mercredi 13 janvier 2010

BLAcK RioT

Avec Chamber Music, le Wu Tang Clan vient de sortir non seulement son meilleur album depuis des lustres mais tout bonnement le disque que le Hip Hop n'attendait plus. Autour de RZA, une formation resserrée du Clan, sans GZA, redonne de l'espoir à la Black Music. Carrément. Un disque digne, pêchu, enregistré avec un groupe, gavé de feeling. Un disque important, genre de truc de dingue auquel on ne croyait plus. Il n'en fallait pas plus pour replonger dans les archives du Hip Hop et d'en tirer quelques parallèles avec le Punk.
                                           
             
Y a vraiment des jours où j'en ai marre. Ras le bol d'entendre pleurer, se lamenter, geindre. Plein les os de me farcir les larmoyants de la FM, les Oxmo Puccino, Grand corps mes couilles, Kery James et autres incurables dépressifs. Je ne supporte plus leurs jérémiades. Pire qu'un film de Guédiguian.

Pourtant, dieu sait que j'aime le Hip Hop et que ça date pas d'hier, de Public Enemy, dès Fear Of A Black Planet, à IAM, en passant par Kid Frost, Tone Loc, le premier album de la FF, celui de GZA, ce Words From The Genius avec ses basses qui cognent au plexus et ses scratchs placés en uppercut, le Détournement de son de Fabe, Les X Men de Jeunes, Coupables et Libres ou les singles du Puzzle, tous sont encore là, bien au chaud parmi le reste. Que la Fonky torche Aux absents sur un sample d'A ma fille d'Aznavour, genre de truc à faire craquer les durs, qu'IAM pulvérise tout avec Demain c'est Loin, j'adhère. Les textes sont bien branlés, le boulot est fignolé, je prends. Métèque et Mat de Chill Akhénaton, Où je vis de Shurik'N, Sad Hill de DJ Khéops, Blue Print d'Imhotep, je prends tout. Mais que ce qui a été fait ne soit pas refait éternellement.
Le système par ci, la France pourrie par là, putain de discours qui me niflent méchant, qui me font monter la transpiration, qui me troublent le pastaga. Allez tous crever ! La France est un pays en or (dirigé par des casses-couilles, certes) et le système, on en change dès qu'on trouve mieux mais, désolé, même en louchant chez les voisins, ça ne me saute pas aux yeux. Les chanteurs en mal de crédibilité peuvent continuer ad vitam éternam à balancer des boulets rouges sur la droite, rien n'y fera, tout simplement, et ils le sauraient s'ils étaient moins cons, parce que la gauche ne vaut pas mieux. L'image d'une candidate à la présidentielle cherchant à bouger son corps semi-paralytique au rythme d'un texte débilisant, débité par une Balasko portugaise, sans même se rendre compte que le public d'une pareille tache est à une dizaine d'année du droit aux urnes, a achevé de me convaincre. Vous savez quoi ? Tant que la politique en sera là, je serais fier de rester au bistrot les jours de vote.


La vérité c'est qu'on se fade coup sur coup deux générations de mongoliens tendances j'ai peur donc je bronche pas, du qui gonfle le torse devant sa glace et ses potes mais qui se révèle tellement dégourdi que c'est pas demain qu'il va savoir cuisiner un œuf à la coque.                                 
Entre les bérus qui voulaient que je sois pote avec tous les enculés du monde (ce qui est absolument hors de question) et les ntm qui se sont cru en position de donner des leçons alors qu'ils avaient juste gagné un nez de clown à la loterie, la relève était mal barrée d'emblée. De toute façon, c'est ça ou les Souchonisés, cette bande de niaiseux qui monopolise les modulations de fréquence. Les tristes cons de l'incompétence musicale, toute une palanquée de maxime leforestier new age, alors qu'on est toujours pas débarrassé du modèle original. Argh.


Le Hip Hop a été un échappatoire à tout ça. Pendant un temps, il m'a semblé que le vieux rêve de Joe Strummer allait se réaliser, que la musique allait s'émanciper de son carcan réducteur, du son des FM, du format calibré, des compromis bidons. Le Rock'n'Roll allait redevenir une affaire sérieuse, jamais depuis les origines un mouvement n'avait été aussi complet, danse, scratch, graffiti, langage, dégaines, tout était neuf et incontrôlable. 

Partout la basse était à l'honneur, après une décennie de solos de guitares, je jubilais. 


Les américains posaient les fondations et les Marseillais bâtissaient un édifice. Chaque semaine nourrissait les bacs des disquaires de nouvelles rondelles, les boucles construites avec des sons piqués sur les vinyls vintages, comme autant de voyages à travers le temps, faisaient le lien avec notre histoire. Les cris de James Brown, les riffs de Van Halen, une intro de Lou Reed, un vieil air napolitain, tout était réduit à l'essentiel, pour n'en garder que l'efficacité. Durant la fin des 80's et la totalité des 90's, je n'ai quasiment, en matière de nouveautés, écouté que ça. Les Nirvana, les Pearl Jam et tutti quanti ne devaient pas compter sur moi pour rentrer la maille, je ne jurais que par le Wu Tang, les Fat Boys, A Tribe Called Quest, Beatnuts, Beastie Boys, EPMD, NWA ou Third Bass et, plus encore, Public Enemy !
Ainsi vont les choses, en dehors des chemins balisés.


