vendredi 15 octobre 2010

KoMMaNDO PARANo



Il y'a des plans que j'essaie toujours d'éviter, les heures sup, les mac do mais surtout les visites le dimanche à ma belle famille .
Pour éviter un ennui monstrueux et surtout une belle engueulade avec mon bof de beauf, j'use avec ma douce et tendre de tous les stratagèmes possibles et inimaginables afin de me défiler au dernier moment. Mais Lucie connaissant ma profonde mauvaise foi et mon gout prononcé pour la mythomanie (pas
folle la guêpe) est difficile à blouser, donc tous les week ends la tache demeure de plus en plus fastidieuse surtout qu'elle a une sainte horreur de me laisser seul à la casbah.  
Aujourd'hui, j'ai profité d'une panne de wc en argumentant fortement qu'il me fallait bien la journée pour les réparer . Mi intriguée, mi résignée mon épouse me laisse donc à jacob delafon tout en précisant qu'il valait mieux qu'à son arrivée elle puisse uriner normalement sans pour autant provoquer une inondation.
 

Alors que sa voiture se perd à l'horizon, je souris, fier de mon sens inné pour le mensonge gratuit, car là j'ai forcé la dose. Il faut être un vrai monstre de machiavélisme pour démonter le flotteur des gogues à près de 3 plombes du mat. Il me faudra moins de 30 secondes pour réparer cette fausse panne.
Yaaaah! je suis seul chez moi, à moi les bières, le jaune et mes vieux 33 !!
On commence par un classique.
Sauvagerie d'OTH grince sur ma vieille marrantz, à 9 heures du mat' ça le fait grave. Pour moi ce troisième opus est le plus abouti du band les morceaux défilent comme une rafale de famas et la bande à Motch a foutu en moins d'une demi heure un souk monumental dans mon salon.



Je suis loin d'être rassasié et c'est tout en sueur que je place Desperado de VULCAIN, gang de métal injustement propulsé aux oubliettes, sur ma platine. Les gaziers ont la haine et ça se sang, d'une superbe intro instrumentée à Soldat, morceau profondément antimilitariste, rien à jeter, surement the meilleur album des métalleux.
 
Il est plus de 11 heures et une boisson anisé s'impose, pour l'accompagner Famille nombreuse, des mythiques NEGRESSES VERTES, apporte du soleil dans ma maison. Ce groupe avait le mérite de ne ressembler qu'à eux mêmes et bien sur on ne peut qu'avoir une pensée pour Helno en réécoutant cet album qui passait de longue dans les bonnes bodégas.
 
Bon, c'est l'heure de bouffer et je me délecte d'un sandwich jambon fromage arrosé de bon vieux minervois tout en écoutant L'élite de TRUST. J'ai du mal à ne pas foutre des miettes partout, c'est que c'est dur de headbanger en mangeant.
C'est trop, tous ces groupes, pour moi, n'ont pas vieilli d'un pouce.
 
Et, alors que je décide de finir ma journée avec les NEW BOMB TURKS, voilà que Lucie se pointe plus tôt que prévu, je comprend donc que les turcs attendront et je range mon disque avec de profonds regrets. 


J'aide donc ma portugaise à déballer fruits et légumes (et oui mes beaux parents ont un grand jardin) et alors que je vais au débarras croulant sous le poids de 50 kgs de patates ma chérie me lance :"je vais te raconter un truc tu vas pas y croire ! Mais d'abord laisse moi allez pisser je me suis retenue, à tout' !"
Un ange passe, mort de rire... Le flotteur, putain, j'ai oublié le flotteur...
 
No future...
                                                                                   Juju Allin

ELViS '56


Le Rock'n'Roll est une quête vaine. On est là, depuis cinquante piges, à analyser, peser, soupeser chaque vinyl à sortir des presses, chaque œuvre prétendument révélatrice d'un quelconque génie hors norme, aussi rapidement remplacé qu'oublié. Les classements ridicules s'acharnent à désigner tel album comme le meilleur des 60's, tel autre comme le meilleur des 70's, alors que l'évidence est posée au centre du cercle depuis les origines.   





