J'ai investi dans un Echo Studio, depuis je multiplie les accents en espérant qu'Alexa me comprenne. J'ai eu le malheur de lui demander The Pros and Cons of Hitch Hiking par Roger Waters. Lassitude. Aussi dématérialisée soit-elle, m'adresser à Alexa me rend plus nerveux qu'un puceau en survêtement confronté à une érection. Je l'ai mise en couple avec Apple Music et mes défauts de prononciation sont devenus sources de découvertes impromptues. Mon smartphone ridiculise la discothèque de Radio France.
Au milieu de tout ça, l'impensable, j'ai vendu une bonne centaine de mes vinyl sans en regretter aucun. J'ai même pris goût au truc. Annonce, colis, étagère vide, déchèterie. Je respire mieux. Après tout, si quelqu'un a envie de posséder la bande-son de mes seize ans, grand bien lui fasse. Je porte un intérêt plus grand à la bande-son de mon quotidien. Et, bordel, si je devais acheter tout ce que j'écoute, j'y laisserais ma fortune. Vous n'imaginez pas. J'expérimente à tout va. Le metal extrême étant dans une phase de respiration, je focalise sur le seul genre qui ne dort jamais. Le Hip Hop est en permanente mutation, il ne recule devant aucune innovation, il intègre, il digère, si besoin il évacue. C'est un organisme vivant. Les révolutions en la matière ont depuis longtemps dépassées les 33⅓ par minute.
Le premier album que j'ai envie d'évoquer est pour vous plus que pour moi. J'entends d'ici le refrain du manque de musicalité, j'anticipe et tacle. L'album 08 Jetta : Road 2 Glory Cut de Kai Banks est pour les réfractaires. Enregistré live dans un local de répétition, une tendance qui prend racine avec la prolifération des web sessions style Live on KEXP, le disque ne se contente pas de sampler du Jazz, il s'appuie sur des musiciens et des compositions originales qui montent par moments très haut dans la stratosphère. Et prenez ça avec objectivité, je suis loin d'être adepte de l'association de ces deux genres, trop souvent le résultat a sombré dans la soupe et le cliché. Ici, c'est une démonstration des possibles. La fusion est totale entre le flow de Kai Banks et la libre expressivité de ses musiciens. Pas facile d'en dire plus, c'est le grand inconvénient de la dématérialisation, pour piquer des infos dans les crédits des pochettes, on repassera. Le mieux étant de vous faire votre propre avis en regardant la session :

Voilà pour la mise en bouche, place au festin.
Deux crews me trépanent le cerveau en heavy rotation, le premier est le duo Run The Jewels et ses quatre albums aux titres numérotés. C'est puissant, très puissant, créatif et expérimental, magnifiquement ciselé et interprété. RTJ2 est sans doute leur album le plus abordable pour des oreilles formatées au binaire à guitare, tandis que RTJ4 est le plus globalement indispensable. Dans les deux cas, on est traversé par une pulsation proche du dérèglement des sens, le son est gigantesque, sans superflu, les infra-basses cognent en uppercut. Une pure expérience d'immersion dans la musique d'aujourd'hui sans les aléas bassement commerciaux des productions putassières.
Le second est JPEGMAFIA et son album de I Lay Down My Life For You de 2024. Pour le coup, je me suis fait un trip psychédélique total. Point commun avec les albums de RTJ, I Lay Down My Life For You embarque dans un voyage cosmique qui sent le bitume, le danger, le vécu, le spleen. Et l'amour, la tolérance. En termes d'urgence, de dynamique et d'inventivité, on navigue entre le Fleurety de Department of apocalyptic affairs et le post-punk 77.
JPEGMAFIA est l'oeuvre d'un seul homme, polytraumatisé par son passage dans l'armée US lors de la guerre en Irak. Peggy, c'est son pseudo, conceptualise ses albums de A à Z. Composition, écriture, enregistrement, production, conception pochette, promotion, distribution. Bien que New-Yorkais comme le duo de RTJ, il incarne la scène de Baltimore, ville devenue son quartier général à l'aube de sa carrière.