Difficile d'imaginer que le Hip Hop US fut autre chose que le précurseur de ce R&B répétitif, fade et insipide qui pollue depuis trop longtemps les charts du globe. Cette formule voix féminine sur le refrain et samples putassiers va faire atteindre au style des sommets en termes de ventes en même temps que des abysses en terme de créativité. Impossible, dès lors, sans replacer le tout dans son contexte, d'y voir le prolongement du Punk, la plus significative mise en pratique du Do It Yourself. 


Ce fut pourtant bien le cas. Ainsi que le plus triste des gâchis. Toute une culture hélas trop pointue pour un public confondant élévation et dégradation, graffitis et vandalisme, transformant au passage la moindre façade en véritable mur de chiotte. En cela aussi on peut rapprocher le Hip Hop du Punk et de ses affreux à clébards. Dignité quelqu'un ? N'est pas Lee Quinones qui veut.  

Un peu d'histoire.Tandis que les trépanés de tout bords en étaient encore à se demander si le morceau ne soutiendrait pas quelques messages à caractère raciste (bouh le vilain Joe), White Riot, emblématique claque dans la gueule du premier Clash, réveille au fin fond du Bronx la fibre polémique d'un jeune du ghetto. Paradoxe parmi les paradoxes, ce titre qui s'inspirait de la révolte Black en la transcrivant aux blancs-becs des late 70's que le gars Strummer espérait voir se soulever (autant dire qu'il est mort déçu), va à son tour inspirer la révolte du groupe le plus jusqu'au-boutiste que le monde de la musique ait jamais connu: PUBLIC ENEMY ! 



Las de voir la Soul et le Funk se noyer sous les cordes, le savon et la dope, le môme Chuck D va tenter, et réussir, l'impensable: mixer Le CLASH et RUN DMC ! En enjolivant le tout façon barbelés avec un discours à faire passer les Black Panthers pour des adeptes du Modem.

J'ai déjà causé dans les grandes largeurs de l'œuvre de P.E. C'est simple, pour moi, Public Enemy est le seul groupe encore en activité à faire bondir mes neurones dès l'annonce d'un mouvement de leur part. Que ce soit sur scène ou sur wax, ils sont les derniers des durs. Avec eux pas de limitation sonore, les excès sont la norme. Plus encore depuis qu'un pur groupe s'est ajouté au DJ.
Barouf général et prose en état de guerre, that's P.E !



Le pourquoi d'une telle remonté d'adrénaline dans mon organisme, qui n'en demande pas tant, est consécutive à la réécoute d'un album laissé au placard depuis un bail. Alors, je me demande, je me pose des questions sur moi-même, sur la véracité de ma passion, sur ma connerie à toute épreuve. Passer autant d'heure à subir de l'ordinaire, du frelaté, alors que sommeillait, peinard, ce Nigga Please de folie, franchement, quelle déraison que de me priver de l'écoute du second album solo du fada du Wu Tang Clan: Ol' Dirty Bastard.




Armé d'un son massif (c'est rien de le dire), le disque dégage une ambiance de jobastrerie totale, une hallucination de chaque instant. ODB, animé d'un feu furieux, une poignée de mois avant de s'overdoser au crack, enregistre ce machin indescriptible sans se soucier de quelque considération commerciale que ce soit. Pas besoin, il est entouré des meilleurs: RZA, of course, l'homme du Wu Tang, le magicien de la B.O du Ghost Dog de Jarmush, mais aussi les Neptunes, avant que ceux-çi ne deviennent une machine à tubes.
Le furieux en chef n'a, dès lors, plus qu'à poser son flow torturé sur des samples effrayants d'efficacité et d'originalité. Pensez donc, ce disque va jusqu'à proposer un slow blues que
Sinatra n'aurait pas renié ! 


Nigga Please est ce genre de LP à avoir fait du Hip Hop une musique novatrice. Entre reprise bave aux lèvres du Cold blooded de Rick James le pervers et agressivité qui en remontre à tout les simili-Rockers, le disque est un reflet sans fard de l'insanité mentale de son auteur. Un sommet. Ça triture les intestins, ça invective, ça lâche pas l'affaire, pire qu'un pitbull avec vos couilles entre les crocs.

Tentez You don't want to fuck with me (à entendre ODB brailler le refrain, on la comprend), brûlez vous la couenne au groove infernal de All in together now, subissez l'outrance blasphématoire de (Jesus, I'm) Rollin wit' you (sur une musique entre film d'horreur et procession vaudou). 


