samedi 15 août 2026

OPeRcuLe déGOuPillé


Le black metal, peut être plus que n'importe quel autre style, ne tolère pas d'alternative à l'excellence. Sitôt qu'il ne se transcende pas, il devient insupportable. Tout au moins négligeable comme c'est tristement le cas pour le récent By the word de Trelldom pour lequel Gaahl s'est contenté de faire ce qu'il sait faire (et dont il abuse avec ses multiples formations indistinctes). Aucun risque de tomber dans l'ordinaire avec Ashenspire, on se situe ici dans le très haut du panier, là où règne Dodheimsgard et Oranssi Pazuzu, là où de Fleurety à Mayhem ne sont acceptés qu'une vingtaine d'albums définitifs.


Hostile Architecture s'y impose en 8 titres et 43 minutes en s'armant de cuivres, de violon, d'un chant clair, d'énergie, d'originalité et d'un propos. Le second disque du groupe écossais n'est rien de moins qu'un chef d'oeuvre d'un genre qu'il contribue à rendre substantiel. On déambule de la violence catégorique jusqu'au flirt froid avec le free jazz. Dès l'intro du premier morceau (the law of Asbestos) le ton est donné et son développement labyrinthique inaugure un disque sans baisse d'intensité qui évite la facilité des clichés et se conclut de façon magistralement fracassante
Ashenspire aura du mal à faire mieux, mais je suis foutrement curieux de découvrir comment ils vont aborder l'avenir. 

Je ne vais pas me fouler à en faire des tonnes, il fait canicule et l'écho du black metal, comme du hip hop, ne franchit pas le sas d'étanchéïté que s'impose l'auditeur de pop. Chacun son périmètre de compétence.

Ceux qui iront jusque là auront malgré tout à se farcir une liste (Antoine, c'est pour toi) des disques ravageurs et de tous bords que j'ai privilégié ces derniers temps. Se détachent de par leurs audaces : Quaranta de Danny Brown, Utopia de Travis Scott et Bottomless Pitt des tarés de Death Grips que je pourrais tenter de définir comme un mélange dopé au hip hop hardcore de Suicide et des Bad Brains. On est là dans la même échelle d'expérimentations que Ashenspire pour le black metal. La notion de recettes est abolie. On tente de franchir l'obstacle, on remonte sur la bête et on recommence jusqu'à atteindre l'acmé. Ces disques sont l'équivalent de ce que le post punk était aux années 80. 

Je me suis aussi plongé dans la production de Tyler The Creator, depuis l'album Goblin, ultra lent, doom, hanté, il a évolué en usant de toute la gamme de nuances, ses albums sont parfois soft, influencés par le reggae, la salsa, le jazz cool et Stevie Wonder à travers eux, Flower Boy en est un parfait exemple, d'autres fois ils sont destinés aux clubs comme le plus récent et très Dance Don't Tap On The Glass, Cherry Bomb est virulent et clivant, tandis qu'Igor est celui qui a réussi le consensuel crossover. Attention à ne pas passer à côté d'un immense talent. 

Tyler The Creator incarne la révolution des mœurs qui a cours dans le milieu du rap et dont on peut faire un parallèle supplémentaire avec ce qui se passe dans le black metal ; le coming out de ses protagonistes.



Le mouvement LGBT est dorénavant non seulement toléré, mais revendiqué par un nombre significatif d'artistes de ces deux styles qui n'ont pourtant pas manqué d'incarner la misogynie et l'homophobie à travers une, certes fort suspecte, hétérosexualité poussée à l'extrème du machisme primaire. Quelles que soient leurs préférences Tyler The Creator (j'aime les filles, mais je finis toujours par coucher avec leurs frères), JPEGMAFIA, Kalifa, ILoveMakonnen, Gaahl, peu importe, nombreux se sont engagés à la suite des prises de position initiales de Frank Ocean, Kanye West, Macklemore, Rob Halford, Corey Taylor ou A$AP Rocky pour que la pluralité des codes puisse continuer d'engrainer plutôt que d'essaimer.