A l'image des films de John Waters, la scène Hip Hop de Baltimore cultive un underground où se mêlent musique, sexualité, mode, transgression et happening. Dans l'univers de JPEGMAFIA, Rock et Hip Hop s'entrechoquent de la même façon que le Tearz du Wu-Tang (modèle absolument de toute cette clique) flirte avec un sample de Prince sur son fantastique morceau Exmilitary, tout est ainsi disloqué dans un univers kaléidoscopique. Le Hip Hop n'est plus l'apanage du Superdopefly entouré de biatch, l'attitude gangsta rap a été renvoyée à la préhistoire, le ton est dorénavant à la dénonciation du machisme, au détournement des codes militaires, les revendications d'hétérosexualité servent à mieux souligner l'universalité du soutien à la cause LGBT. Démonstration est faite que rien de tout ceci n'est contradictoire. Ce n'est que différentes facettes d'une même humanité.
Les albums de RTJ et JPEGMAFIA sont disponibles en vinyl, CD, même sur cassette, principalement pour servir de décoration. Non pas par snobisme, simplement parce que les formats physiques ne correspondent plus aux normes de publication de la musique telle qu'ils la conçoivent. Les innombrables créateurs qui peuplent l'underground Hip Hop publient à tout va sur internet sans se soucier de systématiquement construire un album. Le remplissage n'a aucune raison d'être. Les plateformes permettent la publication titre par titre ou sous forme d'EP, de grappes de remixes, qu'importe. C'est une conception à laquelle j'ai dû m'adapter, perdre l'habitude de posséder, prendre celle de traquer les featuring, de suivre les pistes. Construire des playlists pour regrouper des morceaux éparpillés de par le vaste web. Etre impliqué, et non plus simple client. Un titre, deux, trois, dix, le rythme n'est imposé que par l'inspiration. Un artiste n'est plus mis sous pression pour permettre à une major d'être côté en bourse. Il est propriétaire de ses masters, souvent de son label, touche des royalties sur chaque étape, réduit les intermédiaires au minimum et surtout il est sponsorisé. Le concept du mécénat, de la Marque qui finance l'artiste en échange de son image, de son carnet d'adresses, de son savoir-faire. Système D poussé au maximum de son excellence, les mecs savent tout faire, scores pour films et séries, jingles, défilés de mode, caméos, collaborations avec des stars médiatiques en manque de renouvellement, imagination illimitée. D'où la nécessité absolue de la dématérialisation pour suivre la cadence des parutions. Parce qu'évidemment RTJ et JPEGMAFIA ne sont qu'une infime partie de la galaxie, pour être un tant soit peu crédible je devrais citer Armand Hammer, Clipping., Denzel Curry, Atari Blitzkrieg (dont l'album Super est entièrement construit sur des samples de jeux vidéos), Cakes Da Killa, Mykki Blanco...je devrais faire du name dropping. Vous parlez d'une ambition.
Pour s'y retrouver dans cet imbroglio, rien de plus simple que d'utiliser l'I.A. Gemini est une source valable, il suffit de lui demander de lister 50 albums de Hip Hop Expérimental paru ces quinze derniers jours pour qu'il vous donne de quoi occuper les trois mois à venir. Source valable à condition de garder à l'esprit qu'environ 20% de ses réponses seront des énormités, des confusions d'artistes, des titres d'albums farfelus, rien qu'une recherche sur google ne saura rectifier. Surtout, 80% seront des pistes pavées d'or à suivre sur Apple Music, Spotify, Mixcloud, Bandcamp, YouTube ou à télécharger sur Soulseek, sur le propre site de l'artiste ou sur une des dizaines de blogs consacrés à la diffusion des talents en devenir, confirmés ou déjà dépassés. Dans la plupart des cas, ça ne vous coutera pas un rond, on n'est pas chez Bruce Springsteen et sa tournée de soutien au peuple en souffrance à 3000$ le ticket. Au nom de la lutte anti Trump, le gars met à l'abri sa 25eme génération de descendants. Quel con. La remarque est valable pour tout ce qu'il reste de rockers encore capables de tenir debout, zéro pertinence, essorage maximal de la fanbase. Pour un Mick Jones qui a eu l'intelligence de prendre sa retraite, combien de ringards poussifs agonisent encore derrière leurs micros ?
Un débat fait rage au sein du public rock, section puriste, le Rock'n'roll hall of fame a nominé des crews de Hip Hop et ça les courrouce. Ils ne le veulent que pour eux, délimitent précisément ce qui est rock et ce qui ne l'est pas. Se comportent comme les bons pères de famille qui foutaient leurs fils à la porte pour une longueur de cheveux.