Depuis 1956 pour être précis.  Dès lors, toute compétition fut superflue. En un single et un album, son deuxième, Elvis donna la mesure du chemin parcouru depuis les sessions Sun, se démarqua de son précédant Long Playing, pourtant à peine âgé d'une toute petite poignée de mois, en maitrisant son sujet au delà de l'imaginable. La voix est plus assurée, définitivement en place, sûr d'elle, elle ne tremblote plus pendant les moments intenses, mieux, elle les domine, semble moduler à sa pogne les mélodies. Elle s'en amuse avant de les jeter au caniveau comme autant d'amours délaissés. 

Surtout, Elvis élargit le spectre du Rock'n'Roll au delà de la symbiose du Blues et de la Country. Il lui donne un cœur, une âme, un corps et des ailes. De quoi s'inscrire dans l'histoire de la musique, de l'Amérique, du monde. Réduire au silence ceux qui ne voyaient en lui qu'une passade.

Avec cet album, tout comme avec le single Heartbreak hotel, Elvis Presley additionne classe et fougue. Propose une vision, donne de la personnalité à une jeunesse condamnée à l'anonymat d'un destin tout tracé. Elvis change la donne, provoque une rupture. I want to be free s'exclamera t-il bientôt, il l'est déjà. Il l'a toujours été et le restera. Mêler de la sorte, don de soi, décontraction et intensité, nombreux furent ceux qui s'attelèrent à la tache, rares sont ceux qui persévèrent encore.
 

Le talent de Presley, dès 1956, à tout juste 21 ans, est déjà trop multiple pour le voisinage. S'il ne mégote pas sur les up tempo, Elvis 56 est aussi un disque incroyablement varié, il dépose le brevet certifiant que le Rock'n'Roll ne fut jamais une musique de puristes. La force de Presley est de prendre tout un tas d'influences, sans les masquer, et arriver à en faire un truc qui ne sonne que comme lui même.



 First in line, How's the world treating you, Old shep, c'est pas de la ballade conçue pour serrer la minette, c'est de la bonté divine, du recueillement, l'apaisement total des âmes les plus farouches. Certains leur ont donné le nom de Gospel, d'autres se contrefoutent des noms, ceux là ont raison.
Anyplace is paradise est un Blues qu'Elvis habille de toute son arrogante sensualité, tandis que Scotty Moore se charge d'électriser la bête d'un solo toutes griffes dehors. 


So glad you're mine est un boogie bastringue comme ceux que le môme Presley à dû entendre des dizaines de fois dans les bouges du quartier coloré de Memphis, menaçant et chargé, il fait l'ouverture de la face B.  How do you think I feel tient du mambo et When my blue moon turns to gold again n'est jamais qu'une rengaine Country. Quant aux trois purs Rock'n'Roll que sont Ready Teddy, Long tall Sally et Rip it up (tous en dessous des 2mns) ils ont déjà connu plusieurs interprétations.  Rien sur ce disque n'a été composé spécialement pour Elvis, pourtant il accapare l'ensemble, le marque de son sceau, en fait sa tambouille. Et le monde entier de courir derrière pour faire mieux, plus naturel, plus évident. Bon courage le monde.
 

Love me, c'est ma favorite. Treat me like a fool, treat me mean and cruel but love me, Lux Interior a dû le déclamer à Poison Ivy un millier de fois, de la manière dont je vois les choses. Une merveille soutenue par les chœurs des Jordanaires, une chanson qui accompagne toute une vie. 
Rip it up, lâchez le reste, focalisez vous sur la batterie. DJ Fontana démonte tout, cogne plus fort qu'au bistrot un soir de paye. C'est pas pour rien que Keith Moon portait un T.shirt estampillé Elvis. Exaltation, autorité et concision sont unies pour la première fois.


Et puis, surtout, ce disque respire à plein poumons. Le son est fantastique, fluide, clair, live. Prenez Paralyzed qui conclut la face A en toute simplicité, une bande de mecs autour d'un micro et c'est marre. Chacun fait sa part, chacun connaît son truc, ça tourne, ça swingue, appelez ça comme vous voulez mais ça le fait. Pas de re-recording, pas de « j't'cause depuis New York, quel temps il fait à Londres ? » Pas des mois en studio à s'interroger sur comment le disque va t-il être perçu ? Pas de compression, de remixage, de racks de pédales, d'angle d'inclinaison des nouilles, argh, de l'humain et pis c'est tout. Le genre de disque à vous faire prendre en grippe tous les autres.
 