Hugo Spanky

38 commentaires:

  1. « Hostile Architecture » déjà, le titre de cet album. Deux mots d’une force. De suite le film « Brutalist » me vient en mémoire (faut que je le re regarde). Avec un nom d’album comme ça, tu n’as pas le droit au plantage. Avant la musique : des textes engagés, condamnant une architecture qui souligne et encourage les inégalités. Une architecture cohérente dans la société aujourd’hui. Comme SEPULTURA pas question d’accompagner ce propos d’une musique ni DIVINE ni COMEDY. J’ai hésité au premier titre, à priori je ne peux pas écouter très fort (le 17 je pourrai) pourtant même à volume raisonnable je réponds à l’appel. J’en parlai ailleurs, une musique où s’impliquer, et je ne suis pas déçu.
    Ensuite il y aurait comme une liste à ajouter à mes listes, juste à côté de ma collection de Tiquettes. Je décide d’aller vers « Le CREATOR » je le suivais un peu, choisir un album à croiser le fer avec les Ecossais. Ça va être chaud.

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    1. Ah, l'architecture, la place à laquelle elle contribue à nous mettre, plus que celle qu'elle nous laisse. C'est une forme d'oppression parfois douce, parfois agressive, mais ce n'est jamais anodin. Une chouette série sur le Bauhaus était passée sur arte, j'imagine que tu ne l'avais pas raté.

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  2. Eh je connais au moins un truc dans cette liste .. Igor du Tyler.. 2019.. j'avais adoré "Earfquake". Maintenant que je te lis, je comprends pourquoi.. l'histoire du consensuel :) Oui, tout ça pour dire que ça partait bien.. puis ilovemakkonen... bref, je passe sur JPEG, j'ai déjà les anticorps. Je retourne à Tyler et découvre Goblin.

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    1. Consensuel est un constat, pas une échelle de valeur. C'est bien que des disques créent des ouvertures et c'est encore mieux lorsqu'ils sont de cette qualité. JPEG ne remplit assurément pas cette fonction, je te l'accorde ))) Et je ne suis pas certain que Goblin (au fait, c'est Buffalo Bill sur la pochette) soit le plus indiqué non plus aussi excellent qu'il puisse être. Mais bon, si tu t'interesses, c'est déjà énorme.

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  3. Je préfère Architecture in Helsinki, combo(bo) australien comme son nom ne l'indique pas... :-)
    Bon, encore largué, aucun nom n'est parvenu à mes oreilles. Mais beaucoup de respect pour toutes les cultures (rap, métal, techno...).

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    1. Je ne connais pas ces australiens, je vais écouter. En as-tu vraiment fait autant ? En tout cas, tu ne peux plus dire qu'aucun de ces noms n'est parvenus jusqu'à toi ))

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    2. C'est "In case we die" d'AIH, je ne connais pas les autres qu'ils ont fait (il ne doit pas y en avoir des masses). Je ne pense pas que ce soit ton genre, mais qui sait ? :-)
      Quant à moi, le genre (black métal, je ne suis déjà pas complétiste en métal tout court...) et les illustrations ne sont pas engageantes et j'ai d'autres priorités... J'avoue avoir un peu "perdu la foi", tel Ophélie, en particulier pour les "nouveautés" (en sont-ce ?)... :-)

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    3. Il sort tellement de bonne musique, on ne mesure pas la chance qu’on a de vivre une époque aussi créative.

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    4. Ce n'est hélas pas ce que je ressens mais il est vrai aussi que j'ai un peu la flemme. Et puis j'essaie de ne pas écouter trop souvent de la musique (ou alors "en fond") car on apprécie moins. Bon, et puis je préfère les décennies 70 et 90.

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    5. Mon avis sur les 70's est quelques commentaires plus bas. Pour le reste, plus tu écoutes de musique et moins tu l'apprécies ??? Malheur, François, tu frôles la dépression. Avec des raisonnements pareils, on finit par écouter Nirvana ))

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    6. En effet, je suis quelqu'un de dépressif mais c'est comme la nourriture, il ne faut pas abuser pour ne pas s'en dégoûter :-)
      Oui, j'ai vu en dessous mais comme je suis pas mal axé rock prog, jazz fusion, krautrock, les 70's, c'est mon Graal :-) Et en fin de décennie on a Chic, Joy Division et Kraftwerk, ça me va aussi.

