mardi 5 mai 2015

JoHN BeLuSHi, dynamiTeuR d'aqueducs



Bob Woodward l’auteur de La folle et tragique vie d’un Blues Brother, la biographie consacrée à John Belushi est l’un des deux journalistes qui ont fait éclater le scandale du Watergate. Autant dire que les américains lorsqu’ils enquêtent sur la vie d’un artiste, ils envoient pas François Jouffa ou Christian Eudeline feuilleter d’anciens numéros de Salut les copains.


Le livre est superbe, au delà du cas John Belushi qui vaut à lui seul son pesant de cacahouètes en sachet blanc, c’est surtout la mise en perspective des années 70 qui m’a scotché. Les années 70 c’est le moment où la contre culture de la décennie précédente est passée de la subversion à l’infiltration. Le Saturday Night Live, l’émission de télé qui révéla, entre autres, Belushi fut le premier pas vers la propagation des revendications des 60‘s. Comprenez la critique ouverte et sans fard des gouvernements, la prise de parole du peuple et son expression publique. Les grandes gueules ont quitté les bistrots, les colloques universitaires, les salles de concerts où elles étaient confinées et ont investi les médias. John Belushi raide défoncé grimé en samouraï dans la petite lucarne, c’était ça les seventies. La troupe du Saturday Night Live se foutant de la tronche de Nixon, Ford, Kissinger. Comme par ici on a eu Jean Yanne, Jacques Martin, Pierre Desproges, Le Petit Rapporteur.


John Belushi ne pouvait que finir broyé par les années 80, c’est cette décennie là qui vit ce souffle frondeur devenir l’establishment qu’il venait de foutre en l’air. Dès lors tout ne sera plus que marchandisation des idéaux, des créations. La contre culture devenue culture de masse.

Et de mesurer au fil des pages combien tout a dérapé jusqu’à ce qu’on se fade aujourd’hui. Yann Barthes qui pleure sa mère parce qu’il s’est ramassé une torgnole, pauvre garçon mais faut te défendre. Tu crois qu’on en a pas fait cavaler des skins ? Et les autres nazes du dimanche avec les Sex Pistols en générique à s’imaginer que c’est avec ça qu’ils vont provoquer quelque chose. Ma grand mère était plus contestatrice qu’eux ! Mariée à un communiste, fille de Franc-maçon, elle amenait ses gosses à l’église du village ! Elle a pas attendu qu’on lui file le droit de vote pour s’exprimer. Faut se mouiller dans la vie, pas juste montrer du doigt.

  
John Belushi a vécu pied au plancher le nez sur la ligne blanche. C’est con, il en est mort. Ce mec avait une sensibilité, un talent unique pour capter, résumer et restituer toute l’absurdité  du monde. Il se moqua des vaches sacrées de sa propre génération, Joe Cocker, Woodstock, les petites frappes ou Marlon Brando. John Belushi se serait jeté d’une falaise si cela avait pu faire marrer quelqu’un. En fait c’est ce qu’il a fait. Sauf que la chute était pas drôle, tout bleu avec des trous dans les bras.


Ce livre c’est l’histoire d’une météorite qu’a pas fait semblant de heurter la terre. Pour la dernière fois la politique de la terre brûlée dans le milieu des beautiful peoples, fallait pas compter sur lui pour cirer les pompes. 500 pages pour un ultime instant de folie furieuse, cul par dessus tête. Indispensable pour y voir plus clair et se souvenir de tout ce qui nous a été confisqué.