Je leur donne raison, qu'ils le gardent leur musée, le Hip Hop n'a rien à y foutre. Il est bien trop vivant pour ça.
Hugo Spanky
Bonjour ranx. Merci pour ton article. Cette fois ci les planètes sont allignees. J'écoutais caméo. Je file écouter les liens et je te dis. À bientôt. Julien 👍👍👍❤️👍👍👍
RépondreSupprimer♪ Caméo, Midnight Star, SOS Band, Delegation ou Shalamar...♫
SupprimerLe lien est fait avec le Hip Hop, tu danses le mia )))
J’ai suivi ton conseil. « 08 Jetta : Road 2 Glory Cut » sur QOBUZ (tu sais QOBUZ etc…) très bonne première impression, me souviens du plaisir de découvrir Mos Def, limite pédagogique pour nous entrainer vers ce genre parlé-rythmé. Evidemment comme le timbre vocal a moins d’intérêt, la frustration est dans la non compréhension du texte. En déplacement vers mon antre musical, j’espère revenir sur la suite, un son cradingue ça vaut le coup sur de grosses enceintes, au moins pour le volume ? À suivre.
RépondreSupprimerSinon, revendre ses 33T. J’y pense parfois, mais mes enfants parfois me disent que ce serait plus sympa de les garder pour… ??? Pourtant je leur ai dit, peu de chance qu’ils en écoutent beaucoup et dans une bibliothèque sur la tranche c’est assez laid. Sans parler du matériel HIFI nécessaire alors que tout est en Streaming… sur QOBUZ (tu sais QOBUZ etc…) Donc je sens que je vais y repenser.
Hors de question de lâcher quelque disque que ce soit de mon côté. Je garde tout !!! Julien
SupprimerAlors, alors. Bon, je ne suis pas d'accord sur le moindre intérêt de la voix. Bien au contraire. Tu verras si tu te familiarises avec le genre que le timbre a une importance primordiale et que le flow s'apparente à une mélodie. Evidemment, il ne faut pas attendre ce genre de nuance de nos rappeurs nationaux section tête de gondoles (qui rappent majoritairement comme dans les années 90).
SupprimerEnsuite, lorsque je parle de son cru et sale, il faut me lire dans le contexte du genre et non pas dans le contexte rock. Cru et sale dans mon esprit lorsque j'évoque le Hip Hop, c'est pour dire qu'il ne faut pas s'attendre à de la production grand public façon R&B auto-tuné et compagnie. Ce n'est pas du Pharell Williams, pour schématiser, ou du Jay Z.
Ceci dit, tu ne trouveras pas mieux que Run The Jewels pour tester la capacité de tes enceintes à encaisser les basses. Ils ont un son fabuleux, ce sont des génies de la production. Si tu veux monter le son, tu vas être servi.
JPEGMAFIA est plus nuancé, là encore c'est béton niveau production, mais il y a un élément qui s'apparente au rock à guitares sales (dans le sens contraire du gros riff FM) et aussi au post punk tendance indus (No wave de New-York, throbbing gristle...). Perso, je le perçois comme un prolongement de l'esprit du Clash de Sandinista!, Radio Clash et du projet avorté Rat Patrol From Fort Bragg. Mais je crois que la meilleure comparaison que j'ai trouvé reste celle du parallèle avec le cinéma de John Waters. L'univers de The Wire fonctionne aussi. C'est Baltimore, bébé )))
La raison pour laquelle je mets les liens et je souligne l'importance d'écouter pour se faire une idée, c'est pour contourner la difficulté de faire appréhender à des auditeurs peu habitués au Hip Hop ce à quoi s'attendre de la part de ces disques sans faire de références stériles au genre en nommant des crews que les non-initiés ne connaîtront pas, ni faire des comparaisons avec des groupes de rock qui ne seraient que des vues de l'esprit. Mon but est d'essayer d'éveiller votre curiosité envers ces disques parce qu'ils sont vraiment pertinents. Je pense sincèrement que le Hip Hop est une des dernières musiques à chercher encore à toucher la part intelligente de l'humain.
Julien ! J'aurais répondu comme toi il y a encore peu de temps. Il a fallu que deux tempêtes successives flinguent le toit de la maison et que les infiltrations m'obligent à déplacer des milliers de vinyl pour que la lassitude s'empare de moi. Je les avais déjà trimballés sur une dizaine de déménagements, stop ! Ceci dit, hors de question de tout vendre. Juste retrouver un nombre raisonnable en sachant que j'ai toujours gardé de l'intéret pour les nouveautés et que la dématérialisation arrive à point nommé pour cesser l'expansion sans pour autant perdre le contact avec tout ce qui sort de pertinent.
