jeudi 18 mai 2017

FiGHT FoR PaRTY iN THe BaCK !


New York n'en finira jamais de m'épater. Ce coup ci, c'est avec High Waisted, un groupe de Brooklyn savamment constitué d'une jolie chanteuse, Jessica Louise Dye, qui aime montrer ses nénés comme on a toujours espéré que Poison Ivy le fasse, et de trois mecs patibulaires dont un qui adore prendre sa chanteuse en photo. Cool.

Plus cool encore, les High Waisted ont bon goût. Pour preuve, ils jouent de la surf music nerveuse comme un Chris Isaak en cure de caféine (ils reprennent Blue hotel  sur leur mixtape Acid Tapes Vol.3) et si ils tracent leur chemin sans perdre une minute, ils n'en oublient pas de prendre le temps nécessaire pour composer de merveilleuses chansons toutes enguirlandées de mélodies pop qu'ils interprètent avec une délicieuse impeccabilité. 
Paru en début d'année dernière, leur premier album On Ludlow donne un exemple mieux que présentable de ce que l'on est en droit d'attendre d'un bon disque. Sans jamais trop s'éloigner de la formule du Doo Wop Surf tel qu'elle a été définie par Lou Reed, mise au point par Johnny Thunders et sublimée par In the flesh de Blondie, évoquant parfois l'énergie des Go-Go's, l'acidité des Bangles, les vapeurs de Mazzy Star sans pour autant manquer de personnalité dans l'assemblage minutieux qu'ils font des ingrédients. High Waisted tape juste et fort joliment. 



J'ai même déjà mes petits favoris dans le lot, Nuclear lover fantasmagorique single -si seulement les singles fantasmagoriques existaient encore- Maybe baby, fantasmagorique face B de single -si seulement les faces B existaient encore- et Trust intelligemment placé en ouverture sans que ce soit le plus tabasseur des morceaux, ce qui leur permet de nous coller une salutaire double gifle en appuyant sur le champignon dès le deuxième titre Party in the back. Une roublardise qui ne manque jamais de me séduire, preuve d'un savoir-faire que tous les groupes devraient maitriser avant de se radiner dans mes enceintes. La suite grimpe encore d'un cran avec l'addictif Shithead et Door flanqué à ses trousses avec des chœurs en clin d’œil appuyé au Chain gang de Sam Cooke. On est entre gens du monde.



Moins fignolées que l'album, les trois mixtapes du groupe n'en sont peut être que plus indispensables. En trois volumes, dont le premier est constitué de deux chaotiques démos enregistrées à Nashville, les Acid Tapes nous font entendre un groupe qui lâche la bride, tant sur des compos originales que sur des reprises chahutées avec amour et dans le respect de l'esprit originel. Ça swingue autant que ça raffute, c'est viril et girlie à la fois, ça incarne la salutaire turbulence d'un New York qui refuse de refermer le livre de la grande vie, celle qui se mène au rythme de la jungle des guitares qui s'écorchent, d'où s'extirpent les mélodies douces des sirènes de Coney Island. Telles des caresses qui laissent des bleus sur l'épiderme.


Très axé sur les reprises, le Volume 2 des Acid Tapes n'offrent comme originaux que deux démos de titres que l'on retrouve sur On Ludlow (Waist et Hey Hey) au milieu d'une palanquée de reprises au feeling live qui nous donnent l'occasion d'entendre le crapuleux son de New York comme on ne l'avait plus guère entendu depuis la bootleggeuse époque de In Cold Blood et Stations Of The Cross. Sont entre autres passées en revue, Link Wray (Jack the ripper), Rodriguez (Sugar man),  Swinging Blue Jeans ( Don't make me over), le Apache des Shadows,  Sleepwalk de Santo & Johnny, Monster mash de Bobby Pickett, avec mention spéciale pour la version de That's how strong my love is de Otis Redding qu'un Johnny Thunders des grandes heures n'aurait pas rendu plus authentique.