Dès le second morceau, ce I can't wait indéfinissable, vous regretterez d'avoir laisser l'aiguille se lover entre les sillons noirs de la bête. Si, bien-sur, vous tenez jusque là vu que, d'entrée, le Recognize placé en ouverture fait passer Killing Joke pour de braves popeux un brin dérangés. Quant à une juste description du morceau titre (Nigga please, donc, pour ceux qui décrochent), elle donnerait un truc du genre: cuivres obsessionnels, enchevêtrement de voix, guitare obsédante, araignée collée au plafond.
Ol' Dirty Bastard restera un personnage pour le moins à part. Dans le monde devenu si formaté du Hip Hop, il n'aurait carrément plus sa place de nos jours. Mais que ce fut bon.


Je reviendrai sur tout ça, sur le premier album du Wu Tang Clan, ce 36 Chambers qui est au genre ce que Raw Power fut au Rock, un bloc de low-fi conçu pour faire souffrir l'auditeur, pour le stimuler, faire réagir ses fibres nerveuses. Pas un truc pour flatter les convaincus, assurément. Et aussi ce Chamber Music tout frais, il vous le faut celui là, grosse claque inespérée. RZA, Ghostface Killah et Inspectah Deck nous ont bichonné un fantastique album, en dehors du son conventionnel, un disque qui pourrait remettre la   machine en branle. Je croise les doigts.
                          
Faudra, aussi, que je cause des chicanos de Deliquent Habits (des gars qui collent des cuivres mariachi sur des beats démoniaques), du Original Gangster de Ice T, peut-être tout bêtement l'un des meilleurs albums de Hip Hop jamais gravé, de l'Electro, cette version anorexique du Disco qui submergea New York, bien plus que la No Wave pourtant mieux considérée par les archéologues. Y a du boulot à faire !


Seul le Clash, encore, aura su vivre cette révolution en temps réel, Radio Clash en témoigne. Objection crieront les uns et ils auront raison, Talking Heads, par eux même ou via le Tom Tom Club, Blondie avec Rapture, véritable histoire d'amour sonore avec Grandmaster Flash, ont su, à leur façon, capter cet air du temps, comme un dernier coup d'air frais avant la grande asphyxie. Aucun ne pourra toutefois s'en réclamer comme le peut l'équipe du Westway, Sandinista! Combat Rock (et plus encore sur sa version Rat Patrol From Fort Bragg), les B.Sides des derniers singles, tout le Clash tendra vers ça, ce melting pot de sub-cultures.
Pfff, j'imagine qu'arrivé là, notre gars 7red rebondira sur les productions Boogie Down de KRS One, sur Gangstarr ou ces Third Bass jamais très éloigné de sa platine.
Vaste débat en perspective et nuits sans sommeil pour le voisinage.


BASS FOR YA FACE !




 HUGO SPANKY

mardi 12 janvier 2010

ROMaNCE & ciGARETTEs


John Turturro est un seigneur. Un acteur rare, le genre qui se fait oublier derrière des rôles inoubliables. John Turturro, tout le monde le connaît et personne sait qui c'est. Pizzaoïlo irascible dans Do The Right Thing, Jésus Quintana tout de pourpre vêtu dans The Big Lebowski, Barton Fink dans Barton Fink, immanquable dans O'Brother ou tout simplement fabuleux dans le trop méconnu Box Of Moonlight, l'italo-américain est ce style d'acteur qui revient à l'esprit dans les souvenirs.
   
En gars de Brooklyn, John Turturro a toujours fait sienne cette idée d'un certain cinéma, de New York ou d'ailleurs, celui des frangins Coen, de Tom Di Cillo, Spike Lee, John Waters, Jim Jarmush, Danny Boyle et d'une trop rare poignée d'autres. Un cinéma proche de la vie, consanguin avec la musique.
Alors quand notre homme réalise une comédie musicale, c'est pas qu'un peu que je tends l'oreille. Mieux, j'en piaffe d'impatience, véritable amoureux du genre que je suis. De West Side Story à Psycho Beach Party en passant par The Girl Can't Help It, Gentlemen prefer Blondes ou Cry Baby, tant que ça danse, chante et que les couleurs explosent, c'est pour moi.






Anachronique comme pas permis, le projet de Turturro avait tout du casse-gueule annoncé et les critiques n'y allèrent pas de main morte pour le tailler en pièce, sans doute que les films à maigre budget sont devenus l'unique défouloir autorisé pour des journalistes rabaissés, la plupart du temps, au rôle de publicitaires pour majors.
Sauf que dès le casting, c'est du bonheur en barre, James Gandolfini, le Tony des Soprano en mari infidèle, Susan Sarandon en épouse revancharde, Kate Winsley en rouquine incendiaire, Marie Louise Parker, celle là même qui deale de la Weed sur les bonnes chaînes, Steve Buscemi et un Christopher Walken jamais pris en défaut sur un bon coup, je connais pire comme affiche. Et si Turturro dut financer lui même la distribution de son film, devant l'incompréhension des studios face à un cinéma à dimension humaine, ce n'est que le reflet de notre triste époque où tout doit être armé de superlatif pour exister.