C'est courageux. Même si c'est contradictoire avec mes aspirations "minimalistes" et anti-conso (respectées sur d'autres points : meubles, bibelots....), je ne pourrais pas me passer du support physique mais je suis sélectif, je n'achète que ce qui me plait vraiment et du neuf ou "comme neuf". Et je ne suis jamais passé au vinyl (trop cher, pas pratique), j'en suis resté au CD (environ 160 pièces). Idem pour les films, pas de Blu-Ray, que des DVD (près d'une cinquantaine).
RépondreSupprimerJe ne suis pas guéri du besoin de support physique, lorsque j'ai un coup de cœur pour un disque, je l'achète. J'avais déjà trop de vinyl lorsque le cd est apparu, donc j'ai continué avec ce format, tout en refusant de tomber dans la connerie. Lorsqu'un vinyl est à un prix stupidement haut, comme c'est le cas de plus en plus souvent, je prends le cd sans faire une crise de conscience. Ceci dit, je te félicite pour ta modération.
SupprimerJe Hip et Je Hop un peu, mes oreilles ne sont pas hostiles, mais c'est vrai que le flow rapide mis en avant est parfois un frein à mon écoute, avec toujours envie d'une solide musicalité associée. Bref je préfère un flow lent (Rejje Snow) ou une musique typée de références jazz, soul, blues ...
RépondreSupprimermais j'aime découvrir de nouveaux sons alors tes propositions attirent ma curiosité.
Et j'aime encore m'offrir et me faire offrir des vinyles ...
Kai Banks est pour toi, le premier lien du post mène à une session particulièrement bonne dans le registre cool/jazz.
SupprimerEt dans la marge de Ranx, tu verras le blog https://hiphoprapjazz.blogspot.com/ qui publie tous les jours des disques de ce style à écouter (clic sur BUY tu seras dirigé vers Bandcamp) ou télécharger gratuitement par MEGA.
Vendredi ils ont notamment publié l'excellent K-Rec & The Birdapres.
...et ne compte pas sur moi pour t'offrir mes vinyl de Hip-Hop )))
Aïe ma tète.. tu pousses, un dimanche matin.. mal aux tifs et t'en remets une couche. Le son est extra, dommage qu'ils chantent :) J'ai tenté, tu peux me croire.. Banks, ça passe limite, après les 2 autres, je rentre complètement dans la flippe, ou alors je mets les infos avec la bombarde et je tente un laissé passer. J'ai tenté hein ... :))) c'est pas ma came, mais j'ai tenté, je vais rajouter de la codéine à mon paracétam.. merde, je voulais sortir dans la rue, c'est mort :)))
RépondreSupprimerJ'ai trop donné de vinyles dans les années 2000' pour refaire la même connerie, si ça s'trouve c'est mes gosses qui les vendront. Les bacs à brocante sont devenus un plaisir, quand les monticules de galettes à 40 boules ne désemplissent pas.
Bon, je monte me mettre un petit Waters en sillon.. on a pas mis de carré noir sur le cul de ma version vinyle de la meuf qui fait de autostopp.
bon, j'ai relu et cherché un indice pour trouver la faille..si c'est pas l'ia qui a écrit ton billet, ça s'trouve t'aime pas tant le rap que ça :))) Bon, la petite gène du puceau en survête, ok c'est bien toi. Oui, je repense à Alexa, on doit se sentir mieux que de causer à Cyril nan ? j'hésite aussi à user d'un tel outil, je suis pas parano, mais me sentir sur écoute .. sinon, je suis redescendu, tu as raison pour Hitch Hicking. D'époque.
