Le blackface a quelque chose d'effrayant. Physiquement effrayant. Ces visages aux traits caricaturaux noircis au liège brulé me font l'effet du maquillage de clown revisité par John Wayne Gacy.
Le blackface symbolise une large partie des contradictions qui servent de fondement à l'Amérique. Des blancs qui se griment en noirs pour les caricaturer de la pire des façons en une succession de blagues stupides sur la fainéantise, l'assistanat, l'incapacité à s'intégrer dans une société idéalisée. Le tout agrémenté d'une poignée de chansons interprétées du point de vue supposé du noir, au singulier puisque tous étaient désignés semblables, uniformisés dans l'incompétence et les mauvaises intentions. Au dessus de tout ceci planait une atmosphère de mépris, d'humiliation, de haine, de toute puissance et de mort.
Imaginons les rires de satisfaction, les exclamations et les applaudissements nourris. Imaginons la foule regagner sa maison avec la satisfaction d'avoir passé une bonne soirée dans une vie de cons. Imaginons quelques excités que le spectacle a mis en émoi, de ceux qui en veulent toujours plus. Imaginons, un corps qui se balance mollement au bout d'une corde.
Le blackface anime une part encore bien vivace de chacun pour si peu qu'on l'attise. L'humain est ainsi, l'exécution du plus faible l'excite.
Spike Lee a réalisé un film autour du sujet, Bamboozled, il est en partie raté. Comme souvent avec Spike Lee le sujet est pertinent jusqu'à ce qu'il le dénature. Dans le dernier tiers du film il use de ficelles si grosses qu'elles amoindrissent la portée de son message, jusque-là suffisamment impactant pour mener à la réflexion. L'esprit d'analyse se gare sur le bas-côté sitôt que l'absurdité des scènes d'actions supplante la pluralité du débat d'idées.
Déterminé à en savoir plus sur les méandres des spectacles de ménestrels, j'ai mis la main sur le bouquin de Nick Tosches, Blackface, Au confluent des voix mortes. J'y suis allé à reculons, Nick Tosches souffre du même symptôme que Spike Lee, l'un et l'autre sont incapables de s'en tenir à leur sujet de base, ils disgressent. Et quand Tosches disgresse, malheur, ça part jusqu'aux évangiles. Il va jusqu'à écrire en langue. Autant vous dire que la lecture fut ardue pour un résultat proche du néant, si ce n'est, et c'est primordial, qu'il laisse matière à l'introspection.
Nick Tosches part du préambule que la distinction entre blancs et noirs est une vue de l'esprit, qu'en Amérique il n'existe qu'une seule et même culture et qu'elle est mixte. Personne ne doit rien à personne, sinon à tout le monde depuis l'antiquité. A partir de là, Il fait feu de tout bois pour entrer des carrés dans des ronds. Et il y parvient.

Le racisme du blackface, si racisme il y a, est dans l'esprit de celui qui regarde. Pour Tosches l'acteur de blackface, le ménestrel, permet de braver l'interdit en incarnant sur scène une population qui n'a pas le droit de s'y produire. Ce serait un service rendu à la minorité invisible. Il pose aussi la question du racisme bienveillant, celui qui au nom de l'art, de l'ouverture d'esprit et des droits de l'être invite Bessie Smith à se produire chez lui, comme on invite une curiosité pour épater son entourage. Une forme de bonne conscience qui autorise tous les compromis. Il va sans dire que l'anecdote tourne vinaigre et ça n'a aucune espèce d'importance. Le germe est déposé. Le racisme n'est pas une idéologie, c'est une attitude.
Des noirs maquillés en blackface ont interprétés des caricatures "d'eux-mêmes" et ce fut pour la plupart la seule occasion de prendre le train en marche, celui des medecine shows, des cabarets, de Broadway puis du cinéma. L'histoire est complexe et Tosches refuse d'aller jusqu'au nauséabond, jusqu'à l'effet libérateur que l'exhibition de la médiocrité de la race noire, son piétinement sous couvert de rires, a pu produire comme conséquences. Ne lynche t'on pas plus aisément lorsqu'on déconsidère celui ce que l'on lynche ? Chuck D a exprimé son avis avec Hazy shade of criminal, Billie Holiday l'a exprimé avec Strange fruits, l'un et l'autre l'ont en vérité exprimé chaque fois qu'ils ont ouvert la bouche. Des milliers d'autres l'expriment sur des albums siglés d'un avertissement pour prévenir de leur nocivité.
