vendredi 24 juillet 2026

TRaVaiL aU cORPs


The Weeknd a occupé mon esprit toute la semaine. Je ne suis pas particulièrement friand de R&B, la plupart du temps une mélasse à base de samples rebattus sur lesquels se greffe une voix en manque de personnalité. De la musique de choristes en quête de reconnaissance. Pourtant je dois reconnaître être régulièrement séduit par un clip ou un autre. Il se trouve que j’aime les clips. J’étais de ceux qui lançaient une vhs 240 sur M6, le samedi soir avant de sortir. Le clip est un média mal considéré, coincé entre son rôle d’outil promotionnel et ses ambitions comme support de créativité. Mal diffusé, vite oublié, les chaines musicales n'ont jamais trouvé le format idéal, ni le ton adéquat, pour le mettre en valeur, l'associer à des documentaires de qualités, des films dans le thème. Souvent infantilisantes, encombrées de remplissage plus con que nature, mal fagotées, mal défendues par des potiches, toutes ont mordu la poussière. N'empêche que le clip tient bon, il s’immisce sur les touches de la télécommande et YouTube semble parti pour durer encore quelques années, même si le sort réservé à Daily Motion n’a rien d'optimiste. Qu'importe, le clip de Where is my husband! de Raye est un petit bijou nerveux, The fate of Ophelia de Taylor Swift un vivifiant exemple de manipulation des codes et La fama de Rosalia et The Weeknd refuse de quitter ma mémoire, malgré sa date de péremption généreusement dépassée. 

La fama, la gloire, le clinquant, la vanité, le revers de la médaille, la poisse. La fama est l'incarnation du hit dans ce qu'il a de meilleur, son et images. Un double-sens, un gimmick, une dramaturgie criminelle, de la tension sexuelle, une mélodie, un rythme, tout ceci additionné à l'air du temps et saupoudré d'un zeste de mythologie. Vous n'avez vraiment jamais vu ce clip ? 


Le temps est passé, des hits ont succédé à d'autres, comme autant de journées caniculaires, mais j’ai gardé un oeil sur le duo. Rosalia est revenue en compagnie de Bjork sur un déroutant morceau qui m'a amené vers un album plus déroutant encore. Elle aurait pu débiter du reggaeton, elle a choisi un virage en épingle. Interprété par l'Orchestre Symphonique de Londres dirigé par Daniel Bjarnason sur des arrangements d'une ribambelle de pointures dont je ne sais que les noms, son disque, Lux, flirte avec le Classique et déchaine la passion. Le geste mérite attention, Rosalia est une merveilleuse chanteuse. On vit une drôle d'époque où sous le make-up des Lolita se cachent les Prima donna. J'en ai les méninges en ébullition. 
The Weeknd est lui revenu par la fenêtre. Attiré par l'odeur alléché, j'ai croqué dans la pomme une bouchée de ses albums et suis tombé, à la renverse, sur une addictive version de Dirty Diana. Que je me suis empressé de partager avec Milady qui s'est empressée de commander l'album qu'on s'est empressé d'écouter en boucle. La vie est une perpétuelle redécouverte.
♪ I hate sleeping alone, why don't you come with me?

Le ver était dans le fruit. L'étincelle dans mon esprit devint un embrasement, un irrépressible besoin, là, de suite et maintenant ; écoutez Diana Ross ou périr. Je m'en fous pas mal de savoir si elle était la cible de Michael, elle est la mienne. Dirty Diana, ça lui va tellement comme un gant. Elle est si dirty, Diana, qu'elle ne s'est même pas foulée à enregistrer un chef d'oeuvre facile à désigner du doigt, manière qu'on puisse sortir l'apéritif en se félicitant d'avoir tous le même album. Par contre, des singles qui méritent le panthéon, elle en a fait de quoi expulser tous les locataires du lieu pour usurpation. Dans cent ans encore, un type devant son clavier vantera la saveur de My world is empty without you avec des tremblements dans les membres. Et s'il n'existe plus de clavier, peut-être même plus de type pour s'en servir, il restera My world is empty without you sur un morceau de vinyl échappé des flammes, une usb, un cloud, un coin de mémoire artificielle, Diana sera là, tapie dans l'ombre, prête à mordre au sang.



