Kanye West. Accessoirement Ye. La tête de turc préférée de ceux qui ne savent rien de lui, mais veulent quand même avoir quelque chose à en dire. Le mec ramasse pour tous les autres, pour chacune de ses conneries -et il en a fait d'authentiques- je peux citer dix noms d'artistes à qui on les a pardonnés sans sourciller, quand on ne les a pas carrément légitimés. Kanye West raconte des conneries plus grosses que lui sur Twitter, se trimballe avec sa femme à moitié à poil à une cérémonie dont on ne sait rien, s'affiche avec Trump dans le bureau ovale, vous parlez d'une histoire. Pourtant le maire de Marseille fait annuler son concert et il faudrait l'ostraciser à vie pendant que Bruel sirote du Campari malgré une vingtaine de plaintes au cul.
Dans ce contexte j'affirme avec décontraction que Kanye West est un génie. Schizophrène, bipolaire, comportementalozarbi, si vous voulez. Depuis quand les génies seraient des mecs équilibrés ? Salvador Dali avait-il toute sa tête ? Brian Wilson n'avait-il pas l'air un peu con avec son tas de sable au milieu du salon ? Picasso n'était-il pas un sale mec ?
Fraîchement mis en ligne et sorti des presses, Bully est un projet en gestation depuis plus d'un an et qui va encore évoluer dans les mois à venir. Kanye West considère les disques qu'il publie sur les plateformes comme des versions bêta qu'il modifie à loisir avec une facilité déconcertante grâce à la double conjonction de la dématérialisation et du contrôle absolu qu'il détient sur ses créations.
Tandis que Fnac et Amazon se distinguent en portant les gogos à ébullition avec des éditions vinyl de différentes couleurs, les plateformes de streaming musical en sont à l'étape suivante ; l'exclusivité des contenus sous des formes mouvantes.
Ainsi dans le cas de Bully, les formats physiques proposent 13 titres dans des versions sèches, quasiment en cours de développement, pour la plupart sans coda ni enchainements et dépourvues des featuring qui font le sel de l'édition Deluxe que Apple Music propose en 20 titres aboutis et savamment séquencés (et en affiche 32 en gonflant artificiellement la tracklist avec des vidéos exclusives), Spotify détient 18 des morceaux, tandis que Soundcloud et YouTube proposent des versions alternatives publiées par des fans et parfois Kanye West lui-même. C'est ainsi que l'on déniche la sidérante version de Highs and lows avec le sample du Soleil soleil de Pomme (et Albin De La Simone pour l'orchestration) que la chanteuse a fait retirer de la version officielle de Bully. Ses opinions politiques rendent Kanye West trop infréquentable a-t-elle expliqué. Un acte manqué qui la discrédite de la sublimation de son oeuvre, sans que nous soyons pour autant privés du résultat. A chacun d'évaluer le niveau de ridicule.Voici donc un album qui existe en cet instant sous différentes configurations et dont la forme définitive ne l'est certainement pas. Palpitant, non ? Imaginez un peu si Pete Townshend avait pu faire ça en 1971, Mick Jones en 1982, Prince tout au long de sa vie. Malheur, on n'aurait jamais assez de giga pour tout stocker.
Et donc, de quoi je parle ? D'un disque qui part du principe que puisque tout a été fait, autant le refaire...différemment. Par exemple en faisant télescoper un melting pot de ce que la musique a pu offrir de plus élégant durant son âge d'or et de diamants avec ce que les technologies modernes proposent de plus décontenançant. Kanye West prend To you with love, Besame mama, You can't hurry love, une interview sous crack de James Brown, du jazz funk français (l'étonnant 8 octobre 1971 de Cortex) et passe l’ensemble à la moulinette de l'autotune, de l'IA et de tout ce que l'on déteste par réflexe subbrachien (cherchez pas, ça ne veut rien dire).
