samedi 21 décembre 2013

NoëL aVec eLVis



Ce n'est pas parce que je n'ai pas érigé de sapin au milieu de mon salon, déjà trop encombré qu'il est, que je n'ai pas envie de voir la vie en multicolore. De couvrir, de guirlandes et de bulles de champagne, notre blog chéri, de coller un chapeau à pompon sur la banane gominée de notre Ranx Ze Vox. En un mot comme en cent, de causer de Noël. 



Mégalo comme je peux l'être, je voyais les choses en grand, torcher pour la semaine du 25 décembre un papier consacré aux chansons de la tradition, long comme un péplum, savoureux comme une omelette norvégienne, le garnir de mots étoilés, flamber le tout au cognac, et recouvrir de chantilly. Ô oui, et sans oublier des photos à vous faire ressortir du sac de plage votre paire de wayfarer. Sauf que dresser la liste des albums de Noël indispensables à quiconque est une tâche si ardue que je m'y attellerais finalement avec parcimonie et le moment venu. 


Le simple fait de fouiller sur mes étagères à galettes, m'a mis face à cette évidence, enregistrer les classiques immaculés de la nativité est, pour les américains tout au moins, une étape incontournable dans une carrière, si elle veut s'inscrire dans la tradition des plus grands. De Frank Sinatra à Chris Isaak, en passant par les Suprêmes et les Ramones, tous ont, avec un indéniable talent, offerts un silent night ou un Blue christmas pour honorer de leur présence la remise des cadeaux. Et vouloir rendre justice à chacun d'eux, revient à tenter d'escalader le mont Blanc les mains attachées dans le dos. 


Donc pour cette année, à tout seigneur tout honneur, on va se contenter de causer du meilleur d'entre tous, Elvis Presley
Après avoir atomisé la planète avec deux disques dont on ne mesurera jamais l'étendu des dégâts qu'ils ont causé, et être parti à Hollywood pour en ramener un troisième album tout aussi dynamique (Loving you) Elvis se remit à l'ouvrage et consacra son quatrième ouvrage, en à peine un an et demi, le bien nommé Elvis Christmas Album, à la célébration des fêtes de ce Noël 1957. Des années plus tard, il remettra ça avec The wonderful world of Christmas profitant de l'occasion pour souffler sur une braise blues à souhait, jusqu'à enflammer un Merry Christmas baby à ressusciter des plus récalcitrants que le Christ.






 
Elvis Presley, on le sait, fut un homme de traditions. On sait également sa conception des traditions. Fréquemment pas très catholique dans les principes, le môme de Tupelo mettra toujours une bonne rasade de païen jusque dans ses Gospels. Et tant mieux, c'est ainsi qu'il leur aura insufflé la vie qui invariablement manque aux platitudes que l'ont se fade chaque année lorsque la télé fait défiler dindes avariées, et niaiseuses au sourire crispant, aussi sexy qu'une chaude-pisse, comme cette Elodie Fréget dont on ne sait comment se défaire (que celui qui la programme à tout va veuille bien sortir du rang et s'aligner contre le mur des fusillés, on s'occupe de lui dans 5mns). Oublions cela pour le moment et revenons à l'essentiel. Elvis' Christmas Album, 7 chansons de Noël et 5 Gospels pour faire bon compte, et rien à jeter tellement c'est bon.

Autant se débarrasser d'emblée des trois tueries du disques, Santa Claus is back in town, Blue Christmas et Santa Claus bring my baby back to me. Avec ces trois là, c'est simple, Elvis passe le réveillon dans un bordel de Nouvelle-Orléans. Trois machins chargés en Blues, paupières au Khol, et dont l'intention est limpide, concevoir un nouveau messie, là, de suite. 
Les cinq Gospels, Peace in the valley, I believe, Take my hand precious lord, It is no secret, Oh little town of Bethléem sont les fondations d'un style qu'Elvis ne cessera d'incarner avec ferveur. Rare sont les chanteurs à avoir fait perdurer le genre comme lui le fera. Si Bruce Springsteen se charge aujourd'hui encore d'en nourrir son inspiration, si Jerry Lee Lewis continu d'en placer sur chacun de ses albums, et continuera sans doute à le faire jusqu'à son dernier souffle, on ne peut pas dire pour autant que le Gospel, pourtant un des ingrédients de base du Rock'n'Roll, soit encore pratiquer par la masse. Faut ajouter, pour être honnête, que l’exercice nécessite des capacités et un feeling hors d'atteinte pour la plupart des brailleurs. Ici, on a droit au nectar, à des chansons dont la plus juste définition épuiserait un dictionnaires des synonymes.


Reste Here comes Santa Claus dans une version "pop" sur laquelle les Jordanaires font des miracles, précédée sur la face A par un White Christmas pas franchement saint d'esprit tellement Elvis le charge d'un désir on ne peut plus équivoque quant à la façon dont il semble avoir envie de passer la nuit de Noël. Entre brûlure et impatience plus que dans le recueillement. Beaucoup plus.

