samedi 27 septembre 2014

DeNNiS HoPPeR, SauVaGe WiTHouT a CauSe


C’est quoi cette époque qu’on vit ? Après nous les avoir brisé menu, étudiants qu’ils étaient, avec leur révolution des beaux quartiers et leur interdit d’interdire voila que, devenus gouvernants, les gauchos socialo nous les chauffent en alignant les lois liberticides à la même cadence que leur chef suprême se ramasse la flotte sur la tronche, à chaque fois qu’il pointe son nez dehors.

Donc, nous voila avec une interdiction de fumer dans sa propre voiture, si un gamin de moins de 12 ans s’y trouve. Terminé les rangés de minots qui gerbent le Amsterdamer de la pipe à papa sous les platanes des départementales. Sans déconner, tout ça pour nous racketter de 65 euros. Déjà qu’il n’y a plus que le président qu’à le droit de fréquenter les tapins, voila maintenant qu’ils nous pondent ça, les sbires de la bonne conscience, les adeptes du vivez plus vieux en crevant la dalle comme des merdes. Une loi de plus pour humilier les parents, leur retirer leur libre arbitre, et du coup faire passer nos propres parents pour d’égoïstes sagouins qui nous élevaient dans le mépris. Va te faire mettre, Hollande, mon Marcel fumait peut être dans sa Ford Taunus sans trop se soucier de rien, et encore moins des soubresauts de mon estomac. Pire, ça le faisait marrer de me voir gerber, il a même pris des photos ce monstre, mais il cavalait pas sur son scooter pour se taper des pouffiasses en mal de reconnaissance médiatique. Volutes contre le pare-brise ou pas, il restera toujours, même en m’ayant enfumé le museau sur la route des vacances, un meilleur père que tu ne le seras jamais. Tiens, si c'était pas que je circule à moto, je ferais un gosse rien que pour vivre dans l'illégalité.


Bordel, je veux les noms de ceux qu’ont voté socialiste ! Faut fissa trouver un remède pour ragaillardir Chirac ou ressusciter Pompidou, sinon on va encore se cogner le nain ou Gretchen la teutonne.
Faut se trouver un gonze qui pense à l’individu avant de penser à la majorité, même si c’est la majorité qui fait gagner les élections, un républicain, comme Clint Eastwood, John Wayne, Charlton Heston, comme Johnny Ramone, Ted Nugent ou Dennis Hopper.



Tiens, Dennis Hopper comme ça tombe bien, je viens de finir le livre de Tom Folsom, Born to be wild paru chez Rivage Rouge. Dennis Hopper et moi, ça reste une affaire délicate, une histoire nuancée entre auberge du cul tourné et respect du bonhomme.
Du Dennis Hopper réalisateur, je n’aime pas grand chose, Easy Rider est au mieux une curiosité dont le fait marquant sera l’utilisation du Rock comme bande son. The Last Movie, comme à peu près chacun de nous, je ne l’ai pas vu. Je trouve Out of the Blue complétement à côté de la plaque, et The Hot Spot, bien que doté d'une B.O qui réunie John Lee Hooker et Miles Davis, manque de crédibilité, de grain, malgré un Don Johnson impérial, la vénéneuse Virginia Madsen et une Jennifer Connelly qui en demeure l’attrait principal. Reste son chef d’œuvre, Colors.



Colors annonce dès 1988 tout ce qui se fera d’intéressant dans la décennie suivante et au delà. Le Hip Hop, le renouveau du cinéma black, autant que The Shield. Magistralement interprété (Robert Duvall !!!), sobrement filmé, Colors transpose Les Rues de San Francisco à South Central, et capte comme rarement la vérité de l'endroit. Sans faux sentiment, ce qui lui vaudra d'être taxé de fasciste par les cons, mais avec une vraie compréhension des événements, du contexte et de la musique. Ce sera le grand talent de Dennis Hopper, ce flair, cette capacité à retranscrire la réalité du moment, à saisir avant tout le monde ce qui va marquer les esprits, James Dean, les Hippies contestataires, le retour de bâton qui les renverra à la niche et les guerres de gangs.