S'il magnifie les rouquines et les coups tordus (Gandolfini en Samson enchaîné par Dalila, une mère qui rappelle à son fils à quel point il est important pour un homme de garder ses affaires de cul pour lui) Romance and Cigarettes est aussi bien plus que ça, porté par sa bande son et ses numéros aux chorégraphies millésimées 50's, ses couleurs percutantes, il nous embarque tout là haut, over the rainbow. Nourrit au Doo Wop, au Gospel, bref jamais très éloigné de la Soul, même lorsqu'Elvis s'invite au banquet pour un Trouble à rugir de plaisir, le film est sublimé par la musique mais tient aussi parfaitement la route lorsqu'elle s'absente.
C'est un bonheur de dosage que Turturro nous a concocté là, que le fantôme de Janis Joplin vienne décoiffer la messe pour un Piece of my heart partagé avec Dusty Springfield et Erma Franklin, que James Brown sermonne celui qui a pêché d'un It's a man's man's world toujours aussi poignant malgré le sablier, rien n'est de trop.


 John Turturro s'est souvenu d'une chose essentielle mais trop souvent traitée avec infidélité : un bon film, c'est un bon scénario. Et baladé que nous sommes entre rêve, féerie et deux pieds dans la merde, lorsque se déroule la dernière bobine il ne reste plus aucun risque pour qu'on l'oublie. Ce film est une fête, qui comme toutes les fêtes finit en gueule de bois. 

 


Drôle, cocasse, émouvant sans jamais tirer sur les grosses ficelles, Romance and Cigarettes se regarde comme on lit un roman de John Fante.
En se servant de la musique pour ouvrir nos cœurs, nos esprits et mettre notre sensibilité à vif, John Turturro, sans prise de tête, nous amène à la réflexion. Et, mine de rien, ça faisait un bail qu'un film ne m'avait pas fait ce coup là.

                                                            
 Hugo Spanky

mercredi 18 novembre 2009

KeiTH MooN


1966, Keith Moon a 20 ans, il est en passe de devenir une des rock-stars les plus adorées d'Angleterre, il épouse la superbe Kim Kerrigan, elle lui donnera une fille peu après, les amphéts n'ont pas encore fait de dégâts, le futur s'annonce radieux.

4 Janvier 1970, Keith Moon et sa bande se retrouvent dans un pub mal famé. La Bentley sur le parking, le goût de notre homme pour le Brandy, les tenues branchées des dames, tout cela ne passe pas inaperçu au milieu d'une bande de hooligans fraîchement sorti de l'usine. L'heure tourne, la fermeture approche et le ton monte. Réduit à s'entasser en urgence dans la bagnole, l'affaire tourne à la panique lorsque la Bentley menace de se retourner sous la pression d'une dizaine de gusses parfaitement ivres et déchaînés. Saloperie de Rock stars millionnaires, la connerie n'a plus de limite.  
Neil Boland, chauffeur et garde du corps de Keith Moon, sort de la voiture pour tenter de s'interposer, le temps que Moonie puisse manœuvrer pour les sortir de là. A l'intérieur du véhicule, l'odeur du désastre s'est imposée, les filles hurlent, une vitre éclate, Keith enclenche première, marche arrière, tourne, vire, fini par trouver l'ouverture et fonce sur une poignée de kilomètres avant de s'arrêter pour appeler la police. C'est à ce moment là qu'il découvre le corps de son pote coincé sous la Bentley. Aucun des deux ne s'en remettra, ce soir là Keith Moon a mis un pied dans la tombe.
L'autodestruction va devenir systématique, les déprimes vont devenir chroniques et aucune groupie n'y pourra rien changer. Pamela Desbarres se souvient d'un Keith Moon passant du rire à d'incontrôlables sanglots, le regard vide, l'esprit dérivant entre folie et raison.


Tout est toujours aller très vite pour Keith Moon, dès le deuxième album des Who, le fabuleusement mod A Quick One, il enregistre son chef d'œuvre, I need you. Sans déconner, c'est sur ce morceau que Keith Moon est le mieux capté, ses frappes faisant saturer les micros. Terrible.

Je pense que quiconque à entendu un morceau des Who le sait, Keith Moon n'a rien d'un batteur ordinaire, il se contrebalance du tempo, dégage la charley pour la remplacer par une seconde grosse caisse, multiplie les fûts afin de se lancer dans des roulements que rien ne peut brimer, joue avec tout son corps, se lève de son tabouret pour mieux appuyer les frappes, gesticule à n'en plus finir, jongle avec ses baguettes, mime les parties vocales, grimace et tire la bourre à Pete Townshend dans d'incroyables échanges sonores d'une violence fusionnelle plus jamais entendu depuis. Grand fan de Surf Music, Keith Moon a développé son jeu à l'écoute des disques de Jan & dean, petite particularité du duo : ils utilisent deux batteurs simultanément. Un détail que le jeune Moonie ignore, il apprend donc à jouer comme deux. Happy Jack en témoigne.