SupprimerMais oui, RZV est rédigé par l'I.A, l'Intelligence Approximative )))
SupprimerJ'étais sur le coup bien avant google et Elon Musk (qui me doit tout))
Donc, tu n'as rien écouté du tout, Charlu, m'embrouille pas, tu as fait un survol dans le seul but de te conforter dans tes certitudes. Dylan bavardait sur ses disques avec sa voix à coucher dehors et on s'y est tous fait, question de volonté, d'envie aussi et si pas envie, alors rien n'est possible. On écoute de la musique comme d'autres en jouent. Perso, j'aime me confronter à des trucs auxquels je ne pige rien, il suffit qu'un disque me semble incompréhensible pour que je le mette en boucle. C'est plus fort que moi, je n'avais pas lâché Sandinista! tant que les six faces n'étaient pas assimilées, digérées, comprises, acceptées. Pour situer que ça ne date pas d'hier. D'ailleurs l'amour du Hip Hop vient de là, Magnificent 7, Lightning strikes, This is Radio Clash, Outside broadcast, puis la claque The message, puis grosse récupération bien pourrie du genre dont en France on ressent encore les traces (comme cette haine de Yoko, clichés, clichés...) et Public Enemy qui vient sauver l'affaire comme le Wu-Tang dix ans plus tard. Enter The Wu-Tang ! Comment le public rock peut-il se réclamer de Raw Power, dont il n'a pas connu la déflagration et rater la même déflagration alors qu'elle se produit sous son nez ??? Alors même qu'Iggy Pop la montre du doigt...et que les imbéciles regardent son doigt ))) Malheur.
Je ne sais pas, même, je ne comprends pas. Le Hip Hop c'est la musique de notre génération. Les gars qui le font aiment les mêmes disques que nous, ont grandi avec, ont juste choisi de s'en servir différemment.
Souvent, j'ai l'impression que le public rock se comporte envers le Hip Hop comme les jazzeux envers les débuts du rock. Il y a peu j'avais le numéro 6 de Rock & Folk dans mes gogues, je parcourais leur mépris, pire, leurs méprises. Complètement à côté de la plaque dès le départ, à expliquer que les noirs ont l'organique, la transe, le funk et que donc, forcément à l'opposé, les blancs doivent avoir l'intellect. Ah bon ? Vraiment ?
Je ne sais pas si je me fais bien comprendre, je ne cherche pas à dire que j'ai raison contre les autres, je veux avoir raison avec tout le monde. On ne peut pas ne pas aimer un genre dans sa globalité, encore moins un genre aussi diversifié et complexe. Ou alors, on s'arrête au vibrato de Véronique Sanson, au nasillard de Dylan, à la fumette de Marley, à la frange des Beatles, à Mick Jagger il est pédé, à James Brown c'est toujours pareil...au rap ils savent pas chanter )))
Charlu, tu vaux mieux que ça. Colle toi l'album de JPEGMAFIA dans les esgourdes, au casque, le soir, au lit. Prends la version Deluxe, celle qui commence par un gamin qui chante du Bob Marley, comme les gamins de Sandinsita! chantaient Carrer opportunities. Lâche les amarres, enclenche le ciboulot sur le mode cartographie et voyage.
Ah! Et ne sois pas parano avec Alexa, elle n'écoute rien, si tu savais, faut répéter dix fois avant qu'elle comprenne. Pire qu'un gosse ))
Je te fais des gros poutoux (pas Philippe, ça va pas non ?)))) pour me faire pardonner de t'avoir torturé un dimanche.
:))) IApproxi..je prends.. bon, démasqué. Un survol guidé, mais tu sais ma came et mes allergènes. Mais je prends tout ce que tu dis. Aussi, je comprends ce que tu dis, j'ai perso une fatigue inexplicable qui me fait fuir l'incompréhensible, une angoisse qui me vautre dans le confort ?? je me rassure, je me dis que j'ai pas beaucoup de temps (c'est pa totalement faux) pour me rependre et me disperser...même si je pourrais le trouver ce temps. Je comprends totalement que tu dis, j'ai beaucoup de mal avec la voix de Dylan, pourtant, j'ai bossé et ça passe par intermittence...je picore et garde qq trucs, comme pour Van Morrison (blème avec sa voix). J'ai aussi un problème avec l'imposture.. et c'est là que je fourre plein de truc rap dedans.. rap + jazz = récup avec des idées sonores .. gimmicks, samples piqués rafistolés à défaut d'en inventer. Mais ça peut être bon, si on fait l'effort. J'ai le même problème avec l'Opéra..j'ai testé depuis que je suis né (grand père ténor, daronne addict..), j'ai retenté, je retente..rien du tout (demande au Toine). Du coup, et c'est sérieux, j'envie qqfois les amarres rompues.
