New York n'en finira jamais de m'épater. Ce coup ci, c'est avec High Waisted, un groupe de Brooklyn savamment constitué d'une jolie chanteuse, Jessica Louise Dye, qui aime montrer ses nénés comme on a toujours espéré que Poison Ivy le fasse, et de trois mecs patibulaires dont un qui adore prendre sa chanteuse en photo. Cool.
Plus cool encore, les High Waisted ont bon goût. Pour preuve, ils jouent de la surf music nerveuse comme un Chris Isaak en cure de caféine (ils reprennent Blue hotel sur leur mixtape Acid Tapes Vol.3) et si ils tracent leur chemin sans perdre une minute, ils n'en oublient pas de prendre le temps nécessaire pour composer de merveilleuses chansons toutes enguirlandées de mélodies pop qu'ils interprètent avec une délicieuse impeccabilité.
Paru en début d'année dernière, leur premier album On Ludlow donne un exemple mieux que présentable de ce que l'on est en droit d'attendre d'un bon disque. Sans jamais trop s'éloigner de la formule du Doo Wop Surf tel qu'elle a été définie par Lou Reed, mise au point par Johnny Thunders et sublimée par In the flesh de Blondie, évoquant parfois l'énergie des Go-Go's, l'acidité des Bangles, les vapeurs de Mazzy Star sans pour autant manquer de personnalité dans l'assemblage minutieux qu'ils font des ingrédients. High Waisted tape juste et fort joliment.

J'ai même déjà mes petits favoris dans le lot, Nuclear lover fantasmagorique single -si seulement les singles fantasmagoriques existaient encore- Maybe baby, fantasmagorique face B de single -si seulement les faces B existaient encore- et Trust intelligemment placé en ouverture sans que ce soit le plus tabasseur des morceaux, ce qui leur permet de nous coller une salutaire double gifle en appuyant sur le champignon dès le deuxième titre Party in the back. Une roublardise qui ne manque jamais de me séduire, preuve d'un savoir-faire que tous les groupes devraient maitriser avant de se radiner dans mes enceintes. La suite grimpe encore d'un cran avec l'addictif Shithead et Door flanqué à ses trousses avec des chœurs en clin d’œil appuyé au Chain gang de Sam Cooke. On est entre gens du monde.

J'ai même déjà mes petits favoris dans le lot, Nuclear lover fantasmagorique single -si seulement les singles fantasmagoriques existaient encore- Maybe baby, fantasmagorique face B de single -si seulement les faces B existaient encore- et Trust intelligemment placé en ouverture sans que ce soit le plus tabasseur des morceaux, ce qui leur permet de nous coller une salutaire double gifle en appuyant sur le champignon dès le deuxième titre Party in the back. Une roublardise qui ne manque jamais de me séduire, preuve d'un savoir-faire que tous les groupes devraient maitriser avant de se radiner dans mes enceintes. La suite grimpe encore d'un cran avec l'addictif Shithead et Door flanqué à ses trousses avec des chœurs en clin d’œil appuyé au Chain gang de Sam Cooke. On est entre gens du monde.
Moins fignolées que l'album, les trois mixtapes du groupe n'en sont peut être que plus indispensables. En trois volumes, dont le premier est constitué de deux chaotiques démos enregistrées à Nashville, les Acid Tapes nous font entendre un groupe qui lâche la bride, tant sur des compos originales que sur des reprises chahutées avec amour et dans le respect de l'esprit originel. Ça swingue autant que ça raffute, c'est viril et girlie à la fois, ça incarne la salutaire turbulence d'un New York qui refuse de refermer le livre de la grande vie, celle qui se mène au rythme de la jungle des guitares qui s'écorchent, d'où s'extirpent les mélodies douces des sirènes de Coney Island. Telles des caresses qui laissent des bleus sur l'épiderme.Très axé sur les reprises, le Volume 2 des Acid Tapes n'offrent comme originaux que deux démos de titres que l'on retrouve sur On Ludlow (Waist et Hey Hey) au milieu d'une palanquée de reprises au feeling live qui nous donnent l'occasion d'entendre le crapuleux son de New York comme on ne l'avait plus guère entendu depuis la bootleggeuse époque de In Cold Blood et Stations Of The Cross. Sont entre autres passées en revue, Link Wray (Jack the ripper), Rodriguez (Sugar man), Swinging Blue Jeans ( Don't make me over), le Apache des Shadows, Sleepwalk de Santo & Johnny, Monster mash de Bobby Pickett, avec mention spéciale pour la version de That's how strong my love is de Otis Redding qu'un Johnny Thunders des grandes heures n'aurait pas rendu plus authentique.
High Waisted vient s'ajouter à une déjà trop longue liste de groupes que je désespère de ne pas pouvoir apprécier sur les scènes de l'hexagone, la faute à un public préférant se faire dépouiller par les Rolling Stones, jusqu'à 300€ le ticket, pour assister à des versions apoplectiques d'un répertoire dont il ne transparait plus rien des implications passées. Le plus triste étant de constater que les progénitures de pareils crétins préfèrent soigner la mauvaise conscience de papa en l'accompagnant à ses frais au concert du troisième age, plutôt que de manifester pour le droit de voir Jessica Louise Dye culotte par dessus tête dans un club surchauffé. Avec semblables cons, le changement, c'est pas pour demain.
Hugo Spanky







































