Bien plus généreux en compositions originales avec 5 titres inédits, le Volume 3 est à mon avis ce que le groupe a enregistré de plus personnel et essentiel. Moins maousse compression que l'album, globalement moins virulent -même si la cover de Judy is a punk est à couper le souffle- doté d'une série de reprises magistrales allant du Lovin' you de Johnny Guitar Watson, du hit 60's Nothing but a heartache des trop rarement citées The Flirtations au Blue flower de Mazzy Star, sans manquer d'honorer Chris Isaak puis Roy Orbison (Crying). Ce Volume 3 est fait de séduction à l'image de leur compo Night drive ou de la version du Human performance de leurs voisins de palier -à suivre de près également- Parquet Courts.




High Waisted vient s'ajouter à une déjà trop longue liste de groupes que je désespère de ne pas pouvoir apprécier sur les scènes de l'hexagone, la faute à un public préférant se faire dépouiller par les Rolling Stones, jusqu'à 300€ le ticket, pour assister à des versions apoplectiques d'un répertoire dont il ne transparait plus rien des implications passées. Le plus triste étant de constater que les progénitures de pareils crétins préfèrent soigner la mauvaise conscience de papa en l'accompagnant, à ses frais, au concert du troisième age, plutôt que de manifester pour le droit de voir Jessica Louise Dye culotte par dessus tête dans un club surchauffé. Avec semblables cons, le changement, c'est pas pour demain.


Hugo Spanky

vendredi 5 mai 2017

FuTuR aNTéRieuR


Mondialisation, libéralisme, ouverture aux autres, libre circulation, et quand je fais trois clics sur youtube, je tombe sur un message à caractère répressif qui m'interdit de visionner la vidéo en raison de la loi en vigueur dans mon pays. 
C'est quoi que c'est ça ?
Plein de belles notions dans les discours, mais pas moyen d'en finir avec la sclérose du protectionnisme de la Culture, d'échapper au zonage des dvd, à l'absence de distribution, de sous-titrage, à cet écran noir sur tout ce qui n'a pas été calibré au préalable. Le plus fort dans l'histoire étant que notre pays interdit de visionner des artistes la plupart du temps américains, sur lesquels il n'a aucun droit. 

On connait le baratin sur le bout des doigts, sans toutes ces mesures la création française serait en péril, une espèce en voie de disparition. Sauf que j'aimerai bien que l'on me dise où elle se cache, la créativité française. Nous vivons l'ère pharmaceutique du divertissement, celle de la culture générique. Nos artistes sont des reproductions mongoloïdes d'artistes américains, ce qui n'est guère nouveau si on se réfère à la vague yéyé. La différence étant que dorénavant, on cherche à nous priver de l'accès à l'original. Je ne vois pas l’intérêt d'attendre l'adaptation française du dernier Will Ferrell ou qu'on nous refourgue Balasko en lieu et place d'Amy Poehler. Même principe en musique; Soprano est bien sympa, mais ça n'en fait pas Mos Def. Et Shy'M (ou quelque soit le nom du modèle en cours d'exploitation) n'est pas plus Rihanna que Téléphone n'était les Rolling Stones.


Comptez pas sur moi pour endosser la mauvaise conscience paralysante que l'on veut nous inculquer. Dans ma turne, je traque en virevoltant sur mon clavier. De la contrainte nait l'efficacité. J'entretiens ma liberté de choisir, je surfe à l'improviste, en piquet, en kamikaze, je retrouve le plaisir de la découverte. C'est fastidieux, ça prend du temps, mais c'est autrement plus bandant que d'aller faire la queue au Disquaire day. La musique, c'est pas la fête des mères. Quand je me cale dans mon fauteuil, que je pioche au feeling dans les dizaines de disques qui s'affichent au sommaire des blogs, je retrouve les tourbillonnantes sensations qui me saisissaient dans les cabines des disquaires, lorsque je posais sur la platine des galettes sélectionnées ailleurs que dans des listes, souvent simplement sur leurs pochettes ou quelques notes de crédits affichant un nom déjà repéré ailleurs. S'ouvrir l'esprit à toute une galaxie inconnue, la parcourir avec l'avidité des aventuriers de Jules Verne.