Hugo Spanky 

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21 commentaires:

  1. Encore un papier qui met des coups de pieds dans la fourmilière ! ha ha ! ;))
    Tu sais que James B. devait jouer le rôle d'Ignatius de La conjuration des imbéciles. Ça c'est pas fait parce qu'il est mort juste avant, c'est bien dommage ^^
    J'ai lu quelques passages du bouquin, c'est rapide comme écriture j'adore ! C'est vrai que Belushi pourrait se comparer à de la nitro, t'as bien choisi le titre ;)

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    1. Ah zut c'est John ! Je sais pas pourquoi je dis James à chaque fois... ^^

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    2. Et son dernier film, Neighbors, qui reste introuvable en France, pfff ça me démonte.
      Hugo Spanky

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    3. Je l'ai chopé ce putain de bouquin et dès que j'ai fini de relire The long good-bye du grand Craver, je me le lis dans la foulée, non mais !
      Quant à James, c'est le prénom de son frère qui lui aussi a eu le vent en poupe dès que John a calanché mais niveau humour ce n'était clairement pas le même registre... pas désagréable pour autant mais pas corrosif pour un sou.

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  2. cc, rien a voir , mais bon. quelqu un a écouter le dernier de Paul Weller ( ex jam)??? " saturns pattern, ?? des avis??? bizz Pam

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    1. J'ai pas l'oreille à la Pop anglaise en ce moment mais si c'était le cas je miserais sur lui sans hésiter une seconde. Je pense que Harry Max a dû l'écouter, si c'est le cas il va te dire ça très vite.
      Bises
      Hugo Spanky

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    2. En fait les albums de Paul Weller en solo m'ont toujours procuré un ennui poli comme on dit, désolé.

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    3. sois pas désolé!!! lol j ai demandé un avis.... et je l ai eu. et après qq écoutes, t a pas franchement tort. bizz Pam

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  3. Franchement, je ne connaissait le bonhomme que pour sa prestation dans Les Blues Brothers. Mais quand je le voit poser à côté de Patti, James, Joe et Keith, je constate qu'il y avait autre chose autour.
    À ce jour, il reste la seule personne, avec John Travolta, à avoir marqué l'histoire de la danse contemporaine !!!!!

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    1. Bien vu le coup de la danse contemporaine, c'est tellement vrai )))
      Belushi est mort avant d'avoir donné tout ce qu'il avait dans le ventre.Neighbors son dernier film amenait déjà autre chose et ses sketchs au Saturday Night Live sont tout bonnement historiques (hélas également intraduisibles et en grande partie incompréhensibles hors contexte pour les nouvelles générations). C'était ce genre de personnage habité par le feu,
      Et n'oublions pas que les Blues Brothers c'était un pari sacrément risqué, en 1977 lorsqu'ils ont fondé le groupe comme en 1980 au moment du film. James Brown, Aretha Franklin, Ray Charles, John Lee Hooker, c'était le comble de la ringardise, personne n'aurait misé sur le Rhythm & Blues. Eux ils ont foncé.
      C'est irrationnel à quel point j'aime ce mec.
      Hugo Spanky

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  4. ... Et qu'est ce que j'ai pu écumer le net pour trouver des images des Blues Bros en concert, le film promettait tant. Rien trouvé d'extraordinaire, quelques shows réunis sur un DVD, juste frustrant.
    Et des Saturday Night Lives, ça existe en DVD? Même "intraduisible" c'est à tenter, après tout les Monty Python passent bien dans "Flying Magic Circus" Le peu que j'avais vu de "Saturday.." était assez déjanté. ça donnait envie
    Neighbors, je pense l'avoir vu à sa sortie, avec son grand pote. Une histoire de nouveau voisins qui s'incrustent et explosent tout ce qu'ils approchent si mes souvenirs sont exactes?
    Bon, un livre pour quand je serai en fond.