Le parcours de Diana Ross est connu de tous, la racaille qui déboule sur Central Park au soir de son jubilé, la laissant en larmes, rincée par l'orage. De la misère à la gloire et la misère qui piétine la gloire. La fama. Malédiction peau de vache qui vient salir tout ce qui brille, interdire à ceux qui vivent le rêve de s'imaginer capables d'en faire partager le goût. 

Diana Ross. Quelle Diana Ross ? La gamine aux dents longues des no hit Supremes, la reine du Copacabana, la croqueuse de Muscles, l'égérie du Studio 54, l’ambassadrice LGBT qui s’ignore.. Diana badass en Billie Holiday shootée dans Lady Sings The Blues ou Diana ridicule en Dorothy d’Oz ?

Ok, ses albums peuvent s'avérer de périlleux exercices de style, on peut préférer la disco Chic à la sophistication d'Ashford et Simpson, les singles street aux sirops à plumes, on peut ceci et cela, pinailler tant qu'on veut. En un claquement de langue, on rentre dans le rang, on fait le canard, on révérence. Diana Ross maitrise l'art des contraires. I'll settle for you menace votre taux de diabète ? I'm a winner déboule juste après pour vous tirer du canapé. Quelqu'un veut vérifier ? C'est sur Surrender, de 1971, déjà son troisième album solo. En un an. On ne chôme pas dans les 70's, elle sort 14 albums dont 3 accompagnent des films dont elle tient le premier rôle et un quatrième immortalise un show TV.
Dans les décennies suivantes ses disques deviennent des friandises énergisantes aux pochettes électriques. Je ne vous ai parlé des pochettes de disque de Diana Ross ? Non ? Ce n'est sans doute pas necessaire.
diana, 1980, production Chic, est l'album préféré de ceux qui ne veulent pas se fouler, mais son éponyme premier album solo est une pierre angulaire de la Soul sophistiquée qui va régner sur les deux tiers de la décennie 70 qu'il inaugure. Baby It's Me, produit par Richard Perry en 1977, est celui qui la définit au plus juste et c'est sur Silk Electric que Michael Jackson, plus camp que jamais, envoie Muscles en offrande. Ailleurs, dans son monde parallèle, la trilogie Lady Sings The Blues, Blue, Stolen Moments la voit briller avec classe sur le Great American Songbook, un répertoire qui en fit couler plus d'une que l'on croyait insubmersible.

        

Et puis il y a les inqualifiables à l'image de Everything Is Everything, son deuxième album solo, dont je ne sais toujours pas quoi penser, si ce n'est qu'il contient la plus incroyable version de Come together. Incroyable parce qu'elle surpasse toutes les autres versions, dont celle des Beatles, ce qui n'est déjà pas une mince affaire. Incroyable parce que sept minutes durant, Diana Ross aborde Come together comme si c'était We love you des Rolling Stones, elle déplace son centre de gravité de la basse vers la guitare, lui colle des violons des mille et une nuits et déchire le final d'un break psychédélique monté sur des percussions rococos échappées de l'enfer du Copacabana. Plus sidérant que tout le reste, elle est parfaitement à son aise dans ce délire. Elle monte au front, sort les griffes, pousse des cris de chatte étranglée, drive sa troupe à coup de right now drogués, refuse de laisser le tempo s'éteindre, relance la machine, harangue et s'esclaffe, satisfaite. Après quoi, elle lâche du leste et donne à Berry Gordy ce qu'il attend d'une reprise des Beatles, un amas de clichés kitsch, avec The long and winding road qui n'a jamais mérité mieux. 


Ce baratin pourrait n'être évidemment qu'un prétexte pour caser un maximum de photos de la dame. Une façon d'améliorer l'esthétique déplorable de ce blog. Après tout, Diana Ross n'a besoin de personne pour la définir, dix mille mots n'en diront jamais autant que la simple liste de ses faits d'armes. Dès Where did our love go, la messe était dite, sa voix unique, agaçante et charmeuse, qui nous entraine irrésistiblement vers elle. L'art de la diction, Diana Ross matraque le beat, elle y pose ses syllabes comme autant de coups de marteau. Diana éclipse les braillardes du Rhythm & Blues en impulsant chaque intonation comme si sa vie en dépendait. De Motown, elle fait son vaisseau, se place en proue, cette femme-là ne rigole pas. Diana Ross n'a reçu aucun don de Dieu, elle n'a pas un souffle de la puissance d'Aretha, rien de l'aisance de Tina, juste un filet de voix acidulé et un corps trop maigre qu'elle plante, raide comme un i, derrière son pied de micro. Ce qu'elle sait, elle l'apprend, elle l'arrache à l'impossible, Diana Ross n'est pas une michetonneuse. Son passeport pour quitter Detroit, elle ne fait pas qu'en rêver, elle le rédige ligne par ligne sans s'autoriser de limite.