 
Le chemin qu'emprunte Elvis Presley sur cet album le mènera à l'acmé d'Elvis is back, dernier album conçu comme tel jusqu'au comeback gorgé de Soul de From Elvis in Memphis.
 
Mais ceci est une autre histoire.



Hugo Spanky

JOhNNY THuNDeRS

JOHNNY, TU N'ES PAS UN ANGE...

J'avais prévu d'attaquer bille en tête, ulcéré que j'étais par la nouvelle formule des New York Dolls récemment en visite à Paris et auteur de deux disques dont personne, s'ils avaient été signés David Johansen ou Syl Sylvain, ne se serait donné la peine de causer. Mais, finalement, depuis les Stones sans Brian Jones on est habitué à ce genre de sacrilèges. Motörhead sans Philthy Animal, les Doors sans Jim Morrison, Thin Lizzy sans Phil Lynott, Dr Feelgood qui se dispense des quatre d'origine, les Who qui auront existé plus longtemps sans Keith Moon qu'avec ou les Stranglers qui se passent de Hugh Cornwell depuis plus de vingt piges. Oui, le minable est devenu Rock, ceux là même qui devaient tenir la baraque debout en ont sapé les fondations au profit d'une belle véranda avec jacuzzi. 


 

Et comment leur reprocher, l'histoire, après tout, ce sont eux qui l'écrivent.
Alors d'accord, dans certains cas ça pourrait avoir du bon, U2 sans Bono, ok, ça ressemblerait toujours pas à grand chose mais ça serait pas pire. 
Et Police sans Sting ? Ça aurait pas de la gueule ? Mais les New York Dolls sans Johnny Thunders et Jerry Nolan ! Je dis NON !

Sans déconner. On va où ? Voilà un groupe dont on peut vérifier l'importance du guitariste historique à la seule aide du bouton « balance » de son ampli et qui vient relever les compteurs avec une bande de couillons en guise de remplaçants. Pire que le Clash de Cut The Crap, fallait oser ! 


Et puis à quoi bon ? S'il reste des gens motivés à l'idée de voir David Johansen sur scène, quoi leur reprocher ? Il suffit d'écouter son live de 1982 pour savoir qu'il avait déjà perdu sa voix,  mais ça j'ai bien peur que ça ne soit plus un critère. Un nom rutilant sur un morceau de papier qu'on pourra exhiber et le tour est joué.
Sauf que les New York Dolls, merde, c'était le groupe à Johnny Thunders et l'imaginer singé par un besogneux empâté, ça me vrille les terminaisons nerveuses. Faudrait voir à garder du respect.
De toute façon, Johnny Thunders, j'aime pas trop en causer, je gagatise dès que j'aborde le sujet. Il fait parti des rares à avoir su régénérer le Rock'n'Roll sans en perdre le sens. Faut citer le meilleur des Cramps ou le Clash de Brand new Cadillac pour trouver des équivalents. Lil' Johnny avait ça dans les chromosomes, nourrit aux Doo Wop et à la Soul du New Jersey par les singles de sa sœur ainée, notre homme en avait acquis un goût de la mélodie clinquante que tous peuvent lui envier. En se rendant à Londres dès la seconde partie des sixties, il confrontera les romances des Girls Groups à l'énergie brute des Who, Kinks, Stones et Small Faces qu'il découvre à cette occasion en même temps que les amphétamines. Dès lors sa voix est tracée et aucun autre groupe ne saura mieux que les New York Dolls ou les Heartbreakers graver dans le noir des sillons ce Rock'n'Roll à haute intensité qui n'aura de cesse, depuis, de faire de bien pitoyables émules. 



