samedi 15 juin 2019

Le RouQUiN




Les musiciens ont rarement brillé par l'esprit et l'excès de bon gout, pour un Prince, un Bowie, un Jimi Hendrix, combien de laborieux n'ayant comme vision artistique qu'accord de ré et dictionnaire des rimes ? Heureusement pour nous, ces braves garçons, que les mois passés dans leurs chambres à bosser la gamme pentatonique mineure ont privé d'expériences aussi enrichissantes que la découverte du coin de la rue, étaient pris en charge par des concepteurs autrement plus futés ; Pygmalion que la modernité désignait sous les sobriquets de producteurs, managers, sans que rien ne change à la finalité de l'affaire.

Malcolm McLaren, peu importe de savoir si il fut le plus doué, fut assurément le dernier d'une excentrique lignée qui n'a de cesse, depuis son extinction, de manquer cruellement à l'art populaire. A trop formater, c'est la loufoquerie que l'on assassine ! Malcolm McLaren avait pour motivation d'inciter chacun à dévoiler son originalité, faire fi des conventions du vieux monde ankylosé et s'offrir ainsi une belle tranche d'immaturité insolente. D'une expression mal définie, Punk, désignant tous les lunatiques de l'underground américain venus hanter les rues sales de Manhattan avec l'idée saugrenue de vivre comme dans une chanson de Lou Reed, il fit un concept inspirant pour toute une ribambelle d'anglais en mal d'identité.  
Malcolm McLaren retarda l'inévitable, une dernière fois par la grâce du Rock les adolescents seront outrageux, audacieux, radicalement singuliers. Du moins pendant un instant, parce qu'évidemment tout cela ne vécut que le temps des roses, avant que l'essentiel ne se perde, que le loustic endimanché ne redevienne clone de son voisin de bar. Qu'importe, moins de 10 mois après l'éclosion du Punk dans les médias anglais, Malcolm McLaren s'en était lassé, sa bouillonnante imagination avait déjà donné vie à des créatures bien plus bigarrées. A celles là aucun Lester Bang ne su donner un nom, sans doute est-ce la raison pour laquelle aucun troupeau n'a jamais compris derrière quoi se ranger. Fées clochettes, Sandokan enturbannés, corsaires adolescents, iroquois à bretelles allaient égayer la grisaille en jetant aux orties Doc Martens et Perfecto, revendiquant la légèreté virevoltantes des jeunes filles aux pieds nus, tuniques courtes, dansant sur des rythmes zoulous. Depuis Ziggy Stardust copulant avec Twiggy, jamais Londres n'avait été émoustillée de la sorte. 

Ainsi, entre le Punk et sa découverte du Hip Hop qui le mena à publier Buffalo gals dès 1982, Malcolm McLaren inventa Bow Wow Wow sur la dépouille sacrifiée d'Adam and the Ants et offrit un son nouveau aux années 80, un son sec, tranchant, un son qui vrille les oreilles. Guitares étriquées, percussions de la brousse, la formule déjà expérimentée avec le prince charmant sera cette fois agrémentée d'un pimenté trait de génie ; la voix frénétique d'une gamine de 13 ans. Wild go wild in the country, where snakes in the grass are absolutely free, merci d'accueillir chaleureusement Annabella Lwin.




Bow Wow Wow était un concept basé sur les conflits hautement contradictoires qui secouent la personnalité de l'individu atteint de cette maladie qu'aucun vaccin ne sait tarir : la puberté. L'imagination, alors, déborde à flots nourris que rien ne réfrène puisque le suicide est la seule autre option tolérée à une vie de libertés sans entrave. Naïveté sexuelle, expérimentations euphorisantes, doigts tremblants en quête de clitoris, bouches avides de découvertes et nudité se réclamant d’Édouard Manet, c'est ce candide chaos que Bow Wow Wow va glisser dans les esprits de la jeunesse. Et de la jeunesse seulement. Dans un premier temps les enregistrements du groupe ne sont commercialisés que sous forme de cassettes, le format de l'adolescence, celui qui se glisse dans une poche, dans un sac à main constellé de paillettes, celui avec lequel on s'isole dans le secret des draps, celui que l'on chérit contre son cœur de gélatine tandis que frémissante sur la pointe de ses pieds nus Annabella Lwin éructe son message d'une voix gourmande : I want candy !