Du Dennis Hopper acteur, je ne garde pas grand chose non plus, soit il est bon mais quasiment anecdotique, Géant, La Fureur de Vivre, Luke la main froide, Règlement de comptes à OK Corral, soit il fanfaronne pire que Jack Nicholson. Je suis d’accord avec ceux qui s’offusquent de ma prose, il est extra dans Apocalypse Now, sublime dans Rumble Fish, et il sauve Blue Velvet du naufrage que représente le cinéma de David Lynch. Soyons honnête qui peut encore se fader un film de David Lynch ? Hormis Elephant Man, il ne reste rien de potable de tout ce cinéma glacé des années 80, c’est du chiquet niveau Miami Vice, de belles photographies pour l’épate et quoi d’autre ?

Non, définitivement si il y a un message à capter chez Dennis Hopper, c’est chez l’homme qu’il faut le chercher, et le livre fait ça à merveille. Construit de façon anarchique, il retranscrit fidèlement l’état d’esprit pour le moins confus de son sujet. Groupie de James Dean, Warhol, des groupes de Rock psychédélique californiens, des peintres avant-gardiste, Jackson Pollock en tête, Dennis Hopper va faire de sa vie son meilleur film. Incapable de dissocier fantasme et réalité, il va mettre un point d’honneur à courir comme un poulet décapité, après chaque sensation forte que le monde qui lui fut contemporain pouvait proposer en rayon. Et les gondoles étaient bien garnies en ce temps là, des lois il n’y en avait pas beaucoup, encore moins dans le sud des États-Unis. Une seule, en fait, s’affirmer ou rentrer dans le rang. Et ça il savait pas faire, coller des torgnoles à ses femmes, oui, entourlouper son monde, oui, photographier tout et n'importe quoi, oui, baisser les yeux et fermer sa grande gueule, non.


Avec une franchise de chaque instant, Tom Folsom dresse un portrait, qu’on imagine fidèle, d’un élitiste souvent prétentieux, mais rarement pédant, qui paiera le prix fort pour n’avoir pas voulu saisir que ce monde n’est l’œuvre d’aucun homme seul, et qu’à trop nager à contre courant on finit par se noyer dans l’indifférence. Dennis Hopper se rêvait Billy The Kid, il finira comme Buffalo Bill s'exhibant de ville en ville, de pays en pays, sur des reproductions des choppers d'Easy Rider, pour le bonheur des gogos en vestes à franges. L’écriture de Tom Folsom ne fait pas dans la fioriture, pas de paragraphe interminable sur l’enfance, les grand-parents, l’oncle, la tante et la cousine, pas d’atermoiement inutile, on se trouve plongé dans une sorte de Las Vegas Parano, sans Las Vegas mais avec de gros morceaux de parano. Un autre angle pour découvrir un peu mieux les années 60 et plus encore 70, une période qui ne cesse de me fasciner tant le désir de création, d'originalité et d’émancipation envers les codes sociaux était dans les esprits farouches. Un temps où être en accord avec soi-même sans s’occuper de ce qu’en pense les autres était la base même de l’aventure humaine. Si Dennis Hopper ne sut pas toujours tempérer ses débordements, on ne pourra guère lui reprocher de n’avoir pas tout fait pour sortir des clous. Quitte à s’offrir quelques spectaculaires sorties de route.
Il serait temps d’en prendre de la graine, dans nos rassurants foyers européens.

 

jeudi 18 septembre 2014

FasTeST, VaLeNTiNo RosSi



Faut bien dire ce qui y est, les documentaires sur le sport me passionnent autant qu’un Thalassa spécial Finistère. Écouter des gonzes expliquer à quel point ils ont bien obéi à leur coach, comment ils ont été concentré (pendant plus d’une heure ! Attention exploit) comment ils ont su gérer l’avantage et je ne sais quelle fadaise encore. Tout ça pour marquer au final un but de plus que l’équipe d’en face..pfff, vous parlez d’une histoire.
C’est bien simple, tout Marseillais que je suis, je ne regarde même plus les matchs de l’OM.

Fastest, c’est autre chose parce que les Grands Prix Moto c’est autre chose. Le départ d’un Grand Prix c’est pas un coup de sifflet de l’arbitre, d’ailleurs y a pas d’arbitre, juste de l’ultra puissance mécanique et une vingtaine de fadas qui tentent de la maitriser sans se massacrer le cuir sur le bitume. Pilote moto c’est pas juste être sportif, c’est pas serrer les dents et attendre que ça passe, c’est aussi et surtout être capable d’analyser chaque millième de seconde (une seconde en moto c’est l’équivalent d’un quart d’heure pour un footeux) garder sa lucidité alors que tout défile à des pointes à plus de 300 km/heure, ça c’est pour vous épater parce que le moment le plus chaud pour eux c’est plutôt quand il faut freiner et foutre 200 kilos d’acier sur l’angle. Prendre ce foutu virage, coude au sol.