Where did our love go, Baby Love, Stop! In the name of love, You can't hurry love, Come see about me, You keep me hangin' on, Love is like an itching in my heart, Stoned love...et surtout My world is empty without you, I hear a symphony, I'm gonna make you love me, Love child... De 1964 à 1967 la bataille fait rage, Diana Ross met K.O la fatalité, plante les copines et s'envole vers Las Vegas, Los Angeles, Hollywood, New York, volatile inflammable en bluejean et t-shirt déchiré sur la piste de danse du Studio 54.
Lovin', Livin' and givin', Love hangover pour se frotter à Donna Summer, Upside down, I'm coming out pour mettre tout le monde d'accord. Une dizaine d'autres avant, une dizaine d'autres ensuite, Diana Ross s'écoute sans faim, elle irradie. 
Au diable les religions, les dogmes, les convictions inébranlables, c'est de Diana Ross dont ce monde a besoin.


Hugo Spanky

23 commentaires:

  1. Bonsoir Hugo.
    Merci pour ton article qui a suscité toute mon attention.
    Je ne suis pas de la même génération que toi aussi je connais très peu Diana Ross
    Au passage je ne trouve pas que l'esthétique de ton blog soit déplorable.
    On y trouve souvent de belles photos qu'on ne voit pas ailleurs.
    Je te souhaite une bonne saison estivale.
    De mon côté je pars en weekend et je vais savourer l'instant présent
    C'est déjà pas mal non ?
    À bientôt.
    Julien

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    1. C'est même très bien et rien ne t'empêche de découvrir ces trois-là pendant le trajet. On vit une époque formidable, plus besoin de trimbaler cassettes ou cd, les disques sont disponibles partout.
      Merci pour l'esthétique de ce blog qui a d'ailleurs pas mal évolué ces dernières semaines sans que personne ne semble s'en apercevoir. Bande d'enfants gâtés que vous êtes !!! )))
      Bon weeknd à toi

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    2. "Love hangover", l'une de mes chansons favorites, tous genres confondus ("Upside down" pas trop loin derrière). Son final, n'est-ce pas déjà un peu de la house ?
      Années 80 et encore plus 90 quand même un peu douloureuses, matérialisées par des pochettes ad hoc...
      Bonne poursuite d'été.

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    3. "S’il y a un remède pour ça, je ne le veux pas..." la façon dont elle dit ça justifie tous les superlatifs que l’on peut attribuer à Love hangover )))
      Elle a enregistré tellement de chansons incroyables. Et effectivement en touchant à tous les styles qui sont apparus au fil du temps. Il y a eu beaucoup de remixes techno réalisés ces dernières années, preuve que pour les DJ sa voix demeure une source d'inspiration. Je suis friand de ce genre de relectures. Kanye West en fait plusieurs (notamment you can’t hurry love) sur le récent Bully et c'est réussi.
      Je te souhaite aussi d’avoir un été sans encombre.

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    4. C'est justement le passage samplé en boucle dans le "Paradisiaque" de Solaar. Dire qu'à l'époque, je ne savais pas que c'était samplé, je pensais qu'il s'agissait d'une choriste... Faut dire que ma culture musicale se limitait au hard et à la varièt' française... :-)

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  2. Finalement, bien vu, pas le clip pour appuyer un titre ou un propos, mais un clip pour le plaisir…des yeux pour Rosalia. Mise en scène époustouflante du Taylor Swift, à voir plusieurs fois si j’en crois les références. Du coup j’ai trouvé Rayé… j’aurai dû le regarder en premier 😉
    Rosalia fait déjà parti du décor musical à la maison, ma mie en est fan et jalouse de son amie parisienne qui a été la voir en concert pour nous en dire du bien et nous faire baver… Pfff
    Weeknd ? Je le place sur une pile à revenir et pense un retour vers ton papier pour Diana, cela mérite un arrêt.
    En attendant, cadeau, un autre clip particulièrement secouant « Little Simz – Introvert » avec ce gimmick qu’adorait mon petit fils (Maintenant il est passé à PatPatrouille, éclectique le petit)