Les imbéciles aux doigts lestes qui sur twitter et ailleurs en appellent à la crucifixion de Woody Allen et Roman Polanski sont priés de déguerpir, la suite ne peut qu'aggraver leur ulcère. Malcolm McLaren va faire d'Annabella Lwin sa Melody Nelson, mêlant l'odeur de souffre à celle du monoï, utilisant ses charmes poupons pour attiser la convoitise lubrique. Et si, vu les formes de la demoiselle, on peut se douter sans trop se mouiller que l'affreux rouquin l'a ratiboisé d'un an ou deux pour ajouter à l'indignation, elle n'en demeure pas moins sagement nue sur une pochette de disque qui fera passer l'affaire God save the queen pour une blague de comptoir. 



Immanquablement, les tabloïds anglais effarés accueillirent la formation avec une outrance guignolesque attisée un peu plus encore par les prises de positions jubilatoires de McLaren en faveur de la duplication des disques sur cassettes vierges, une pratique alors courante que les labels tentent d'éradiquer à coups de menaçantes têtes de mort sur les pochettes. Home taping is killing music. On nage en plein délire. Procès en sorcellerie, articles vengeurs, menaces de représailles, les grands mots furent de sortie, l'occasion était trop belle d'en finir avec le grand escroc du Rock'n'Roll, coupable d'avoir trucidé la poule aux œufs d'or et de s'en vanter. Malcolm McLaren ne se contenta pas de dresser le banquet Punk, il se chargea d'en virer les convives avant que le dessert ne soit servi. Un grand homme que celui ci. Pour un peu, le scandale aurait été plus retentissant encore si Boy George n'avait pas quitté la troupe avant qu'elle ne soit exposée aux feux de la rampe pour s'en aller former Culture Club. Que n'aurait t-on pas lu si à la primesautière Annabella Lwin s'était ajouté l'hermaphrodite George




Puisque rire en société devenait l'affaire des tristes, Malcolm McLaren préféra l'exil. A New York, il s'entiche de sons plus radicaux et s'acoquine avec Trevor Horn pour enregistrer Duck Rock, premier album qu'il sort sous son nom en 1983. Le disque est sans équivoque, l'avenir est aux bidouillages électroniques ouverts aux influences venues des plaines, des cimes et des déserts, la World Music prend forme. Dans les beaux salons, il promotionne le graffiti, le breakdance, désigne du doigt Keith Harding, Rock Steady Crew, Neneh Cherry, Red Hot Chili Peppers, ne s'implique plus dans la mode adolescente dont il considère à juste titre avoir fait le tour. En Angleterre, Trevor Horn prend la relève en façonnant Art Of Noise, Propaganda et Frankie Goes to Hollywood




En 1984, c'est à Stephen Hague qu'il met le pied à l'étrier en collaborant avec lui pour le single Madam Butterfly puis l'album Fans sur lequel il recycle Puccini et Bizet, ajoutant une salutaire vulgarisation de l'opéra à sa palette de couleurs. Si vous cherchez un album typiquement 80's à réhabiliter d'urgence, il est là. Stephen Hague va dès lors devenir le nec plus ultra de la production que vont s'arracher Pet Shop Boys, Peter Gabriel, Public Image Ltd (tiens donc), OMD, New Order... Malcolm McLaren est déjà ailleurs, en 1989 il précède Madonna d'un an  en utilisant l'esthétique Vogue pour illustrer l'électro funk de Waltz Darling. Le plus simple est d'indiquer que les années 80 lui doivent quelque chose dans à peu près tous les domaines, fringues, coiffures, cynisme revendiqué, design, revival, attitudes, musiques, clips  découleront des pistes qu'il a défriché. 




Il serait avisé de se souvenir de l'héritage laissé par Malcolm McLaren au delà de 1977, il est de ceux qui font fuir l'ennui. Et si Paris est assurément trop long, saloperie de format cd oblige, s'il s'égare quelque peu dans un kitsch Moulin-Rouge qui ne me concerne pas, il n'empêche qu'il reste brillant, attachant hommage au bleu nocturne de notre capitale. Sur le bien nommé Tranquilize en 2005, il brille principalement par son absence, se contentant de poser sa voix de çi de là, avec une extrème parcimonie, tel un Lee Hazlewood 2.0. Le disque est conçu pour accompagner la visite des magasins Habitat, seul lieu où il fut disponible. Clairement, le monde de la musique ne le passionne plus, il fuit le non-sens des commémorations du Punk, préfère la dilettante je m'en foustiste, glande avec Castelbaljac. Impeccable jusqu'au bout.