SupprimerJe prends le poutou, promis demain JPEG au casque entre Montpar et Placed'it (oui parce qu'au lit en survête, c'est non).. tu seras responsable de mes humeurs dans la déontologie collaborative d'un lundi laborieux qui s'annonce, ou pas :)) Merci pour ce gros retour ;D
Je crois que les rockers dénigrent le hip-hop essentiellement parce que les rappeurs ne sont pas des musiciens, qu'il est basé (à quelques exceptions près) sur des beats, des programmations et des samples. Ils affichent le même mépris pour la techno et ses sous-genres ou pour la synth-pop. Ou pour une bonne part de la pop, qui serait mièvre et commerciale.
RépondreSupprimerExact ! Sauf qu'ils se fourvoient doublement. D'abord pas mal de rockers, certains parmi les meilleurs, ne sont pas musiciens non plus (ou de bien piètres), tandis que pas mal de rappeurs en sont de brillants (Flavor Flav est multi instrumentiste, il joue du classique au piano !) en plus d'être capables de maitriser n'importe quel studio, alors que Steven Tyler croit toujours qu'une table de mixage sert à se faire des rails dessus )))
SupprimerBonjour Ranx,
RépondreSupprimerJ'ai bien écouté les liens
Et j'ai pu lire les commentaires.
J'ai bien accroché sur le premier lien
Et en particulier sur le saxophone
Par contre je ne comprends pas bien la langue de Sheakspear...
...Ou de 2Pac en l'occurrence
Je veux dire, avec 2Pac il y a des sites qui référencent ses Lyrics
Et cela me permets de comprendre les paroles.
Cependant j'ai aussi beaucoup aimé Hank IV
Et je voulais te dire que c'est le truc le plus proche d'Alan VEGA
Que j'ai écouté depuis... Alan VEGA.
Pour le reste, je n'aime pas trop The Clash et le mélange des genres.
Mais je comprends qu'on ne soit pas d'accord avec moi.
En fait j'écoute beaucoup MORRISSEY en ce moment
Je n'ai pas pu me rendre au concert qu'il a donné à Lille
Et je suis triste.
Julien DUCHATEAU depuis la Bibliothèque de Quimper
Je suis aussi nostalgique de l'époque où les blacks reprenaient les tubes blanc à commencer par ceux des beatles ou des stones. Julien DUCHATEAU à Quimper
SupprimerOn trouve toujours des sites qui proposent les lyrics d'à peu près tout le monde, c'est vrai que c'est une bonne façon de se concentrer sur un disque.
SupprimerMorrissey et l'humeur nostalgique vont souvent ensemble. Les concerts, je m'en méfie, ils sont souvent décevants, il vaut parfois mieux garder ses fantasmes intacts.
En traînant sur internet je suis tombé sur ce que je cherchais : la reprise de jumping jacky Flash par Aretha Franklin !!! Ça m'a sorti de ma torpeur. Julien
SupprimerJ’ai retrouvé l’album ”All My Heroes Are Cornballs”, une critique MAGIC bien entrainante, marrant de le retrouver, je ne l’ai écouté qu’une seule fois, sans avoir été déçu en fait, je l’ai bien aimé comme un bon bouquin et je ne l’ai pas réécouté comme si une seule écoute était suffisante. Des collages, des fragments souvent accessibles mais avec j’avoue un talent confondant, cela semble toujours opportun et puis surtout c’est à foison, d’habitude une bonne idée de samples groupés est répétée le long d’un titre, lui il passe vite à une autre idée. Ça c’est pour « All My… »
RépondreSupprimerMaintenant je suis sur « I Lay Down … » Cette même impression, démarrage bien plus rock, mais toujours ces virages à 180 degrés. « New Black History (feat. Vince Staples) » + « Cult Status » bon exemple de ce que j’écoute jusqu’au bout, mais une seule fois. Pas trouvé l’élément curieux qui donne envie de comprendre, je pense à ton commentaire sur l’envie d’écouter encore et encore quand tu pressens un truc qui se révélera, ça colle avec un « Don’t Rely On Other Men » surprenant. Après « Coke & Dope » dont les dernières notes ferment bien ce moment, Je décide de reprendre la lecture, heu l’écoute plus tard. Finalement je m’aperçois que j’ai besoin d’une pause car pas de répit, l’auditeur est tout le temps sollicité, jamais largué mais impossible de se laisser aller, un peu comme des disques de Free Jazz, ça vaudrait le coup de combiner deux écoutes, pas pour la similitudes mais pour la même façon d’écouter, ne pas lâcher. Je reviens sur ce que j’ai dit avant, Jpeg reste accessible à condition de ne pas lâcher
J'apprécie ta bonne volonté, sans toutefois occulter de ton propos une fainéantise intellectuelle absolument scandaleuse ! ))
SupprimerJe m'explique. Nous sommes, pour la plupart, d'une génération qui a digéré Low, Heroes, Lodger, le Krautrock, la New Wave synthétique, la vague Noise et, pour en revenir à Bowie, Outside pour les plus jeunes et Blackstar pour les gamins.