Nick Tosches est un rock-critique américain, comme l'essentiel de ses collègues, il ne s'est posé qu'une seule question : qui est à l'origine du rock'n'roll ? C'est leur pierre philosophale. Leur immortalité. Alors, ils creusent le sujet.
Pour Greil Marcus c'est Harmonica Frank qui est à l'origine du désordre. Personne ne le connait et pas grand monde ne souhaite faire le moindre effort pour le connaître mieux. Emmett Miller est le candidat désigné par Nick Tosches. Flanqué de son masque noir, ce type a fait du folk, du jazz, de la country et du blues, une seule et même entité : le rock'n'roll. Emmett Miller n'a enregistré que très peu de disques, des 78 tours, et encore moins se sont vendus. Nick Tosches nous apprend que malgré cette absence de reconnaissance Emmett Miller a influencé Jimmie Rodgers qui lui-même devait ensuite influencer Hank Williams qui est, comme chacun sait, la dernière étape avant l'éruption. Selon Tosches le Blues de Robert Johnson n'est pas de source noire, parce que le Blues est l'interprétation noire d'une musique blanche que les noirs ont appris au contact des blancs qui se grimaient en noirs. Que voulez-vous que je vous dise ? Il fait 300 pages comme ça et le doute s'instille.
Je ne suis pas du genre à renoncer à une polémique facile, on n'a pas tous les jours l'occasion de rigoler, un blanc bec aurait très bien pu écrire un morceau glauque et dépressif en tapant du pied sur chaque temps. Les Bee Gees ont collé une telle praline à la musique noire avec Stayin' alive que la communauté a été obligée d'inventer le Hip Hop pour ne pas perdre la face. C'est bien la preuve que rien n'est impossible. L'unique détail qui rend une telle probabilité caduque est que les meilleurs albums de blues blanc ayant jamais été enregistrés sont ceux de la Jimi Hendrix Experience. On voit bien que ça accroche au fond du plat, comme théorie.
A la moitié du livre, j'ai commencé à me demander ce que j'en avais à foutre. Que les chansons popularisées par le Blues puisent toutes leurs origines dans des chansons folk venues d'Europe, transmises par les religions depuis l'antiquité, grand bien leur fasse. John Lennon allait s'occuper de leur cas. Que d'Afrique ne soit venu que le rythme, très bien. Là où ça me défrise c'est qu'à aucun moment Tosches ne considère l'hypothèse Geronimo. Wouuuh Awopbabeloobamalambimboom ça ressemble quand même plus à un cri apache qu'à Marie-Madeleine qui appelle pour le souper. A mon avis, Jim Morrison aurait volontiers collé un coup de tronche à Nick Tosches pour lui apprendre à danser sur un pied autour du feu de camp.
Se grimer en noir, prendre un accent mongoloïde pour se marrer un bon coup sur l'absence d'éducation, les enfants café au lait issus de la sexualité débordante d'un propriétaire d'esclaves qui s'intègre dans l'utérus ; est-ce un problème quand sous son maquillage Emmett Miller invente le Blues et peut être même le Rock'n'roll ? Est-ce que tous ces gens ne pourraient pas y mettre un peu du leur ? Est-ce parce que les Native Americans n'ont aucune importance dans cette affaire que Muddy Waters, Howlin' Wolf et toute la clique portent des noms qui ne sont pas dans le calendrier ?
