mercredi 30 avril 2014

TeReNCe TReNT D'aRBY


Un tempo qui claque comme la langue sur le palais, des mots qui impriment l’imaginaire, saisissent les larmes des papillons, une voix qui ressuscite Sam Cooke, plus loin quelques notes de synthé, quiconque a entendu Wishing well en 1987, que ce soit en grande surface (comme moi) dans sa voiture ou devant Les enfants du Rock s’est senti attrapé par le colbac. Quiconque ayant une âme, je veux dire.

Le premier album de Terence Trent D’Arby a rempli son rôle et imposé le chanteur au public. Trop vite mais imposé. Trop vite et trop tôt surtout. Il va s’avérer que Terence est fragile, cette sensibilité qui transparaît dans sa musique, nous touche via sa voix, n’est pas dû à une quelconque technique, n’est pas feinte. Est-ce les rues de Chicago, celles du New Jersey ? Est-ce la boxe ? Est-ce l’année passé incorporé chez les GI’s d’où il déserte avant de passé en cour martiale ? Pourquoi a t-il fui l’Amérique pour s’exiler en Angleterre ? Nul ne sait et moi encore moins mais le môme a vécu quelque chose, a vu, subi, il est marqué. Funambule qui tangue sous la brise.


Le disque se vend par millions et ce n’est pas volé. Les classiques s’y bousculent, Sign your name, Dance little sister (qui dans sa version maxi inclus une démentielle fusion sur Sex machine) If you let me stay, I’ll never turn my back on you et se conclut, après un divin a-cappella tout droit venu du Doo wop, par la meilleure version qui existe d’un Who’s loving you pourtant déjà porté jusqu’aux cieux par les Jackson 5. Après avoir imposé élégance et raffinement le temps des sillons qui précèdent, Terence Trent D’Arby ouvre des brèches sur ce titre historique et y crache tout ce qui nous manque tant depuis, une authenticité à faire s’effondrer les murs de Babylone.

Acclamés par tous, le disque et son auteur se voient encensés, portés aux nues, désignés comme sauveurs d’une musique déjà en perdition. Les journaleux sont en extase, ils tiennent un gosse divinement beau et bourré de talent, véritable festin en temps de disette. Ils en seront pour leur frais, au fil des interviews Terence Trent D’Arby démonte leurs éloges, s’en amuse, affirme que si son disque est le meilleur album paru depuis Sgt Pepper’s il n’est pas pour autant à la hauteur de ses espérances, que tous se trompent, qu’ils doivent lui laisser du temps, le soutenir sur le chemin qui le mènera à offrir le meilleur de lui même et non pas se contenter de vendre un produit aussi bien foutu soit-il. Dans la foulée il aligne en face B de ses maxis des versions incendiaires de Under my thumb, Jumping Jack flash ou céleste du Wonderful world de Sam Cooke, reprend Heartbreak hotel et se fait remixé par Lee Perry. Pour un gars présenté comme le dernier gadget de la Hype avant-gardiste autant le dire clairement, du haut de ses 25 ans Terence Trent D’Arby se fout de la gueule du monde.


Vexée, traitée pire que de la merde par les stars d’alors, Prince, Bruce Springsteen, Madonna, Michael Jackson, la presse va se retourner, saisir l’occasion de montrer l’étendue de sa connerie et, ce faisant, justifier le dédain avec lequel elle se voit considérée. Rarement, les interviews d’un chanteur auront autant mis l’accent sur ses faiblesses psychologiques. TTDA prend des champignons hallucinogènes, TTDA a vu dieu, TTDA fait de la moto sans casque, TTDA ne sait pas cuisiner les bolognaises, TTDA serait pédé, son ancienne copine en témoigne. Et lui qui ne refuse jamais un entretien, trop poli pour se protéger, trop immature pour voir qu’à travers lui les tabloïds règlent leurs comptes avec des maisons de disques qui les méprisent avant d’engloutir leur indépendance. On peut voir dans son histoire les prémices de ce qui détruira Amy Winehouse, ce besoin de nourrir les rotatives quitte à en oublier la décence, cette faculté qu’a l’Angleterre de dévorer l’essentiel au profit de scoops aussi mercantiles que destructeurs. De Jerry Lee Lewis à Pete Doherty, les exemples sont légions. Que ce soit ce modèle qui sert, depuis deux décennies, de bible aux magazines français en dit long sur leur intelligence.