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  4. A chacun son Everest, Sic.
    Mais j'ai quand même déjà écouté du Tyler sans adhérer.

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    1. Quels albums ? Ils sont tellement différents les uns des autres que tu n’es peut-être simplement pas tombé sur celui qui va potentiellement t’accrocher.

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  5. J'avais écouté Igor et Chromakopia ...

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    1. J’ai pas accroché à Chromakopia non plus, Igor me donnait jusque là l’impression de pouvoir plaire à tout le monde comme avant lui les disques de A Tribe Called Quest ou De La Soul.
      Tu peux toujours tenter Cherry Bomb un jour où tu veux des saturations extrêmes d’aigus, mais c'est mal engagé ))

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  6. Vieux blocages vaut mieux que blocage du vieux ...
    Cherry Bomb ... je crois que je vais préférer la version des Runaways, c'est dire !
    Parfois je me dis, cela fait du bien de ne pas tout aimer, reposant pour les oreilles et le disque dur.

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    1. Les Runaways ? )) Tiens, puisque tu parles de ce que les 70's ont eu de pire, je me faisais la remarque récemment de la surévaluation de cette décennie. La majorité des grands noms des 60's y sont sclérosés pour ne pas dire gâteux la majorité du temps, les nouveaux venus de la vague glam sont pour la plupart risibles et les autres s'embourbent dans des ambitions qui les dépassent largement. D'ailleurs les grands disques de la décennie sont devenus d'un chiant qui leur fait prendre la poussière sans sortir de leurs pochettes. Les dernières années font remonter la moyenne, mais c'est principalement du revival.
      La qualité la plus couramment vantée des 70's est d'avoir élargi le spectre, alors que les 60's avaient déjà fait le boulot et de toute façon cette ouverture d'esprit envers d'autres musiques s'est refermée sur elle-même sans tarder.
      Ne pas tout aimer, dis-tu ? C'est carrément la définition du bon goût.

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    2. "D'ailleurs les grands disques de la décennie sont devenus d'un chiant qui leur fait prendre la poussière sans sortir de leurs pochettes."
      Allèches-nous par quelques exemples... :-)
      La première moitié de cette décennie (qui commence dès 68-69 en réalité), c'est le pic créatif de 4 Everest de la musique (selon moi) : Zappa, Crimson, Can et le Miles Davis électrique. Puis comme je disais, on a tout le prog, le jazz-rock, le krautrock, le funk, le hard... et d'autres genres plus "rustiques" qui me parlent moins (soul, folk, reggae). Bref, y'a tout. Au contraire, la seconde partie est beaucoup plus mitigée avec le punk (j'aime pas du tout, trop simpliste) qui vient en réaction aux dérives techniques stériles du prog et du jazz fusion (genre Yes ou Return to Forever). On entre déjà dans les terribles années 80, sauvées par le thrash, la NWOBHM et quelques "tubes" (c'est plutôt la décennie des simples que des albums, qui sont souvent du remplissage). Le rock indé et l'explosion électro (et du rap, pour les amateurs) des 90's permettront un redécollage avant les "revivals" des années 2000 et suivantes. Voila, c'est ma vision des choses.
      A part ça, je viens enfin de trouver une utilité à l'IA : pour chacun de mes albums, je lui demande le meilleur pressage CD et les réglages à effectuer sur ma chaine (Sonoro Meisterstück) pour une écoute optimale. Voila de quoi m'occuper jusqu'à la fin de l'année... :-)