Mais attention, faudrait pas que le ton ne monte de trop. Nick Tosches a ses défauts, j'en conviens, mais il a de la ressource. Faut sauter des paragraphes entiers pour ne pas piquer du nez, n'empêche qu'un petit coup de mauvaise foi, une déclaration bien sentie glanée à une bonne source et hop on remet une pièce dans la machine. Alors que de se farcir Greil Marcus qui raconte à quel point The Band était un groupe génial donne envie d'en finir avec le peu d'air sain qu'on a dans les poumons. Dans son Mystery Train, que j'ai dans un élan suicidaire décidé de relire juste après Blackface, Greil Marcus ânonne des lieux communs comme un paroissien abandonné par la foi. Ce que j'en retiens c'est que les mecs de The Band se sont trouvés une place là où plus personne ne souhaitait plus poser son cul et que ça leur a paru être une foutue bonne affaire. Loin de moi l'idée qu'ils aient pu être mauvais, j'en sais rien, leurs albums ne m'ont jamais donné envie de les poser une seconde fois sur la platine, mais de la façon dont Greil Marcus en parle, c'est Creedence Clearwater, Them et les Rolling Stones réunis en un seul groupe. En mieux !
Nick Tosches et Greil Marcus veulent faire de leurs fantasmes une réalité universelle. A les lire le Rock'n'Roll a inversé le sens de rotation de la terre. 5000 ans de civilisation pour en arriver là. Dommage que Kim Jong-Un n'ait pas un Teppaz, Tchaikovski aurait pu lui apporter la bonne nouvelle. Hélas ni Billie Holiday, ni Bob Dylan, ni Elvis Presley, Jesse Owens ou Joe Louis n'ont eu la moindre influence sur le cours de l'histoire. L'Amérique, c'est Bruce Springsteen qui manifeste contre la politique de Trump avec des tickets de concert à 3000$. L'Amérique serait à pisser de rire, si elle ne donnait pas si souvent l'envie d'hurler.
La musique n'a même jamais changé le destin de ses propres activistes. Vedette du hit-parade ou pas, Sam Cooke s'est fait abattre comme le noir qu'il était, et pas dans l'Alabama ou le Tennessee, à Los Angeles. Excusez du peu. Qu'il se soit fait plomber pendant que Dylan chantait Blowin' in the wind, j'imagine que ça a dû lui faire une belle jambe. Il ne s'en est pas fallu de longtemps pour que Bobby lui-même ne lâche l'affaire et se mette à chanter l'amour, la poisse et les évangiles sans autre ambition que d'arriver à la fin du mois pour vivre le suivant.
Lorsque Nick Tosches expose sa thèse sur le blackface comme facteur d'intégration, le sud semble presque accueillant. Tout juste un peu bas du front et soupe au lait. A New York, creuset de la tolérance nordiste, Billie Holiday meurt menottée à son lit d'hopital, sevrée de morphine et méthadone par Harry Anslinger en personne, grand sorcier du Bureau Fédéral des Narcotiques. Tandis que le manque et la cirrhose lui boulotent le corps et l'esprit, infirmières et médecins la regardent agoniser dans la douleur sur décision judiciaire. Elle avait refusé de retirer Strange fruits de son répertoire. Le blackface est-il raciste ? Le sud est-il pire que le nord ? La belle affaire.
Aujourd'hui encore, des rappeurs sont jugés et condamnés sur simple lecture de leurs textes, chaque crime qu'ils mettent en scène à valeur d'aveu, je ne rigole pas, c'est juridiquement accepté, ce qui n'empêche pas Cocaine blues d'être une fierté nationale et Johnny Cash un héros de biopic. Et puis, merde, sans le KKK à ses trousses Robert Johnson n'aurait jamais eu l'inspiration nécessaire à Hellbound on my trail, pour un peu il faudrait partager le droit d'auteur.
