mardi 20 septembre 2011

You CaN'T PuT YouR aRMs ARouND a MemoRY


A trop vouloir marcher sans son ombre, on finit absorbé par la nuit. Il m'aura fallu ça, bon débarras, pour piger que tout n'est que sinistre. Depuis Clash trottant dans la tête au retour du collège, tant de symboliques évaporées, de photos emblématiques bonnes à être balancées à la benne, la faute à ce qu'est devenu l'univers que je chérissais. A ce qu'en a fait un public toujours plus crétin, plus prompt à s'enfourner 8.6 et gramme de mauvais brown plutôt qu'à chercher un sens à ce qui en aurait encore un. La vie.


Triste constat. Le Rock'n'Roll, auquel je me raccrochais tel le naufragé à sa bouée, ne mérite même plus d'être une escroquerie, c'est une fumisterie. Des faibles chantant pour d'encore plus faibles qu'eux. La satisfaction, dorénavant se cherche dans les simulacres, tant de reformations risibles, de parisiens minables venant chercher en province la poussière de leur "notoriété" faite de copinage, sacrifiant à leur pseudo légende les quelques restes de dignité que le binaire pouvait encore incarner. Et que dire des bedonnantes gloires locales, vieilles salopes revenues au pays ponctionner les subventions municipales, sans se soucier de savoir si elles ne seraient pas plus utiles afin que les minots puissent répéter ailleurs que dans des cagibis ou jouer au foot autrement que sur le bitume. Mais qu'est ce qu'ils peuvent bien en avoir à foutre, ces poudrés pour lesquels l'art n'est qu'un tremplin vers un poste de pistonné, directeur de musée ou de salles de spectacles, prétexte à d'auto-congratulations à grand coups de vernissages facturés aux contribuables. Ceux là même qui se contrebalancent de tout ça et seraient, de plus, regardés de travers si d'aventure ils se pointaient avec leurs tronches d'ouvriers au milieu de ce beau monde pathétique. Et comment leur en vouloir à ces pitres, tant qu'un public de groupies viendra se prosterner à leurs Converse, dans l'espoir d'un geste, d'un rail partagé.

Sans même évoquer les clones émigrés en nos terres sevrées, les Kevin K, Sonny Vincent et toute une multitude de Johnny Thunders de pacotille, émerveillant borgnes et sourdingues pour qui la qualité d'une chanson passent bien après la pose.


A me promener dans les rues,  je découvre une machine à nostalgie, des affiches tout droit venues des années 80, les mêmes noms qui, alors déjà, nous faisaient cauchemarder, nous jouent les éternels prétendants. La bande à subventionnés encore et toujours, les fonctionnaires de la six cordes ne veulent pas lâcher la moindre miette et nous refont le coup de la crête de dindon et du jean's déchiré. Le Punk aura touché le fond rapidement mais aucun mouvement n'aura creusé aussi profond dans le minable.
A ce rythme, quelle force peut-on encore tirer de 33 révolutions par minute ? A se demander quelle force on n'a jamais pu en tirer, quel réconfort. Le réconfort est l'antidote au courage, tel que je vois les choses.
Et les tristes au coin du bar, la cinquantaine mais on y croit encore, sapés comme jean-louis aubert en se rêvant Dee Dee Ramone, putain je peux plus les voir en peinture. J'ai des disques à vendre ! Ces blaireaux m'ont écœuré de ce que je pensais avoir de plus cher.
Vertige de la gerbe !

 

A ne jamais savoir tirer sa révérence, à n'avoir pas suffisamment d'élégance pour accepter d'avoir fait son temps, d'avoir tout dit, à vouloir se prétendre toujours dans le coup, bon nombre ne se sont pas rendu compte que le train avait quitté la gare depuis un bail. Et trop rares sont ceux qui encore méritent notre attention, gageons que ceux là ne se trimballent pas sapés comme des clowns, ni ne singent, au risque de se flinguer une bonne fois pour toutes des articulations déjà en accordéon, les antiques postures en espérant séduire de la sorte la dernière pouffiasse avariée à encore faire semblant d'y croire. 
Putain, si on m'avait dit que ça finirait comme ça, j'aurai opté direct pour Dario Moréno et Sacha Distel.
On ne devrait jamais écouter de chanteurs morts, afin de mieux mesurer leur absence. Et refuser tout substitue. Apprenant, ainsi, que tout ça n'est qu'éphémère.

Hugo Spanky

13 commentaires:

  1. Sans oublier tous ces mouvements de revival, 50's, 60's, soul, garage ou je ne sais quoi... qui n'en finissent pas d'asphixier tout ce que le rock 'n' roll avait encore de créatif.
    Fonctionnant comme des clubs de philatélistes autour de codes rabâchés ad-nauseam venant d'une époque qu'ils essaient de reproduire vainement...

    Je ressens régulièrement la même chose que toi Hugo et cela depuis des années. J'ai un remède : je m'isole de ce milieu et puis je me recentre sur ce qui est vraiment passionnant là dedans la musique.

    En espérant que tout va bien pour toi et que ton dégout du rock ne nous privera pas de ta prose.

    Amitiés.