Avant d'en être là, il y avait eu l'album My Generation, genre de disque dont l'impact est difficile à décrire aujourd'hui. Disons que s'il est conçu comme n'importe quel autre album des alentours de 1965 (des reprises, un blues et une poignée d'originaux) c'est du côté de l'interprétation qu'il faut chercher la nouveauté.
Et c'est rien de le dire, le son est une gifle, les instruments ne sont plus aimés et respectés, ils sont torturés, malmenés au point de rompre. Bien plus qu'un groupe, les Who sont un bloc. En prime, ils ont un message, ils viennent pour faire table rase du passé, pour réclamer la vérité, pour s'affirmer et imposer le respect dû à leur génération. Même s'ils ont du mal à l'exprimer.

Townshend et Moon s'entendent comme larrons en foire, plus encore lorsqu'il est question de faire tourner Daltrey en bourrique. Après l'avoir évincé un temps, voilà qu'au moment d'enregistrer Sell Out les deux affreux s'en donnent à cœur joie pour brimer leur chanteur.


Dès l'ouverture de l'album, Moon harmonise à tout va, révélant l'étendu de son amour pour la Surf music et ses enchevêtrements de chœurs. A son poste de prédilection, il n'est pas en reste, fracassant sur I can see for miles, tout en subtilités sur Tattoo (et en fait tout le reste du disque), il spécifie avec classe tout ce qui le séparera à jamais des autres batteurs. Ce talent pour le contraste. Et qu'on vienne pas me gonfler avec le lourdingue du zeppelin. Merci d'avance.

Sell Out est l'un des plus beaux disques des 60's, le témoin d'une collaboration que le renfermement sur lui-même de Townshend à partir de Tommy empêchera de renouveler. Encore un putain d'album celui là, trop longtemps présenté comme une "Œuvre" un truc casse bonbons, genre opéra rock et tartanpion. Je me demande s'ils ont écouté le même que moi.
Tommy est le premier disque à m'avoir branché direct sur la musique, à m'avoir embarqué complétement jusqu'à le connaître par cœur. Et sans drogue ! Déconnez pas, j'étais trop môme.


Je recadre. Les 60's n'en finissent plus de s'éteindre, les morts sont connus, les Who s'en contrefoutent, ils sillonnent les States, assomment Abbie Hoffman sur la scène de Woodstock et, en pleine ambiance patchouli, sortent leur album le plus virulent, Live At Leeds. Sur la pochette le groupe publie les notes de frais relatives à diverses destructions. 




Moon n'est déjà plus un cadeau, déraisonnable au possible, il navigue en permanence entre défonce et picole, s'amuse à faire flipper son monde avec des coups tordus qu'un livre ne suffirait pas à relater. Dans un Holiday Inn du Michigan, il fête sa majorité au cours d'une nuit d'excès conclue par une interdiction à vie de séjourner dans la célébrissime chaine d'hôtels.



Chambre réduite en bouillie, personnel en état de choc, bagnole dans la piscine, c'est le tarif minimum lorsque le fou furieux pose ses valises. Une nuit, il grimpe sur la corniche du sixième étage et de sa chambre rejoint celle des Grateful Dead en jouant à l'équilibriste pour un peu plus de sensation encore, plus tard il fracasse le mur séparant les deux turnes, il avait oublié ses clopes...




Tout n'est pas idyllique au sein du groupe, depuis qu'il n'est plus autorisé à lui cogner dessus, Daltrey évite son guitariste. Après s'être haï, le groupe en est à s'ignorer.
Who's Next est un cauchemar à enregistrer, Glyn Johns se verra confier le bébé après que les quatre furieux aient claqué la porte du studio, à lui de faire de la retape pour bâtir un disque à partir de bandes disparates. Le ciel s'assombrit, les Who pissent sur la pochette et désignent une photo montrant Keith Moon entre les jambes d'une pute pour assurer la promo du disque. Tout va pour le mieux, donc.

1973, Keith tient étonnamment bien le coup, dynamiter les chambres d'hôtel, éventrer les waterbeds, jouer une nonne pour le film de Zappa, descendre du Brandy du lever au coucher, tout ça l'amuse encore et John Peel vient de l'embaucher pour animer Life With The Moon, un show radio taillé sur mesure pour son goût de la déconnade à l'anglaise. L'humour pince sans rire, sa spécialité, comme cette fois où le responsable du motel dans lequel séjourne le groupe viendra dans sa chambre lui demander de faire moins bruit, quelques minutes plus tard Moonie dynamite sa salle de bains avant de déclarer au même gonze, qu'on imagine abasourdi par l'explosion, "ça c'est faire du bruit, mon cher monsieur"
Et du bruit, Keith Moon compte bien en faire encore un maximum, surtout que Townshend semble avoir réglé ses obsessions envers Tommy et convoque ses hommes au studio.