Résultat, je n'en sais pas plus sur le Blackface, ses liens avec le Klan, le comment de sa gloire, les horreurs qu'il a véhiculées, le genre d'after qu'il a initié. Je reste avec mes propres images d'Amérique. Aucune n'a changé quoi que ce soit au jour suivant, mais en creusant ce sillon, je suis tombé sur la série Netflix Dear White People dont la première saison aborde le sujet du blackface dans le cadre universitaire au 21eme siècle. Les personnages sont présentés comme ayant autant de personnalités différentes que possible. C'est une différence notable avec la façon dont la critique rock a eu pour principe de représenter les artistes noirs. Greil Marcus dans son essai sur Stagger Lee et le parallèle qu'il fait avec Sly Stone, au demeurant fort bien rédigé, nous explique en long, en large et en travers que tous les rôles incarnés par la multitude d'artistes noirs ayant touchée terre depuis Robert Johnson jusqu'à Frank Ocean se résument au seul Stagger Lee. En voilà une idée qui simplifie les raisonnements. Là où il ne viendrait à aucun plumitif l'envie de mettre, disons, Gary Glitter et Bob Dylan dans le même sac, Greil Marcus ne s'embarrasse d'aucune gêne. Après avoir exposé à raison tout ce que There's A Riot Goin' On de Sly Stone véhicule comme profondeur et sous textes, il le compare à Exile On Main Street qui est une sensationnelle collection de chansons dépourvue d'un quelconque message. La déférence dont il a fait montre pour évoquer The Band est bien loin lorsqu'il conclut en passant au lance-flammes toute la blaxploitation et son public, noir, trop crétin pour saisir les nuances que Curtis Mayfield apporte à Superfly et tout juste bon à reproduire dans les rues ce qu'ils ont vu les malfrats faire à l'écran.
Il est évident que ni lui, ni Tosches ne sont des imbéciles, encore moins des racistes assumés, il est tout aussi évident qu'ils auraient dû se relire en se plaçant du point de vue de ceux qu'ils s'autorisent à prendre comme sujets. Ils auraient aussi beaucoup gagné à être moins indulgents envers eux-mêmes. Mystery Train de Greil Marcus se noie dans la même bouillie masturbatoire qui plombe une grande partie de la filmographie de Spike Lee et dont Nick Tosches s'est fait le champion. Leur problème commun étant qu'ils s'expriment sur des sujets bipolaires dont ils ne maitrisent qu'une seule facette. Dans Summer of Sam Spike Lee tape sur son clou pour ce qui est des rôles blancs les plus caricaturaux, les petites frappes ritales qui peinent à baiser leurs femmes, mais sitôt qu'il s'agit d'épaissir le personnage incarné par Adrien Brody Spike Lee devient aussi minable et incapable que ceux qu'il vient de montrer du doigt. L'unique blanc de tout le casting à échapper aux stéréotypes suffit pour que le réalisateur se prenne les pieds dans le tapis.
Adrien Brody interprète un guitariste punk qui se prostitue pour échapper à un destin en forme d'impasse. On est en 1977 à New York, on pourrait supposer que Dee Dee Ramone ferait une bonne source d'inspiration, hélas on pige vite que Spike Lee n'a pas la moindre idée de qui peut bien être ce foutu Dee Dee Ramone. Alors il y va gaiement, il colle une crète de 30cm sur le crâne de ce pauvre Brody (faut le voir pour le croire), la même qu'Exploited popularisera quelques trois ou quatre ans plus tard, l'habille comme un sac et lui colle Won't get fooled again comme hymne de rebellion punk ! Je vous épargne la scène de strip tease homosexuel, vous pouvez me croire sur parole, elle ne doit rien à 53rd & 3rd.
Comment en est-on arrivé là ? Comment des gens de la même génération se targuant d'être ouverts d'esprit, se voulant l'incarnation d'un nouvel idéal où chacun serait traité avec le respect qui lui est dû, se positionnant en porte-voix d'une culture américaine acceptée dans sa diversité, mettant à mal toute ségrégation ; comment ces mecs-là peuvent être aussi incultes ? Aussi misérablement ridicules sitôt qu'ils s'éloignent de leur bac à sable ?
Le temps passe et Spike Lee en est à singer Quentin Tarantino pour décrocher une bonne note sur Rotten Tomatoes avec un film dont le pitch ferait un tabac auprès du producteur de Police Academy (un flic noir infiltre le KKK, rien que ça), Nick Tosches est mort en nous laissant des listes de disques introuvables parus sur des labels inconnus. Il a référencé le passé avec acharnement, mais n'aura jamais décelé la moindre possibilité d'avenir. Greil Marcus s'est parfois rendu plaisant à lire, mais il reste un universitaire coincé à qui il manque le panache et l'impertinence qui rendent finalement Nick Tosches plus attachant.