Neither fish not flesh, son second album, sort dans la foulée, sacrifié pour l’exemple. Aucune critique ne sera trop dure, toutes vont le pulvériser, le réduire à néant, le ridiculiser. Démontrer, surtout, à travers tout ça, leur ignorance, leur nullité dans la matière dont ils se posent en érudits. Avec ce second album Terence TrentD’Arby a voulu corriger ce qui le hérissait sur Introducing the hardline, sa production trop lisse, trop parfaite, trop impersonnelle. Cette lucidité sera le premier accro avec CBS qui rêve de faire de lui un pendant masculin de Sade.

On est en 1989, j’ai 21 ans, j’essaye d’échapper à un destin tout tracé en forme de coudes abonnés au zinc, j’alterne cellules de l’AFPA et nuits dans ma voiture, nourrissant mon éveil en enchaînant les cassettes dans mon auto radio, fuyant l’ordinaire, les bas du front. Dans mon périple, je croise un aficionado du Funk, au détour d’une conversation enflammée il me mets sur la piste, me l’affirme, ce nouvel album est mieux que fantastique, il est brûlant, vivant, se fout des convenances, il nous ressemble. On finit chez lui à cramer des têtes en écoutant la chose, réveillant son gosse et sa femme, mannequin anorexique, égarée et lunaire, elle nous fait des pâtes à trois plombes du matin tandis que les deux faces tournent en boucles. Au jour levé, il m’offre la cassette et un rasoir Bic. Je ferais bon usage des deux.



Neither fish not flesh est un bide qui en aurait enterré d’autres. Terence Trent D’Arby a fini de faire la Une. Le seul tort du disque est sa construction en labyrinthe. Il commence par la fin, place en ouverture les titres les moins accessibles, ne se livre qu’à la longue. C’est aussi ce qui lui confère son éternelle saveur. Comme des épices savamment dosés qui ne se dévoilent qu’une fois ingurgités et digérés.

Apaisé, c’est avec un sourire au coin des lèvres que je retrouve Terence Trent D’Arby sur les ondes des FM deux ans plus tard. Malin, le môme a placé un imparable hit sur son album suivant, Symphony or damn, ce Delicate  partagé avec Des’ree. Superbe.


Toujours en lutte contre lui-même, plus que contre le reste du monde, Terence Trent D’Arby se définit comme un objet de plaisir pour ces dames avec Vibrator son quatrième album, un chef d’œuvre de Funk Rock hautement énergétique. Le disque est imparable, peut être son plus abouti, et sans réserve l’un des meilleurs disques du genre, parfaite équation de délicatesse et de puissance. Cet album c'est l'alliance de Sam Cooke et du psychédélisme groovy de Axis bold as love. Une perfection au sein de laquelle, entre autres curiosités, le Funk se mue en Salsa ou se nourrit des cuivres du Rhythm & Blues originel. Lui commence sa mutation, cheveux courts, décoloré en blond, il donne des concerts à s’ouvrir les veines de plaisir, déboulonne la notion de feeling en s’arrachant le cœur en public, chaque soir sous les lumières, le temps d’une version belle à pleurer de Holding on to you. Faut entendre ça encore et toujours, ça rend exigeant. Clic


C’est déjà la fin pour ceux qui ne l’ont suivi que le temps de l’éclosion. Terence Trent D’Arby se rebaptise Sananda Maitreya, passe pour plus fou encore, et claque la porte de sa multinationale maison de disque.

Il s’installe en Italie d’où sa femme est originaire, rencontre le Pape, se connecte au web et enregistre comme un possédé des disques qui dorénavant ne sortiront quasiment plus dans le commerce. 
Et alors ? Wildcard, The sphinx, Nigor Mortis ou tout récemment Return to Zooathlon démontrent que, libéré et enfin adulte, il n’a rien perdu de sa fulgurance, de ce talent inouï pour mêler psychédélisme Pop, rugosité Rock et fluidité Funk, fusse en toute confidentialité tandis que Lenny Kravitz accumule les lingots avec l’héritage laissé par le souvenir d’une claque sonore bien reçue et jamais oubliée.


