mercredi 17 février 2010

JiM JONeS REVUE

BURN , BABY, BURN !

Alors que certains essayent de nous faire passer Dead Weather (des nazes d’une lourdeur peu commune), Wolfmother (des pitres confondants de nullité avec une castra en guise de chanteur), BB Brunes, Brats et Second Sex (des gentils minets totalement inoffensifs tant au niveau musical que de l’attitude) pour les sauveurs de la cause Rock  (ben là, je préfère clairement me mettre à la musique classique ou me percer les tympans,  merci bien !) il serait de bon ton de rappeler ce qu’est un véritable groupe Rock’n’roll.
Ça tombe bien, en ce moment même, un gang de fous furieux tourne dans notre beau pays: The Jim Jones Revue.
En provenance directe d’Angleterre, les quatre dingues qui composent ce groupe (Jim Jones au chant et à la guitare, Rupert Orton à la gratte, Gavin Jay à la basse, Nick Jones à la batterie et Elliot Mortimer,un putain de pianiste) ont bazardé leur premier opus éponyme en 2008.
Une fois posé sur sa platine ce disque ravage immédiatement les enceintes. Un son d’une puissance phénoménale vous saute à la gueule et vous scotche, exsangue, contre les murs. Et quand on parle de SON PUISSANT ce n’est en aucun cas une saloperie de production trafiquée avec des overdubs à foison et surgonflée par cette merde de Protools. Non, là, on à affaire à des gaziers qui jouent live en studio et qui envoient la purée de magistrale manière en martyrisant les instruments comme des brutes privées de sexe depuis des mois. Vous l’aurez compris leur premier album est une Bombe qui  met toute la concurrence à la ramasse.

Afin de promouvoir leur deuxième opus, une compilation de singles tuants, Jim et son combo sillonne les routes de France. A cette occasion une partie de l’équipe Ranzevox, Mr Spanky et mézigue est allée jugée sur pièce l’une de leur prestation.
Et bordel de merde, autant dire que nous avons pas été déçu !

L’affaire se passait à la salle Le Phare à Tournefeuille et, après une première partie, The Lost Communists (groupe de Limoges pratiquant du garage avec un bonhomme au clavier totalement habité qui rendait plus vivante leur performance honnête sans plus notamment du fait d'un chanteur en manque de conviction) débarquent nos Anglais furibards. D’entrée ils balancent Hey Hey Hey Hey, un morceau (de Little Richard) qui nous met  au pas vite fait bien fait. Les gars sont remontés à bloc, ils veulent bouffer du froggies et nous assènent une décharge tellurique qui atomiserait une division entière de Panzer.

Sans répit ils enchaînent leurs titres démentiels dans un show Rock’n’roll d’une perfection totale. Habile harangueur de foule, Jim hurle tel un possédé à qui on administrerait un exorcisme. Il nous interpelle, nous nargue, nous pousse à émettre des cris de bêtes, à se lancer dans des danses frénétiques qui nous foutent les pieds en feu. Et vous savez quoi ? Et bien tout ce qu’il demande on l’exécute et avec plaisir en outre !
Quant à ses hommes ils ne sont pas en reste. Rupert et Gavin  font rugir leurs Gibson si c’était le dernier jour de leur vie qu’ils en jouaient. Nick écrase ses fûts d’une frappe monumentale mais, et c’est là que c’est beau, néanmoins remplie d’un feeling communicatif.
Rien qu’avec ces quatre là, le spectacle est total mais l’apport d’Elliot  et de son piano JerryLeeLewisesque  (dont ils reprennent le Meat man) rendent le tout, tout simplement, dantesque. Ce soir là, les cinq cavaliers de l’Apocalypse sont de sortie et ils ne sont pas content !
 
Le public en sueur, emporté par cette furie rock’n’roll, tient la cadence infernale imposée par ce gang frappadingue. Ahhhhhhhhhhhhhhhh, putain comme c’est bon de replonger dans une bacchanale qui nous libère de toutes nos contraintes existentielles. Un GRAND MERCI à Jim et son équipe pour cette pure poussée d’adrénaline. D’ailleurs fallait voir leur état à la fin du concert, ils étaient lessivés tellement il s’étaient donnés sans compter. Le batteur, notamment, au fur et à mesure du concert avait le visage qui se liquéfiait sous l’effet de l’effort Herculéen accumulé.

Ils s’appellent The Jim Jones Revue ; retenez bien leur nom car ils n’ont pas fini de foutre le bronx.