Par quel miracle ce fatras me devient indispensable, je ne suis sûr de rien. Ou plutôt si, je sais, parce que c'est réussi. Parce qu'après une cure sévère de JPEGMAFIA, il m'est agréable de planer sur la musique sans avoir la sensation qu'on va venir m'éclater la tronche contre le bitume. Et aussi parce que je suis curieux de voir tout ce dont l'IA va nous priver. La médiocrité n'ayant pas eu besoin d'elle pour dominer le monde, pourquoi son utilisation ne serait pas un bienfait ? Je l'imagine comme une avancée supplémentaire, après la révolution des synthétiseurs, celles du numérique, des samplers, de l’autotune, de l'internet, de la dématérialisation et du cassoulet en boite.

Je suis accro à ce fichu disque parce qu'entendre Lauryn Hill reprendre You can't hurry love me file des frissons, parce que sur All my love Kanye West parvient à transmettre des émotions fortes en poussant l'autotune à des limites qui transcendent les avis à la con. Et qu'il remet ça sur White lines, toujours avec André Troutman et son talk box hérité de son défunt cousin, le génial Roger Troutman de Zapp et California love. Et que tout ça sonne cool et aussi un tantinet inquiétant. Que ses détracteurs se rassurent, Kanye West ne va pas bien, son disque est à mi-chemin entre la résurrection et la capitulation. Instinct de survie et apocalypse imminent œuvrent main dans la main tout au long de Bully. On traverse les galaxies avec l'assurance du Surfeur D'Argent ou on reste les deux pieds englués dans la semoule, ce n'est qu'une question de volonté.Preacher man boucle To you with love de The Moments, réinjecte de la vie dans ce classique oublié de la soul, il enchaine sur The beauty and the beast en faisant sonner les Mad Laps comme Zappa faisait sonner le Doo Wop. C'est beau, sublime, respectueux et dérangeant. Avant ça, l'album saute à la gorge en attaquant par le versant industriel (King) et oppressant (This a must), le gospel de Father dérape en matraquage jouissif, ailleurs c'est salsa tout azimut sur Last breath enregistré avec Peso Pluma, un jeune mexicain qui réactualise le genre sur des albums que je vous conseille d'écouter et pour qui le lointain soutien à Trump ne semble pas rendre Kanye West si infréquentable que ça.
Les morceaux sont courts, dynamiques, se fondent et se confrontent. Punch drunk et Whatever works titubent l'un vers l'autre, Bully, le morceau-titre en duo avec CeeLo Green, a des échos d'Ennio Morricone. L'album dans son ensemble est un chef d'oeuvre de production. Jamais aseptisé, parfois même lo-fi lorsqu'il flirte avec l'essence originelle de Mobb Deep, Bully nous balade avec fluidité dans un univers contrasté. On est bien, en équilibre sur le fil qu'il nous tend, on accepte sans crainte l'éventualité d'une chute.
Bully est une sorte de mouvement perpétuel en rotation entre nostalgie et avant-gardisme où chaque minuscule dérèglement des sens qu'il inflige en multitude amène à la conclusion qu'ayant fait le tour de toutes les possibilités, l'essentiel demeure au centre du cercle.
Hugo Spanky
(version 20 titres avec le sample de Pomme sur Highs and lows)



Papier bienvenu, faut avouer que ses admirations pour Adolf et ses copains ça met mal à l’aise, même moi je me demandais si je ne ferai pas mieux de commenter anonyme, mais comme j’aurai réussi à caser le nom d’un artiste qui m’aurait trahi, j’ai préféré assumer : dans ce genre que j’estime mal, j’aime M. West, un attachement à l’album « My Beautiful Dark Twisted Fantasy ». Au passage, les pochettes ne s’oublient pas !! Je m’apprête en + de ta proposition à recouvrir un trou dans ma raquette « late registration ». Donc tout ça est assez excitant, mais attention à pas m’agiter sous cette chaleur. Je reviens te dire.
RépondreSupprimerQuand même un truc qui m’a bien fait rire, à propos des génies et de leurs comportements bizarres. Picasso ? Un sale mec ? ha ha t’as pas trouvé mieux pour le caser dans la liste ?