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    3. Tant qu'à faire commencer les 70's en 1968, tu devrais les faire finir en 1983 comme ça t'es pas emmerdé ))
      Donc, non, 68/69 c'est l'aboutissement logique d'une décennie d'expériementations et d'audaces et effectivement ce sont les années sur lesquelles les 70's vont s'appuyer pour normaliser ce qui jusque-là était sauvage et combatif.
      Je ne dénigre pas absolument tout ce qui s'est fait durant cette décennie, mais puisque tu prends Zappa en exemple, ses albums sont bons, il n'est cependant pas excessif de noter qu'à partir de Over-Nite Sensation (1973) lui aussi se "normalise".
      Miles Davis disparait rapidement dans le brouillard de la dope et n'enregistre plus rien après 1972. Bien que sorti tardivement Big Fun est composé et enregistré en 69 en même temps que Bitches Brew. La discographie de Can se dégrade vite également dès 1973.
      David Bowie me semble un meilleur exemple de constance et le Krautrock est effectivement le rouage essentiel qui va permettre aux années 80 de synthétiser les expérimentations de Klaus Schulze, Kraftwerk & Co à travers la New Wave et ses dérivés, mais aussi le Hip Hop via l'Electro.
      A propos des 80's, je ne suis pas d'accord là encore avec tes dates. Le rock Indie apparait durant cette décennie avec Jane's Addiction, Husker Du, Pixies...comme le Rap d'ailleurs qui explose de créativité avec le deuxième album de Public Enemy It Takes a Nation of Millions To Hold Us Back en 1988, Paid In Full d'Eric B & Rakim (87), KRS One, Beastie Boys, Ice T, Run DMC...
      En fait, je crois que tu confonds pic de créativité et succès commercial. Tous les styles que tu cites ont connu un succès énorme dans les décennies que tu cites, mais sont profondément rattachés aux décennies qui les précèdent.
      Procol Harum, Moody Blues, Pink Floyd, Soft Machine sont des formations des sixties qui s'inspirent des expérimentations des Beatles. Les années 70 sont celles des disques vendus par millions par des labels qui reprennent le pouvoir après avoir été dépassés durant les 60's en n'ayant aucun employé capable de dialoguer avec la génération de musiciens qui était aux commandes. C'est cette recherche de gens capables de faire lien qui va aboutir à la rock-critique, aux managers cocaïnomanes, aux A&R dotés de budgets illimités et à la surexploitation de l'esprit frondeur des 60's à travers une surenchère de moyens dépourvus de prises de risques. La fin des 70's avec l'apparition du punk ce n'est pas seulement une question de musique, Wire, Stranglers, Public Image Ltd, Damned ont tous une dette envers le prog rock des premières années des 70's et l'ont rapidement revendiqué et musicalement exprimé, le véritable ras le bol venait de l'isolement des stars du rock, la façon dont ils ont presque tous été coupés de l'évolution de leur propre public en vivant dans une bulle virtuelle faite de défonce, de sexe à outrance et de disques stériles, surproduits et vains.
      Le Jazz-Rock, enfin, n'est là aussi qu'une succession de disques flatteurs pour les amateurs de chaînes hifi, mais sans aucun impact comparable aux travaux de John Coltrane, Pharoah Sanders, Sonny Sharrock..durant les 60's et John McLaughlin, qui est selon moi le plus intéressant du Jazz-Rock des 70's, puise son oeuvre à cette source, hélas son Mahavishnu Orchestra va également perdre en qualité dès 73.
      On est d'accord sur l'IA, on en a tous besoin, même ceux qui ne le savent pas encore ))

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    4. OK, je note mes inexactitudes, il est vrai que l'indie rock, la techno et le rap ça débute dès la seconde moitié des 80's et ça atteint le succès commercial la décennie suivante.
      J'ai dit 68/69 car "In a silent way", "Monster movie", "Hot rats" et "In court of KC", c'est 1969. Est-ce un hasard si ça vient juste après mai 68 ? Par contre, je les ferai finir non en 83 mais en... 1975/1976 avec l'arrivée du punk (puis new wave) et du disco. Exit les "musiques de musiciens", simplification des formats et des techniques (toujours en cours : avec l'électro on "sample" et on "programme" et avec l'IA, y'a plus qu'à "demander". Les chansons d'une minute, on y viendra...).
      Zappa, j'ai continué jusqu'à "One size fits all". Et c'est vrai aussi que pour Miles, l'année de sortie ne correspond pas toujours à l'année de création, d'où le décalage.
      Le Mahavishnu, j'en n'ai qu'un ("Birds of fire"), c'est la "face sombre" du jazz-rock pour moi (avec Return to Forever, voire le Weather Report de la fin des 70's), comme Yes (excepté "Fragile" et "Close to the edge" que j'aime bien) et quelques autres dans le prog. Insupportable cet étalage de virtuosité sans aucun sens. Il est bien meilleur encadré par Miles (sur "Jack Johnson" notamment).