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    1. Je me souviens d'un dvd The Best of The Blues Brothers qui contenait des sketchs du SNL mais sans sous titre....et ni l'accent ni le langage de Belushi ne sont très académiques.
      Oui, c'est bien celui là Neighbors, avec Belushi qui fait le coincé et Aykroyd le déjanté. Diffusé sur Canal + à l'époque où c'était encore une chaine de télé.
      Hugo Spanky

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  5. ouais hommage à belushi ! je sais plus combien de fois fois j'ai vu le film, et c'est l'avantage des films musicaux, on peut les écouter ! et hommage à ce pote qui nous avait trainé au ciné pour voir le truc, je ne me suis pas rendu compte à quel point il m'avait ouvert la conscience à l'époque avec toutes ces mentalités sectaristes ... ou plutôt dans le teenage militant dirais je ... et merde j'ai balancé cette pub découpé dans best avec les logos des mecs plus répliques du film façon comic strip, je l'avais accroché au mur de ma chambre hé ! je sais aussi qu'il est détesté parce, j'imagine, akroyd avait bossé pour les flics, ou qu'il était trop pop, ou que c'était pas le vrai truc, ce genre de conneries. ça reste quand même une des meilleures publicités pour le r'n'b, le blues et la soul à la portée de tous, c'est peu dire mais rien que pour ça respect éternel ... et j'ajoute que dans ma région ils ont (les frangins blues) rehaussé le niveau des groupe de bals avec ces clones déconne de blues brothers qui jouent pour le beaujolais nouveau ... patrick sébastoche ça reste quand même de l'électro plombe à 2 balles, merde on a eu des nino ferrer, eddy mitchell et autres qui s'essayaient dans le style et moi je préfère

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    1. De bien belles paroles en vérité. Je m'en souviens de la pub dans Best et ceux qui détestent Belushi ne méritent pas de vivre. Comme tu dis les Blues Brothers nous ont ouvert à tout un univers et j'ai encore entendu leur version de Everybody needs somebody to love à la radio cette semaine, ça reste toujours foutrement efficace pour mettre l'esprit et le corps d'aplomb.
      Hugo Spanky

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  6. Et voilà que je m'y suis plongé, pas facile de le lacher. je vois que tu lui as rendu hommage, je n'ai pas vu de photo de Belushi en Abeille.ceci dit j'ai interrompu mon commentaire pour le trouver en vidéo pour un "King Bee" Pas facile de résister. Pas essayer non plus.Par contre je commence à me souçonner aimer les bouquins des histoires qui place la coke au premier plan, en tout cas comme le compagnon indispensable ...Malgré tout ce que tu lis comme fin d'histoire, pas facile de ne pas penser (phrase plus courte: facile de penser...) qu'on n'y goûterai bien ;-)

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  7. Je quitte "https://www.youtube.com/watch?v=APUWOoUqQho" et je me dis que ça passerait pas mal ce genre de sketch, me fait penser à l'émission "les nuls" Bon délire

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    1. Les Nuls L'émission c'était un hommage revendiqué au Saturday Night Live. Avec Dominique Farrugia dans le rôle de John Belushi. On fait avec ce qu'on a mais l'intention était bonne et le résultat jamais honteux.
      Hugo Spanky

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    2. J'ai gardé un bon souvenir de Reno coincé dans un canon -autre sketch sur l'homme canon - dans une parodie de "Autant en emporte..." ils avaient mis des galons aux canons pour faire illusion ... et farrugia en negresse!!! C'était un chouette rendez vous

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    3. Me souviens de ce sketch et aussi de Willy DeVille qui avait chanté Stand by me.
      Hugo

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  8. J'ai encouragé fortement mon fiston à lire cettre grande bio, lui qui se passionne et qui espère encore (moi aussi) devenir scénariste, il y a dans ce livre AUSSI de sacrés informations sur l'élaboration d'un film, au moins à Hollywood, mais il y aurait probablement pas mal à comparer avec d'autres sites de production.

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    1. Olala les passages sur l'élaboration des films façon John Belushi c'est quelque chose )))))) Quel fou furieux.
      Ton fils a bien raison de vouloir être scénariste, on en manque. Mais je suis pas certain que le bouquin l'encourage beaucoup vu les tortures que Aykroyd et Belushi font subir aux scénaristes (et aux réalisateurs).
      Hugo

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