    Serge

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  2. Content de pouvoir te lire à nouveau mon ami, même si c'est pour voir ton désabusement. Ce n'est pas si grave, car comme toujours ta vision des choses est rafraichissante.
    Keep The Faith Mate !
    Tom

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  3. Et les tribute !! Je ne connais rien d'aussi triste ;))
    Enfin si.....tous les comeback, genre Buzzcocks, Jello biaffra, j'en passe des meilleurs, tous, plus chauves et plus bedonnants les uns que les autres, svp, PITIÉ ! Début octobre 2011 : Eddie and the Hot rods ! Cet été Washington Dead Cats, La Souris Déglinguée, Brian Setzer etc...., parce que là aussi j'en passe, j'ai du vérifier à plusieurs reprises la date du magazine, AU SECOURS !!
    Tout ça servit avec de la bière frelatée hors de prix dans des verres en plastique où le moindre couillon qui te bouscule t'en fait perdre la moitié, et qu'en plus si tu veux fumer ta clope, faut sortir !! Haha ! Le dernier concert que j'ai vu, c'était Jim Jones, quel naze ! Il a posé tout le long, me suis fait chier, comme dab ! A la sortie, tout le monde disait "c'était géniiiaaaal" !! J'ai vu personne danser ! Ils posaient tous comme lui !! Suis vaccinée ! Le prochain que j'irai voir à intérêt d'y mettre du sien, sinon je lui braque sa guitare !
    Bon, c'est pas tout, mon chéri vient de me servir un Bitter/Martini blanc/olive sur un fond de Perfidia, il y a des priorités qui n'attendent pas.

    Sylvie Spanky

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  4. Merci pour vos commentaires, vraiment sympa. Ouais, à part ça tout va bien. Pour ce qui est de continuer à écrire, fort heureusement il n'y a pas que le rock'n'roll dans la vie, je ne suis qu'à moitié ironique en citant Dario Moreno, Sacha Distel, eux, du calypso et de la musette, voilà ce qui encombre principalement ma platine en ce moment. Sans compter qu'on s'est lancé dans la collection de la série Impact (oh lala, c'est du très lourd mais on en découvre de bon; Philippe Clay !)
    Et y a de quoi dire.
    Bises
    Hugo

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  5. Mais les souvenirs sont là et nos coeurs cognent ! Je bénis tous les jours le chemin que j'ai pris, qui m'aide à supporter bien des choses... Et puis je fais comme toi, Hugo, la différence. Cette fière différence.
    Amitiés,
    Philippe.

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  6. ne voit tous en noir mon poteau,mon fére il reste le funk,le jazz,le blues le sexe et le pastaga!!et puis il y a toi toujours dans le coup et au top bises!!!
    Dja

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  7. Toujours sur le ring !!
    Par contre va falloir revoir le shitstem pa'c'que le blog anonyme ou sur réservation, après Ranx, c'est un peu du casse couille !!
    Faut remett ça en marche et en plein mitar !!
    Excellent papier sinon, vraiment
    7red

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  8. Ouaip enfin, voir Hugo échanger ses disques de Gene Vincent contre du Philippe Clay (Jacques Toubon 's not dead?), j'y crois pas un instant. Pas très crédible tout ça... On en reparle dans quelques mois, hé hé hé!

    Serge

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  9. Gene Vincent ne quittera pas la maison, c'est vrai ! Mais Philippe Clay l'a rejoint, c'est vrai aussi. Je dois dire qu'on s'est lancé, avec ma chérie, dans la collection de la fameuse série Impact et du coup...on se diversifie sans filet.
    Haha.
    Hugo

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  10. Rarement lu aussi médiocre.. même Eudeline dont l’orgueil prend trop souvent le dessus sur la qualité de son écriture semble moins aigris.... Si JT pouvait lire ce truc je pense qu'il voudrait te rencontrer pour essayer de te faire comprendre à quel point tu es en dehors de la plaque...ne t'arrête spas aux apparences , change de style car si tu avais eu la chance de le connaitre ou connaitre une vraie légende comme Link Wray alors tu aurais pu voir à quel point les vrais héros sont fait d'humilité et de sincérité ...Je ne suis pas anonyme mais même là je n'ai pas le choix de me révéler..
    http://www.myspace.com/291043222

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  11. Oh ? Thierry Jones ? Le même qui m'avait viré de son facebook ? Haha, tu tombes bien, à causer d'humilité tout en te faisant le porte parole de Johnny Thunders et link Wray, t'illustre parfaitement mon article. Tu sais même ce qu'ils auraient pensé de moi, t'es trop fort !
    Au fait, t'en sais quoi de qui je connais ou pas ?
    Fabriquer des légendes est l'exact inverse de ce que je considère comme l'essence du rock'n'roll. Alors eudeline...enfin, chacun ses références, permets moi de te laisser les tiennes.
    Hugo Spanky (c'est simple de ne pas être anonyme, t'as vu)

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  12. Je ne suis pas le porte parole de JT simplement je l'ai connu et même eu l'occasion de jouer avec lui.. par contre ce n'est pas moi qui en fait une légende ou un culte...
    Ah oui j'avais oublié cet épisode Facebook mais je ne me rappelle pas de t'avoir viré , c'est pas mon genre, alors si tu as préféré te retirer c'est ton histoire..Je ne suis pas là pour régler quelques comptes...amuses toi bien avec tes potes...j'ai un peu plus de respect pour tes idoles..
    Thierry Jones ( tu veux mon téléphone?)

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  13. bien vu mr thierry, sincerement

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