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    5. Ton refus des nouvelles technologies est paradoxal, le jazz rock était fondé là dessus. Herbie Hancock n’a fait que ça et Weather Report n’était pas en reste. Sans parler du Krautrock dont c’était l’essence même. Ceci dit, je te comprends, j’ai mis des siècles à accepter l’autotune comme élément créatif potentiel. En fait c’est comme tout, c'est ce que tu en fais qui le définit.
      Bon, avec tous ceux que tu débines j’ai du mal à cerner ce que tu aimes dans les 70’s à part les disques de 1969 ))

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    6. Ouh la, plein... :-) En plus des déjà cités, dans ma modeste discothèque, j'ai du Gong, Soft Machine, Traffic, Roxy Music, Van Der Graaf Generator, Funkadelic, Faust, Embryo, Betty Davis, Weldon Irvine, Sly Stone, Demon Fuzz, du jazz "spirituel"/free (Alice Coltrane, Joe McPhee, Don Cherry, McCoy Tyner) ou "easy listening" soul/funk de chez Blue Note ou CTI Records... De 1 à 3 disques pour chaque. J'en oublie possiblement.
      Je suis en train de me faire un tableau Excel avec les versions conseillées pour chaque album et les réglages (basse, aigus...) adéquats sur ma chaine... :-)
      Oui mais autour des claviers et autres bidouillages de l'époque, y'avait aussi (d'autres) instrumentistes. J'ai fait le chemin inverse, j'ai commencé par l'électro, je trouvais ça "indépassable" au moment de la découverte (y'a un quart de siècle) mais en revenant en arrière, je me rend compte que ça ne rivalise pas. Et puis tout a déjà été fait, non ? Dans ce domaine au moins, je suis "réactionnaire", il en faut bien un... :-)

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    7. Je te suis sur pas mal d’albums. Alice Coltrane ça se limite à l’excellent album avec Santana et en jazz barré du ciboulot j’ai du Don Cherry, Sun Ra, Charlie Mingus, Pharoah Sanders, Defunkt..
      Roxy Music, VDG, Soft Machine, je te suis aussi et bien entendu sur tout le funk allumé dont je ne parle pas assez. Faut que je fasse un truc sur Earth, Wind & Fire.
      De Miles Davis j’adore le live Agharta, c'est puissant. Et pas mal d’autres albums qui le précède. J’écoute même Tutu à l’occasion. C’est dire si j’en écoute ))
      Par contre, je t’abandonne sur les tableaux excel et je ne pige pas ton système pour les réglages. Tu les modifies tant que ça ? Je me contente d’enclencher ou supprimer le loudness selon le volume et la nécessité du style et d’ajuster les aigus et mediums en fonction. Quand je mets du volume je laisse tout plat et ça cogne bien. J’ai remarqué qu’un disque sonne toujours comme il a envie quoique je fasse. J’en suis resté au vinyl remarque, il est probable que les transferts sur cd imposent plus de retouches. Si tu te passionnes pour le son, j’ai chroniqué un super bouquin sur le sujet, mais je ne sais plus le titre que j’avais collé au post. Peut être Perfecting sound forever vu que c’est celui du bouquin de Greg Milner.

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    8. Ah tiens, tu vois, oui Sun Ra... Je dois acheter la bonne version de "Lanquidity" (je n'ai que lui pour le moment)... Amon Düül II, Blue Oyster Cult, le second Judas Priest, Jethro Tull... Dans la seconde partie déjà plus problématique, "Marquee Moon" de Television et "Broken English" de Marianne Faithfull... Rien que du très classique, ce n'est pas dans ma disco qu'on fera des découvertes, ou alors deux ou trois groupes indés des 2000 type AIH justement... :-)
      Jusqu'ici, j'écoutais tous mes CD sur le mode "Pop" (y'a aussi bémol, rock et jazz), avec le loudness et l'effet 3D activés pour grossir le son (j'écoute à petit / moyen volume), juste en diminuant les basses de 2 ou 3 suivant l'album. C'est manifestement une erreur. Maintenant je vais essayer avec le mode adéquat ou régler les basses, médiums et aigus. Mais je ne suis pas un audiophile :-) J'ai tout de même constaté que la compression et la "loudness war" étaient des plaies et rendaient l'écoute fatigante sur la longueur. Faut d'ailleurs que je trouve les originaux d'encore 3 Maiden et 3 Megadeth car les rééditions, c'est la cata...