C'est sur un de ces sites dédiés à ce qu'on appelait avec sens l'underground, avant que l'estampille ne devienne argument commercial, que je suis tombé sur toute une clique de gamins new yorkais bien décidés à ne pas être confondu avec la bouffe pour chien qu'on voudrait nous refiler en guise de festin. 


A commencer par la toute jeune et mystérieuse Leikeli47 de Brooklyn. Retenez bien son nom, vu son talent ça va pas être facile de la remplacer par un des clones aseptisés dont on a le secret de fabrication, et sa récente collaboration avec les Pussy Riot sur l'excellent single Straight outta vagina ne peut pas laisser de marbre, même le plus conventionnel rocker. J'en suis la preuve vivante.
Implacablement moderne, Leikeli47 a jusqu'ici sorti trois mixtapes ultra minimalistes de prime abord -genre claphands, ses rimes et basta- mais foutrement bien fignolées pour si peu qu'on prête attention à ce qui s'y passe vraiment. Des titres comme Hold you down, Rumble ou son tout nouveau single Money sont de ceux qui vous réinitialisent le conduit auditif, filent une cure de jouvence à nos esprits saturés par le formatage des sons. On ne s'était pas fait secouer de la sorte depuis le Wu Tang Clan et ce n'est certainement pas un hasard si son Watch 'em fall fait écho à Shame on a nigga. Leikeli47 se nourrit de toutes sortes d'influences, elle a su se souvenir que le Hip Hop n'est pas une formule, mais une musique en mutation permanente qui dès son origine piocha ses sons dans les opposés, bâtissant des ponts entre des musiques que des murs paraissaient séparer.

~ Le Hip Hop n'a rien inventé, le Hip Hop a tout ré-inventé. {Grandmaster Caz}



Autre belle prise, et exception géographique, Jaz Donell est allemand, a 18 ans et vient de faire paraitre Thoughts Of A Thinker un album délicatement jazzy qui ne doit ni à Gangstarr, ni à A Tribe Called Quest, sinon qu'il en est la continuité directe. Le gars maitrise déjà son truc, ne cherche à singer personne. Straight outta Hamburg, ça le fait aussi.
Retour dans le Queens avec Focus The Truth et l'album Q85 au feeling tout en souplesse, fait très fort aussi en ce début d'année, tendez l'oreille c'est du bon et Entendre (ouais, c'est son blaze) n'a rien à envier avec son I'm So Anxious. Les mômes sortent de partout, bien décider à hausser le niveau, c'est fascinant et vivifiant. Le Hip Hop de New York est peut être la dernière musique à proposer autre chose que du revival. De là à dire qu'elle est sans doute la dernière musique vivante, il n'y a qu'un pas que mon éternel optimisme m'interdit de franchir.  



Indéniablement, il se passe des choses au pays de Trump, des choses qui le dépassent depuis longtemps et pour plus longtemps encore. Les artistes s'expriment sur le monde de façon intelligente et libérée des codes de la contestation. Ils ont compris que gouvernements et terroristes se livrent une guerre stérile pour s'accaparer le passé. Que  l'avenir est ailleurs. Sous ses airs de pop sucrée insignifiante, le Chained to the rhythm de Katy Perry et son clip que l'on peut voir comme un bout de gélatine qui fond au soleil, si on est trop lessivé du ciboulot pour piger tout ce qui se dit en arrière plan, dresse le portrait de la futilité de l'humanité lorsqu'elle marche au pas. La subversion est digérée, elle ne s'accompagne plus de provocation, elle est devenue partie intégrante du mode d'expression comme elle l'est de la vie elle-même. 
L'amour douloureux et consenti de Rihanna sur son splendide slow soul Love on the brain n'a rien d'une revendication, il est un fait. La chanteuse ne demande aucune autorisation, ne s'adresse à aucune figure paternelle comme Madonna le faisait dans Papa don't preach. Le désir d'aventure humaine semble réactivé, enfin débarrassé du vernis mortuaire sous lequel le spectre des maladies, de l'exclusion, des manipulations l'avait étouffé. Cette jeunesse là sait puiser dans ses racines pour n'avoir à craindre aucune forme de futur.