2014 et Sananda Maitreya est toujours là, donne des concerts là où on le réclame, joue du piano dans les jardins publics de Milan, propose des téléchargements à 0.99 euros le MP3 sur son site, comme un Mick Jones avec Carbon/Silicon, comme Prince, comme tous ceux qui, plus que le faste de la reconnaissance,  cherchent à avancer sans contrainte. Comme quelques-uns d’entre nous, aussi, qui savent dorénavant quoi taper dans la barre Google pour ne plus se nourrir uniquement du menu de la cantine.



jeudi 24 avril 2014

FaiTeS La QueUe...

...Y'eN auRa PaS PoUR TouT Le MoNDe !


Je suis contre le Disquaire Day ! Vous ne m’avez rien demandé mais je vous le dis quand même. Si un disque, fusse d’un artiste que je vénère (Bruce Springsteen, au hasard) n’est plus disponible au lendemain de sa parution, c’est fort dommage mais je m’en contrefous. Par principe. Parce que je ne compte pas tomber dans tous les pièges que nous tendent, avec tant d’amour et d’intérêt pour notre bien être, les marchands du temple. Sans déconner, même pour acheter un disque il va falloir se comporter comme des animaux obéissant ? Être le jour imposé à l’endroit imposé ? Et puis quoi encore ? Rien que l’idée que les maisons de disques veuillent nous faire passer un argument commercial pour un acte de solidarité envers les disquaires ça me donne envie de rester au lit. Qu’ils aillent tous se faire mettre en chantant en choeurs. Et tant pis si cette année le Disquaire Day était parrainé par Chuck D, j'ai pas foutu les pieds en ville.

J’en ai marre d’être pris pour une buse, marre qu’on me dise quoi faire, où et quand. Qu'on m'impose des dates de péremption pour des trucs qui m'ont couté un bras à l'achat. Je me félicite d’avoir vendu ma Playstation 2 y a cinq ans de ça, aujourd’hui elle ne vaudrait plus un clou, comme les jeux qui vont avec et auxquels j’ai jamais rien pigé, comme mon PC Windows XP obsolète depuis le début du mois d’Avril et qui le jour où l’absence de mise à jour va commencer à me taper sur les nerfs va finir dans le container Papier uniquement du tri sélectif (auquel je suis également opposé, vous l’aurez compris). M’en fous, je squatterai celui de ma chérie ou j’irai au cybercafé, c’est très bien les cybercafés, on y bouffe des makrouts en buvant du thé, on peut s’y faire craquer un portable pour pas un rond et en prime on apprend l’arabe.
 


Ils sont bien gentils les businessmen des hautes écoles, les grands penseurs des temps modernes mais ils sont de moins en moins habitués à nous en donner pour notre argent et développent une méchante tendance à vouloir nous faire raquer cher, très cher, le plus cher possible, nos plaisirs les plus essentiels, fussent-ils les plus futiles. La cigarette, le cinéma, les concerts, les livres, les dvd. 
Si dans le premier cas, l’addiction leur facilite la vie, pour le reste ils nous ont inventé une combine qu’ils voudraient efficace et que je qualifierais de trop conne pour l’être. La rareté. Le disponible seulement l'espace d'un instant. Faut se jeter sur tout de peur de ne plus rien avoir si on prend le temps de réfléchir avant d'agir. 
Franchement, ça va durer longtemps qu'on nous prenne pour des bourricots de compétition ?



Que les braves cons de bourgeois s’entredéchirent, puisqu’ils en ont les moyens, pour un exemplaire unique du Wu Tang Clan, grand bien leur fasse, RZA plume les crétins endimanchés dans leur panoplie de rocker, très bien, j’applaudis le foutage de gueule. Jean-Michel Jarre avait déjà fait le coup, rien de nouveau sous le soleil.

Les blu-ray, les dvd multi-bonus en tirage si limité qu’il faut débourser 30 euros minimum pour se les procurer, si ça les amuse et si il y a des pigeons qu’ils continuent à les leur fourguer mais c’est sans moi. Ça leur passera avant que ça me reprenne, on vit très bien sans. Regardez, cette connerie de cinéma en 3D, on en entend déjà plus parler. 



Idem pour les vinyles neuf estampillés collector remastérisés par le cul de ma sœur et vendus entre 29 et 38 euros à la Fnac ou ailleurs, je les leur laisse leurs rééditions mille fois rentabilisées des sempiternels même couillons, leurs compilations reader's digest pour neuneux. Les nouveautés, qui de toutes façons ne sortent jamais en France, je les commande directement aux States et basta.
 