Et autre merci, tu me donnes l’énergie qui me manquait pour finir un papier qui traine.
Ha oui Pomme « On voudrait tous partir
Retrouver le soleil
Qui nous manque
Qui va brûler toutes nos peines
Le soleil, qui nous hante
Oh reviens, soleil, soleil »
Bon, elle pouvait pas savoir 😉
"On va tous compter jusqu'à trois
SupprimerEt faire une chaîne avec nos bras..."
Elle va manquer de maillons la chaîne de Pomme s'il faut demander les opinions de chacun )))
Bon, j'ai dit une dizaine de noms pour chaque connerie de Kanye, niveau Adolf, c'est le plus facile, il suffit de rappeler le salut nazi de Bowie (entre autres, vu qu'il a été pas mal en interviews aussi à cette époque là), je peux aussi évoquer le bel uniforme de Brian Jones, celui de Jimmy Page, les t.shirts punk, les déclarations de Clapton, le brassard de Johnny Thunders, à moins qu'on aille danser le nazi rock...
Bref. Le rock est gavé de ce genre de conneries passagères. Que je sache Kanye ne porte pas la cagoule
...et Costello, je l’avais oublié niveau conneries qui font désordre )))
SupprimerPour Costello c’est pas pareil, la musique parle pour lui, alors que pour Kanye West c’est pas pareil la musique parle pour lui… Ha ben non, en fait c’est pareil.
SupprimerDevant le café et ma douce je n’ai pas pu la ramener trop sur le Kanin, je pensais minimiser son goût pour la provocation mais elle m’a parlé de plaintes pour violence, alors ayant tous les arguments j’ai proposé de lui passer le beurre…
C’est pas tout ça, j’ai de la musique en retard, ma vieille tour est mourru, j’ai fini de configurer la nouvelle, enfin libre !!
C'est le revers de la médaille, depuis internet les disques sont fournis avec un extrait du casier judiciaire ))) C'est Tiipper Gore qui doit être contente. Au moins c'est un mec qui a porté plainte pour agression, c'est toujours ça.
SupprimerEt Picasso, je confirme, un vrai con. Disons qu'il valait mieux être son copain que sa femme, enfin ses femmes.
"Pour moi, il n'y a que deux sortes de femmes : les déesses et les paillassons." c'est pas de moi, c'est de lui. Bon, en plus de ses déclarations romantiques, deux de ses épouses se sont flinguées et une autre est devenue barjot après qu'il l'ait ruiné, trompé et humilié autant que possible. Sympa. Ajoute à ça les accusations de plagiat de la part de ses compagnes souvent au moins aussi douées que lui et d'un coup je me dis que Guernica mériterait bien un coup de peinture fluo en travers de la gueule ))
"... pendant que Bruel sirote du Campari malgré une vingtaine de plaintes au cul" : le pauvre Patrick ne comprends pas cette cabale, tout le monde le lâche alors que c'est lui la victime. J'invente rien c'est en une de Paris Match ! Quelle petite ordure de rien du tout...
SupprimerMais oui, c'est scandaleux de s'en prendre à lui, on veut museler l'art ! D'ailleurs les garants de la justice ne s'y sont pas fait prendre et l'ont laissé rentrer chez lui peinard. C'est pas parce 300 000 femmes sont violées chaque année et qu'une se fait trucider tous les deux jours par son mec qu'on va gâcher l'été à quiconque.
SupprimerPar contre, il y a urgence à censurer Woman is the nigger of the world, il n'avait qu'à mieux le formuler ce con, le premier hit féministe de l'histoire ((
300 000 déclarées !
SupprimerJe viens d’apprendre à l’instant sue Bruel s'appelle en réalité Maurice Benguigui. Ça va faire ma journée ☠️☠️😭
Alors que certain pratique une censure de précaution afin de se prémunir de la bêtise de combats chimériques (le fils Lennon donc qui ne veut froisser personne), notre justice, elle, continue à nier tout acte pénal à la parole des victimes aussi nombreuses soient-elles. Condamner un salopard sera toujours plus délicat que de censurer pour de mauvaises raisons par manque de discernement dans ce monde à la pensée binaire... en même temps quand on pense avec son portable, il n'y a pas de quoi s'en étonner hélas.