 
Fastest, documentaire de 2012 signé Mark Neale, porte bien son nom, ça résume tout, la vitesse, aller toujours plus vite, gratter ici et là, conquérir ces infimes instants qui permettent de grappiller, millième après millième, une seconde, deux, trois, rarement plus, un coup de moins bien dans une accélération et déjà voila la roue avant, gourmande, du poursuivant qui pointe le bout de sa gomme. Faut pas compter sur les rétroviseurs pour savoir ce qui se passe derrière, les rétroviseurs n’existent pas en Moto GP, faut juste être rapide. Fastest et more fastest.

C’est Ewan Mc Gregor qui nous guide en voix off tout au long du documentaire et franchement ça pourrait être sa sœur que ça serait pareil, on s’en bat les noix d’Ewan Mc Gregor quand Valentino Rossi prend la parole, quand Marco Simoncelli s’exprime, quand les moteurs hurlent comme des bêtes enragées.


Fastest nous fait vivre la saison 2010/2011 au plus près des paddocks, là où la température ne se mesure plus. Une saison charnière, celle où Valentino Rossi (Dieu en langage Moto) a dû passer le relai à Jorge Lorenzo, celle qui nous laissait espérer tellement de grandes choses de ce diable de Marco Simoncelli, grand taré devant l’éternel, le genre de jeune requin qui traite les autres pilotes de femmelettes, qui leur file des coups d’épaule dans les virages pour passer devant, pour être plus rapide. Fastest, more fastest, toujours. Juste qu’à tomber au milieu de la piste et se faire heurter. Jusqu’à la mort. Grâce à Fastest, Simoncelli reste ce grand échalas prêt à bouffer la vie, tignasse de cheveux rentrée on ne sait comment sous le casque, poignet droit bloqué en position au taquet.


N’allez pas croire pour autant que le documentaire joue la dramaturgie, bien au contraire, c’est une célébration de la vie. Pas le moindre du monde un machin fermé conçu pour n’intéresser que les aficionados. Ces mecs là ont les yeux qui pétillent d’intelligence, de malice, de passion. Ils ont le feu. Quand je vous dis qu’on ne cause pas de simples sportifs. Lorsqu’ils ne sont pas sur le circuit, ils ne pensent qu’à rire, faire les bouches de vieilles sans jamais se prendre au sérieux. Ces gars là ne sont planqués derrière aucun garde du corps. Pour quoi faire ? Tout le monde les aime, les respecte. Faut voir les habitants de Tavullia, le village en Italie où vit Valentino Rossi, chacun à l'effigie du champion sur sa façade, même le curé l’a placardé sur l’église.



Je pourrais continuer en citant des chiffres, ceux de Valentino Rossi sont irrationnels, 18 années sur les circuits, 300 courses, 107 victoires (la dernière date de ce mois ci) 9 titres de champion du monde, vous causer de sa spectaculaire rivalité avec Massimiliano Biaggi ou Sete Gibernau, la manière dont il leur a grignoté l’esprit, les a fait douter au point de jeter les gants. Tout ça c’est du jargon de passionnés, de mecs qui, comme moi, se collent devant Eurosport un dimanche sur deux, ça n’a aucune importance. Voir Fastest par contre est essentiel, parce que ce documentaire est bourré de vie, de joie, de suspense, d’images surprenantes et saisissantes de par leur beauté. C’est bien simple même ma chérie l’a adoré. 


Hugo Spanky

samedi 13 septembre 2014

RoBeRT PLaNT, LuLLaBy & THe CeaSeLesS RoaR


Qui aurait misé un kopeck sur Robert Plant ? Même pour ceux de ma génération qui ont connu Led Zeppelin au temps de son vivant, rien ne laissait espérer quoique ce soit de potable dans une éventuelle carrière solo du hurleur, piquer quelques lignes de Blues et vriller les oreilles des auditeurs, pire qu’une grand-mère espagnole qui apprendrait que sa petite-fille de douze ans est enceinte de John Bonham, mais sinon ? Le crédit du dirigeable immanquablement allait à Jimmy Page.