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    1. Je suis curieux de te lire à propos de Diana, je saisis l'occasion pour ajouter quelques mots sur sa version de Come together. Elle prend le contrepied de Ike & Tina, Aerosmith, de dizaines d'autres et des Beatles eux-mêmes en...blanchissant le morceau ! Diana colle un zeste d'orient dans les violons, offre le drive aux guitares, enterre la basse au fond du mix et conclut sur des percussions dignes du Copacabana. Sublime.
      Mais dis-moi si je me trompe ; ta femme en pince pour Rosalia, tes mômes écoutent du heavy et ton petit-fils bave devant les arguments de Little Simz, niveau bon goût dans la famille, ne serais-tu pas....the imposter ?

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    2. tous les parcours initiatiques mènent à Elvis. Juste choisir ensuite son continent!

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  3. Dans les clips, j'aime beaucoup (le morceau aussi) "Let forever be" des Chemical, entre autres. Ceux de Mylène Farmer aussi (années 80-90) :-)
    Les remixes, je suis très circonspect quand ça dénature trop (chez Björk, quel intérêt d'un remix techno ou house de la ballade "'Hyperballad" ?) ou que ne reste du morceau qu'une bribe de phrase. Pourquoi pas un remix trance ou hardcore d'Edith Piaf ou Brassens, tant qu'on y est ? :-)

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    1. Tant que ça fonctionne, ça me va. Il faut prendre le raisonnement à l'envers, le matériau de base n'a guère d'importance, c'est le résultat qui compte. Prends les remixes réalisés par Fluke, quel que soit le morceau de Bjork qu'ils remixent, c'est du Fluke au final et idem lorsqu'ils remixent quelqu'un d'autre. Quant à Piaf et Brassens, je suis carrément pour un remix hardcore, ou alors qu'on les fasse taire à jamais ))

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  4. écoute ton texte me fait bavouiller, énorme, je suis happé par ce chemin tout raide. Peu importe l'arrivée ?? que nenni, Diana qui m'a toujours bouffé la jugulaire sans pouvoir en parler, ni m'expliquer. Mon ainée et son époque Miki m'avait parlé de ce Dirty Ross éventuel. Bref.
    J'ai tout bouffé l'époque MTV et les clips sur M6.. je me souviens (dans mon domaine) des Dire Straits, Genesis et surtout du "Big Love" de Buckingham et Stevie qui ventille sa belle robe. (Tellement une révolution le clip que Storm d'Hipgnosis a tout fait péter pour en tourner ). Et la fama.. mes sanglots sur "Lux", mais plus avec Carminho qu'avec Bjork .. à la petite cuillère sur "Memoria".. surement parce que tout l'album avant avait déjà fragilisé mes rotules, et aussi parce quand on me parle portugais, je baisse les armes et accepte toutes les forces de frottement.
    A quel moment ça s'est arrété les clips ?? et moi à quel moment j'ai arrété de les regarder ?? Prodigy, Chemical Brother... merci pour la fama, je vais me refaire ton chemin à l'endroit en écoutant et réécoutant, et pour ce coup de chaud.

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    1. Je ne distingue pas le portugais de l'espagnol, mais Lux m'a retourné comme une tortilla. Il est sublime ce disque et complètement inespéré. Je suis d'accord que le morceau avec Bjork n'est pas le plus essentiel, mais ça faisait le lien vu que c'est celui qui a servi de clip. Parfois une transition toute faite l'emporte sur le bon goût ))
      Je n'ai jamais cessé de regarder des clips, encore aujourd'hui je fais défiler les quelques chaînes qui en programment. Je dois avoir été affublé d'une âme de midinette ))
      J'ai oublié de citer celui du Bullshit de KLP/Matroda, je l'avais évoqué il y a quelques mois, il est d'une simplicité redoutable (et sur ce coup là, c'est une Brésilienne à l'écran et elle est...comment dire ?)