Supprimer"Si Monsieur Benguigui ne vient pas chanter à Toulon, on n'en mourra pas." (JMLP, 1995) :-) En 2026, c'est tout juste si ce ne sont pas les seuls à lui dérouler le tapis rouge dans leurs hélas désormais nombreuses villes...
SupprimerAucun regret pour ma part, aussi piètre acteur que chanteur. Et pour le reste...
Bon, des écrivains, des rappeurs, je suis largué en ce moment. Mais la prose et les débats sont toujours intéressants même si je préfère m'en tenir soigneusement à l'écart (terrains... glissants).
A part ça, j'ai enfin vu "Sirãt". Buzz mérité.
Je suis restée un long moment sans voix après Sirãt. Il me revient souvent en mémoire depuis.
SupprimerJ'ai pas vu Sirãt je vais y remédier vu vos avis tranchés. Pour le reste, je voulais surtout souligner qu'on a la fâcheuse habitude en France de regarder la paille chez le voisin plutôt que la poutre qui nous pend au nez. Si il y a une chose qu'on ne peut pas retirer aux américains c'est que la justice passe, ça ne les dérange pas de mettre Puff Daddy, Phil Spector, Harvey Wenstein ou Mike Tyson en prison. Alors plutôt que de sentir les fesses de Kanye West, je pense qu'on devrait s'inquiéter plutôt des passe-droits de Jack Lang, l'Abbé Pierre et toute la clique. Ce sont des femmes et des enfants qui morflent avec leurs conneries, c'est difficile de rester insensible, même en regardant ailleurs. L'emmerdant, c'est que tout le monde flippe tellement d'être estampillé RN que sitôt qu'ils disent un truc sensé, la foule dit le contraire )) J'ai la très nette impression que tant qu'on attendra après les politiques, de tous bords soient-ils, on n'avancera pas beaucoup.
SupprimerAprès, ce blog part invariablement en sucette dans les commentaires. Même si je fais un papier sur les Rubettes, ça finira en débat sur le rôle des casquettes comme signe de ralliement dans les révolutions ouvrières )))
" Si il y a une chose qu'on ne peut pas retirer aux américains c'est que la justice passe..." : sauf pour Trump et ses disciples.
SupprimerEn ce qui concerne la France, quand Macron ne défend pas Depardieu, il préfère se lancer dans une tribune sur la canicule... vu comme ça, on ne va effectivement pas avancer d'un iota.
Chez moi (nous ?), ils ont effacé la tronche de l'Abbé Pierre sur le mur d'Emmaüs... Je suis contre la culture "cancel", de manière générale (ça me plait pas ? J'efface, sans demander la permission aux autres), surtout que le monsieur n'est plus là pour se défendre. Je ne vois pas ce que ça change, du reste.
SupprimerOui, voir DSK avec les menottes a quelque chose d'appréciable. Ce n'est pas chez nous qu'on verrait un truc pareil. Déjà que quand Nagy Bocsa est emprisonné une semaine ou contraint de commander une pizza en garde à vue, ça fait une affaire d'Etat... :-)
P.S : "Si tu ne t'occupe pas de la politique, la politique s'occupe de toi".
SupprimerC'est sûr, se passer de ces gugusses serait mieux mais que faire, comment on y échappe ? Sachant que l'individualisme est monté crescendo depuis les années 70-80. La vie en petites communautés, alors ? A la marge, comme les "raveurs" (rêveurs ?) de Sirãt... Mais adieu le confort, du coup. Difficile de ne pas se sentir concerné par la politique (= la vie de la cité)... Après, y'a probablement aussi l'éducation et l'entourage familial qui joue.
La politique ne passe peut-être pas obligatoirement par un gouvernement qui n’est finalement jamais responsable de rien et qui passe son temps à dire qu’il ne peut rien changer à rien. L'expérience a d’ailleurs montré que le système fonctionnait sans eux.