 Harry Max

mardi 16 février 2010

ROBERT TAYLOR


Le cinéma se porte au plus mal et, comme à l’accoutumée, les exécutifs des studios Hollywoodiens comptent sur la technologie pour le relancer.
Après l’accumulation des effets numériques qui squattent à outrance une large partie de la production cinématographique actuelle, le nouveau gadget à la mode se nomme la 3D. Soit un concept qui remonte aux années 50 et qui, déjà à l’époque, n’avait été qu’un effet de mode passager et anecdotique (mais très chère à Lux Interior).
Le plus bel exemple de ce nouvel engouement est Avatar le dernier film de James Cameron.
Tout le monde nous bassine avec les fascinantes prouesses techniques de ce métrage à longueur d’articles ou de reportages télévisées. Pour ma part, rien que de voir des créatures grotesques, aux couleurs canard WC océan, évoluées sur grand écran me procure la plus profonde hilarité.
Car soyons sérieux tant que des scénarios dignes de ce nom, des réalisateurs qui ne confondent pas leur caméra avec un shaker et des acteurs ayant autre chose à apporter que leurs physiques avantageux ne seront pas aux commandes, en aucun cas nous n’auront des films de qualité.
D’ailleurs notre cinéma contemporain basé uniquement sur de l’esbroufe provoquerait le plus violent mépris chez les anciens du métier.
Si on avait proposé à Gabin un tournage sur fond vert avec, en guise de vêtement, un justaucorps sur lequel est apposé une multitude de capteurs, il serait parti du plateau avec distribution massive de mandales à la clé !

Quant à Robert Taylor, acteur américain injustement méconnu, il aurait affiché son sourire le plus narquois face à une telle absurdité.
De son vrai nom, Spangler Arlington Brugh ( !), né en 1911 à Filley au Nebraska (décidemment, notre homme cumulait les difficultés...), il débute sa carrière d’acteur dès l’âge de 23 ans en 1934.
Considéré comme un jeune premier repéré uniquement grâce à sa belle gueule et son maintient aristocratique, Robert se gausse de ses détracteurs et, dès 1935, il prouve avec Le secret magnifique de John Stahl qu’il peut être un comédien de haut vol. Dans le rôle d’un dandy richissime insouciant et coureur de jupon, il fait des merveilles : tout à tour charmeur, canaille, comique et touchant il illumine l’écran de sa présence dans ce mélodrame réussi.

En 1938, dans Trois camarades de Franck Borzage, il confirme son aisance dans le registre dramatique.
Mais Robert ne sera au pinacle de son art qu’une dizaine d’années plus tard lorsqu’on lui proposera des rôles d’hommes virils. Car un gazier venant du Nebraska ne peut s’enfermer à vie dans des rôles de coquets.

En 1949, dans L’île au complot de Robert Z Leonard, il incarne, auprès de la divine Ava Gardner, un agent fédéral qui a pour mission de démanteler un réseau maritime de trafic d’armes.


Comme le Robert ne fait pas les choses à moitié, il a pour adversaires Charles Laughton et Vincent Price. L’intrigue se situe aux Caraïbes (reconstitué en studio…) et les deux coquins sus mentionnés ne feront pas long feu face à un Robert qui déjoue, un à un, tous les pièges risibles qui lui sont tendus avec un panache exemplaire, sans ciller une seule fois du regard.
 

Robert commence a trouvé ses marques d’homme d’aventures et, en 1951, dans le western Westward the women de William A Wellman, il renforce son jeu de mâle impassible au regard impénétrable. Chargé de faire transiter, en pleine conquête de l’ouest, tout un convoi composé exclusivement de femmes (l’horreur suprême en somme pour notre homme peu enclin à endurer les jacasseries féminines !), il impose une discipline de fer à ses dames. Que l’une d’entre elle ose commettre le moindre écart et il la fouette sans ménagement ; quant aux hommes, s’ils ont le malheur de vouloir roucouler, il les abat froidement ! Le Robert ne tolère pas que l’on passe outre les règles qu’il a établie, bordel ! Pour autant, après une lutte âpre contre lui-même, il finira par se laisser conquérir par une de ces donzelles, non sans l’avoir dressé au préalable.Ce n’est qu’en 1951, dans Quo Vadis de Mervin Le Roy, qu’il trouve le rôle de sa carrière.

Commandant en chef d’une légion romaine, dès son retour d’une campagne, il s’emporte contre Néron (incarné par Peter Ustinov) qui refuse de le laisser rentrer dans Rome, pour un repos bien mérité, lui et ses troupes. Et quand il s’agit de se faire aimer d’une femme, esclave et chrétienne de surcroît, il n’y va pas par quatre chemins, il l’embrasse de force après l’avoir giflé!
Durant tout le métrage, Robert arbore un visage crispé rehaussé d’un regard plein de fureur, car le christianisme met à mal toutes ses convictions (ah voir Robert brisé sur ses genoux une croix en bois, subir les déclarations incohérentes de Néron ou tomber en pâmoison devant la lumière divine est un spectacle délectable).
                                