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    9. Prends un abonnement Apple music et branche un téléphone sur ton ampli hifi, ça sonne terrible et t'achète plus un cd.

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    10. Ah non... il me faut l'objet. Et je n'ai toujours pas de smartphone :-) J'avance, les premières tendances, c'est que cette compression excessive s'applique surtout au rock et à la pop, beaucoup moins au jazz (cet aprèm j'ai écouté la version japonaise 2024 de "A new perspective" de Donald Byrd acheté samedi à la FNAC, parfait). Là, je suis en train de regarder sur toutes les plateformes d'achats si je peux trouver les pressages conseillés à prix pas trop excessif puis je revendrai mes versions trop compressées.

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    11. Ça va au delà de la compression, Diary of a madman d’Ozzy en version remastered c’est carrément un autre disque. Les guitares sont super heavy, je suspecte des overdubs tardifs.
      Si t’as besoin de posséder l’objet, vil matérialiste que tu es, bascule direct sur les vinyl plutôt que de traquer des cd qui sonnent comme eux. Surtout si tu consommes principalement du 70’s c’est la période qui se prête le moins à la conversion numérique, ça sonne de suite artificiel, froid et métallique. Garde le cd pour le jazz et le funk, le transfert heurte moins avec ces genres au son original plus chargé en basses et en respirations.

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    12. Ah non, tu ne vas pas me faire le coup de la "chaleur" du vinyle... :-) Là je deviens fou, matérialiste peut-être mais tout de même pratique et fonctionnel, le vinyle ça demande encore plus de soin, de place, y'a tout le matos (enceintes, diamant...)... Et les PRIX ! C'est carrément un produit de luxe pour moi.

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    13. Fonctionnel, faut dématérialiser, tu feras pas plus fonctionnel, t’as tous les disques de l’univers dans ta poche. Le cd est rétamé, autant acheter des K7. En plus il te faut 3 exemplaires de chaque album pour en trouver un qui sonne à peu près comme le vinyl d’origine. T'écoutes pas la bonne musique pour ton format, tu veux du cd qui claque mets toi à la techno ))

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    14. De plus, j'ai la fibre écolo (pas de bagnole, polluant, gouffre financier et pas besoin dans une grande métropole ; alimentation bio autant que possible ; voyages en train) et le vinyle, c'est du pétrole :-)
      Et désolé mais le dématérialisé, non merci. La musique (comme le ciné et les voyages), c'est la passion, il me faut l'objet, la pochette, le livret. Pour le reste, je suis assez minimaliste (appartement très peu chargé en meubles ou bibelots).

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    15. Donc t'as fait comme la Russie, d'un extrême à l'autre ? T'es passé direct du vinyle au dématérialisé comme eux du communisme à l'ultra-capitalisme sans passer par la case "social-démocrate" ? :-)

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    16. C’était le but, hélas j’ai lamentablement échoué. Avec tout ce que le dématérialisé me permet de découvrir, j'achète encore plus de disques !