SupprimerDu coup, je me demande pourquoi tant de ministres, de sous ministres, de secrétaires de ministres, tant d'enquêtes parlementaires aussitôt enterrées, de commissions, de comités...tout ça pour dire qu’on n’y peut rien )))
Il va se passer quoi l’an prochain ? Le choix entre deux énervés que le système engloutira comme les autres après des mois de grèves, de bavures et de palabres ou repartir pour un nouveau round avec une énième bassine d’eau tiède ? On va encore s’exciter pour ça ? Vraiment ?
On voit bien que c’est mort leur truc.
En vrac,
Supprimerma douce est une engagée féministe et a pris ce qui me semblait une fichue habitude : de surtout ne lire, écouter s’intéresser qu’à de la production féminine, je trouvais ça assez radical. Radical ? Quand je vois ce qu’est la réponse « masculiniste », quand je sais que la majorité écrasante de la violence faites aux enfants, femmes & hommes est d’origine masculine, que cela ne concerne pas qu’un petit nombre, je fini pas me regarder dans une glace en me demandant si moi aussi je n’ai pas des traces de ce mal ? On pense que la question juive nous plonge dans des millénaires d’explications, mais alors la question masculine ?
Ma femme a été une engagée politique elle défendrait mieux que moi ce qui l’animait : service publique, bien commun et surtout donner plus à ceux qui ont moins.
« SIRAT » j’approuve la « Rugosité », la force de ce film reste longtemps longtemps. Vivement ton avis, car il y a un sujet qui me chatouille, une question aux scénaristes « Réussite totale, c’était vraiment nécessaire de …. » J’attends que tu l’aies vu
Enfin je note la promesse d’un prochain papier sur les Rubettes !! J’en suis, pour « Tonight » J'agrippais le tuyau de l'aspirateur pour imiter la chorégraphie, du coup ce que j’ai pu aimer « Phantom Of Paradise » dès la première scène.
La radicalité engendre la radicalité ou, comme dirait Bouddha : "Jamais la haine ne prend fin avec la haine." Mais personne ne semble prêt à faire le premier pas... Paradoxalement, cette situation des "3 blocs" et d'un Parlement "ingouvernable" me sied assez car ça oblige à des compromis et de trouver un juste milieu. Même si ça penche quand même nettement à droite (ça me fume, on appelle "bloc central" ce qui est en fait la droite, le "centre" a toujours été à droite - sauf peut-être du temps de Rocard, un p'tit peu -... Le vrai "centre", c'est en réalité... le PS et "l'aile gauche" du macronisme, très minoritaire). Toujours mieux qu'une simple chambre d'enregistrement avec une armée de députés "playmobil" qui votent le doigt sur la couture du pantalon... Bon, j'avais dis que je participais pas... :-)
SupprimerOui, vois Sirãt, tu nous en diras des nouvelles...
Bon week
Comme Antoine, je ressens moi aussi le lourd poids de l'héritage masculin. Et même si je ne crois pas qu'il faille s'opposer entre sexes, plutôt mettre les bonnes volontés en commun, je pige aussi que ça ne doit pas être facile pour une femme de croire encore à la bonne volonté masculine. Je crois aussi qu'éduquer nos fils sur la façon de se comporter envers les femmes (et par extension envers quiconque nous est différent) est la première étape que l'on néglige, pères et mères sans distinction.
SupprimerCeci dit, je n'ose pas imaginer le sentiment d'abandon que les femmes doivent ressentir lorsque la justice relâche leurs bourreaux, donne du sursis à des multi-récidivistes (visiblement la haine ne prend pas fin avec l'indulgence non plus). Lorsque les élus prétendent régler la question avec un bracelet à la cheville (le compromis entre liberté et prison, donc). Et combien cela doit sembler sans issue quand on voit que même la cause des enfants est traitée avec cynisme. Le mec qui rentre chez lui avec du sursis après avoir été reconnu coupable d'attouchement sur 9 gamins ! Les problèmes de société nous crèvent et nous divisent tandis que les uns et les autres se renvoient les responsabilités. Faudrait en revenir au bon sens, sans toujours chercher à glisser de l'déologie dans le discours.