Et puis il fallut exister par soi-même pour les trois survivants de l’odyssée, et il faut se rendre à l’évidence, aucun des trois n’a réussi à le faire, sinon ce brave illuminé de Robert. Infatigable travailleur revenant mille fois sur ses obsessions, ne dérivant jamais très loin de ce qui semble être sa quête depuis 1975, unir les musiques du monde sans pour autant nous casser les bèlbes avec de la World music pour touristes. Surtout Plant a su mettre de la chaleur dans son cocktail, ne pas bêtement se contenter, comme Peter Gabriel et consort, de confronter sonorités millénaires et indigences synthétiques en s’imaginant alchimiste génial. Loin de là même, Robert Plant est plutôt du genre artisan jardinier, Silence ça pousse version stéréo minimaliste, c’est un peu ça le nouvel album du Robert, ce Lullaby And The Ceaseless Roar qui me délivre l’esprit depuis une grosse semaine, sans même que j’ai eu besoin pour cela de faire passer l’herbe du potager dans une paire de Riz la Croix scotchés à l’ancienne.


Je vais dire une de ces énormités dont j’ai l’habitude, Robert Plant n’a jamais aussi bien chanté que sur ce nouvel album. Et rarement d’aussi fantastiques mélodies. Son nouveau groupe, les Sensational Space Shifters, a pigé que rien ne servait de pousser notre homme dans les aiguës, en lui tissant un magma de puissance sonore en guise d’accompagnement. La magie est ailleurs. Je ne vais guère m’expliquer sur cette impression, c’est une telle évidence à l’écoute que cela s’avère totalement inutile. Robert Plant susurre, fait se perdre la mélodie dans une diction proche du talk-over, juste avant de la sublimer en la délivrant dans un écrin soyeux d’un naturel qui fait maudire un peu plus encore, les voix déshumanisées des hits que l’on nous déverse sur la gueule, via des ondes que plus aucune fréquence ne module. J’espère que les radios oseront jouer Rainbow comme elles jouent le West coast de Lana Del Rey, à eux deux ces titres nous emmènent dans une époque qui n’a jamais existé, comme si les seventies avaient duré 20 ans, et qu’au lieu de la remise à zéro du punk, la musique avait continué d’avancer, de se mouvoir en un mélange créatif, qui aurait laissé l’idée même de revival à ce que les Sha-Na-Na en avaient fait, un truc marrant pour se saouler au bistrot, certainement pas à ramener à la maison.


Prenez Little Maggie, le traditionnel qui ouvre la cérémonie, rythmique concassée, banjo, ambiance Folk-Blues du Sud, et strates d’instruments venu d’Afrique, si délicatement déposés qu’ils n’éloignent pas le morceau de son delta originel, pas plus que les sonorités électroniques qui, malicieusement, les remplacent sans que l’on sache par quel miracle elles sont arrivées là, si ce n’est que le break terminal les impose délicieusement. Ce morceau ne fait pas voyager façon carte postale, il est lui même un voyage. Au fil des minutes, les paysages changent, sans se chasser les uns les autres, comme lorsque que l’on regarde par la fenêtre d’un train. On est partie prenante, soudain embarqués loin de notre fauteuil.
Sans commettre aucun faux pas, c’est tout l’album qui défile ensuite.




Vous allez me dire que ça fait un bail qu’il nous fait le coup, que de No Quarter à Mighty ReArranger, à chaque fois Plant se tente en grand mystique du désert, et c’est pas faux. Sauf que jusque là, le résultat se retrouvait invariablement le cul entre deux chaises. Depuis le fabuleux Shaken'n’stirred, son chef d’œuvre des 80's, Plant n’avait plus que très rarement osé se priver de l’armada de guitares qui m’avait fait me détourner de son parcours, dès le platement nostalgique Now and Zen. Bien que pétris de qualités tout cela sonnait comme un piège à bobos, un gadget pour frissonner une paire de jours et passer à autre chose, comme ne manquent jamais de le faire les branchés de l’éphémère. Certes Dreamland et Band of Joy avaient sacrément relevé le niveau, mais Lullaby And The Ceaseless Roar est là pour durer, et la différence est énorme. Que l’on puisse encore moderniser le Blues sans le dénaturer, je n’y croyais pas, pas plus que Robert Plant puisse encore me donner le grand frisson. J’avais tort, il reste encore du jus dans le citron.