Et c'est là que j'en arrive à Something For Nothing: the Art of Rap, un documentaire réalisé par Ice T qu'on peut toujours se brosser pour voir traduit en français. Ce qui est d'autant plus regrettable que, pour une fois, le Hip Hop est présenté sous sa forme la plus artistique, enfin débarrassé du sensationnalisme du drive-by shooting et de la frime à base de gonzesses, cognac millésimé et maniérisme de gang.  
Peut être plus encore que le Rock'n'Roll lorsqu'il était singé par des plus médiocres que lui, le Hip Hop a souffert de caricature. Il en a parfois été complice en se complaisant dans la facilité des formules qui l'ont propulsé au sommet des chiffres de vente, mais ils sont encore quelques-uns parmi les pionniers du genre à œuvrer pour qu'il retrouve ses fondamentaux. The Art of Rap replace la barre à bonne hauteur et enjoint la relève à s'élever, afin que les luttes du passé soient fondations de l'avenir. L’exigence littéraire de Rakim, l'implication sociale de KRS One, le swing de Guru, la fluidité de Q Tip, les uppercuts de Chuck D ne doivent pas rester lettres mortes.




Pour situer vite fait le personnage, Ice T fut le premier de la côte ouest -avec son pote latino Kid Frost- à se tenter au Rap sans se sentir trop intimidé par les grands frères de New York. C'était avant NWA, avant Tone Loc, un siècle avec Snoop Dogg et Tupac Shakur. C'était la pré-histoire du Hip Hop et il fallait une sacrée paire de balloches pour se dire qu'il est possible d'exister sans rester dans l'ombre des Furious Five, de Bambaataa, Public Enemy et toute la clique de New York. Mais Ice Tracy Marrow n'est pas du genre à se faire du mouron pour rien. Le gars torpille une nuit pour écrire 6 'N the mornin' et se radine dans un club pour exposer sa prose et son flow, recta devant Kurtis Blow qui acquiesce et félicite le bonhomme. Sa vie en est changé, la face du monde aussi. Il s'en suit une série d'albums à classer parmi les classiques du Hip Hop. Power, Colors, The Iceberg, Original Gangster, Home Invasion, au minimum, font partie des indispensables du beat qui cogne. 

Comme il est homme à s'ennuyer très vite, Ice T honore ensuite son amour pour le Hard Rock assourdissant en créant Body Count, groupe hardcore s'il en est, dont la particularité est d'avoir fait paraître ses deux meilleurs albums après 20 ans de carrière, à savoir les deux plus récents : Manslaughter et BloodLust


Voila pour le décor, maintenant voyons l'action. Ice T sait ce qu'il doit à son art, orphelin de ses deux parents dès la petite adolescence, il se retrouve chez une tante à South Central, lui qui jusque là avait grandi dans son New Jersey natal. Livré à lui même, militaire puis gangster, c'est en sacrifiant les gros bénéfices des braquages de bijouteries aux plus hasardeux revenus du Hip Hop naissant qu'il s'éloignera avec sagesse de l'ombre des pénitenciers. 
Aussi, lorsqu'en 2012, entre deux tournages de New York Unité Spéciale, il se décide à rendre hommage et dignité au mouvement, il fait ça bien, en se souciant du fond plus que de la forme. 
La forme : c'est un documentaire filmé sans retouche. Une trentaine de bonhommes à la plume bien aiguisée viennent disserter sur ce qu'il faudra bien se décider un jour à désigner comme étant la poésie du 20ème siècle. 
Le fond : c'est la passion des mots, la force du sens et du double sens, la transe de la feuille blanche, la danse des pointes de stylos, diérèses et synérèses, ratures incluses. En choisissant de tendre le micro aux cadors de la rime qui libère, Ice T nous affranchit.