Alors, je ne sais pas si la radicalité engendre la radicalité, si le ventre mou engendre la sagesse, j'ai surtout la sensation que n'importe où que l'on se place il y aura une droite et une gauche. Et que l'excuse de leur médiocrité sera toujours de nous faire culpabiliser parce qu'on n'est pas assez à l'extrême, tandis qu'eux se font des arrangements de postes entre opposants, des partages de territoires et de populations. Et puis d'abord, plus on va d'un côté, plus c'est l'autre côté qui s'agrandit ))
"qu'il modifie à loisir avec une facilité déconcertante grâce à" sa schizophrénie et sa bipolarité ;)
RépondreSupprimerJe le comprend à 100%. C'est tellement frustrant de se dire qu'un morceau est fini. Bien sûr, quand l'enregistrement est clos, il a s propre existence, comme un enfant qui aurait quitter le nid pour voler de ses propres ailes. Mais c'est encore plus jouissif de faire que sa musique soit évolutive, dans le sens où tu as envie de l'emmener chaque jour, dans un lieu différent. On est dans l'ère de l'immatérialisation, quel bonheur 0Ô
Sylvie
C'est le paradoxe de notre génération, on n'a pas tout compris avec internet. On s'en sert pour acheter des vinyl enregistrés par des mecs qui n'ont pas pigé non plus. Alors que...oui rien n'est plus figé. Tu enregistres, tu balances et si une semaine après tu fais mieux, tu rebalances. Les mecs du Hip Hop ont toujours des années d'avance parce que ce sont des esprits libres, ils ne restent pas enclavés dans le business et le qu'en dira-t-on, ne se laissent tordre le cou par personne. Depuis que Run DMC a décroché le sponsoring d'Addidas, ils n'ont plus arrêté de remettre en cause, de réinventer les règles. Le do it yourself, c'est eux. Et pas pour bricoler un disque pour les copains, mais pour dévaliser la banque ! Kanye West, Dr Dre, Jay Z ne se sont fait braquer par aucun label au nom ronflant, parce que pour eux un label au nom ronflant n'avait aucune valeur. Résultat ? Ils sont milliardaires ))
SupprimerAvec Bully (il a déjà fait le coup avant) West fait ce que tous les artistes devraient faire, il utilise le maximum de ce que la technologie de son époque lui permet, aujourd'hui ici et comme ça, demain ailleurs et autrement. Le vinyl fige la musique, il grave les rushs dessus et sort un machin brut, sale et inabouti, et pourquoi sortir la même chose sur un autre support alors que ses caractéristiques sont différentes ? On débat encore dans le rock sur la différence de son entre cd et vinyl, mais aucun ne se donne la peine d'enregistrer tout connement deux versions différentes qui utilisent chacune les points forts du support. West le fait, il balance le produit en cours de polissage sur le web, là où il peut le polir un peu plus encore quand ça lui pique, là où il peut ajouter des titres à l'infini, en retirer, faire ce qui lui passe par la tête sans retenue (enfin, sauf quand une artiste française de renom se dresse sur sa route pour faire son éducation))).
Le leitmotiv reste be there or be square, juste que le there avance un peu plus chaque jour ))) Faut faire les mise à jour.
Quel drôle de disque, très mélancolique et nostalgique et plutôt réussi. Et surtout il te happe pour ne plus le quitter. Déjà, tu as raison, entendre « Lauryn Hill » me touche autant que la voix de Al Green dans le disque de Raye, je demande aux neurologues de se pencher sur ce phénomène.
RépondreSupprimerLe zazard, je pense jeter une oreille attentive sur Wyclef Jean, entendu une voix captivante. Fugges ? Je ne connais pas assez.
En tout cas quitter cet album a été un effort. Ce patchwork de références émouvantes toujours à propos, ces interventions pertinentes « Highs And Lows » et son enchaînement sur « I can’t wait » que u ne vois pas venir, envoutant.