Hugo Spanky


vendredi 5 septembre 2014

L'aveNiR Du FuTuR



Même si ça aurait pu être mieux que si c’était pire, je l’ai bien aimé cet été 2014 en pente douce. Pas l’ombre d’une révolution, pas d’agitation, pas de grand chamboulement, comme dirait Ménélik, tout baigne. Hollande nous a confirmé qu’on avait bien réélu Sarkozy et les stars meurent toujours au mois d’Août. Lauren Bacall s’en est souvenu et à tiré sa révérence comme elle avait vécu, avec discrétion. Le Agatha Christie de l’après midi aura désormais un arrière-goût amer. Je garde en mémoire son apparition dans Les Soprano pour une scène irrespectueuse et provocante, d’une violence naturelle et gratuite qui aurait effrayé plus d’une actrice. Pas Lauren Bacall, on n’allume pas les clopes à Bogart en tremblant comme une feuille. Cette fois là encore, elle fut parfaite.
Lauren Bacall était arrivée la première et elle aura été la dernière à partir, comme le font les bons amis. 




Rayon musique, waouh, c’est le désert de Gobi. Heureusement que Lana Del Rey nous a gâté en début de parcours parce que sinon... ? Les gonzes n’ont même pas joué la course au tube de l’été. Pas de Macklemore, pas de B.O du nouveau Tarantino, mais une pépite pas facile à dénicher toutefois, le Get her back tout en élégance Doo Wop de Robin Thicke que je vous conseille d’aller découvrir de ce pas.



Ceci dit le calme ne va pas durer car, cramponnez vous, l’Homme est de retour, le 28 Octobre 2014 sera un grand jour, je vous l’annonce crânement, Jerry Lee Lewis sort un nouvel album ! Rock’n’Roll Time qu’il s’appelle, le Killer s’attaque à Folsom prison blues, Mississipi kid (Lynyrd Skynyrd !!), Promised land, Little queenie, Bright lights big city, Sick and tired, j’en passe, vous verrez tout ça fin Octobre. Kenny Lovelace est là, Waddy Wachtel, Ron Wood, Keith Richards et Jim Keltner aussi ainsi que Neil Young, Nils Lofgren, Robbie Robertson ou Doyle Bramhall II, encore une grosse gourmandise à mettre à l’actif de Jerry Lee Lewis. J’en frétille. L'album pourra s'écouter en dévorant la biographie qui sortira le même jour aux states (et peut être dans dix ans en France) His Own Story signée Rick Bragg et adoubée par le maître. Ça promet.


Puisqu’on est dans les jeunes premiers, Prince et Bruce Springsteen vont aussi faire l’actualité dans les prochains mois. Prince en sortant deux nouveaux albums simultanément, dont un très prometteur avec sa formule 3rdEyeGirl et le Boss en se lançant enfin dans une carrière d’acteur. Et pas n’importe où, dans la série la plus à la pointe du nec plus ultra, celle qui regroupe déjà les deux ex-Soprano, Steven Van Zandt et Tony Sirico, je vous la donne en mille, Lilyhammer !!! La saison 3, en partie filmée à New York, va faire très mal.


Je me suis aussi vu quelques bons films, Sunshine Cleaning notamment que j’ai immédiatement conseillé à Harry Max comme je le fais auprès de vous.

Surtout, bien qu’ayant œuvré tout l’été au redressement de l’économie coréenne, j’ai trouvé des moments pour lire. Et attention, pas des magazines de plage. Je me suis attelé au dernier Barney Hoskyns, l’auteur du magistral pavé Waiting for the sun consacré à l’histoire de la musique californienne durant la seconde partie du vingtième siècle, a cette fois ci choisi de nous livrer 600 pages sur Led Zeppelin ! Le tout sans la moindre digression ni chronique d’album et ne comptez pas y apercevoir la moindre photo non plus. Un défi le machin.




Le gars Hoskyns est fortiche, il a passé je ne sais combien de temps à enregistrer et assembler les témoignages les plus variés et parfois les plus surprenant (Rat Scabies) pour que chacun raconte son histoire avec Led Zeppelin et nous livre le tout tel quel, façon Please kill me. Vu de l’intérieur souvent, les membres du groupe y occupent une large place de même que leur entourage le plus direct, manager, roadies, groupies, journalistes, avocats, les propos aigre doux des uns sont rendu plus venimeux par d’autres, les angles se multiplient et se complètent en jeu de miroir. La réalité apparait sous sa couleur la plus crue sans que les intervenants ne s’attardent sur le pathétique. On est au cœur du maelstrom engendré par quatre jeunes anglais de 20 balais qui durant toutes les années 70 vont alterner outrances à gaga et mathématiques occultes pour enregistrer des disques écoulés par millions prétexte à d’incessantes tournées américaines au cours desquelles une armada de sweet little thirteen en ébullition se chargent de déniaiser les quatre anglais vaguement couillons sur le début. Tout est allé très vite pour Led Zeppelin, de Birmingham au Madison Square Garden en quelques mois, de la reconnaissance à la gloire.
Jusqu’au crash terminal.