En 1952 avec Ivanhoé, puis en 1953 avec Les chevaliers de la table ronde et enfin en1955 avec Les aventures de Quentin Durward, trois films réalisés par Richard Thorpe, il se lance dans un cycle moyenâgeux. Il y côtoie Elisabeth Taylor et y retrouve Ava Gardner et se donne sans compter dans des joutes, des duels à l’épée, et des batailles homériques tout en portant fièrement l’armure rutilante. 


Retour au western en 1953 avec Vaquero de John Farrow. Homme de main implacable d’Anthony Quinn, il administre une magistrale gifle à Ava Gardner qui commet l’impair de se jeter dans ses bras alors qu’elle incarne une femme mariée (Robert, homme de principe, ne saurait accepter une telle conduite, non mais ! Ce n’est pas un vulgaire gigolo, qu’on se le dise.). Déjà qu’il doit supporter les jérémiades de Mr Quinn qui joue un chef de bande lâche et jaloux, merci bien !


Avec La vallée des rois de Robert Porish, en 1954, auprès d’Eleanor Parker, il arpente l’Egypte pour y effectuer des fouilles archéologiques. Aventurier bourru, pour qui s’encombrer d’une femme lors d’une expédition est une hérésie, il fait contre mauvaise fortune bon cœur, tout en affrontant de vils pilleurs de tombes qu’il mettra rapidement au pas au terme de pugilats expéditifs.

En 1955 dans la comédie d’aventure Many rivers to cross de Roy Rowland, il est un trappeur revêche qui a fort maille à partir avec une hystérique (Eleanor Parker à nouveau) qui veut le marier de force.
Constitué de bagarres dantesques, de quiproquos extravagants et d’affrontements contre des iroquois forcément belliqueux le moins que l’on puisse dire c’est que ce long métrage n’engendre guère la monotonie. D’autant plus que le doublage français avec l’accent et l’argot marseillais est proprement impayable.


En 1956 dans La dernière chasse de Richard Brooks, Robert nous offre une interprétation savoureuse de plus. Encore trappeur de son état, détestant les indiens, il s’oppose à Stewart Granger qui vient chasser sur son territoire et qui à l’outrecuidance de sortir avec une squaw. Débordant de haine envers les peaux rouges, Robert ne cesse de provoquer cette lavette de Granger à coups de phrases assassines et de combats à mains nues. Au comble de sa folie, en pleine tempête de neige, il décide d’aller exterminer les bisons afin que les peaux rouges meurent de faim ! Il finira congelé de froid, le fusil à la main et le regard toujours emplit d’une rage froide.
Dans ce rôle de salaud intégral, Mr Taylor fait de étincelles et démontre, à tous les pitres qui le vilipendent, toute l’étendue de son talent.


Retour au romantisme en 1956 avec Au sixième jour de Henry Koster. Dans ce film de guerre, Robert joue un capitaine de l’armée américaine qui, pour cause d’invalidité, se retrouve en Angleterre. Il doit se confronter aux quolibets des Anglais qui voient d’un mauvais œil cette intrusion dans leur pays. Toujours aussi plein de tact, il drague ouvertement une femme membre des Women Royal Army Corps Subaltern. Pour ajouter au scandale, cette dernière est déjà mariée et a comme père, un officier de l’armée ! Bref, rien de tel pour se faire apprécier dans un pays étranger. Mais Robert se contrefout des quand dira-t-on et n’hésite pas à molester le mari de la dame qui, quel toupet, se permet de lui reprocher les avances faite à sa femme délaissée...C’est vrai quoi le Robert est plein de bon sens, si ce triste individu s’occupait mieux  de sa compagne elle n’irait certainement pas voir ailleurs (car la bougresse bien évidemment ne résiste pas bien longtemps à son regard charbonneux et son sourire coquin).

En 1958, dans Le trésor du pendu, western de John Sturges, c’est Richard Widmark qui cherche des noises à Mr Taylor. Ancien bandit de grand chemin, Robert s’est rangé et a même endossé l’étoile de sheriff. Mais ce fourbe de Widmark ne l’attend pas de cette oreille car il veut récupérer le butin d’un de leur ancien vol lorsqu’ils étaient encore complices et pour lequel seul Robert sait où se trouve la cachette, où il est enfoui. Widmark a beau le martyrisé, celui-ci égal à lui-même, ne bronche pas et se moque d’un sourire sarcastique des pitoyables tentatives du blond décoloré pour l’intimider ! D’ailleurs cet agaçant blondinet finira par mordre la poussière, criblé de balles par un Robert toujours stoïque même dans l’action.