Johnny Thunders fait la différence, il invente carrément un son, nulle autre guinde ne sonnera jamais comme sa Les Paul Junior. Le mec est malin, là ou les affreux ne bandent que pour la taille de leur(s) ampli(s), lui se raccorde à un mini Fender et envoie la distorsion naturelle du bouzinga. Et y a pas que ça, pour Johnny Thunders la musique se vit sans concession. Lorsque les années 80 déboulent et que des gars du calibre de Willy DeVille se retrouvent à enregistrer des horreurs comme I must be dreaming, lui préfère oublier de signer des contrats et part en solo arpenter l'Europe du nord. A la manière d'un Chuck Berry, directement héritée des bluesmen, il voyage léger, sa guitare, un sac de fringues et quelques ustensiles de pharmacie. Il joue seul la plupart du temps, parfois accompagné d'un groupe occasionnel comme les Greedy Bastards, composés de Phil Lynott, Paul Cook et Steve Jones, avec lesquels il avait enregistré, en 78, la majorité de So Alone, fantastique album fantôme qui n'encombre les rayonnages d'aucun disquaire. 



Entre deux tournées en Suède, Norvège ou en Hollande, il finit par échouer à Paris et sort Hurt Me chez les nazes de New Rose, ceux là même qui s'étaient cru obligés de rallonger d'un live bien inutile le E.P In Cold Blood produit par Jimmy Miller. Disposant de cinq titres légendaires représentant la quintessence du son Johnny Thunders, les deux futurs découvreurs de Calvin Russell (c'est juste pour situer..) en veulent pour leur avance et, en bon marchands de tapis, rallongent la sauce d'un 33 tours live inaudible plutôt que de presser un E.P digne et imparable. Qu'importe, Hurt Me est lui addictif d'un bout à l'autre, avant la mode du unplugged et sa systématisation, le guitariste enregistre en acoustique, seul devant son micro, comme les pionniers, et immortalise une quinzaine de chansons dont rien ne pourrait me séparer. Des beautés.

Humainement, c'est sans doute la période la plus sombre pour Thunders, le business a repris le contrôle des affaires et ne tolère plus aucune incartade. Les Rock Stars doivent être saines, trépanées et inoffensives. Autant dire clairement qu'il est mal barré. 




Reste la scène, sur laquelle il tient debout une nuit sur deux, essayant de perpétrer la légende accompagné par n'importe qui, du moment que les gars ne soient pas trop regardant sur le cachet. On en croise à longueur de temps, des qui se vantent d'avoir joué avec Johnny Thunders. J'ai jamais su si il fallait les plaindre ou leur filer la pièce.
Le môme du Queens a grillé ses chances y a déjà un bail, dès 1977, en flinguant les Heartbreakers après un unique album. Avec une signature chez Track Records, le label des Who, un Pete Townshend qui voyait en lui l'incarnation du héros de Quadrophenia pour le film en devenir et l'idolâtrie béate que lui vouaient les groupes de la scène Punk, Johnny Thunders était alors le prince de Londres. Dire qu'il n'en a rien eu à foutre est un minimum, le lonely planet boy a tout saccagé. Propageant ses habitudes à tout son entourage, il accrocha au smack la plupart des london boys, ruinant au passage sa réputation et la leur, avant de tirer sa révérence, abandonnant au caniveau un mouvement devenu sordide. Il en tirera une bonne chanson, Sad vacation. 


« Il arracherait la défaite des griffes de la victoire » dira de lui son pote Wayne Kramer avec lequel il forma Gangwar à son retour aux states, super-groupe super-fauché qui n'enregistrera que de manière erratique quelques démos qu'on retrouvent partiellement sur Too Much Junkie Business, parut en K7 uniquement, sur le label ROIR. Avec ça, difficile de lui donner tort.


En 85 il revient à Londres, rassemble pour Que Sera Sera d'anciens Hanoï Rocks, quelques Lords of the New Church ainsi que John Perry, celui des Only Ones, avec qui il grave un disque aussi excellent que totalement anachronique. Alors que les musiques fusionnent jusqu'à en perdre toute identité, lui s'entête dans la tradition et s'il se risque sur un reggae c'est en prenant soin d'embarquer Wilko Johnson à la manœuvre, manière d'être sûr de pas trop s'éloigner du décent. Et il a raison, le morceau est une tournerie infernale. Le texte, c'est encore autre chose, après avoir intimé l'ordre à sa frangine de laver ses fringues, le voilà qui veut se faire sucer par Godzilla ! 'Cause he's the cool operator !
 