Et au-delà même puisque le livre a la bonne idée de poursuivre l’histoire jusqu’à nos jours, enrichissant du coup sacrément la donne. Car si on connait tous les grands airs de la symphonie du Zeppelin, on connait moins la redescente, la lente reconstruction des uns, Robert Plant, John Paul Jones, et la déconstruction sans fin de Jimmy Page. Les parcours hasardeux, l’addiction, la renaissance du Phénix, la paix dans le sarouel et l’oasis apaisant après l’acidité des drames. Led Zeppelin c’est color by Deluxe.


En tout cas je ne l’ai pas mis en vente sur priceminister, c’est le genre de livre sur lequel on revient, il peut se le relire dans le désordre, il englobe tellement d’aspect humains sur une période d’une incroyable liberté de ton qu’il en dépasse son sujet central. Et puis c'est bien avec la guitare de Jimmy Page et par le Rock'n'Roll de Led Zeppelin que s'ouvre l'album Last Man Standing de Jerry Lee Lewis.



Inévitablement j'ai revisité leur discographie et ça ira vite, je suis assez d’accord avec moi-même. Je me trimballe Physical Graffiti depuis la 5eme et je considère que Presence est le meilleur, Led Zeppelin qui sonne comme le Melting Pot de Booker T and the MG’s auquel on aurait collé des guitares vicieuses. Je me montrerai dorénavant plus tolérant envers Houses Of The Holy que le temps a joliment patiné et je me suis ramassé une grosse gifle avec In Through The Out Door. Massif celui là. Un petit miracle d’album qui trouve finalement sa place, bonifié par le temps, dans une époque qui n’est pas la sienne.
C’est d’ailleurs le gros pépin avec les quatre premiers disques du groupe, ils ont terriblement mal vieilli, ça fonctionne mais par à-coups irréguliers, certainement pas la durée d’un album.

Je me suis aussi penché sur les bootlegs. Et là c’est à hurler de rire. Pas de suite parce que d’emblée on se prend un putain de son dans la tronche, on comprend pas tout. J’avais oublié comment ça sonnait un concert. Cette magistrale baffe sonore depuis assassinée lâchement pas les principes de précautions. Je ne vais plus dans les concerts, je n’y retrouve plus cette violence, cette puissance déversée des enceintes sur nos farouches personnes. On s’entend parler, on n’a plus les oreilles qui sifflent, c’est plus du Rock’n’Roll !



A Led Zeppelin à Earl’s court en 1975 j’aime mieux vous dire qu’ils ont ramassé la dose, les fans. Même si ça s’arrête un peu là. Musicalement c’est on se fait plaisir, on se fout du reste. L’archet, le ménestrel, la batterie durant une plombe et pour finir un reggae au beau milieu de Heartbreaker. Enfin, un reggae, ça tient quand même plus du racisme colonial le plus jovial que de l’hommage respectueux. Faut avoir entendu ça dans sa vie, Robert Plant avec l’accent jamaïcain qui nous débite les pires poncifs du genre, ça vaut Robert Taylor avec l’accent provençal dans Vaquero !



J’en profite pour signaler la sortie de Lullaby And The Ceaseless Roar, le nouvel album de Robert Plant. Plaisant, sacrément perché, faut pas faire d’allergie au patchouli mais c’est le genre de disque qui revient sur la platine, le savoir-faire est là et le voyage est agréable. Tom Petty aussi a pondu un nouvel album, Hypnotic eye, plutôt chouette, bien rustre et charpenté.



L'avenir du futur c'est les vieux et même Bob Seger va sortir de sa retraite, ce qui me fait penser que ça serait bien qu’il ait un duo avec Jerry Lee Lewis sur ce Rock’n’Roll Time qui débarque en Octobre.... Voila que ça me reprend.


Hugo Spanky