En 1958 avec Traquenard de Nicholas Ray, Robert revient au polar. Dans la peau d’un avocat véreux qui fricote avec la pègre, il atteint des sommets. Tombant amoureux de la sublime Cyd Charisse (on le comprend !), il s’engage dans la voie de la rédemption pour les beaux yeux de la belle. Pour lui plaire, alors qu’il est atteint d’un handicap certain, une jambe plus courte que l’autre ( !), il subit une intervention lourde qui lui remet tout d’appoint mais au terme d’une souffrance considérable (ah voir Robert le visage crispé de douleur, avec des gouttes de sueur qui se répandent le long de ses joues, tandis que son regard demeure impassible, quel bonheur ineffable !).
Mais lorsqu’il s’agit d’abandonner ses douteux employeurs les affaires se corsent. Ces crapules le tourmenteront plus que de raison (ils menaceront même de lancer de l’acide chlorhydrique sur sa chère et tendre !).
Le Robert saura contrecarrer haut la main tous les tours pendables de ces fripouilles de bas étage.
Grâce à son interprétation hors pair, la profession reconnaîtra enfin à sa juste valeur le talent dont peut faire preuve Mr Taylor quand on lui en donne l’opportunité.



En 1959 dans Les aventuriers du Kilimandjaro de Richard Thorpe (son réalisateur fétiche), ingénieur des chemins de fer, Robert est chargé de finir une voie à travers la brousse. Des esclavagistes se mettent en travers de sa route et sabotent son travail. Il mettra rapidement au pas ces indésirables, sans faire montre du moindre sentiment. Même face à une dizaine de crocodiles, son sang froid sera inébranlable et il les éliminera avec un calme olympien. Car oui, le Robert est ainsi, le danger ne lui procure pas plus d’effet que la cuisson d’un œuf dur. Lorsque des indigènes s’amusent à tester sa bravoure en lui envoyant des lances de plus en plus près de sa personne, il se contente de fumer nonchalamment une cigarette. Autant dire que ces nigauds d’autochtones resteront comme deux ronds de flan face à un tel roc !

Jusqu’en 1968 Robert tournera pour le cinéma, et il aura même sa propre série télévisée, The detectives starring Robert Taylor, entre 1959 et 1962.

On l’aura compris le leitmotiv less is more est l’adage préféré du grand Bob. S’il serait encore en vie, il se moquerait à loisir des tous ces pitres actuels (Colin Farrell, Orlando Bloom et consorts) qui sur-jouent encore plus que Jack Nicholson et s’agitent tel un troupeau de gazelles ayant des lions aux fesses.
Quant aux effets numériques, lui, en adepte des magnifiques décors hollywoodiens d’époque, il trouverait cette pratique d’un ridicule patenté.

L’autre certitude le concernant c’est qu’il ne faut surtout pas se fier à son air frustre car le sacripant était un homme à femmes.


Marié à la pourtant splendide Barbara Stanwyck, il la trompait allègrement avec Lana Turner et Ava Gardner (excusez du peu !). Concernant Ava, il l’amenait chez sa mère pour pouvoir assouvir ses appétits sexuels dans son ancienne chambre d’enfant ! La miss Stanwick finira par s’apercevoir de ses infidélités répétées et demandera le divorce. Qu’importe Robert ira se consoler dans les bras d’Eleanor Parker. Plus tard, en seconde noce, il épousera une actrice allemande Ursula Thiess ( ?).

Lorsqu’en plein mac-carthysme le gouvernement américain le soupçonnera de sympathie communiste, il affichera son plus grand sourire de mépris face à ces lamentables détracteurs.
Seul un cancer du poumon viendra à bout, en 1969, de ce grand fumeur devant l’éternel. Gageons qu’il a exhalé son dernier souffle le sourire aux lèvres avec son regard toujours aussi railleur. 

Harry Max

BaNG! ReCORDs

Des boutiques, des groupes, des salles de concerts, de la buée dans les bars, de la chaleur sur les zincs, un label qui cause Rock, et si on en reprenait pour un tour ? Le Sud lâche pas l'affaire.



Brique Rock dans la ville rose
                                   

Toulouse est un ti pat’lin, y’a 20 piges quand j’y suis arrivé, les occaz de croiser les collègues étaient nombreuses, Disquaires, Bars, Concerts …
ici on vit dehors. 
Le temps, l’turbin, notre Dame de l’Existence et la "Gentrification", saloperie déjà dans l’collimateur d’oncle Joe, on se voit moins, faut dire qu’les occaz se font rares.
Déjà y’a 20 piges, tout le monde me disait "y se passe plus rien, y’a 10 ans c’était mieux !!"
 


Toulouse est depuis devenue ville d’étudiant, ça suit des modes, ça pu le Freaks, tout coûte cher !
C’est vrai quoua, c’était mieux avant !
Les jeunes c’était Nous et ont avaient les ch’veux courts et s’habillaient Smart !