Les concerts ? Entre l'interdiction de fumer et la bière artisanale que les associatifs nous refourguent
comme à de vulgaires hippies alors qu'on a la gentillesse de venir écouter des branques qui assassinent la musique à chaque fois qu'ils touchent un médiator, sans parler du gobelet consigné qu'on est censé se trimballer même une fois vide et des trois plombes de queue pour choper des jetons avant pouvoir refaire la queue pour se faire servir à nouveau, c’est pas demain que je vais lever mon cul du canapé pour aller communier. Oh ! C’est très bien aussi, les soirées à se balader sur la plage main dans la main avec sa copine en bectant un kebab (vu que les Pans Bagnats plus dégun sait les faire). 


Voyez-vous, il nous reste une arme et pas des moindres, Le pouvoir du Non. Et un argument de choc, la véritable rareté c’est les talbins à dépenser. Raison de plus pour en apprécier la valeur et puisque faute de travail on a du temps à revendre autant en profiter et ne pas courir comme des poulets décapités dans la direction que l’on voudrait nous faire suivre.  

Disquaire day ? Je peux pas, y a vide-grenier à Balaruc les bains.

Hugo Spanky 

Play again 

samedi 19 avril 2014

NO VaSeLiNe

Les révolutions sources d’institutions ? Mécaniques à faire du buzz chez les cols blanc ? Et si les peuples avaient été privés jusque de ce droit là ? Celui de se foutre sur la gueule sans attendre l'autorisation, sans être manipulés. Un peuple a t-il ne serait-ce qu'une fois dans l'histoire agit de lui-même ?  Qui désigne les bons et les méchants ? Au nom de quoi ?

No Vaseline, Les chroniques de L’âge de glace, nouvelle rubrique signée 7red.

CôTé SomBRe


« Si je n’avais pas été musicien, je serais devenu un putain d’révolutionnaire » 
(Peter Tosh)

Qui n’a pas eu entre ses 12 et 125 ans l’envie d’en découdre, de rétablir un soupçon d’justice, d’équité ?
Prendre les armes, s’engager pour de vrai, pas juste se plaindre, assis sur son cul, y aller, défendre une cause, la cause.
Image romantique, devenir le Che Massoud du peuple, avec bonnet sur la tête et calibre à la main, mais tout l’monde n’a pas la foi d’un Michael Collins ou d’un Yasser Arafat et encore moins la grandeur d’un Nelson Mandela.
 

La guerre n’a rien d’romantique et seul les morts dorment tranquille.


L’Ennui, le dégoût, la connerie et la fatalité, des armes de destruction massive, à retardement, ça et le fichu Timing. Les années 60 / 70 ont eu leur lot de révolutions, les droits civiques, le viet-nam et j’en passe mais les années 80 …
A part le Rock, depuis 77, qu’il soit Punk, Hard, Roots Reggae, Rub a Dub ou Hip Hop, nos révolutions ne duraient rarement plus de 90 minutes, avec une audience sans cesse grandissante mais quand même bien tranquille.

Une cause à rallier

1979, l’armée rouge pousse, déjà, à l’Ouest, enfin Sud Ouest, envahissant l’Afganistan.
Amour inconsidéré des champs d’coquelicots, peut-êt’, faire la nique aux yankees déjà installés au Pakistan, sur’ment. 

A chaque révolutions, surtout quand elles se déroulent très loin, on voit sortir des personnages, d’habitude chaud’ment retranchés dans leurs dix pièces du 16ème arrondis’ment, grands penseurs, artistes et philosophes. Rap’llez vous d’un BHL tout en col ouvert amidonné s’enflammer pour « les printemps Arabes ». Virer ces salopes de, vieux amis, dictateurs « Laïques » pour enfin construire des Républiques, de barbus…!
Bien sûr not’ si belle république ne s’est pas faite en trois s’maines, et encore aujourd’hui, à chaque élection, des têtes doivent tomber, ouais, mais toujours dans le « cadre » d’une république démocratique, du moins, encore pour l’instant, wait & see.