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    2. Justement "Memoria" est un duo hispano-portugais.. dès que tu as des frissons et un petit sanglot, c'est du Portugais :)

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    3. J’avais un a-priori gros comme un camion depuis qu’une copine m’avait traumatisé avec Amalia Rodriiguez, mais cette Carminho a des arguments que je vais écouter ))

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    4. Ouh là, Amalia, effectivement, c'est genre sylvie vartan ici, voire michelle torre. Remarque t'aurai pu tomber sur une fan de Linda DeSouza.. tiroliroli ça attaque la diplomatie. Carminho a des arguments, perso je vais voir du côté d'Ana Moura et son Desfado par exemple.

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  5. Voilà une artiste que je connais mal, un temps freiné par ma disco aversion, et par mon adoration de sa période Gordy à Detroit.
    Tu me donnes envie de remettre de l'ordre dans tout cela.
    Merci

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    1. Essaye peut-être Baby it’s me, il n’est pas encore disco, il est enregistré avec les futurs membres de Toto (comme Thriller le sera), soft mais quand même tenu. Un pur album des 70’s. Sinon celui avec Chic est efficace du début à la fin.
      En fait, ça dépend vraiment de ce que tu cherches.

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  6. Parlons peu mais parlons de moi (ce n’est pas de moi) En 2015 j’ai eu ma crise Diana, pardon diana. Déjà noyé dans sa disco, j’avais fait le choix CHIC de « diana » (p’tain de minuscule) sans regret. Mais tu as raison, pas voulu me fouler. Ha mais attention, mon dévolu aussi sur « Touch Me In The Morning » n’a pas été inutile. Aucun mal à être emballé par le presque premier et sa pochette .. hum… n’augure pas des futures.
    Maintenant ton papier gargantuesque (what else ?) Tu sulfates dans tous les sens, il me fallait faire un choix. Ashford & Simpson ? Je connais, « Solid, Solid as a Rock ». Le truc qui me colle depuis ? Depuis sa création année 80, Top 50 etc… Je découvre seulement via ton papier l’importance qu’ils ont en tant que compositeurs. Tu l’évoques, curieusement à peine annoncés dans le dico Assayas (on dit pas de mal, ce dico représente au moins 10% de ma disco) alors je fouille, je retiens ce « ventre mou ( ??) entre sa période post Motown et son CHIC il y a THE BOSS (tiens, même pas la pochette sur tes choix ??) que j’écoute là, maintenant. Ton papier est la bonne grille d’écoute, et ce qui semble un disque peu apprécié (à vérifier !) passe bien si on est adepte du « Solid…. ». Il me reste aussi à regarder « Lady Sings… » Diana Ross pour jouer Billie Holiday, Lustucru ? Alors un vrai rôle de composition, elle que je vois en Diva, forte de caractère, jamais je ne l’aurai imaginé pour ce rôle. Faut que je pense à regarder ce film avant d’oublier.

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    1. Zut, le film sans sous titre (ha non, sous titre en Anglais) faudra s'y faire

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    2. La pochette de The Boss était bien présente lors de la publication, je l'ai remplacé par celle de Baby It's Me qui est tout aussi, voire plus encore et au moins tellement. Bref, il se peut que je change à nouveau car il me semble, qu'étant sombre, elle fonctionne moins bien visuellement. L'album par contre fonctionne merveilleusement. Une sorte de Touch Me in the Morning plus funky mais quand même très sophistiqué. Baby It's Me, produit par Richard Perry, interprété par les futurs Toto...c'est pour toi. Cale-toi aussi son premier en solo, celui qui commence par Reach out and touch (attention à ne pas confondre avec Reach out I'll be there qui se trouve sur Surrender, son 3eme LP solo que je te conseille également).
      Ashford & Simpson, difficile de ne pas au moins les citer, ils ont composé la majorité du répertoire early 70's de Diana (mais pas celui de diana)), leur départ de Motown a laissé un gouffre dont le label ne s'est jamais remis, c'est à partir de là que Gordy a inventé la sous-traitance clé en main et ainsi relancé la carrière de Diana en la confiant à Chic qui en fit diana (c'est vrai que c'est rigolo). Now that you're gone ne me fait pas rigoler du tout, quel brise cœur ce morceau. Je faisais remarquer à Milady (qui ne m'écoute guère) que Diana avait cette faculté qui confie au génie d'émouvoir alors qu'elle n'exprime jamais la moindre émotion de par son chant. Là où d'autres transmettent l'émotion en l'interprétant, Diana la suggère tout juste par son timbre, sa diction, que sais-je, et notre vortex émotionnel se charge de la surdémultiplier. Parce que c'est elle.
      Le film est bon, vraiment. Et elle (plus besoin de la nommée, l'entité est là, juste derrière toi) est invraisemblable dans le rôle. Pas besoin de sous-titres, tu vas soudain comprendre l'anglais. Parce que c'est elle.
      La B.O est en partie assez bordélique puisque comme le voulait la tendance de l'époque elle est immersive et donc inclut certains des dialogues sur le premier des deux disques. Dans ce même registre, elle a sorti un live Stolen Moments en 1993 où elle revisite ce même répertoire. A noter aussi l'album Blue enregistré au même moment que la B.O du film, à laquelle il devait succéder, mais annulé par Motown et paru finalement dans les années 2000. Il va sans dire que Diana se tire à merveille de ce répertoire risqué.