Il va sans dire que l'importance de tout ceci est balayé à la seconde où Billie Holiday entame Time on my hands.
Je vous conseille vivement de lire leurs livres, de voir leurs films.
On apprend des erreurs des autres.
Hugo Spanky




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Ah voir la vie en Noir !
RépondreSupprimerPas facile pour la blanche pensée coloniale qui ne pense alors qu'aventure, braver l'interdit, trouver l'inédit, un retour à l'état sauvage ou plutôt à la liberté du naturel ?
Et si même les Noirs n'y arrivent pas !!! Faut dire que Spike Lee est un sacré massacreur de bons scénario.
J'avais lu il y a longtemps un livre de SF sans grand intérêt, une uchronie, qui partait du principe que la race noire dominait le monde, que les blancs étaient réduits au stade de colonisés et d'esclaves ... depuis le temps perdu le titre et tant mieux !
Par contre , j'avais adoré le livre SF de Michael Moorcock "Voici L' Homme" écrit en 1969 qui raconte l'histoire de ce voyageur dans le temps qui veut vérifier la réalité et rencontrer le Christ, se transporte à l'époque, enquête et finalement se fait prendre pour Jésus et finit sur la croix ...
Ou encore "Rêve de Fer" de Norman Spinrad où Hitler immigre aux USA après la guerre de 14 18 et devient auteur de SF à succès avec son roman "Le Seigneur Du Svastika" qui glorifie ses idées nazies et racistes ...
Je digresse, mais trouve une moralité : à chercher des différences dans une même humanité , est ce que l'on ne se forge pas des barrières artificielles que l'on aimerait voir ou avoir pour simplement se rassurer d'être soi en ses particularités et son cocon socio familial , un pare feu à l'attirance pour un inconnu qui fascine mais dont le mystère fait aussi peur , une défense innée, un réflexe naturel génétiquement inscrit et universel ?
J'hésite à me relire, car pas sur de me comprendre ... me faut un café !
Je ne suis pas sûr de devoir te remercier pour ces alléchantes pistes de lectures, tant ma pile déborde )) Sérieux ça a l'air bon tout ça, le résumé du Moorcock est irrésistible.
SupprimerAprès, oui, l'être humain est une putain de tare, si seulement il n'était pas capable d'avoir du génie. On est prêt à s'envoyer dans l'espace assis dans une capsule pilotée par d'autres, mais on est effrayé de croiser les voisins sur le palier, manquerait plus qu'on doive attendre l'ascenceur avec eux.
Autant de contradictions multipliées par des milliards d'êtres. Un exemple qui me touche, je fais une soupe de fèves sur le blackface et pourtant je suis addict de Sur un air De Charleston de Jean Renoir qui certes est une sorte de satire de la satire, mais donne à voir Johnny Hudgins, un pote de Joséphine Baker, venu à Paris dans le cadre de la Revue Nègre de 1926. Il y a pile un siècle. On le regarde comment ce siècle écoulé ? Verre à moitié plein ?
Ah, Spike Lee...malheur. C'est quand même hallucinant de mener Malcolm X et Do The Right Thing à bien sans trébucher et ensuite de se vautrer à la moindre anicroche. Je n'arrive jamais à dénigrer totalement ses films, mais c'est un tel gâchis.
Bonjour Hugo. Merci pour ton article. Le seul Rock critique que j'arrive à lire, c'est Nick Cohn. Julien
RépondreSupprimerLes rock critiques anglais c'est encore autre chose. Les anglais consomment la musique sous forme de vagues dont au bout d'un an il ne survit que les deux meilleurs qui passent le reste de leurs carrières à se tirer la bourre. Les mecs qui analysent ces vagues successives ont des spectres que ni les américains (qui fabriquent des mythes) ni les français (qui fabriquent des cultes) ne maitrisent ni ne comprennent. Je n'ai plus en mémoire le ton de Awopbopaloobopalopbamboom qui est le seul Nick Cohn que j'ai lu, mais les mecs de la presse anglaise sont les seuls qui s'adressent aux artistes comme à leurs égaux et pas avec cette espèce de déférence surannée qui donne la sensation que le moindre imbécile capable de gratter deux cordes à la fois est un extraterrestre en visite chez les cousins de la Creuse.