Toulouse est un ti pat’lin, croiser les collègues, en s’en donnant la peine c’est toujours jouable, et quel plaisir.



      Bang Records
Dans c’te tite ville y a un Trésor, et c’est pas la place du capitol !
  Ça se nomme L’ Armadillo, la perle des disquaires et l’endroit par excellence où croiser ces fameux collègues, ou en recevoir des news, "tiens hier l’est passé Serge ou Philippe" ou tel autre, vous annonce un Tatane ou un Benoït, tranquille, le genre de types qui font d’entrée le distingo avec des marchands d’galettes !!

Puis vient le "t’as écouté ça ?", le bracelet est resserré, retour au sujet.

Bang Records, ti label indépendant, Old School, tout pour plaire !Et même si aller à la découverte de ses potes c’est pas forcément vertigineux, c’est vraiment un régal.
Le Label a déjà à son compte un Single de Dau Al Set, excellent groupe Toulousain de début 80.
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 Mais là pour l'actualité ... 

     The Zodiacs

Un EP, tout en Vinyl, 4 titres, du Rock ! si si Pour les ceux qu’aiment le travail bien ficelé, le truc senti, rien qu’du bonheur, 4 titres bien Rock,
4 titres qui se veulent pas du ceci ou du cela non, juste 4 titres qui sentent bon le kif que peuvent se faire des types qui aiment la musique, qui en écoutent et sur ce coup qui la                          vivent.   
C’est si simple que s’en est vachement bon, pour ma part j’y retrouve s’qui m’avait scotché chez les Wild Ones, ce pas besoin de faire de fausses manières, on joue, on joue s’qu’on aime, et on se démerde pour le faire bien et joly.
La Prod est extra, y a le Son,
un vrai plaisir de retrouver quelque chose qu’est pas fait pour plaire,
ça plait juste parce que c’est bon, et même méchamment bon.



D’la Musique qu’a d’gueule
Le Son y est,
La Qualité y est,
La Pêche y est,
Et si y jouent près d’chez vous et que vous aimez ça,
Pas d’excuse pour pas y êt’ !!
 
7red


La SoURiS DéGLINGUéE

Fait en France, non c’est pas un hommage au type Bruno mais juste une constatation, on a rien à envier à personne, on a pas inventé le Rock’n’Roll ni le Punk Rock, d’ailleurs on est pas un peuple de musicien, pas vraiment le sens du rythm et une langue qui ne chante pas, mais qui a ramener chez lui cette délicieuse idée qu’on est pas obligé de marcher au pas, qu’on a le droit à l'Expression, à la Contestation ?
De brave G.Is qu’ont passés plus de 4 ans entre le Maroc et la France, un Mc Laren qu’a fait ses "études" dans le temple des zazoux, ouais, on a définitivement rien à envier à personne !
Pour suivre le superbe papier sur notre Schmoll national, déjà un sacré loustic, un hommage aux mauvais garçons, la douce fleur du macadam.
L’été c’est l’moment des grandes transhumance, des troupeaux qui se dirigent plein soleil, direction côte d’uzure, j’ai opté pour la Normandie,
ils y redécouvre le plaisir des rythms chaloupés, contre temps du Reggae, j’ai replongé aux racines, les miennes,
  La Souris Déglinguée
 Comme une tranche d’histoire que j’aurais oubliée, un truc laissé d’coté, c’est chez ma Douce en fouillant dans ses vinyls, Pan dans la face,
si la Bonne Mère ignore tout de moi St Sauveur reste collé à mes pas.
         Une putain d’impression, un flash-back pour de vrai, la haute Normandie ressemble à s’qu’était Paname et sa Banlieue à l’aube des années 80, petits villages mignons et dalles de béton, bords de Seine où ont poussées des usines, des vraies, avec cheminées qui puent et tout, et des bons gars, du lourds aux bras tatoués, du qui cause comme y pense, quand ta vie c’est manutentionnaire y’a pas de fausses manières.
Un putain d’bain d’jouvence et un disque, un seul, qui t’envoie trop loin, Nostalgie !


J’ai grandi avec ça, c’était avant 84 et le Rock subventionné par un parti politrick, c’était avant la bonne pensée généralisée et les groupes de clowns alternatifs, "qu’importe les idées puisqu’il y a l’amitié", tu laissait pas ton pote tomber et tu lui tournait certainement pas le dos, peut-êt’e pa’squ’ont étaient pas assez nombreux, peut-êt’e pa’sque quand t’a un frelo ben juste t’en prend soin.
La Souris Déglinguée, on a entendu d’tout sur ce groupe, de la presse qui tantôt les a badé tantôt chié d’ssus, une partie du public inquiète parsque des concerts trop durs, une orientation pas trop bien définie, traité d’fachos ou d’gauchos,
Un putain d’groupe de Rock en fait, juste !
 
