  pop anglaise. La révolution internet a du plomb dans l'aile, l'illusion fut belle. On a bien le droit de rêver. 

Pour ne pas se quitter sur une fausse note, je ressuscite l'esprit du groupe, ne les ratez pas une seconde fois. Vous ne serez pas volés sur la marchandise. 

Hugo Spanky

CarbonSilicon mp3 (box)

CarbonSilicon mp3 


18 commentaires:

  1. La photo du live est excellente 😁
    Pourquoi le site a été vidé ?

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    1. J'imagine que c'est comme pour les blogs, l'effervescence est passée. Les pratiques ont évolué, on a tous compris que ça ne se passerait pas comme on en rêvait, qu'il n'y aurait jamais de communauté virtuelle qui changerait le monde et ferait vaciller la grande entreprise. Leurs albums se trouvent sur itunes, ainsi qu'une paire de EP, et quelques morceaux sont sur Soundcloud. Mais pour l'intégralité du truc, avec les super artwork que j'ai été assez con pour pas les télécharger, c'est mort. Notamment tous les morceaux avec les samples, ceux là faut bien les garder au chaud sur les disques durs parce qu'il n'y a aucune chance qu'il réapparaissent officiellement.
      Pour le reste, ce serait bien que ça ressorte un jour en vinyl. Comme l'album maudit de Clash et celui de Big Audio Dynamite qui est passé à la trappe (et qui fut d'ailleurs à l'origine de leur système de mise en ligne). Finalement, la clef de l'énigme est peut être là, les mp3, le virtuel, c'est bien, mais on reste méchamment matérialiste ))
      Ceci dit, y a pas trop de risque que ça se fasse, Mick Jones a annoncé sa retraite et comme il se foutait déjà d'à peu tout avant, ça va pas s'améliorer maintenant.

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    2. Question "album maudit" / "jamais distribué", tout est possible.
      Les héritiers d' Humble Pie ont bien vu le leur ("The Scrubbers Sessions") sortir.... mais près de 25 ans plus tard 🥴

      Sinon, le Mp3 présente toujours une définition bien moindre. Et, normalement, impossible d'envoyer les watts avec.


      Mick Jones à la retraite ? Il n'est pas en pleine tournée avec Foreigner ??? 😲
      (oui, je sais,..., je sors... 😥 )

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    3. Humble Pie avait un public américain, Mick Jones (celui ci, pas l'autre)) c'est déjà moins sûr. Il n'a plus de label depuis que Radioactive a refusé de publier le dernier album de Big Audio Dynamite en 1998, tu vois un peu le tableau. Faut espérer du côté des italiens qui ont réactivé les presses à bootleg ou attendre que ça tombe dans le domaine public.

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  2. La disparition des morceaux avec les samples, c'est simple : les royalties.
    Le premier album de De La Soul avait disparu du monde virtuel pendant 30 ans pour le même problème, avant de réapparaitre l'an dernier. Je suppose qu'il reste encore beaucoup d'exemples dans le monde du hip-hop des années samples...
    Marrant comme les précurseurs (Sigue Sigue Sputnik, Big Audio Dynamite, Pop Will Eat Itself, etc.) ont tendance à sombrer dans l'oubli, alors qu'ils ont ouvert les portes à tant de monde (monde qui en général a fait beaucoup moins bien par ailleurs).

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    1. Et ça va pas s'arranger avec la vente des catalogues d'éditions. Les mecs qui investissent des sommes hallucinantes pour se payer les éditions de Springsteen ou Townshend vont se charger de faire flamber les prix. On voit déjà des biopics qui ne peuvent pas se payer le droit d'utiliser les compos de l'artiste que le film évoque. Alors, les samples du Hip Hop, c'est même plus la peine d'y penser. Un disque comme Fear of a black planet n'aurait aucune chance d'exister de nos jours. C'est très con pour la créativité, mais aussi pour les groupes samplés qui démarraient souvent une seconde carrière grâce à ça.