Malcolm McLaren est emporté en une courte poignée de mois par un cancer en 2010, mis en terre dans un cercueil tagué d'un ghetto blaster et du Too fast to live, too young to die qui servit de nom à sa première boutique sur Kings Road, là où il rêva d'une vie où passer inaperçu était exclu. Mission accomplie.

Hugo Spanky 

15 commentaires:

  1. Je ne connaissais que très peu Bow Wow Wow, alors merci pour cet approfondissement auditif et visuel, parce qu'en plus les photos sont superbes, et celles en noir et blanc de Boy George j'adore. Ce mcLaren était visionnaire. T'imagines s'il avait collaboré avec Mick Jones ? ;))

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    1. D'une certaine façon il a collaboré avec Mick Jones, c'est lui qui a choisi The Clash pour faire la première partie des Sex Pistols et c'est son bras droit de l'époque, Bernie Rhodes, qui les a managé (et habillé))). L'influence de McLaren sur cette génération ne passait pas forcément par une collaboration sur disque, il leur a montré ce qu'il était possible de faire. Il fallait être gonflé pour débarquer dans les bas fonds de New York en 74/75 et se frotter aux New York Dolls, Suicide et compagnie en se proclamant manager alors qu'on est marchand de fripes )))) Il ne faut pas oublier que McLaren est celui qui a ramené toute cette influence CBGB en Angleterre, ainsi que celle des situationnistes français.
      Plus tard au début des 80's, McLaren et Clash se sont retrouvé à New York à fréquenter les mêmes milieux, ça a débouché sur Radio Clash et Buffalo gals qui sont proches dans l'esprit.
      Je pense que la démarche tout azimut de McLaren, sa liberté, a été une influence constante pour Mick Jones. Ils ont été avides de nouveautés, ils ont épousé les modes en se les appropriant, souvent fascinés par New York, puis l'un comme l'autre sont devenus plus classiques, avec costard, cravate et cette élégance très européenne, s’intéressant à l'art au sens large comme Jones l'a démontré avec son expo à la biennale. A ce niveau là aussi leur évolution en tant qu'homme est assez similaire.

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    2. Puisque tu parles des New York Dolls son association éphémère avec ce groupe qui était à l'agonie lors de leur rencontre n'a pas été des plus heureuses...
      Sinon, respect, pour le parcours du bonhomme qui effectivment aura été précurseur en bien des domaines.

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    3. Les Dolls étaient foutus c'est incontestable et leur dire que se proclamer communistes habillés en rouge de la tête aux pieds serait une bonne idée ne les a pas aidé à remonter la pente )))) Mais McLaren en a quand même retiré pas mal de trucs qui ont été utiles par la suite. Et c'est lui qui a fait venir les Heartbreakers en Angleterre, ce qui leur a été plutôt bénéfique. Si Johnny Thunders a mené une grande partie de sa carrière (et de sa vie personnelle) en Europe, c'est à McLaren qu'il le doit à la base.
      Après, c'est vrai que McLaren a tout fait à fond mais sans jamais rien faire longtemps et qu'il a planté tous ces mecs pour passer à autre chose. En même temps quand tu es manager de Sid Vicious ET de Johnny Thunders, tu dois vite en avoir marre ))))

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  2. c30 c60 c90 go ! de la bombe ce morceau, mon oreille est tombé dessus grâce à dü (non ce n'est pas une entité extra terrestre, mais un mec qui cassait des murs de postes de télé a la masse sur scène dans mon bled en première partie, avec en bande son birthday party, kas product etc ... dü horror show ça s'appelait, si tu lit ça big coucou dü !) et curieusement bow wow wow ont un son qui se démarque de la guitare heavy, c'est ce qui m'a tout de suite accroché en ces temps disco sucks (auquel j'adhère par mauvaise foi). je trouverais bien les albums, mais y a des live sur le net. et là j'ai écouté body count, ça dure (normal pour du hard) bien arrache. et devo dans tout ça ? ne sont ils pas singuliers ? énorme comme il est outré le malcolm sur la video du bateau du jubilee ; lorsqu'il se fait molester par les bobbies ha ha ha. sinon contre les sex pistols experience il y a generation sex maintenant, une alliance billy idol / steve jones, et ça le fait mieux que la reformation des pistols je trouve. bon en bio, careless love sur elvis c'est fantastique, et là je suis sur celle de brian wilson et ... pareil hautement recommandé. merci la médiathèque. j'aurais aimé la même chose pour sam philips, mais c'est une vidéo non traduite hélas ... comme celle sur la tournée des new york dolls ... un jour peut être. c't'a 'cause d'eux que j'fume des lucky guys. papa ouh mow mow