Silent night et I'll be home for Christmas complètent le tracklisting telles deux friandises sur le nappage d'un savoureux gâteau. Deux sucreries à la recette perdue depuis. Accompagnées d'un bourbon hors d'âge celles ci se dégustent sans appétit. Pure gourmandise. Délectables merveilles.


J'ai beaucoup de défauts (enfin, il parait) mais j'ai de la suite dans les idées et dans la famille Presley, si je pioche souvent le père, je demande la fille comme cadeau de Noël. Son dernier album plus précisément, Storm and Grace. Si ses deux premiers disques, malgré toutes leurs qualités, se perdaient quelque peu dans la masse du catalogue Pop/Rock, celui ci est d'un tout autre niveau. Entièrement composé, pour ce qui est des paroles, par la demoiselle au regard noir, le disque est un diamant aux sombres éclats de minerai, pour lequel T.Bone Burnett a dessiné un écrin musical enfin a-approprié au talent de Lisa-Marie. Sa voix profonde ne lutte plus pour être autre chose que ce qu'elle est, posée sur des mélodies dont vous me direz des nouvelles, son timbre nous embarque vers des rivages où la mélancolie laisse percevoir le sang plus que les larmes. 



Lisa-Marie Presley, si elle n'a rien de la petite fille aux allumettes, n'est pas exactement une enfant gâtée. Première des Presley à naître ailleurs que dans la misère, le sort se chargera de compenser l'excès de soie en la privant de son père dès son plus jeune âge. Un père difficile à ranger dans un coin de mémoire. Comme tous les artistes dignes de ce nom, elle transforme désillusions, désespoir et mal de vivre en sillons noirs qui consolent de toutes les peines.
Lisa-Marie Presley, cela s'entend, à peaufinée ses chansons au fil des mois, sans contrainte, sans deadline. Exilée en Angleterre, entourée d'un membre de Pulp (Richard Hawley) du compositeur Sacha Skarbek (Lana Del Rey) ou encore de Ed Harcourt, elle a laissé éclore sa musique à des années lumières de l'ordinaire ressassé dont les médias nous abreuvent.

Storm and Grace est plus qu'un disque réussi, il est l'affirmation par la preuve qu'on peut être la fille du plus influent chanteur du siècle passé, et trouver sa propre identité malgré tout. Et quelle identité !  


Hugo Spanky

Le sommaire

9 commentaires:

  1. Concernant Springsteen, sa chanson "Your own worst enemy" sur l'album Magic a tous les apparats d'une chanson de Noël. C'est une merveille dont sa mélodie réchauffe le coeur (et pourtant ses paroles sont des plus amères).

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  2. http://youtu.be/iKYPpF85QuQ
    A propos de Springsteen et Noël il faut absolument que tu vois ce Christmas Soul Night filmé en décembre 2003, c'est un concert de dingues avec plein de guests (Jesse Malin, Bon Jovi, Garland Jeffreys, Southside Johnny et surtout Sam Moore) le répertoire va des Ramones (merry christmas i don't wanna fight tonight chanté par Little Steven) à des reprises de Sam & Dave en passant par My city of ruins, I don't wanna go home, 96 tears ou encore le Merry christmas baby d'Elvis qu'il fait en duo avec Sam Moore (faut pas mettre les doigts sur la plaque là, c'est bouillant)

    Sinon dans un registre plus resserré existe The Wish the Bruce Springsteen Christmas album, cd semi-officiel d'une qualité exceptionnelle et exclusivement consacré à des titres de Noël. Et celui là s'écoute ici :
    http://youtu.be/qYPCSeeCzqg

    Bruce, c'est le garant des traditions, ce monstre assaisonne les Noël de New York et du New Jersey depuis des années de concerts démesurés auxquels je rêve d'assister ne serait-ce qu'une toute petite fois.
    Hugo

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  3. Putain de bonne idee avec elvis c toujours noel jujuallin

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  4. pas un seul album de noyel chez moi ! je suis en train de m'en rendre compte ... elvis chante noel ça le fait alors ? faut que j'essaie ... j'avais déjà en vue cet album de phil spector, mais il y a tant d'album a télécharger que je vais là ou ça me chante hé ! j'en suis resté à tino, mon tout premier émoi musical, avec toute cette orchestration ... je suis d'un ringue ... papa tino, il était pas magnifique lui aussi a ses débuts ? hein , tas d'ingrats (je sais pas si vous avez vu ce film au ciné club, avant qu'il vire pépère)

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  5. Finir l'année avec Elvis. Quoi de plus réconfortant? Avec un peu de retard, bonnes fêtes à Ranx.

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  6. d accord pour lisa, bonnes fetes a tous , meme si...... un petit rappel!!!!!

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  7. oublier de signer!! une fois de plus , c est pam

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    1. De gros bisous en vous souhaitant un bon réveillon à vous aussi !
      Joyeuses fêtes à tous !

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