SupprimerNe pas en savoir plus à la fin d’une œuvre qu’avant de la commencer pour en apprendre quelque chose je trouve ça plutôt rassurant. D’ailleurs, on recommencera très vite. On se ferait vite chier sinon.
RépondreSupprimerJe ne suis pas sûr de tout bien saisir, mais tu as entièrement raison ))
SupprimerAh tu me fais plaisir là, j'ai toujours rêvé d'être un incompris et j'y arrive pas souvent ... :)
SupprimerEn Vrac.
RépondreSupprimer« obligée d'inventer le Hip Hop » m’a fait penser au Bop en jazz une fois que les orchestres blancs se sont appropriés le swing/big band (Glen Miller).
« c'est Creedence Clearwater, Them et les Rolling Stones réunis en un seul groupe. En mieux ! » Ha ben voilà pourquoi j’ai toujours eu du mal avec ce groupe, on me l’avait pas dit.
Cela dit ce qui fait consensus chez le blanc supérieur : le noir a toute sa place dans … la musique et le sport.
Une réflexion en te lisant, parmi les raisons d’être racistes, une que je n’ai comprise que lentement : si tu es blanc et tout en bas de l’échelle sociale tu as tout de même une grande qualité : tu es blanc et supérieur aux noirs. Forcément quand on t’explique, pire quand tu comprends ou découvre que c’est faux tu ajoutes la haine a quelque chose de pas joli. Une conséquence mal anticipée par les lois anti-ségrégation ?
J’ai eu un collègue Belge comptable, un passé de colon, qui a fait l’objet d’un contrôle et d’un redressement par un … noir. Il était dans un état, j’ai cru qu’il allait faire un malaise, véridique.
Les femmes sont victimes de ce mécanisme.
Conséquence : si tu es manipulateur sans scrupule, c’est à exploiter à ajouter à « la peur de l’autre » Exemple : Le groupe humain le plus mal perçu ? Les Roms. M. Attal a probablement posé la question à une IA.
Littérature : Un livre de Chester Himes, avant ses polars éclairants mais moins marrant, je pensais à « S'il braille, lâche le »
Oh putain Chester Himes ! C'est un furieux lui. Son duo de flics noirs est plus raciste que le KKK ))) Encore un qu'il faudra que je ressorte de la buanderie. Les femmes dis-tu ? Est qu'on va vraiment dans le bon sens en censurant woman is the nigger of the world ? C'est symptomatique de la façon dont tous ceux qui décident de ce qu'il faut faire de travers fonctionnent, effacer le passé, effacer les différences. Comme si ça allait empêcher l'être humain de refaire les mêmes erreurs qu'il commet depuis la nuit des temps. Je n'ai pas envie que le cassoulet devienne le plat traditionnel d'Alsace.
SupprimerJ'ai choisi d'axer mon post sur l'Amérique pour tenir un cap, mais chaque pays à ses propres spécificités racistes, son cahier des charges. C'est une affaire sérieuse, on ne va pas commencer à mélanger nos racismes, ce serait contre-productif )) C'est pourquoi le groupe humain le plus détesté est à géométrie variable. A l'heure de l'Europe, Attal va avoir besoin de Gemini chaque fois qu'il passe une frontière. Ceci dit, je ne vois pas pourquoi on lui pose ce genre de questions, être marié à Charlotte Gainsbourg ne lui donne pas plus de pertinence.
Pour en venir à la musique noire, je crois que le mouvement perpétuel est dans son adn parce que son public l'exige. Un type qui n'élève pas sa musique à chaque sortie se fait éjecter, un style qui n'évolue plus disparait. Pour sortir du Hip Hop, prenons l'exemple du Reggae, les blancs sont les seuls à encore écouter le style rockers, le public noir était passé au Dancehall avant même que Marley ne soit décédé. Et depuis le genre a connu des mutations en cascade. Ce qui distingue la musique noire de la musique blanche, c'est qu'elle est vivante.