Pour en revenir à ce début 80, suite à l’invasion de l’Afghanistan, des trop intéressés, déjà, venaient vadrouiller dans les cités, discuter, recruter.
« t’es pas à ta place, personne ne t’aime, engage toi pour une cause, défend tes frères, personne n’enverra de troupe la bas, c’est à toi, à vous, d’aller batailler, défendre la Raza ».


Mais on était début 80, notre Jihad, avait la saveur du Rock’n’Roll, dans six mois Peter Tosh à l’Hippodrome, dans deux le Clash au Palace et sam’di soir la Souris Déglinguée à Colombes ou ailleurs, alors, les plaines Afghanes et les champs d’coqu’licots …
Je ne sais pas si beaucoup sont partis, en tout cas dans mon coin jamais entendu parler du moindre départ, à cette époque, juste se cantonner au « Guns for the Afghan Rebels » d’Angelic Upstarts, mais la guerre elle, a durée dix ans.

Le Bien et le Mal, dix ans a patauger dans cette merde, violation de l’espace aérien chez les uns, de celui maritime chez les autres, guerre d’influence sur les gouvernements à travers le monde, « si t’es pas avec nous t’auras plus à manger », celui qu’a la plus grosse, course à l’armement, toujours plus lourd, toujours plus grand, troisième guerre mondiale, badaboom nucléaire, zi end.


D’un côté, les troupes du général Popov, se roulant dans des champs d’coqu’licots, main mise sur les libertés, qu’elles soient de la presse, d’opinion, des individus, à l’Est. De l’autre, la gentille et bienveillante démocratie du dollar, porte parole de la libre entreprise, du démerde toi tout seul et chie sur les aut’, installant au passage leur généraux d’extrême droite à travers l’Amérique latine, exécutant, démocratiqu’ment, toutes les semaines sa poignée de vilains, principal’ment des noirs, enfants déshérités issus de leur magnifiques ghettos démocratiques où le terme « justice sociale » est un gros mot, et oui, le yankee n’est pas très gros mot, et ça à l’Ouest !
Il aura fallu attendre plus de vingt ans, pour qu’un matin, ensoleillé, du mois d’septembre, sur le coup des 9 heure 20 mn il me semble, pour qu’un pan de voile se lève sur une triste réalité.
Les troupes du général Popov ne faisaient pas que butiner du coquelicots dans ces fameuses plaines Afghanes. Ce que ces deux énormes blocs de connards avaient inventé venait de leur péter à la gueule, en un Strike, le monde découvrait le, pas très joli, résultat de 20 ans de guerre et de jeux d’influences.





Il y a quelques mois, en France, la presse et l’opinion publique découvraient avec horreur et stupéfaction que de joyeux bambini préféraient aller se faire péter la gueule en Syrie ou ailleurs plutôt que de parfaire leur connaissance du participe passé du verbe « se la faire mettre » dans le lycée le plus proche de leur cité, carte scolaire oblige ! Ce qui a été semé pendant dix ans dans les plaines & montagnes Afghanes pousse à travers le monde depuis. Les types qui sont partis, et y’en a eu, n’ont certain’ment pas rejoint leurs « Safe European Home » après le départ du général Popov, dans eux aussi la graine de chef de la Révolution a pris sa place. Les Balkans '90, si les miliciens Serbes étaient bien s’qu’on disait d’eux, faudra bien un jour dire que de l’autre coté, il n’y avait pas que de gentils civils dénués de toutes revendications, territoriales et surtout religieuses. Les types formés en Afghanistan n’en avaient pas fini, n’en auront jamais fini, la Furie & la Foi, leur combat n’est pas moins juste que d’autre, c’est juste la façon de l’mener qui, du moins sous nos climat, fait gerber. 
Il y a aujourd’hui derrière chaque soulèvement, chaque élan pour un monde meilleur, une putain d’part d’ombre et plutôt que de jubiler connement d’une quelconque avancée des libertés, de la démocratie ou de s’que vous voulez, une méfiance à garder. Le côté sombre de la force.


Et le Rock’n’Roll dans tout ça ?