Alors quoi ? Je veux bien prendre en compte qu'une écoute trop assidue de Costello et McCartney peut entrainer un ramollissement des facultés, mais ce n'est quand même pas un disque de Hip Hop plus rock et expérimental que la moyenne qui va devenir un insurmontable Annapurna. I Lay Down s'apprivoise dès la quatrième écoute, on a les clés des influences et niveau durée, c'est pas Sandinista!
En fait, il suffit d'avoir envie d'être dérangé, mis mal à l'aise dans son propre environnement. Faut retrouver l'accuité qui nous a révéler les meilleurs de nos disques. Perso, je le fais suivre partout, dans mon salon à musique, dans la Kangoo (couleur La Poste), dans le smartphone (je sais enfin que ce n'est pas un iPhone), au lit avec le casque sur le crâne. Et c'est magnifique. Les riffs fracassants, les passages toastés, les crises répétitives, les basses synthétiques et les bruits blancs.
Tiens, voilà une remarque intéressante. La production est blanche. Sans les grosses basses que l'on attend d'un disque de HIp Hop. C'est d'autant plus déroutant que le spectre le plus haut est lui encombré comme jamais, les aigus saturent et paraissent brouillons au début, parce que notre oreille est préconditionnée. Un petit coup de loudness facilite l'approche.
Petit détail significatif de la volonté d'unité du disque, les titres des morceaux ne figurent à aucun endroit du vinyl, ni sur les étiquettes centrales, ni sur la pochette intérieure, encore moins sur l'extérieure. Une petite recherche sur apple music m'informe que Vulgar display of power est démentiel.
J'ai écouté sommairement All My Heroes.. et les autres aussi, aucun ne m'a accroché comme I Lay Down. J'y reviendrai, mais de prime abord, ils me semblent moins riches.
Punaise, je suis en fin de face 2, I recovered from this, complètement planant avec cette chorale qui devient vaguement synthétique, puis à nouveau parfaitement humaine, une guitare sèche, les violons qui vont et reviennent, son rap nerveux qui se pose sur les chœurs, puis s'éteint tandis que la musique et les voix concluent le disque.
Bah, c'est du très grand art.
" Costello et McCartney" je sais reconnaitre un compliment connaissant ta pudeur légendaire... Je te crois pour les écoutes que tu ressens, en fait tu deviens hostile au format couplet refrain, à la répétition. tu veux être surpris, sollicité toutes les xx secondes. Tu as trouvé le bon artiste, c'est certain, n'empêche une bonne chanson à siffler sous sa douche.
SupprimerJe crois que j’ai saisi, tu écoutes la version director’s cut et moi la version standard. Bascule sur celle-ci, elle est plus concise. J’ai d’abord pensé que la director’s cut proposait plus d’accroches pour un public rock, c’est d’ailleurs peut-être le cas, mais elle est aussi moins homogène et allongée d’interludes pas forcément indispensables. Faut se familiariser avec le trip originel avant de prendre le grand large avec la versioncinématographique.
SupprimerAussi, tu m’as percé à jour, la fake news sur McCartney a mis mon petit coeur à l'épreuve. Pour fêter sa seconde résurrection, j’ai regardé le récent documentaire sur Wings. Si je passe outre le fait qu’il ignore London Town (!!), l’ensemble reste plaisant et bien fichu. Dans la foulée, j’ai découvert la version mono de Ram et c’est une révélation.
Bluffé par ta déduction, et j’ai suivi ton conseil, il ne me reste plus qu’une séance casque, ça donne envie, des sons si détachés, comme des lunettes 3d mais pour les oreilles. J’ai écouté bien fort dans ma pièce à musique et je suis tombé amoureux de « Don't Put Anything On The Bible » & « I Recovered From This » ben oui, je commence à accepter le « parlé» comme un instrument à part entière, mais quand une voix veut bien suivre une ligne mélodique c’est une respiration pendant ces écoutes en apnée. Gros plan sur les riff de guitares, déflagration à la Prodigy…. À suivre au casque
RépondreSupprimerSalut RANX,
RépondreSupprimerEn fait je mens depuis le début !!!