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    3. Allez hop, reconfiguration. The Boss retrouve sa place, une ligne de photos supplémentaires n'est pas du luxe pour placer en exergue Baby It's Me, la trilogie Blues et caser un petit laïus à ce propos. Et je m'arrête là sinon je vais finir par doubler le texte et faire une compilation ))

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    4. Un message pour ceux qui tentent « The Boss », les premières secondes de chaque titre font penser aux gros tubes des Village People. J’imagine qu’il y a forcément des points communs objectifs, mais il faut préciser que la grande différence c’est la voix. Je suis d’accord avec toi, la p’tain de voix « Diana Ross n'a reçu aucun don de Dieu, elle n'a pas un souffle de la puissance d'Aretha, rien de l'aisance de Tina » « que Diana avait cette faculté qui confie au génie d'émouvoir alors qu'elle n'exprime jamais la moindre émotion de par son chant » Bon, c’est la facilité de te citer, dire autrement ? Aucun effet même quand le son monte, une ligne claire, légère sans jamais s’épuiser, jamais de puissance, toujours de la douceur et jeunesse éternelle sans refuser les notes hautes. La classe !!
      Je suis (presque !) amoureux de « Baby It’s Me » « Too Shy To Say »… « Tha Same Love » « Come in.. » les premiers titres etc… Même les bonus ont du sens, la chanson de Frampton. La reprise « country John » du coup je suis retourné chez Toussaint. Les versions remixées pour une fois se comparent et s’écoutent avec plaisir
      Une bonne présentation ici (que je traduis en google/Français, car maintenant les traductions sont bluffantes )
      https://dianarossproject.wordpress.com/2015/05/30/baby-its-me-expanded-edition-released-2014
      Tu parlais de Thriller (because Toto) je pensais que la chance de « Baby it’s me » découvert maintenant c’est qu’aucun titre n’occulte l’ensemble, mais tout est de haut niveau dès que l’on adhère.
      Du coup j’ai replongé dans Thriller plus jamais réécouté depuis les années 80. En sautant les titres ultra rabâchés : Trois gros l’air de rien, quatre avec la Paulo. Je découvre avoir peu écouté la face B vu que « Beat Billie » je connaissais avant même l’achat. Quel album !! Quel artiste. Bon, j’arrête, j’ai besoin de changer de genre.

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    5. En parlant de bonus qui ont du sens, la version Imagine/Save the children et du coup Brown baby seul, ça fonctionne à merveille. C'est vrai que Touch me in the morning mérite d'être cité. Globalement tous ses albums de 70's le méritent. Même les plus sophistiqués (Touch me in the morning, Everything is everything, Last time I saw him) contiennent des morceaux hors concours dans le registre Soul/R&B. A vrai dire, ce sont ceux que j'avais le moins écouté et je m'en imprègne avec délectation ces dernières nuits.
      Thriller ? Toto ? Epatant n'est-ce pas ? Comment un des piliers (commerciaux) de la musique noire est interprété par des blancs, comme c'était déjà le cas pour Otis. Est-ce qu'il faut pour autant parler de métissage ? J'y reviendrai(s)

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