~ Dans le Bronx, on n'avait pas les moyens d'apprendre à jouer de la musique, d'apprendre le piano, la trompette, d'apprendre à jouer de la guitare ou d'une putain de batterie. On n'avait même pas de quoi se payer une guitare, un piano ou une putain de batterie. Et on n'aurait pas su où les mettre, si on en avait dégoté. On n'avait même pas de foutu local pour se réunir. On était tenu éloigné de la musique, pourtant on avait inventé le Jazz. Alors, on a pris la seule source qu'on avait dans notre trou à rats et on en a modifié l'utilisation. On a pris des disques et on en a fait des instruments de musique. {Lord Jamar-Brand Nubian}


~ Je conduisais ma voiture avec ma femme à mes côtés, on écoutait la radio, elle aime tous ces trucs dance et tout ça. Je râlais après les textes de ces morceaux qui sont...tu vois ce que je veux dire, hein ? Et là, elle me répond un truc qui m'a fait piler sur les freins en plein boulevard; elle me dit : "Ice, tu sais, les paroles je m'en fiche, même les tiennes j'y fais pas attention."
Avec le putain de temps que je passe sur chaque foutu mot, elle me dit ça ! Et ça doit être le cas de plein de monde, si faut. {Ice T}
~ M'en parle pas, mon mari m'a sorti la même connerie, j'ai failli l'étrangler ! [Salt]

Des comme ça, il en défile pendant deux plombes bien gratinées en haute voltige. Soudain, il y en a plein de monde dans votre salon, les mecs ne sont pas captés le cul dans un fauteuil Louis XVI avec l'éclairage qui flatte, ils sont dans la rue, chez le disquaire ou à proximité d'une table de mixage, sous une lampe de bureau avec la plume dans une main et l'inspiration au coin du bec. Ils ne font ni les fanfarons, ni les barons, ils se livrent sans tapage inutile sur leur amour de la rime, leur passion pour la beauté des mots et acceptent l'invitation qui leur est faite par Ice T de réciter les vers qu'ils préfèrent du rappeur de leur choix. Et comme on n'est pas chez les dépressifs, ils lâchent au milieu de tout ça, des anecdotes en formes de tacles hilarants :
~ Ice, je t'ai vu sur scène avoir un trou de mémoire. T'as fait comme si la sono avait une merde pour camoufler le truc.
~ C'est un de mes vieux trucs. J'en ai d'autres pour ces cas là : je repère un fan hardcore au premier rang, un qui connait mes textes par cœur et il devient mon téléprompteur humain. Si j'ai un trou, je lui colle le micro devant la bouche dans un grand élan de partage.




Art Of Rap traite son sujet de manière bien différente des publi-reportages que l'on subit trop souvent dès qu'il est question de musique. Il ne donne pas dans la flagornerie, ne cherche à bâtir aucune légende. Il parle avec simplicité d'un art qui n'en comporte aucune et délivre un message d'une telle évidence qu'on finirait presque par l'oublier. Et c'est Chuck D qui le résume le mieux :
~ T'as intérêt à avoir une putain de voix si tu veux te faire entendre. Melle Mel a une putain de voix. On était sur scène à nos débuts en 87, microphones branchés dans la sono. Mais la seule voix qu'on entendait n'avait pas besoin de micro ni de sono, c'était celle de Melle Mel qui disait de nous depuis la fosse: "virez moi ces enfoirés de la scène, ils sont nazes" On a monté le volume, ça a servi à rien. Tu ne peux pas lutter contre un mec qui a un coffre pareil. [Chuck D]
~ Et vous vous êtes réconciliés après ça ? {Ice T}
~ On s'est réconcilié en devenant bon. [Chuck D]