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    1. Ouais c'est sympa Generation Sex, y a aussi Tony James avec eux, mine de rien c'était pas un manchot niveau inspiration, c'est lui qu'à refilé russian roulette aux Lords of the new church (et c'est leur meilleur morceau, non?), c'est aussi lui qui a fait Sigue Sigue Sputnik, Carbon/Silicon avec Mick Jones et il était dans Generation X avec Billy Idol (et le premier album de Generation X, c'est pas de la gnognotte).
      Bon, je crois pas que ça aille plus loin que quelques concerts cette affaire, mais comme tu dis c'est plus rigolo que de voir Johnny Rotten refaire son cirque.
      En parlant de rigolo, mate les vidéos que publie Steve Jones sur sa page facebook, c'est gratiné )))

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  3. Je fais partie des personnes qui connaissent surtout M.McLaren par son implication dans le punk, j'étais vaguement au courant de ce qu'il avait fait par la suite mais tu m'as bien donné envie d'aller écouter ce qu'il a sorti lui-même ou avec d'autres...jamais écouté Bow Wow Wow par exemple bien que le nom ne me soit pas inconnu... je sens de belles découvertes en perspective 😉

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    1. Tu dois surement connaître I want candy sans savoir que c'est d'eux. Les albums ont gardé leur fraicheur, ceux de Bow Wow Wow, comme ceux de McLaren (et les deux premiers Culture Club aussi), il y avait là dedans une volonté de brasser plein d'éléments nouveaux sans pour autant chercher à faire des chef d’œuvres, du coup c'est super vivant. Très humain.
      Les Fun Boy Three me font cet effet là aussi. Tiens à ce propos, puisqu'une fois de plus me voila hors sujet, l'album Deception de Colourfield est toujours aussi merveilleux. La vague post punk des années 80 était bien plus riche que la production de 77.

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  4. Encore une fois passionnant !
    Ce qu'il y a de bien avec ces chroniques, c'est qu'on plonge en apnée au plus profond de la grande histoire du rock. Là où on ne va pas forcément renifler, emportés que nous sommes par l'impact musical lui-même ! C'est vrai qu'on se fout de la marque des caleçons de Prince ou des bigoudis de Jimi Hendrix, pourtant ils sont partie intégrante de la légende… un peu comme les petits ruisseaux qui finissent par former des rivières !
    Thanxxx mister Vox !

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    1. Avec plaisir, monsieur Michards. J'aime farfouiller l'envers du décor, choper l'humain derrière la création. Je trouve que ça donne un éclairage différent sur le parcours d'un mec quand tu essayes de piger ce qu'il avait dans la tronche et ce à quoi il réagissait au moment d'enregistrer tel ou tel disque.
      Les années durant lesquelles le rock était encore considéré par l'opinion publique comme un élément perturbateur sont celles où il a attiré les personnalités les plus intéressantes. McLaren était avant tout un anticonformiste qui voulait secouer l'ordre établi dans son sommeil profond, il se trouve que le milieu rock était alors le parfait vecteur pour ça. D'une certaine façon tu peux trouver McLaren passionnant sans pour autant aimer particulièrement sa musique. C'est en cela que pour moi l'humain prime sur la création. Bon, ça ne marche pas à tous les coups, il y a aussi eu pas mal de creux du ciboulot qui ont fait d'excellents disques tout en ayant une vie d'endive dont il n'y a pas deux lignes à retirer ))))