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    2. Et les k7 de hip hop écrites à la main, elles valent maintenant une fortune.
      Fear of a Black planet ou tous les albums confondus de Mick Jones et Chuck D n'auraient jamais existé sans leur connaissance et leur ouverture d'esprit sur la musique sans cloisonnement aucun. Aujourd'hui la création se fait autrement avec les banques de samples tout doit être classé selon le genre, c'est moins libre qu'un cerveau ça t'empêche de trébucher sur une comptine ou autre joyeuseté tapie dans un coin de ta tête mais bon, il est peut-être temps de passer à autre chose et cette idée me réjouis assez.

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    3. Sans leur ouverture d'esprit et aussi un sens de la démerde sacrément développé, le moindre de nos iphone offre plus de possibilités que les samplers des années 80. Le plus con dans toute cette histoire, c'est que le monde du rock a été plus virulent que quiconque envers les samples. Les américains se sont empressés de mettre le Hip Hop dans le ghetto noir pour mieux s'acharner dessus, alors que. Alors que le premier sample publié sur disque figure sur le premier album de Big Audio Dynamite ! Un groupe venu des rangs du rock. Ajoute à ça que le Hip Hop se réclamait du Krautrock autant que du Hard Rock et t'as une bonne idée de la connerie de ses détracteurs. En fait de ghetto noir, le Hip Hop aurait dû être considéré comme la musique de l'unité, pour la première fois des musiciens noirs s'inspiraient directement de musiciens blancs et le revendiquaient. La réponse du rocker lambda fut restez chez vous ))) T'en veux des cons.
      Rien n'a changé depuis, remarque. T'as plus de chances d'obtenir l'adhésion d'un bananeux en lui parlant de Yoko Ono qu'en évoquant sample et boite à rythmes. Va comprendre. Pourtant, d'une certaine façon, le premier morceau à avoir utilisé un sample, c'est le whole lotta love de Led Zeppelin 🤔
      Mais comme tu dis, il serait temps de demander à Chuck Berry, Willie Dixon ou Bo Diddley de nous pondre quelque chose de neuf. Ils peuvent s'y mettre avec Buddy Holly, perso, ça ne me dérangerait pas )) A l'avenir, laisse venir, comme disait l'autre.

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    4. Il y avait pas des samples dans le disco par hasard ? Et Malcolm McLaren, il me semble aussi non ?

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    5. Le disco a été énormément samplé, mais les samplers n'existaient pas encore durant son âge d'or. Ce qui ne veut pas dire que personne n'utilisait de boucle avant l'invention du sampler. Les premiers crews de Hip Hop les faisaient directement à partir du vinyl et les Beatles avec des bouts de bandes magnétiques qu'ils faisaient tourner en continu. Sugarhill Gang a plus tard évité un procès avec Chic en faisant rejouer par des musiciens les parties de Good time utilisées sur Rapper's delight. Une astuce que Dr Dre a largement utilisé ensuite.
      Big Audio Dynamite a utilisé le sample pour piquer des dialogues de films, des fusillades et tout le bordel qui habille leurs morceaux. Public Enemy fut le premier gros consommateur de samples musicaux, Fear of a black planet en contient des dizaines sur chaque titre. A la différence de ce qui va suivre, leurs samples sont rarement repérables tant ils sont utilisés pour créer un magma sonore. Le gangsta rap va populariser une façon inverse de procéder en utilisant un seul sample largement reconnaissable, si possible tiré d'un morceau ayant déjà été un hit des années auparavant. C'est à partir de là (et du sample de walk on the wild side utilisé par A Tribe Called Quest) que les emmerdes vont commencer. Lou Reed fut l'un des premiers à envoyer ses avocats.

      McLaren a été bon avec Duck Rock, il a anticipé la world music et utilisé du scratch pour la première fois sur un disque destiné au public blanc. Avant lui The Adventures of Grandmaster Flash avait ouvert la voie. Mais pas de sampler sur son disque.