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    17. Je vois, toi t'es dans la boulimie des nouveautés et moi au "musée", à la recherche / découverte des diverses éditions (SACD, coffret Deluxe, etc...) des "classiques"... Ca va me faire jusqu'à la fin de l'année, voire davantage.
      La techno, je réessaye régulièrement (dernièrement "Himawari" de Swayzak et l'éponyme de Metro Area), je me demande comment j'avais pu succomber à l'époque (enfin oui, je sais : je ne connaissais pas le reste)... On est vraiment dans les syndromes "super, j'ai "composé" 12 boucles, je vais pouvoir faire un album" et "c'est pareil à 2'37 qu'à 4'58 et 6'21"... :-)

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    18. La techno c'est souvent plus une musique d'humeur que d’écoute, bien que ce soit réducteur de la réduire à un seul style tant le genre est diversifié. J'apprécie globalement tout ce qui est hypnotique.
      Pour le reste, je consomme du vinyl depuis 50 ans et pas mal de trucs m’ont été contemporains, j’ai toujours eu un pied dans le passé, mais mon esprit est depuis le début avide d'actualité. Je refusais de considérer la musique comme un train qui serait passé avant que je n’arrive à la gare ))
      J’ai eu raison.

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    19. Jolie image :-)
      J'étais pareil à une époque mais tu prouve que ce n'est pas une question d'âge, c'est dans la tête. Les soucis, c'est qu'il faut du temps, savoir où pêcher les infos... Et je n'ai pas forcément l'âme complétiste. Je préfère les précurseurs aux suiveurs, ceux qui ont un son ou un style immédiatement identifiable même si l'originalité n'est pas forcément gage de qualité, on est d'accord. Et puis y'a tant de trucs qui sortent, ma fainéantise me pousse à ce que d'autres effectuent au préalable un minimum "d'écrémage".
      Bon, j'ai quand même un peu écouté, préférence au métal évidemment même si étant formaté par sa face commerciale des 80/90, l'intégration d'ambiances ou d'instruments venus d'autres genres désarçonne. Le rap, c'est juste pas possible pour moi, à fortiori contemporain. Si j'étais vraiment obligé, j'irai là aussi à la source "vintage".

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  7. « Hostile Architecture » À fond les ballons, mais surtout la claque, j’ai même tendu l’autre joue, un papier s’impose pour passer la bonne parole (un autre à finir avant) Pour attirer mon chaland « Plattenbau Persephone Praxis » j’évoquerai pour les références 70’s (pour coller aux commentaires) King Crimson, époque « Larks' Tongues In Aspic » pour ce mur du son qui t’attrape par le coltard et bien entendu la fièvre de Peter Hammill. Il y a urgence, urgence d’écouter et d’aimer. Et puis, et puis il y a cette colère, du bon côté, du côté où je me tiens, au vu des événements il me prend une forte lassitude, peu envie de me projet dans ce qui me reste d’avenir… mais mes enfants, mes petits-enfants ? Ça c’est avant écoute. Après tu retrouves une énergie pour passer à autre chose que la plainte. Extrait
    « Jetés à la rue pour leurs péchés.
    Je ne traînerai pas plus les pieds
    qu'ils ne traînent dans la boue.
    Les mains criblées de salaires, les poings dégoulinants de sang.
    Pourquoi les affamés prennent-ils toute la nourriture ?
    Pourquoi les nus cousent-ils des paillettes, isolés dans des ateliers clandestins ?
    Pourquoi les capitalistes blâment-ils les chômeurs ?
    On est tous pris au piège, jusqu'au cou.
    L'horizon se rétrécit, le nez collé au sol.
    Le déclin commence avant même la naissance.
    Les narcotiques, pour faire face à la situation, font prospérer la négligence.
    Et un visage dans la poussière.
    Une raclée pour apaiser une douleur latente.
    Et après tout, les choses ne peuvent pas empirer.
    C'est la troisième fois cette année
    que tu portes des amis dans un corbillard.
    Comme si la faim nous tenaillait,
    comme pour cautériser une brûlure. »

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    1. Merci de souligner les textes, c'est quelque chose que j'hésite toujours à faire en imaginant que personne ne s'en soucie, vu que personne ne se soucie déjà du black metal. C'est pourtant une des qualités majeures du disque, les textes et la voix claire qui les rend compréhensibles (ce qui est rarement le cas dans ce genre). Je suis impatient de te lire sur le sujet, tu as une façon de présenter les choses moins clivantes que la mienne et si elle pouvait porter plus ce serait cool tellement ce disque le mérite.
      Maintenant, je vais m'occuper des 70's, en tachant de rester consensuel ))

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  8. Salut ranx. Tu as passé un bon été ? Tu me manques. Julien

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