La tournée qui suivra sera plus chaotique que jamais mais avec son éternel air de mioche inconsolable, Johnny Thunders garde pour lui le cœur des filles. Elles lui pardonnent tout. Qu'il leur torche de méchantes chansons au parfum misogyne importe peu, elles l'adorent ! On peut ramer tant qu'on aura du souffle, lui seul savait se faire cajoler de la sorte. 


«A chaque fois que j'essaye d'aimer quelqu'un, c'est la même vieille histoire. J'essaye de toute mes forces, je donne tout ce que j'ai, mais, à la fin, c'est moi qui me barre... » So alone dans le texte. Pensez donc, un Rocker au bord des larmes, une âme solitaire à réconforter, même s'il proclame qu'elles sont toutes un peu pute sur les bords, rien n'y fait, nos p'tites chéries en sont dingues ! Et là où les filles veulent aller danser, les cats y sont... Un malin, je vous dis.


Là où l'histoire est rageante, c'est à l'écoute des démos destinées à ce Internal Possession qu'il ne trouvera jamais le temps de finaliser. Des chansons parmi les meilleures qu'il ait signé, In god's name, Help the homeless, Childrens are people too, Some hearts, Society makes me sad, Glory glory, I tell the truth even when I'm lyin' ou Disapointed in you ne sont disponibles que sur bootlegs (Studio Bootleg et Sticks and stones) ou sur les trois volumes live captés au Japon lors de sa dernière tournée (Saddest Vacations I & II et Hurt Me More).
Une tournée pour laquelle Johnny Thunders s'était retrouvé entouré de ce que je n'hésite pas à qualifier du meilleur groupe qu'il n'a jamais eu, les Oddballs. Avec un sax et une choriste pigeonnante en plus de la formation classique, notre homme va épicer la sauce et offrir sur un plateau une revue au parfum Rhythm & Blues qui me clouera sur place bien longtemps après que les ultimes feedbacks de Born to lose aient fini de résonner dans mon conduit auditif. 



Johnny Thunders n'a plus de temps à perdre, depuis plusieurs années il se sait à la merci de la leucémie et ne veut pas lâcher la rampe avant d'avoir mis tout le monde à l'amende.
Un Christ tatoué sur l'avant bras, une bonne mère sur le corps de sa guitare, certains appellent ça la rédemption, lui on n'en sait rien, le gars n'était pas loquace.

1991 aura été une sale année, dès le mois d'avril Johnny Thunders meurt à la Nouvelle Orléans avant d'avoir enregistré la moindre note et laisse comme épitaphe ce Copy Cats, partagé avec Patti Palladin, parut deux ans plus tôt. 
Comme venu d'un rêve, un album de reprises certifiées de bon goût, traitées dans l'esprit, avec cette classe et ce savoir-faire que dégun n'égalera jamais. Dion, Elvis, Screamin' Jay Hawkins, les Shirelles, The Seeds, même Natalie Wood, tous et quelques autres sont au programme, l'album est parfait. 





Ouais, j'aime pas causer de Johnny Thunders, je ne sais en dire que du bien et j'estime que quiconque prétend porter intérêt au Rock'n'Roll se doit de posséder la courte intégrale studio du bonhomme. Prenez un stylo : Les deux New York Dolls (Too much too soon est le meilleur), L.A.M.F (si vous ne devez garder qu'un seul album estampillé 77, c'est celui là qu'il vous faut) So Alone, In Cold Blood, Hurt Me, Que Sera Sera et Copy Cats, auxquels vous ajoutez les trois Live cités plus haut et le Studio Bootleg pour les dernières démos. Ça devrait pas faire trop mais c'est coton à dénicher, le secret est bien gardé par l'ignorance des crétins.
                            

L'année prochaine ça fera vingt piges qu'on est tous so alone. Je doute qu'il y ait des rééditions pour commémorer l'histoire et, barré comme c'est, y a de fortes chances pour que Johnny Thunders et Jerry Nolan soient rayés de la mémoire collective vitesse grand V. Pas fréquentables, pas de bons exemples pour les baby rockoss, même pas foutus d'être sur un label avec pignon sur l'avenue.

Les deux inséparables, réunis jusque dans la mort, Jerry Nolan étant enterré, à sa demande, tout contre son pote, ne sont apparemment même plus indispensables à la reformation de ce qu'il reste des...des...comment vous dites déjà ? 


Hugo Spanky