En sport, attention, les blancs ne savent pas sauter, mais l'Espagne est peut-être l'équipe avec le moins de noirs dans son effectif et elle est championne du monde ! Ha ! Comment ? Elle a battu l'Argentine qui n'en a aucun ? Pfff, de toute façon c'est nul de distinguer la couleur des joueurs ))
La confusion des Attal, c'est voulu ? Sinon, tous les chemins mènent aux Roms... :-)
SupprimerCharlotte en 1ere dame ça aurait de la gueule )))
SupprimerBof, j'aime pas.
SupprimerDis moi François, tu n’aurais pas un peu de mal avec le second degré ? ))
SupprimerOups, en effet, j'avais pas fait gaffe aux ")))"... 8-D
SupprimerJe sais plus du coup, si je dois plonger dans ce TOSCHES que j'ai laissé sur les promontoires depuis qq années. J'adore la série musique chez ALIA edition, mais j'avoue que souvent, il y a des pages entières... imbuvables comme tu dis. Pour les grands passionnés, pro and érudits. "la jouissance dans l’exécution du plus faible", plus généralement l'histoire du genre humain est défaillant à tous les niveau, animal raté, anthropocène et sociologie. On peut dérouler. Mon métier c'est l'anthropocène, je me concentre, je cible mon attention pour éviter d'être spectateur des boucheries alentours et passées. Il n'y a aucune raison pour que ça s’arrête, et la couleur de peau du dernier survivant ?? On nous en a fait bouffer des films à la con gamin, rien qu'avec les indiens, et nous, abrutis, on foutait un stetson au lieu de se carrer une plume. Me souviens même d'avoir rigolé sur un sketch de michel leeb. Bref, la culpabilité rongera les cerveaux à condition qu'il y en ait un. Eh, ça m'a foutu la pèche ton billet :)))
RépondreSupprimerC'est la faute à Steve McQueen, il n’a jamais joué l’indien. C'est sans doute pour ça qu’il ne meurt jamais à la fin.
RépondreSupprimerAnthropocène, j’ai dû questionner Gemini, tu es visiblement dépassé par le Chthulucène de Donna Haraway, qui fait très peur sur les photos. Je ne te remercie pas, j’en ai pour un mois à m’en remettre ))
:)))) je viens d'aller voir, elle a un côté Johnny Winter, c'est punk. Ouaih enfin, j'ai un anthropo de routine, dans la mesure et l'analytique, impact de l'homme sur son environnement , pollen, moisissures habitat.. conseiller celui qui n'y est pour rien, enfin directement. ça rassure la ville de paris d'oeuvrer dans ce sens sans avoir aucune arme pour palier, zont un paquets d'idées par contre.
SupprimerJe me souviens vaguement des blackface gamin, le truc flippant. Y'avait des animations, des spots...etc. Je me souviens plus de mon bol banania au p'tit dej.
Pour revenir à Tosches, j'ai envie d'essayer, le problème c'est que je ne suis pas allé jusqu'au bout du pave "4AD". J'adore cette auberge culturelle, mais là c'est too much.
Si tu veux lire Nick Tosches et conservé goût à la vie, prends Hellfire. Il est court et à lui seul Jerry Lee Lewis résume toutes les tares du sud des États-Unis.
SupprimerJe ne me suis pas risqué sur le 4AD, je suis pourtant assidu à cette collection Allia mais il privilégie parfois trop le prestige au détriment de la pertinence.
Pour le chocolat du matin j’étais team Benco, par contre je bectais des têtes de nègres sans trop me soucier. On devrait porter plainte ))
C'est fait, je sais même plus comment on l’appelle cette pâtisserie maintenant. Ils ont même créé le Salambo pour éviter toute ambiguïté avec la pâtissière, ça n'a pas la même saveur je trouve. Benco !! Arrff, comme je trouvais banania limite, je suis passé à l'ovomaltine.. au moins les Suisses sont pas racistes.. zont remplacé Chakiri par Xhaka.
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