La Cité Des Anges, j’sais pas comment dire la claque que j’ai pris en réécoutant cet album, pourtant pas mon préféré mais depuis, j’ai ressorti les premiers et c’est celui qui me pince le plus.


Arrière goût, doux et amer, ces années à arpenter la banlieue, partie de ballon improvisée sur les terrains vagues et les camps de gitans, les bidon-villes de Nanterre,  les Z.U.P. Marronner sur les chantiers de toutes ces nouvelles constructions, la Défense. Descendre à paname, traîner ici et là, les endroits où en r'trouver des comme toi.

 J’suis pas "groupe" alors les Halles si j’y passais c’était pas pour y rester la journée, mais toute ces têtes croisées, les baston d’regard et les bières échangées.
 

J'venais de ma tite ville, Bezons 95870, alors même en plein paris on te le faisait sentir, ta veste en jean sentait l'euromarché d'Sartrouville, tes godiaux n'avaient pas la "classe" d'une paire de Doc, ta tronche racontait aut' chose que d'faire le beau rue Rambuteau, alors les Halles, juste y passer. Paumés ou laissés pour compte, certains pas toujours fûte fûte mais toujours de bons gars, de chouettes tites nanas, l’International Raya Fan Club ouais.


 
La foultitude de concerts, dire qu’on pouvait ce permettre de dire "ce soir je vais là, eux je les verrais au prochain", et les concerts de La Souris Déglinguée, chaque fois des monuments, un vrai public de furieux.
La Souris n’a jamais trier son Public et c’est pas rien !
Pas le groupe que tu va voir pa’sque Punk, Rock ou c’que tu veux non, juste parce que c’est ta vie, pas des branlouzes qui essaient de te dire qui tu es ou c’que tu pense, non, juste chanter c’que tu vis et le distinguo avec beaucoup d’autres est là, La Souris Déglinguée joue toujours et son public est d’une rare fidélité.
 Interdit, mal-menée, mauvaises presse et cars de tuniques bleus en accompagnement, chacun de ces concerts étaient de vrais défouloir, pour tous les sauvages, quelque soit l’uniforme. Des concerts où tu prend et donne des coups, qui finissent comme y finissent et tu reprend des coups mais t’y retourne, encore et toujours, pa’sque de toute façon c’est ta vie, la vie ouais et un excellent moyen de te purger de tes frustrations, de tes vexations, là y’avait une place pour toua, p’t-êt’e la seul que t’as jamais eu.

Les Mauvais Garçons, les bagarres, un public de sauvages,
du Rock quouà !

Du Rock, du brut, voir des fois du brutal, les comparer à Sham 69 est trop court, si la Souris a toujours joué pour les gars là bas d’l’aut’e côté elle a jamais glissé dans le facile et le chant de supporter, enfin pas que, dès le
premier album, réécouté "Nation", pas eu besoin d’un quelconque effet d’mode pour mixtouiller des plans Reggae-Dub, de très loin mon album préféré, on passe du Rock de chez La Base plutôt Punk à du Rockabilly, un Reggae et toujours ces textes, pas des trucs joli avec rime, enjambement et tout le tintouin, non, un truc qui peut pas faire autrement que de sonner vrai tellement qu’y l’est !
 

Des groupes Rock, Punk, Oï et tout ce qu’on veut y’en avait plein, tu te croisait l'après-midi et tu restais avec, t'écoutais des K7, des démos crapouilleuses et des lives plutôt nazes, le soir ça jouait, des concerts sur paname et plein en rase banlieue, d’où ces groupes venaient, dans des endroit des fois limite pas possib’, avec une faune qui aujourd’hui se ferait embastiller illico pour outrage sur la voie publique, celle qui suivait la souris étaient quand même de très loin la plus sauvage, une putain d’tranche de vie.

 
Non, on a décidément rien a envier à personne, qu'est ce que le Rock'n'Roll, le Punk-Rock et j'en passe au pays de Brassens, Vian, Jean Yanne, Jean Baptiste Poquelain et Michel Audiard.

La Contestation, on l'a écrite dans not'e constitution, une chambre pour mett'e en doute ce qu'a proposée l'aut'. Rock, c'est not' Hexagone qu'il l'est, c'est juste dommage qu'a vouloir imiter les autres, trop souvent on l'a oublié !

Des albums de la Souris y’en a une tapée, perso j’ai juste les 4 premiers, et ça me suffit, c’est ceux avec qui j’ai traversé ces années. Puis en 88 j’me suis barré, plus jamais revécu ça, c’est con j’y pensais même plus, on aurait pu croire que même pas ça me manquait, merci ma Douce pour cette piqûre de rappel.