Quadrophenia reposera en grande partie sur le jeu cataclysmique du batteur, parfait pendant aux images de vagues déchainées se fracassant sur les rochers (The Rock) qui affluent dans le cerveau court-circuité d'un Townshend, à l'instar de Moonie, sur le chemin d'un alcoolisme jusqu'au-boutiste.
Le double disque est ce qu'il est, nombreux sont ceux qui le trouvent trop ceci ou trop cela, en fait c'est juste une grosse claque sonore. Jamais la rythmique n'a autant fait corps, jamais Entwistle et Moon ne se sont autant renvoyé les coups, dès The real me.
Je ne vais pas tartiner, pas disséquer, j'aime 90% de la production des Who jusqu'à Who Are You, je veux dire, j'ai acheté la VHS de The Kids Are Alright avant même d'avoir un magnétoscope. Voyez le genre.



La tournée qui suivra sera celle de toutes les folies, bagarres entre eux, évanouissement en plein concert pour Moonie, degré de décadence jamais atteint encore auparavant. Sauf que malgré ça, malgré un répertoire absolument pas conçu pour la scène, du moins pas pour un groupe aussi indiscipliné que les Who, chaque soir ils tuent sur place des spectateurs plus tellement habitués, en ces années progressives, à se faire secouer les puces de la sorte. Quitte à virer les titres de Quadrophenia, quitte à ressortir du chapeau des reprises d'un autre temps, les Who massacrent l'assistance en même temps qu'en coulisse, ils achèvent le peu de santé qu'il leur reste. 
La descente sera violente.
Ce sont d'abord les services du fisc anglais qui s'intéresse aux finances de Monsieur Moon. Particulièrement vorace, l'Angleterre voit ses stars s'exiler au quatre coins du monde et compte bien se refaire la cerise sur les quelques-unes qui s'acharnent à rester au pays.

Évidemment, Moonie gère sa fortune comme le reste: "Lorsque mon comptable est venu me dire que j'étais millionnaire, je lui ai demandé ce qu'il me conseillait de faire. -Avec ce que les impôts vont vous prendre, je vous conseille de dépenser de manière déductible -Vous me conseiller de dépenser ? -Oui - Et six semaines plus tard, j'avais tout claqué ! J'avais acheté quatre maisons, un hôtel, huit voitures, une piscine, des courts de tennis, un chalet en bord de rivière entièrement meublé style renaissance..."

Du coup, il se barre vivre à Malibu, un risque de catastrophe naturelle supplémentaire pour le comté de Los Angeles. Ce sera le lost week end de Lennon, les fêtes dévastatrices avec Alice Cooper, Harry Nilsson, Oliver Reed, qui les voient se faire sortir des bars au petit jour. Ringo Starr et Moonie deviennent inséparables, véritables jumeaux en goguette à la recherche du dernier frisson.


Entre deux bitures, il enregistre Two Sides Of The Moon, son unique disque solo. Keith s'y contente de chanter et ne touche à la batterie que sur trois titres, l'album n'est même pas raté pour autant, une sucrerie californienne qui au grès d'excellentes reprises de Ricky Nelson (Teenage idol), des Beatles (In my life) ou des Beach Boys (Don't worry baby) n'en oublie pas une énergie faisant défaut à plus d'un disque de l'époque. Le très punk Move over Ms L signé Lennon en meilleur exemple ou cette explosive cover de The kids are alright. 
En fait, l'album ressemble à son auteur, pas vraiment un exemple de sérieux et de rigueur mais indéniablement touchant à plus d'une occasion.

Problème, Keith n'est plus un kid et à voir sa tronche on lui donne facilement la quarantaine bien tapée alors qu'il n'a même pas trente ans, son corps et son visage sont irrémédiablement bouffis, son organisme jette l'éponge face à d'incessantes nuits d'abus. Les Who cessent les tournées, le temps que leur batteur se requinque. C'est mal barré, le gars va d'orgies en partouzes, en gobe de toutes les couleurs, sniff à s'en faire péter les vaisseaux, le tout tantôt grimé en un improbable pirate borgne, tantôt en cureton vicelard. Parfois il trouve un semblant de paix, demande à une groupie de se saper en gamine et pleure sur ses genoux d'amères larmes sur le souvenir qui le hante.
Autant le dire net et précis, Keith Moon est en passe de relever de l'internement psychiatrique.