Je n'arrive pas à écouter les liens au moment où tu les publies.
J'ai besoin de faire la fête avec des amis pour écouter
Alors, on clique sur les liens et on se détend
C'est comme ça que j'ai pu accrocher sur PRINCE et sur Alan VEGA.
C'est au tour de mon épouse de partir avec une amie en vacances
Du coup je suis de garde avec les enfants
Promis, à la prochaine fista, je te dis pour le HIP HOP.
En attendant, ça va être rap français avec les enfants
J'ai rien pour et j'ai rien contre
Des fois c'est vulgaire et nul
Des fois c'est vulgaire et bien !
Tout dépend du contexte comme dirait DANI !!!
Bonne continuation et à bientôt.
Julien
Je rebondis sur ta remarque Zappa « la même technique de collage de sons et le même désir d'assembler le beau et le dégoutant pour créer un chaos. Uncle Meat entre aussi dans ce cadre et l'influence de Zappa se retrouve dans le hip hop expérimental bien plus que dans le rock. »J’ai failli écrire « Hooooo luiiii héééééé » Et puis après mure réflexion d’homme d’âge mûr, « Hooooo luiiii héééé il a raison » mais dans l’esprit pas dans la lettre of course. J’ai réécouté « I Lay Down My Life For You” au casque puis “All My Heroes Are Cornballs” au casque abandonné pour à fond sur ma chaine qu’elle est bien.
RépondreSupprimerOui car lu quelque part
« Environnement sonore : L'utilisation d'un casque ou d'un système Hi-Fi de qualité est préconisée. La richesse de la production réside dans les détails de l'image stéréo et les micro-variations de textures sonores qui peuvent être atténuées sur des haut-parleurs standards. »
Alors Zappa oui, comme lui il ne tourne pas le dos à son époque, Zappa c’était le rock à guitare, le Doo Woop, le folk, les effet jazz et prog, le tout éclaté, parfois moqué, reconstruit tout en y trouvant des bouts familiers pour ne pas abandonner à la première écoute et rester intrigué, des textes secouants.
Jpegmafia lui aussi nous propose des bouts de musique familières : Hip Hop, Soul, du Prince ou du Sly Stone un genre à eux seuls, du funk aussi, même du R&B nouvelle version de la tiquette, de l’industriel (à petite dose c’est ce qu’il me faut) du punk ? Avec de grosse touche d’électro pour faire le liant, il sort tout de la marmite et voilà…
Résultat de mes écoutes répétées, c’est forcément une expérience musicale mais – tiens comme pour l’Opéra – les écoutes répétées pour enfin accepter de voir la mosaïque comme un tout solide. En gros écouter un album entier et enfin…. Hop une autre écoute bien costaude, en vélo, à fond… manquent plus que les roues pour avancer, j’ai les deux enceintes placées comme des écouteurs de casques.
Ce fut un grand moment. À un moment mon chien s’est mis à aboyer (le facteur, pas Jpeg) mais ça pouvait coller toute ironie mise à part, sincèrement.
Et pour une fois que l’autotune est utilisé à bon escient, du moins c’est ce que j’ai cru entendre sur certains vocaux, pas pour ajuster, surtout pas.
Sinon, j’interdis que l’on étudie mon subconscient, comprenne que toi.
Le casque est effectivement le meilleur allié pour les découvertes qui nécessitent de l'attention. J'écoute de plus en plus souvent de cette façon, tous les soirs, et parfois trop fort. C'est le piège avec ces engins, tu te fais péter les oreilles.
SupprimerJpegmafia, j'essaye autour de moi, je fais du lobbying auprès des hard rockers qui trouvent ça évidemment trop rap et autour des autres qui trouvent ça trop. Beaucoup trop, même. Pourtant, merde, c'est un disque important.
Vu qu'il les désigne en utilisant le titre Exmilitary, j'ai basculé sur The Death Grips (exmilitary est le titre de leur première mixtape, depuis ils ont enregistré plusieurs albums). Tu as de quoi rentabiliser ton casque, dans le genre délicat -au sens nitroglycérine du terme- ils se posent là.