_________________________7red


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I'm a RocKeR


Pour moi le boss, ça a commencé en 1980. En seconde au lycée, on trainait dans un bar à Arnaud Bernard, le San Phillippo. Il y avait un juke box qui n'arrêter pas de passer "The river" qu’on écoutait en jouant au flipper entre midi et deux. Évidemment à l'époque, il y avait, Clash, les Saints, Television, je découvrais le Velvet. Alors c'est sûr, le boss, il faisait un peu "grand public" pour nous mais bon… Cette chanson, elle me collait bien à la peau. Aujourd'hui, alors que les photos de Thunders ou de Strummer fleurissent sur le net, j'ai eu envie de remettre les points sur les "i" et de rappeler pourquoi on l'appelait le boss.

 
Je ressors mon vieux Best.n° 154 et l'article de Francis Dordor pour me remémorer le film... Et parcourant, l'article, j'ai un brin de nostalgie pour ces rock critics qui n'avaient pas besoin de citer Roger Nimier pour se la péter. C’était pas aussi cultivé que maintenant la critique rock et ça me convenait bien, en fait... Pas la moindre trace de mépris ou de condescendance dans leurs articles. C’est loin tout ça, mes vieux Best sont tout jaunis, les pages se barrent et j’ai les boules !

 


Sacré bonhomme tout de même, ce petit gars du New Jersey. Italo irlandais : le mélange du feu et de l'eau, des flics et de la mafia, mais catholique des deux côtés ! Pour faire court, le petit Bruce de 9 ans ne se remet pas du visionnage d'Elvis à la TV en 56 et ne tarde pas à comprendre qu'il est fait pour le rock and roll. Il suit le parcours du rocker américain de base de ces années là et fonde les Castiles, un groupe parmi tant d'autres. Il a déjà la gueule de l’emploi, frange sur le côté et petite teigne italo…  


Au début des années 70, il fonde l'E street Band et rentre à CBS. Il se prend pour Dylan, le temps de deux albums pas très bons et puis en 75, il commence à trouve sa voie. "Born to run" sort et le son de Spector est remis à l’ordre du jour. L’album un peu surproduit renoue avec la tradition du rock and roll américain, de Buddy Holly à Tommy James. Les perles s’enchainent « Born to run » « Thunder road » « Jungleland » mais le meilleur est à venir.

L’album suivant fait un peu figure d’ovni. Il se rase et enlève son bonnet, le syndrome Dylan est passé. Le son assez épais du E street band rend le premier abord un peu dur mais passée cette impression, le disque se révèle être le meilleur de sa carrière. « Badlands », « Candy’s room »… Le boss innove et trouve un style très personnel et le E Street band est en train de devenir tout simplement le meilleur groupe du monde sur scène…

Bruce Springsteen est entré dans une période de créativité exceptionnelle. Son style s'épure et ses compos sont désormais plus simples. C'est à cause de problèmes juridiques qu’il ne peut enregistrer pendant quelques temps. Il en profite pour le faire pour les autres et c'est vraiment peut être là qu'il touche au sublime. Ça vaut le coup de s’y attarder un peu :
"Fire" par Robert Gordon. Morceau initialement prévu pour Elvis selon la légende. Le Robert s'en sort carrément bien. Les lignes pures du rock and roll sont là. La géométrie du morceau est parfaite.



"Because the night" par Patti Smith. (Dans tous les juke boxes de France) "Light of day" par Joan Jett. Bande Originale du film du même nom. (A voir absolument pour la classe insensée de la demoiselle). Le morceau est parfait et le film capture parfaitement l'esprit du rock and roll américain de cette époque.
"Don't look back" par les Knacks désormais disponibles sur les bonus tracks du premier album. De passage dans un club où ils jouaient, le boss tape le boeuf avec eux. On imagine que l'idée de la reprise a dû naître cette nuit là.



Deux albums complets de Gary US Bond : "Dedication" et "On the line". Vu que la majorité des chansons vient de lui et que le E Street Band joue sur ces albums au grand complet, inutile de vous dire qu'on a là deux quasi albums de Springsteen.

Quelques chansons pour son vieux pote du New Jersey, Southside Johnny. "Hearts of Stone", "Talk to me", "Trapped again", "Little Girls so fine", "Love On The Wrong Side Of Town", "When You Dance", "The Fever", "You Mean So Much To Me".

"Sea Side bar song" pour Little Bob Story. Mais oui, vous ne rêvez pas. je n'ai jamais compris comment ce morceau avait pu atterrir dans cet album de Little Bob "Come see me". La version est moyenne mais la compo est là.
 
Je ne sais pas ce qu'il avait à cette époque mais il était touché par la grâce. Peut être était-ce tout simplement l'époque elle-même qui était bénie ? J'en oublie sûrement. Merci de compléter ma liste avec vos commentaires. 