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  3. Il me semblait qu'on avait échangé sur les loustics, chez Marius, du coup chuis allé vérifier.
    .........Putain mais c'était y a dix ans, pfffffffff c'est fou. Non ?
    En tout cas merci pour le partage, j'avais juste The Last Post et un ou deux autres trucs dont ce Big Surprise qui portait bien son nom.
    Et à te lire m'est (re)venue l'idée que si y a bien un truc qui me branche dans le rock, n'ayons pas peur des mots, c'est l'approximatif.
    M'est revenue aussi l'escapade The Good The Bad, etc... de Simo, même période d'ailleurs. Mais faut se cogner Albarn...
    M'est revenue aussi l'horreur que constitue la réédition récente de la Telecaster Strummer Model, minable, laide et hors de prix.
    Je crois qu'il est temps que se termine mon commentaire approximatif.

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    1. Et ouais, ça file. En parcourant mon précédent post sur Mick Jones, j'ai vu qu'il datait de 2010, Carbon publiait encore sur leur site. Il était temps de faire une piqure de rappel. Je mettrais l'intégrale sur la box, y a pas grand chose à trier et beaucoup d'approximatif ))
      Le premier album de The Good..était bien, même si je n'y suis pas revenu souvent, par contre le second était pénible comme un album solo d'Albarn. Simonon a sorti un truc l'an dernier avec la fille de Kevin Ayers, c'est franchement pas terrible.

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  4. Rhhoooo... mais c'est trop gentil, ça, de proposer carrément un fichier.
    Je ne pense pas que ça ne soit trop mon truc, mais on ne va pas résister à la curiosité (en plus, j'ai bien une demi-heure de bagnole 😁 ).

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  5. Me voilà … bien content. Déjà, à l’écoute – bien fort – de « Why Do Men Fight (Original With Sample) » le premier truc qui me soit venu c’est l’arrivée de cette voix familière en cours du titre. C’est que moi c’est d’abord la voix, dans tout si la voix me plait le reste vient plus facilement. Et chez les Clash – un peu comme les Eagles (woui woui) – ils ont la chance d’en avoir plus d’une de voix.
    Si la voix m’indiffère cela va être moins facile, je ne te dis pas quand il a fallu suivre les copains qui me conseillaient des albums de jazz… sans chanteur.
    « Mp Free » et cette nonchalance pêchu, m’a donné envie de me remettre Magic Bus des Who.
    Donc tout ça augurait bon. J’attendais d’être en situation d’écoute. Et me voici (un peu comme voilà) avec « Western Front » pourquoi ? Parce que faut bien commencer, que j’ai le choix de l’embarras comme disait le philosophe motard, et ?? la pochète. À regretter une version vinyle, mais j’ai plus les moyens et pas encore l’envie d’y retourner au vinyle.
    Franchement ? Un bon, très bon disque des CLASH… Ce fut instantané, moins de surprise qu’avec Big Audio Dynamite mais c’est bon d’entendre des nouvelles compositions quand on est familier du genre, c’est pas les Stone qui me contrediront, tu sais un peu comme un bon polar avec détective privé, chapeau mou et répliques qui cinglent, pas nouveau mais tellement jouissif.
    Ben puisqu’on en parle, j’avais un « Megatop Phoenix » sur le feu… Carbon Silicon va falloir pas les oublier… vivement dans ma pièce à musique que je fasse vibrer. « The Magic Suitcase » « Really The Blues » « Why Do Men Fight? »
    À suivre

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    1. Dans mes bras ! 🥳🎉🕺

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    2. Je viens d'écouter Megatop Phoenix, ne le rate surtout pas. Sous sa réputation de fornicateur techno, c'est peut être celui qui contient les compositions les plus élégantes de toutes. A tous les niveaux, il est d'une richesse et d'une variété incroyable. Impossible de s'en lasser.

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  6. merci, on va découvrir et écouter cela!

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