En Angleterre, Daltrey flippe en entendant les rumeurs sur l'état de son ami. Le hurleur des Who connait le tempérament et les frasques de Moonie, déjà à Londres, il avait mis Scotland Yard en alerte lorsque déguisé en vicaire il s'était fait kidnapper par des complices, en plein centre ville, gesticulant de tout son saoul, se débattant, hurlant devant les quidams de l'heure de pointe. Il faudra plusieurs jours et que l'histoire tourne au drame national pour que Keith avoue la supercherie. Mais Daltrey devine que cette fois c'est du sérieux, Moon doit rentrer à Londres et les Who reprendre la route afin de lui fournir une motivation. Townshend s'y oppose, carbure à l'héroïne, se torche au cognac, les deux hommes se battent une fois de plus puis s'insultent via la presse. Du grand n'importe quoi dans la plus pure tradition du groupe.
Pendant que ces deux là font les zouaves, à L.A c'est rien ne va plus. Kim plie bagages et embarque leur fille. Elle avait épousé une popstar en vogue et se retrouve avec un fou furieux, prendre des œufs frais en pleine tronche à la moindre occasion ne correspond pas à ses espérances. 


Et quand c'est pas ça, Keith est trop bourré pour baiser. Madame Moon est soumise à rude épreuve: Un matin, Keith pouvait se lever et décréter qu'il serait Hitler pour la journée. Il n'en démordait plus, il se faisait une petite moustache, se plaquait les cheveux et balançait des saloperies à tout le monde avec un putain d'accent allemand.
Kim en connait un rayon sur le bonhomme, plus que quiconque elle voulut le changer, le raisonner. Peine perdue.


Il faudra attendre 1977 pour que Moon accepte de se soigner sérieusement. Le défi est de taille. Une première fois il avait tenté de ralentir, alors que les Who enregistraient une nouvelle version de Tommy pour la B.O du film de Ken Russell, Moon avait été remplacé par Kenney jones des Faces afin de lui donner le temps de s'offrir une cure de désintoxe.
A l'entendre par la suite démonter son kit de batterie sur In a hand or in a face, point culminant de The Who By Numbers, on aurait pu croire à une réussite, ce n'était qu'une rémission.

Mais cette fois les temps ont changé brutalement, partout les jeunes groupes sont sans merci envers les aînés et même si ils ont été épargnés par le gros des critiques, les Who n'en sont pas moins attendu au tournant. Une série de concerts de rodages est programmée afin de préparer la tournée qui suivra la sortie de Who Are You, Keith s'accroche à sa bouée et tente d'évacuer les toxines. Le dvd Killburn 77 en est témoin, le groupe est vivant, rageur, les Who refusent d'être autre chose que le groupe le plus bruyant et efficace que le monde puisse connaître.
Townshend va jusqu'à traquer les punks dans leurs pubs favoris, fin bourré il les insulte, les invective, s'ils veulent se mesurer à la légende, qu'ils viennent.



En parallèle, Keith Moon rejoint les Monty Python avec lesquels il collabore au scénario de La Vie De Bryan, il doit tenir un rôle dans le film, les essais costumes sont fait, tout est prêts. On est en septembre 1978. 
Comme tout ce qu'il a fait dans sa vie, c'est avec excès que Keith Moon se soigne, le traitement qui doit le sortir de l'alcoolisme est du genre carabiné, les entorses au contrat sont strictement interdites.

Le 7 septembre, en compagnie de sa seconde épouse, il rejoint Paul et Linda Mc Cartney, les couples vont au cinéma voir le superbe Buddy Holly Story et manger un bout au restaurant. Puis notre homme rentre chez lui, l'esprit à la nostalgie. Les 60's sont définitivement enterrées, Buddy Holly est parti depuis si longtemps, encore beau, encore jeune, encore bourré d'énergie, de naïveté, d'envie de bouffer la vie. I hope I die before I get old, saloperie de chanson. Kim vit maintenant avec Ian McLagan, encore un gars des Faces qui prend sa place, pfff, tout est dérisoire.
Sa santé mentale tient à un tube de comprimés, son corps l'a lâché il y a déjà un bail, en tenue de pompiste ou en lamé scintillant, Keith Moon ne se voit que trop gros, trop flasque, trop usé. La bringue est bien terminée, ses potes de virée ont sifflé la fin de party ou sont morts, son groupe menace de tourner à la farce.

Depuis toujours Keith Moon a vécu dans un monde qui n'existe pas, celui des filles en maillot de bains toute l'année, des fêtes foraines qui ne finissent jamais, des groupes de surf dont les voix se mêlent sous le soleil d'une Californie de pochette de disque. Un monde où rien n'est sérieux, grave ou destructeur, un endroit dans lequel les amis ne meurent pas sous les roues de votre voiture. 
Au matin, il est retrouvé gavé de cachets, le corps sans vie. L'autopsie décèlera plus d'une trentaine de doses de médicaments. On peut appeler ça une overdose. Ou un suicide.

Hugo Spanky
                                           
       
Memorabilia :
Pour ne rien rater ou presque du sujet Who, il convient de s'équiper un chouïa.



D'abords 4 DVD indispensables:
The Kids Are Alright, la base du monde, le plus extraordinaire documentaire consacré à un groupe et accessoirement l'un des premiers si ce n'est le premier. Une furie, avec d'emblée un Moon en grande forme, le speaker télé lui demande son nom: Je m'appelle Keith, mes amis m'appellent Keith, vous, vous pouvez m'appeller John. Anthologique !