Dire qu’une Partie de la Jeunesse a été sauvée d’la connerie ou du casse pipe grâce au Rock peut paraître un peu con, et pourtant. « A Riot of my Own », on l’a vécu, on l’a eu, des fois dans la rue, ouais mais c’était rarement les plus glorieuses, sinon dans des salles de concerts, c’était toutes les s’maines quand c’était pas plusieurs fois la s’maine. La Révolution Rock, on l’a faite, tous les jours, en construisant un monde, le notre certain’ment, en suivant des leaders armés d’un micro, d’une guitare, apprendre à faire gaffe. De 45 minutes à deux heures trente à sauter, suer, écouter, remettre en question et vivre. Sortir d’un concert comme d’un affrontement contre les forces du mal, « tais toi, obéis, marche droit et fais s’qu’on t’dit ». 

Le Combat Rock nous en a évité d’autres. La frustration, le dégoût, la haine et la fatalité, au sortir d’un concert y’en avait plus. La musique ne nous a pas pour autant voiler les yeux, peut-êt’ par ce qu’elle parlait, après à chacun d’comprendre, d’apprendre. Guns for the Afghan Rebels, qui pourrait aujourd’hui s’en réjouir ? Signe des temps, quand un avis devient l’Avis.
L’avis était bien que les troupe du général Popov étouffaient une population, un pays, faut êt’ honnête que les têtes pensantes du Kremlin n’ont jamais été ni des grands tendres ni des démocrates forcenés mais le président, fantoche, alors en place en Afghanistan depuis l’coup d’état de 78 n’avait-il pas instauré dans le pays des réformes sociales, certes contrariantes pour certains, barbus, comme l’Alphabétisation, même pour les Filles, des Droits, même pour les Femmes, qu’est-ce qu’il en est aujourd’hui ? On a vu les « Printemps Arabes » éliminer leurs vilains despotes et instaurer la Charia, ceux qui ont pris les armes, avec une autre idée que la liberté, ne laisseront jamais des pieds plats les mener. Récemment c’était l’Ukraine, des envies de Liberté, encore une fois les forces armées du général Ruski, c’est un neveu d’Popov, rentraient en Ukraine et s’accaparaient, avec l’accord des populations, la Crimée. Oh les vilains ! 


L’histoire bégaye, c’est pas une nouveauté, mais quand on regarde les images, perso y’a un truc qui m’choc, si d’un côté les types se sont battus pour « plus de liberté », c’est bien des gueules noires, du pur prolos, ceux qui en chie qui ont donnés les clefs d’la boutique aux Russes en Crimée, et si cette révolution qui paraît si belle et si généreuse à Kiev n’avait d’Européen que son extrême droite, est c’qu’il va falloir attend’ là aussi 20 piges pour admettre que sur ce coup p’t-êt’ bien que les troupes du général Ruski font face à des extrémistes, d’autres, parce que très sincèr’ment, à part eux, qui voudrait aujourd’hui rentrer dans l’Union Européenne ? N’importe quelle machine bien huilée, n’importe quelle machinerie bien élaborée peux mener des types à l’abattoir, et leur faire croire que c’est pour une cause, une idée, aussi belle et généreuse qu’on veuille pour au bout du compte se rendre à l’évidence que la machine ne fonctionne pas pour toi, t’es qu’un instrument, du consommable, rien de vraiment primordial.


Théorie du Complot, j’suis assez pour.

Ouais je pense que le film d’Oliver Stone sur l’assassinat de JFK est sans aucun doute très proche de la réalité, ouais j’ai des doutes sur l’accident d’avion d’un Marcel Cerdan, sur celui d’un Otis Redding, la mort d’un Luther King ou de Papa Arafat, ouais j’ai ma propre théorie sur la fin d’un Sid Vicieux, peut êt’ décidée un soir autour d’une table devant une bouteille de Grappa, « De quoi, ce con d’merdeux crasseux signer un contrat à Végas où tous les soirs détruire My Way ». 
Si vous appartenez à une famille vous laisseriez ce laid pourrir cette chanson, B.O. de toute une vie?


Je ne me prend pas la tête, quotidienn’ment, sur le coté sombre des choses, je sais juste, comme tout un chacun qu’elle existe, et ce coup ci le coté sombre, en plus, porte des chemises brunes, alors entre ce que j’entend, ce que je vois, et ce que j’ai déjà vu, ailleurs, je reste plus que sceptique à tous ces putains d’élans « démocratiques ».
Peut-êt’ parc’que ma meilleurs mise en garde reste un autocollant sur mon frigo, première vision du matin, « Si la Dictature c’est ferme ta gueule, la Démocratie c’est cause toujours, toujours, toujours … »


7red