Merci je découvre CORTEX, du coup des allers retours avec « Circles »
Ha oui, l’autotune, voilà à quoi cela sert, pas à légèrement modifier la voix pour ajuster. En fait de légèrement tu le repères facilement et ça devient agaçant et l’air de rien uniformisant. Alors qu’ici c’est pour créer, même si les voix à la Disney petites souris de mon enfance transforment l’écoute en souvenir éloignés du propos, Pierre Tchernia et les Noël et sa compilation d’extraits … Je m’égare
Ha oui, son choix des voix samplés c’est du Tarantino.
Bon faut que je passe à aut’chose
On est d’accord sur l’impact du disque, il y a un vrai sentiment mélancolique, presque trop intime par moments. Le rap va rarement sur ce terrain à ce point là. Brillant. Il est addictif aussi, il me faut ma dose.
SupprimerLe hit, mon hit, c'est All the love avec cette note de dingue avec le talk box et l’autotune à fond les gamelles. Ça tue comme elle te transperce. Ça fait du bien d’écouter un disque qui use de tous les artifices sans rien perdre de son âme.
Les Fugees c’était bien foutu, frais et novateur. Comme Black Eyed Peas l’a été ensuite.
J’ai réécouté l’album de Lauryn Hill, il vieillit bien.
Pour en revenir au sujet du jour, écoute My beautiful dark Twisted Fantasy, toi qui aimes les arrangements fournis et les orchestrations savantes, tu vas être comblé
SupprimerJe le connais pas trop mal, c'est celui que je cite dans mon premier commentaire... hum.... du coup j'y suis retourné et c'est vrai que wouahhhhh Naissance d'une tiquette "OpéraRap". Je n'ai pas beaucoup de titre rap avec des **** mais celui ci en est plein. "Power" "AllOf The Lights" Devil" & "Runaway". Au fait, sur QOBUZ la pochette est floutée, je pigeais pas, la mienne avec sa danseuse n'a rien de... ha mais il y a une autre pochette... ha ha, pas d'inquiétude il saura faire mieux ;-)
SupprimerEn fait il n’existe qu’une seule pochette, mais un carré est découpé au centre et plusieurs inserts permettent de changer l’image qui apparait par cet encart. Du moins pour le vinyl. C’est un triple album luxueux qui en ça rappelle les pochettes prog des 70’s, mais avec bon goût )))
SupprimerTu sais que Kanye West, Rihanna et McCartney ont un tube commun, l’excellent Fourfiveseconds.
Et sinon, on s’est plongé en parallèle et sous l'impulsion de Milady dans l’univers de The Weeknd (on avait adoré la fama) et là aussi il y a matière à se faire plaisir notamment dans ses premiers albums (à l’origine de mixtapes balancées sur le web) comme House of balloons.
et ça se révèle vite envoûtant. Les reprises qui ouvrent l’album sont saisissantes. Je te laisse les découvrir.
Et du coup, j'explore toute sa production.
marrant, me voici plongé dans "Wyclef Jean", des points communs? Collage, sample étonnants et très référencés quand on aime tant les musiques, et plein plein d'invités dont Ms. Lauryn Hill. Je commence à apprécier le genre.
RépondreSupprimerBon, je te laisse, une petite compilation à construite à partir de "Tonight" des Rubettes. S'agit de ne pas perdre les fondamentaux.
Les Rubettes, c'est la base du monde )) Les premiers à avoir éveillé l'excitation d'attendre le nouveau single d'un groupe. Finalement c'est assez en phase avec le sujet du moment dans la mesure où suivre la production en temps réel d'un groupe c'est être en contact avec l'actualité musicale de l'instant. On le faisait instinctivement étant enfant, pourquoi s'enfermer dans la nostalgie une fois adulte ?
SupprimerParce qu'on vieillit, justement, que ça repose et que ça rassure, peut-être ? :-)
SupprimerAvec un nom pareil, je croyais que c'était des nanas... Je dois confondre avec les Supremes... :-)
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