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  5. Ouais, non, chais pas quoi penser du bonhomme.
    C'était plutôt l'image que le son non ?
    Bow Wow Wow aussi je ne me souviens que des images.
    Rien à voir ou presque mais ton billet m'y fait penser, on avait perdu trace de Kosmo Vinyl et figure-toi qu'on l'a retrouvé aux States, rangé du son pour l'image, ah ben merde. Il a même fait récemment une expo commune avec mon pote Jack Logan, illustre inconnu génial qui a sorti des disques incroyables dans les 90's avant de tout arrêter, j'en avais chroniqué un chez Jimmy, quelqu'un l'en a prévenu et il nous avait gentiment contacté puis m'avait envoyé des tonnes d'outtakes jamais sorties, c'est lui qui m'avait reparlé de Kosmo. (D'ou le mon pote)
    Jack lui était managé (et c'est toute une histoire qu'un jour, quand j'aurai pas la flemme ...) par Peter Jespersen ci-devant manager des Replacements. Ca y est, j'les ai placés.

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    1. Le son, l'image, disons que c'était un concepteur, certainement pas un technicien. Catégorie, Andrew Loog Oldham, Kim Fowley, Chris Stamp... Son talent c'était les idées, la vision de comment les choses devaient sonner et être emballées et qui choisir pour concrétiser le tout. Pour les Pistols il met Chris Thomas derrière la console, le mec qui a bricolé Happiness is a warm gun et Birthday avec les Beatles. Et finalement c'est un peu ça les Pistols, textes crus et rock minimaliste. Idem pour la suite, pour Bow Wow Wow il imagine ce qui deviendra la World music et la consigne est de coller des percus tribales sur les morceaux. Son truc c'est de s'entourer de techniciens capables de reproduire les sons qui lui plaisent pour en faire ce qu'il a en tête (ce qu'il fait pour Duck Rock avec Trevor Horn qui jusque là avait enrobé pour le grand public l'approche électronique avec les Buggles -et venait de se faire jeter par le public de Yes).
      Rayon image pure, là c'est festival. Le punk lui doit tout et une grande partie des années 80 aussi avec tous ces looks "déguisements" qu'il crée de toutes pièces pour Adam and the ants et Bow wow wow (même le chapeau de Pharell Williams est piqué sur celui de McLaren en 82). A chaque fois c'est pour le meilleur comme le pire.
      Et enfin, la provoc. Là il a fait un bien fou, faut se souvenir que tout était bubble gum, le rock c'était David Essex, Rubettes, Gary Glitter, le dernier mec qui avait un peu secoué les mentalités c'était genre Bowie en robe 5 ou 6 ans plus tôt. McLaren, il a mis le paquet.
      En fait, il explique tout ça mieux que moi dans La grande escroquerie du Rock'n'Roll.
      Kosmo à un moment il produisait les VHS sur les monstruosités américaines, tu te souviens de ces documentaires qu'on chopait dans les vidéo-clubs avec des reportages sur les pires pratiques de l'underground new yorkais. Je ne sais plus comment ça s'appelait, un mec les avait publié sur son blog, faudra que je le retrouve. J'avais été surpris de voir le nom de Kosmos au générique...et puis finalement pas. C'était cohérent.

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    2. Faut se souvenir ... c'est exactement ça : un champ de boue avec quelques patates.
      C'est vrai que tout ça mis bout à bout ça fait du boulot. Voire une œuvre.

      Ah je vois pas les vidéos dont tu parles, mais l'une des spécialités de Kosmo c'était les collages, littéralement dans le ton donc.

      (Sinon, comment ça doit faire mal de se faire jeter par le public de Yes...)

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    3. La série L'Amérique interdite, c'était là dedans qu'il plaçait ses billes Kosmo. Du Mondo Trash débilo rigolo. Pour le coup, j'aurai plutôt vu McLaren là dedans, avec son zguègue à l'air dans La grande escroquerie il avait déjà fait la moitié du chemin )))
      Le public de Yes qui manifeste son mécontentement ça doit faire flipper quand même. Déjà que ça avait dû leur faire bizarre de devoir acheter du Lou Reed pour compléter leur collection. Peuchère, ils ont dû faire un sit-in contestataire à la communauté et reprendre deux fois du soja.

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    4. Ah mais oui mais l'Amerique Interdite c'est un truc que j'ai vu au cinéma moi, si on parle de la même chose.
      A propos de zguegue on y voyait pendouiller allègrement celui de Jello Biafra si je me souviens bien...

      Ah ouais dis-donc, moi aussi ça m'avait fait drôle de voir Reed et Wakeman mentionnés au dos de la même pochette.
      Comme quoi hein

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