Isle Of Wight: Very important, bien faire gaffe à prendre la version remasterisée, un monument de déflagration sonore. Les Who, en 70, terrorisent les hippies pire que Pasqua les terroristes. Pas d'assassinat à l'arrêt du (Magic) bus mais l'intégralité de Tommy façon steak tartare. Ceux qui y cherche une trace d'opéra en seront pour leur frais. Sinon, jamais John Entwistle ne ce sera fait autant remarqué qu'à ce concert là. In a fine skeleton style.



Live At Killburn 77: Mon chouchou. Sans la moindre répétition, les Who reviennent parce qu'ils l'ont décidé. L'énergie tourne à la barbarie, les gars se chambrent mais cette fois avec de l'amour et du respect plein les yeux, ce qui n'empêche en rien le bain de sang. Avant dernier concert avec Moonie, Killburn 77 m'humidifie les mirettes à chaque visionnage. En prime, la version de My wife ridiculise et le punk, et le hard.

Amazing Journey: Bavard plus que musical, celui là s'impose pour tout savoir sur les quatre branques. Sans fard, les survivants se livrent avec la franchise qui les caractérise et la lucidité de Townshend lorsqu'il déclare: Moon était un génie, Entwistle était un génie, moi j'étais un gars à part qui faisait les chansons, mais Roger n'était que le chanteur ! Voir aussi la carrure du manager, fallait ça pour les contenir.

A tout cela j'ajoute Quadrophenia, le film.
Superbe exemple de cinéma anglais que cette évocation du mouvement Mods autant que du difficile passage à l'âge adulte. Vous vous enfilez dans l'ordre Quadrophenia, Rude Boy et This Is England et vous avez un bon panorama de vingt ans de Rock anglais et de la vie qui va avec.




Niveau livre, ça va aller vite, rien de décent n'a été traduit ou écrit en français. Si un jour les couillons de la presse en ont marre de faire abattre des arbres pour nous les briser avec bono (qu'est ce qu'on peut bien avoir à raconter sur ce con ?), peut être alors qu'on y aura droit. En attendant tacher de dégoter  Souvenirs pour Demain, recueil d'articles parus dans  le Rolling Stone US, inclus une hilarante interview de Moonie. 
Mais aussi une autre de Townshend, un papier sur Charles Manson, un sur Sly Stone, Alice Cooper et tout un tas d'autres sujet pour qui aime la Rock culture au sens large. Un splendide hommage à John Belushi est également au sommaire. Indispensable. 

NOTE: Depuis la rédaction de ce post, Camion blanc a fait paraître Keith Moon La bombe humaine, traduction, pour une fois correctement réalisée malgré un évident manque de style, de Dear boy, la biographie de référence consacré à notre homme. Bien que plutôt cher, comme toujours avec cet éditeur, le livre est un pavé de 800 pages que personne ne peut négliger.


Reste les disques.
Là, j'imagine que les meilleurs garnissent déjà votre étagère à vinyl. Simple rappel, donc, dans l'ordre de mes préférences à moi:  

A Quick One Pour les amateurs de cd une version japonaise offre un son démoniaque et les éditions mono et stéréo couplées dans la même boite en plus d'une foultitude d'inédits. 

Sell Out (rien à dire de plus, non ?)

Quadrophenia Je finirai sourd à force de me faire péter les tympans en me le jouant au casque et à plein volume. Putain rien que l'intro de The Rock, argh! Et le spleen de Cut my hair, et ce son de guitare, et cette basse, et...)

Live At Leeds (Live at Leeds!)

Meaty Beaty Big and Bouncy Tous les singles vintage emballés dans l'une des plus belles covers du Rock !


Tommy Par nostalgie autant que par bon goût.

My Generation Parce que c'est finalement, peut être, celui là le meilleur.

 Who's missing, Two's missing, Rarities I & II, Odds and Sods Parce qu'avec les Who quand il n'y en a plus, on en veut encore et que ces compilations regroupent des merveilles comme Here 'tis, Leaving here, Shout and shimmy, Under my thumb, Daddy rollin' stone....

Who's Next Les chansons sont bonnes mais, hormis Won't get fooled again, je trouve les interprétations un peu molles du chibre, trop policées par Glyn Johns en post-production. Les bootlegs qui proposent les versions enregistrées à New-York sont bien plus énergiques. Un classique des 70's.

Who Are You Un album d'une violence crue, le son est sidérant, les compositions alambiquées au possible. Bizarrement bancal à sa sortie, c'est l'album des Who qui s'est le plus bonifié avec le temps.

Two Sides Of The Moon L'album solo de Keith Moon, vraiment un très chouette disque, la sélection de reprises est magnifiques, les versions d'In my life, One night stand et Teenage idol à tomber parterre. Et puis qu'est ce que vous voulez, j'aime tout simplement ce mec là.