                                                

Les concerts du E Street band sont de véritables cataclysmes. Le look est parfait, le son n’en parlons pas. Le fameux « Detroit medley » pot pourri des tubes de Mitch Ryder est le sommet dans le genre. 
C’est à cette époque que je commence vraiment à le connaitre, avec ce fameux double album The River que la critique descend en flèche, pourtant un de mes préférés. La production est un peu facile mais bon, je ne résiste pas à « Sherry Darling », « Jackson cage », « Independance day », « The river », « You can look», tout fonctionne au premier degré en tubes de Juke box et sur moi, ça fonctionne à plein régime !!! Bon évidemment, le gars est heureusement plus complexe que ça et se pose de questions, ce qu’il fera tout au long de sa carrière avec plus ou moins de bonheur. Il tombe sur le premier Suicide. Le cri sur « Franky » ou les histoires de paumés d’Alan Vega ont du le remuer car notre homme va se réfugier seul avec une guitare et un quatre piste pour arriver enfin au niveau de son maitre, Dylan et sortir un des plus grands albums acoustique jamais sortis. 

La pochette à l’image du disque est sinistre. On se croirait dans « Fargo » des frères Coen : misère et décadence de l’empire américain. Un croisement diabolique de rockabilly primaire et de folk ombrageux…. Je me souviens encore de ce premier contact avec ce disque. Ça me parait tellement brillant que tous les fantômes américains s’invitent aux bals des références et des comparaisons. Woody Guthrie, Hank Williams, Buddy Holly, évidemment…

Ce type me tuait ! Aussi à l’aise et sincère dans les ballades que dans les tubes mondiaux et c’est dans ces deux exercices que je l’appréciais. Le bouquet final se préparait tranquillement avec le retour du E Street Band et son fabuleux batteur, Max Weinberg, le binoclard génial. La véritable cheville ouvrière du groupe ! C’est avec le nouveau disque, Born in the USA que son talent explose. Il suffit de visionner le clip éponyme et de le voir frapper quelques secondes, pour comprendre en quoi son touché a rendu ce disque magique tel un Topper Headon sur London Calling.
 

Au milieu des années 80 en plein dégueulis de Madonna, de Michael Jackson et de rock français subventionné, Springsteen met tout le monde KO avec un disque grand public, bourré de synthé et produit comme à l’époque. Un tour de force inouï quand on y pense, avec le recul…. Le tube « Born in the USA » était en gestation en acoustique sur les chutes de Nebraska mais là, il prend une dimension démente. Les abrutis de service ne manquent pas de le lyncher sur le bucher pour nationalisme, et je suis gêné de le voir s’expliquer à tour d’interviews comme si il n’avait pas le droit d’être fier d’être américain. Mais mon gars, même si ta chanson ne parlait pas de ça, tu peux en être fier de ton pays qui n’a pas touché à sa constitution depuis 1787. Et puis j’aime, les Kinks parce qu’ils sont très anglais, les Dogs parce que très français malgré tout, et toi parce que très américain. De toute façon, tu t’en fous. Les disques se vendent par camions et tout le monde embarquent avec ces purs tubasses rock and roll de Juke Box, pratiquement que des faces A de singles sur tout le disque. « Bobby Jean » « I’m on fire » « I’m going down » « Glory days » etc…

On arrive au bout de l’histoire, enfin… en ce qui me concerne. Le boss se marie puis divorce d’une jolie femme. Il fait un album un peu pénible dont j’ai oublié le nom puis semble trouver l’amour avec sa nouvelle femme et depuis, le rock semble mort pour lui. Rien ne semble plus crédible de ce qu’il fait…. Je vais le voir malgré tout, à Lyon à l’époque de Human touch. je fais l’aller retour Toulouse/Lyon dans la nuit et je me retrouve perdu dans une banlieue chaude de la ville au milieu d’un parterre d’étudiants. La situation ne manque pas de sel. Ils viennent écouter des histoires de prolos, que le Boss leur distille sans grande conviction avec un groupe de baloche, et se font braquer à la sortie par des vrais, eux, qui ne rigolent pas du tout et qui n’ont pas grand-chose à foutre de ses chansonnettes. La mièvrerie est au rendez-vous, heureusement bien vite oublié grâce à un Dylan que je verrai sur scène quelques semaines plus tard... Non décidément, tout sonne faux.
 


Alors que je suis moi-même émigré au Canada, sort The Ghost of Tom Joad, présenté comme un nouveau Nebraska avec son cortège de chansons sociales. Le boss tente de dépeindre la vie d’émigrés : un monde qu’il ne connait visiblement plus ou pas… Je décroche complètement, préférant garder l’image du Springsteen de 1979, épris de rhythm and blues, (le style de musique que je préfère au fond)… au moment où il avait le monde à ses pieds, enfin, je veux dire à ces boots....

 C’était quand même lui le Boss !!!